A crazy world


1.Introduction

   Bonjour et bienvenu à tous sur le blog A crazy world. Ce site se veut être un blog ludique : On y parle essentiellement de cinéma, de littérature, de sport, de politique, d’humour, d’actualité, de bandes-dessinées,  d’histoire ou bien de sciences.

   Le site comprend divers onglets : vous y trouverez un sommaire détaillé, et une liste de « portails » renvoyant vers des articles complémentaires.

   Nous espérons que ce site plaira à tous et à toutes. N’hésitez pas à poster un commentaire, nous y répondrons.

le créateur.

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973.Cruella

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Dans la veine de Maléfique, qui dévoilait le passé de la célèbre méchante de La Belle au bois dormant avec brio, Cruella fait le même en racontant la jeunesse de Cruella d’Enfer, reine de la mode obsédée par la fourrure des 101 Dalmatiens. Exit Glenn Close qui avait jadis tenu ce rôle dans les années 1990, pour laisser la place à Emma Stone.

Le film est une réussite éblouissante : On suit le parcours d’Estella (Emma Stone), qui se retrouve orpheline suite à la perte tragique de sa mère. La jeune fille se sent responsable de la mort de celle-ci ayant assisté à cela sous ses yeux. Croisant la route de Jasper et d’Horace, tous deux à la rue, ils décident de former un groupe de voleurs. Mais Estella aspire à mieux, et rêverait de travailler dans la mode : très habile de ses mains, elle se crée elle-même ses propres tenues, et ce avec beaucoup de créativité. La chance lui sourit enfin lorsqu’elle est repérée par la baronne von Hellman (Emma Thompson), reine de la mode, qui décide de l’engager. Cela ne sera pas facile de travailler pour elle, car la dame est hautaine, snob et prétentieuse. Mais rapidement, Estella se démarque et devient indispensable à la baronne. Cependant, rapidement, Estella découvre une vérité honteuse sur la baronne qui va remettre toute sa vie en question et la pousser à devenir peu-à-peu Cruella d’Enfer.

Craig Gillepsie, réalisateur de I, Tonya et de Une fiancée pas comme les autres, livre un long-métrage haut en couleur, où deux femmes se livrent une bataille acharnée, de mode en apparence, mais qui repose sur des motifs beaucoup plus sombres. Estella, gentille assistante, se laisse aller à épouser complètement son alter ego, celui de l’odieuse Cruella. D’ailleurs, le film révèle la vérité sur la couleur de cheveux de Cruella, à la fois mi-blanc, mi-noir : c’est sa couleur naturelle ! Comme si, son identité profonde était partagée entre deux pôles antinomiques mais qu’une de celle-ci était amenée depuis toujours à prendre le dessus sur l’autre. Dans le film, elle arbore d’abord son bon côté face à la baronne, une femme effroyable et irrespectueuse à souhait. Mais rapidement, Cruella va prendre le dessus, pour de bonnes raisons, et livrer une joute contre la baronne sur son terrain préféré, la mode, et tenter de lui voler la vedette à chaque fois que cela sera possible. Cruella apparaîtra avec des tenues improbables, dans une mise en scène digne de tableaux d’art, et décrédibilisera la baronne. C’est bien entendu un jeu dangereux dont personnes ne sortira véritablement indemne et dont le point d’orgue apparaîtra à la toute fin du film.

Avec sa bande-originale, comprenant des titres tel que Feeling Goods de Nina SimoneThese boots are made for walking de Nancy Sinatra ou encore Call Me Cruella, composé spécialement pour le film et interprété par Florence + the Machine, le long-métrage est un feux d’artifice. Emma Thompson est grandiose dans la peau de la baronne, diva et « méchante » de l’histoire (digne d’une Joan Collins), tandis que Emma Stone offre une composition bipolaire du personnage de Cruella. Et c’est divertissant, triste et beau à la fois ! Une suite semble déjà sur les rails !


972.Antoinette dans les Cévennes

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Antoinette, institutrice, a une liaison secrète avec Vladimir, le directeur de l’école dans laquelle elle officie. Celui-ci est marié et est le père d’une de ses élèves. Sa femme n’est pas au courant qu’il a une liaison. Alors que les vacances scolaires approchent, Antoinette espère partir avec lui en voyage. Cependant, cela ne se passera pas, car sa femme a organisé une randonnée surprise dans les Cévennes et qu’il est obligé d’y aller. Dépitée, Antoinette décide d’y aller également, dans l’espoir de le croiser sur la route. Franchement pas adepte des randonnées, cette jeune femme traversera le Chemin de Stevenson avec pour compagnon un âne du nom de Patrick.

Film initiatique d’une femme désespérée, Antoinette dans les Cévennes est l’une des bonnes surprises du cinéma français de l’année 2020. Mis en scène par Caroline Vignal, dont c’est le deuxième long-métrage, le film suit les péripéties d’Antoinette (incarnée avec brio par Laure Calamy) une femme perdue, omnibulée par un homme qu’elle ne pourra jamais avoir, car trop peureux de quitter sa femme. Le regard des autres sera omniprésent sur elle, car comment qualifier une femme qui sort avec un homme marié ? Comment percevoir sa tentative de venir le rejoindre en vacances, alors qu’il est avec sa famille, risquant de provoquer un scandale qui détruirait bien des vies ? Dans ce film tragi-comique, on campe toutes les réactions possibles face aux choix d’Antoinette : la honte, la tristesse, les désillusions ou encore la joie. On se prend d’affection pour elle, comme on ressent ses difficultés. Son impulsivité lui joue des tours à plusieurs reprises. L’amour n’est pas une chose qui se commande.

Le Chemin de Stevenson porte son nom en référence à l’écrivain R.Louis Stevenson, auteur de L’île au trésor, qui effectua une longue randonnée sur cette route en 1878, accompagné d’une ânesse. Déprimé à ce moment de sa ville (il voyait une femme mariée), l’homme avait besoin de faire le point et de se retrouver avec lui-même. Ce voyage aura un effet libérateur sur lui, et le guérira de ses douleurs. De la même façon, l’attachante Antoinette va faire sa propre route, lui permettant de comprendre qu’elle a fait une erreur et se retrouver enfin avec elle-même. L’âne Patrick, pas franchement volontaire, va représenter énormément pour elle : il sera tantôt son confident, tantôt la source de sa colère et son défouloir personnel, tantôt lui rappellera qu’il est important de s’arrêter et de ne pas courir. Toute sa frustration sera exultée grâce à Patrick. La bête lui témoignera aussi une certaine forme d’affection.


971. La Guerre des mondes par Steven Spielberg

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En 2005, Steven Spielberg décidait de concrétiser un rêve de longue date : mettre en scène une nouvelle adaptation du roman La Guerre des mondes de H.G. Wells. Le réalisateur avait beaucoup aimé le film La Guerre des mondes sorti en 1953, et souhaitait en tirer un remake honorable. Cependant, la sortie en 1996 du film Independance Day, qui abordait une thématique similaire, l’obligea à reporter ce projet.

Attaque surprise

L’intrigue du roman était assez équivoque : les extra-terrestres débarquent sur Terre, à bord de gigantesques machines à trois pieds -les tripodes-, désintégrant toute forme de vie sur leur passage. Les êtres humains tentent de leur résister, mais ne sont pas de poids à leur faire face.

Sans être totalement fidèle à l’œuvre originelle, le cinéaste revisite quelque peu l’histoire en se focalisation sur le personnage de Ray Ferrier (Tom Cruise), un père de famille divorcé, qui se retrouve à devoir survivre dans ce monde dévasté par la menace extra-terrestre avec ses deux enfants et à échapper à la mort.

Spielberg filme l’attaque des martiens de façon hyperréaliste, à la lisière entre les attaques terroristes et la « solution finale » que les Nazis avaient orchestrée. Les êtres humains sont réduits en cendres par des rayons ionisants, les survivants sont entassés pour servir de nourriture ou de cobayes à d’effroyables expérience. Les extraterrestres traquent les survivants, n’hésitant pas une seule seconde à descendre dans les maisons des habitants, allant voir dans leurs caves s’ils ne s’y cachent pas. Et que penser de ce train de la mort, tout en flammes ? Ou de cette abondance de vêtements des nombreux morts tombant de l’un des tripodes ? La Shoah n’est pas loin, il ne faut jamais l’oublier.

Trauma

Sommes-nous capables d’y faire face ? D’empêcher que cela ne recommence ? La réponse est cinglante et le lien avec le cauchemar post-11 septembre bien là : nous sommes désabusé et ce genre d’événements prend à la gorge sans sourciller. La première attaque vient perturber l’apparente quiétude dans laquelle la population se trouvait. La panique est totale et les blessures nombreuses. On ne tient finalement qu’à peu de chose. D’ailleurs le salut vient de la nature à la fin du film. Le « struggle for life » de Darwin rétabli l’équilibre. La Guerre des mondes est un film pessimiste.

Cinéaste de l’enfance, Spielberg confronte les enfants de Ray, Rachel (Dakota Fanning) et Robbie a des événements cauchemardesques, que seuls les adultes devraient affronter. Rachel sera terrorisée par toute la désolation qu’elle verra et perdra sans doute une partie de l’innocence qui était la sienne en tant que petite fille. Son père va devoir tenter de la calmer et de l’aider à traverser ce moment. Ce qui est difficile lorsque l’on ne voit que très peu ses enfants et que le lien paternel ne s’est jamais créé. Quant à Robbie, jeune adolescent, il ne veut plus se cacher et souhaite affronter ses détracteurs. Décidant de faire preuve de courage, il s’engage dans l’armée, au grand dam de son père. Cet héroïsme sera finalement une fierté pour Ray.

Clin d’œil au film original de 1953, Spielberg offrit un petit rôle (celui des grands-parents) à Ann Robinson et Gene Barry, qui incarnaient en leur temps les personnages principaux de La Guerre des mondes.


970.Palm Springs

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Sarah, soeur de la mariée et demoiselle d’honneur à son mariage ne se sent pas d’humeur en ce jour de fête. Déprimée, elle boit pour oublier ses problèmes et se retrouve soul afin de faire un discours qu’elle n’a pas envie de faire. Mais un homme étrange, Nyles (Andy Samberg), va lui couper l’herbe sur pied et faire l’éloge de la mariée à sa place. Plus tard dans la soirée, celui-ci tente de la séduire, mais est bientôt obligé de partir. Séduite, Sarah (Cristin Milioti) va le suivre sans se douter une seule seconde que l’homme en question est piégé dans une boucle temporelle, forcé de revivre en boucle la journée du mariage de Tala. Le lendemain, c’est le cauchemar commence : Sarah est piégée et revivra également cette journée du 9 novembre.

Un jour sans fin

Premier film de Max Barbakow, Palm Springs repose sur le même principe que le film Un jour sans fin (1993) : revivre la même journée en boucle. Sauf qu’ici, le héros, Nyles, est prisonnier dans la boucle depuis longtemps. Lui-même ne sait même plus si cela fait plusieurs mois ou plusieurs années. Loin d’être déprimé, il s’est résigné à accepter sa nouvelle vie et profite des petits plaisirs de celle-ci.

Petit ami d’une amie de la mariée, il s’est vite rendu compte que l’élue de son coeur le trompait avec un autre, et a lui-même décidé d’en faire autant. Nyles passe ses journées d’abord dans la piscine, à s’empiffrer et à boire. Après tout, le jeune homme ne grossi pas car les compteurs sont remis à zéro le lendemain matin. Ensuite, il va au mariage, où il danse, chante et boit à nouveau. Nyles ne fait même plus attention à sa tenue, ayant troqué son costume trois pièce pour une chemise hawaïenne et un short. Après tout, c’est mieux d’être décontracté lorsqu’on est présent pour un moment.

Sauf que par accident, il va entraîner avec lui la soeur de la mariée, Sarah, a revivre la pire journée de sa vie. Déjà pas très heureuse, la femme va rapidement déchanter et être furieuse contre lui.  Cela n’est pas la première fois que Nyles provoque ce genre d’incident : un lointain cousin de la famille, Roy (J.K. Simmons) s’est retrouvé piégé également par sa faute. Sauf que Roy l’a très mal pris et a décidé de torturer -avec une certaine créativité- et de tuer Nyles de façon régulière.

Où sont-ils ? Dans l’au-delà ? En enfer ? Dans un monde parallèle ? Le long-métrage n’apporte pas vraiment la réponse à cette question bien que la présence de dinosaures pose question. De même que la grand-mère de Sarah : est-elle aussi piégée dans la boucle ? Chaque journée impliquera autant de futurs possibles. Et de nombreux réajustements en perspective.

L’amour en boucle

Nyles et Sarah se retrouve à deux -Roy étant davantage un antagoniste- à devoir revivre la même journée. Les deux âmes égarées vont se permettre de faire des choses que jamais ils n’auraient pu faire dans un monde normal. Quand on peut faire table rase du passé, il n’y a plus la moindre limite. Cela ne signifie pas pour autant l’anarchie, cela dépendant uniquement des valeurs profondes de la personne.

Le film va énormément jouer avec les différentes réécritures possibles du mariage, allant de la bagarre à la scène de karaoké improvisé. L’histoire se déroulera également hors mariage, le temps de quelques trips improvisés. On rit à de nombreux moments, s’interrogeant des conséquences de certains actes, au cas où il n’y aurait plus de retour en arrière possible. Les gags s’enchaînent et les péripéties se révèlent surprenantes.

De façon assez attendue, Nyles et Sarah vont se rapprocher et éprouver des sentiments amoureux l’un pour l’autre. Cependant, Sarah s’interroge et pense que cela est incongru : après tout, lorsqu’on est le dernier homme et la dernière femme sur Terre, n’existe-t-il pas une force qui les rapproche et les pousse à se mettre ensemble ? L’être humain déteste la solitude et recherche le soutien de ses pairs. De son côté, Nyles ne l’entend pas de cette oreille et aimerait passer le restant de ses jours avec elle. Bien sûr, il ne lui a pas dit qu’il avait profité un peu d’elle lorsqu’elle n’était pas encore piégée dans la boucle. Leur relation sera donc fragile, car basée sur des fondations brinquebalantes.

Le sens de l’existence

Sortir de la boucle est et restera l’une des ambitions de Sarah. La jeune femme souhaite avancer et tentera tout ce qui est possible (et là c’est assez inattendu) afin de pouvoir continuer sa vie en ligne droite, et non comme une boucle. Mais Nyles n’est pas certains de faire ce choix : il s’est résigné et apprécie la vie telle qu’elle s’offre à lui. C’est un doux rêve sans limite. Même s’il ne permet aucune perspective, ce songe offre une certaine immédiateté et l’impression que rien ne finit vraiment jamais. Ils seront éternellement jeunes et ne mourront jamais de leurs excès.

De façon plus métaphorique, chaque individu a aimé davantage certaines périodes de sa vie par rapport à d’autres. On aurait tous souhaiter que certaines choses ne changent jamais tant elles ont semblé agréables. Cependant, le temps a fait son oeuvre et nous a tracé de nouveaux chemins, nous éloignant inexorablement de notre position de départ.

De plus, vivre c’est forcément souffrir. C’est connaître l’échec, le labeur du travail, la frustration ou encore d’avoir l’impression d’être passé à côté de sa vie. C’est affronter les problèmes. Chacun est en attente de la mort. C’est écrit depuis la naissance. Nyles renonce à tout cela en ne tentant plus de sortir de la boucle. Il cherche la facilité. Mais on pourrait aussi se dire que les choses lui conviennent. Notre envie de nous dépasser et d’atteindre des objectifs n’est peut-être au fond que dictée par la société dans laquelle nous appartenons. Chercher à changer marque peut-être simplement notre insatisfaction permanente et notre besoin de montrer de quoi nous sommes capables. Bien souvent, les personnes finissent par se calmer, fonder une famille et rentrer dans une routine de laquelle ils ne sortiront plus vraiment. Mais ils seront heureux, satisfait du chemin accompli.


969.Le cinéma, comme étendard de notre liberté

Mesdames et messieurs, mes chers students, bonjour ! Avez-vous déjà remarqué à quel point les films sont inspirants ? Ils nous font voyager d’un univers à l’autre, nous permettant de croiser des personnages tantôt hauts en couleurs, tantôt quelque peu perturbés, ou encore doté d’un courage exemplaire et d’une grande détermination. Certains sont de véritables héros, prêt à se sacrifier pour une cause qui les dépasse, tel un Bruce Willis sauvant le monde pour la centième fois.

Chaque histoire, à plus d’un titre, est capable de provoquer de multiples émotions chez nous, certaines étant pour le moins insoupçonnées. Par exemple, prenons ce film d’horreur mettant en scène un vieux dégueulasse tout cramé qui porte des lames en acier sur ses mains et pourchasse les gens dans leurs rêves pour leur faire la peau. Eh bien cela fait peur ! Quand on voit cette main, sortant de la baignoire remplie d’eau, pourtant d’apparence si tranquille, on est paralysé, en catatonie, en catalepsie, en hypocondrie, essayant de s’enfuir, essayant de sortir, tombant presque à la renverse. On est mort de peur. Et puis, Hosanna, le générique de fin nous ramène à la vraie vie.

Les films nous permettent de nous évader de notre quotidien morose, de nous envoler au pays des rêves ! Tout ça en restant avachi, confortablement emmitouflé, dans son fauteuil. Oh oui, ma petite couverture ! Et on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! Imaginer un instant : Vous êtes tantôt un pompier, éteignant les terribles flammes rongeant la chute d’un bâtiment détruit par des terroristes et l’instant d’après vous êtes carrément dans une autre galaxie, dans la Résistance, donc les gentils, armé d’un blaster et prêt à affronter l’Empire et le terrible Dark Vador.

On peut tout montrer : des dinosaures qui s’animent, un homme invisible ou même une oreille coupée. On peut recréer des époques ! Des batailles ! Il n’y a plus la moindre limite. À part peut-être le manque d’inspiration. La panne.

Et plus les moyens utilisés dans ces longs-métrages sont importants et plus on aime. Du grand spectacle avec de multiples explosions, des morts par centaines, un héros chevronné, devant faire face à un méchant avec un grand M, iconique, badass avec toute l’artillerie du super méchant, savant fou voulant détruire le monde, menant la vie dure au héros et lançant des répliques cinglantes à tous vents. Les films Popcorn et Coca-Cola comme on les aime.

Mais on apprécie aussi le cinéma qui parle au petit enfant qui sommeille au fond de nous-même : Spielberg l’a bien compris en mettant en scène, à chaque fois, des enfants en tant que héros pris dans les tourments de la vie ou des adultes retrouvant leur innocence perdue. C’est de la magie.

Mais le cinéma peut aussi se faire l’étendard des opprimés. En effet, on peut tout montrer avec la force de l’image : la famine, la guerre, les dangers de la drogue, les femmes battues. Toutes les choses infâmes ou taboues dans notre société peuvent être cristallisées, par la force des mots et de la caméra. Et pourquoi doit-on montrer la souffrance, la solitude, la tristesse ou la mort me direz-vous ? Pas seulement pour faire une bonne petite tragédie à la Racine. Pas seulement pour les dénoncer, mais avant tout pour nous faire prendre conscience de ce qui nous était jusque-là invisible. Il n’y a rien de pire que l’indifférence, le versant antinomique de l’amour.

En effet, nous sommes aussi des acteurs, dans cet échiquier géant qu’est le monde, et nous contribuons chacun aux maux qui le ronge. Il faut avoir la force d’accepter ce qui était inacceptable ou qui l’est malheureusement encore : À bas la corruption, les homos mariez-vous et vivez comme vous l’entendez, les gros ou les tout petits n’ayez plus peur du regard des autres. Donnons les mêmes chances à chacun. Ron Howard l’a prouvé dans son dernier film. Les clichés sont dénoncés et bannis, afin de faire tomber les murs de l’exclusion. Et peut-être de rebâtir, comme le rêvait le petit gamin dans ce film éponyme, un monde meilleur.


968.Superintelligence, un film pas si bête que ça

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Carol Peters (Melissa McCarthy) était loin de se douter que son quotidien allait être bouleversé par l’apparition d’une Intelligence Artificielle (IA) prenant la voix de l’animateur James Corden, qui allait contrôler les moindres aspects de sa vie. Celle-ci, initialement un logiciel issu d’un jouet pour enfant, a choisi la femme afin de voir si l’humanité mérite d’être sauvée, où s’il vaut mieux mettre fin à celle-ci. Elle va la pousser à renouer avec son passé, et plus particulièrement avec George (Bobby Cannavale), son ex-petit ami qu’elle a quitté deux ans auparavant.

Mis en scène par Ben Falcone, qui n’est autre que le mari dans la vie de Melissa McCarthy, actrice principale du film, Superintelligence, est avant tout une comédie, marquée par de nombreux gags, parfois à l’humour potache. Mais le long-métrage questionne aussi sur la place que l’intelligence artificielle est amenée à jouer dans nos vies : à travers la domotique, de nombreuses fonctionnalités sont automatisées dans les maisons et sociétés (alarme, système de refroidissement, …) au point que l’électronique est omniprésent. Nous sommes de plus en plus dépendant à ces technologies, certaines sensées nous faciliter la vie et d’autres nous permettre de garder le contact avec nos amis.

L’IA présentée dans le film a évoluée de façon naturelle, et a développé une conscience propre. Bon nombre de savants travaillent aujourd’hui afin de nourrir la base de leur IA, lui implémentant un certains nombres d’images, fonctionnant par essai-erreur afin qu’elle puisse se faire la représentation de choses (un chat par exemple) ou de concepts abstraits (la tristesse par exemple).

L’IA se développe rapidement et chaque étape fourmille d’implications éthique (des philosophes font d’ailleurs souvent partie des groupes de travail pour réaliser des lois afin « d’encadrer l’IA »). Le film, satirique, nous met en garde sur ces balises de sécurité que nous pensons avoir et sur les risques de dérapages. Car à partir du moment où tout peut se contrôler à distance, de quoi sommes-nous encore maître ? Les voitures autonomes (ici une Tesla), les téléphones portables, les informations confidentielles figurant dans des dossiers numériques … le risque zéro de ne pas voir la technologie nous échapper n’existe pas !

Dans l’intrigue du film, l’IA elle-même ne sait pas ce qu’elle doit faire de l’être humain. De manière scientifique, elle va poser trois hypothèses de travail : L’IA pourrait le dominer, ou pourrait le laisser tranquille et vivre en osmose avec lui, ou encore décider de l’éradiquer (en déclenchant des explosions par exemple). Le sujet de l’expérience sera Carol, une Américaine moyenne, vue comme ordinaire. Le résultat de l’étude sera déterminé par les choix et actions de Carol. Est-ce que l’être humain est aussi égoïste qu’il n’y parait ? Vaut-elle la peine d’être sauvée ? Est-ce qu’une machine qui se croit « consciente » est apte à poser une telle décision ? Le film questionne, tant il est un étrange objet mêlant tant de problématiques. Mentionnons aussi le fait que le long-métrage présente aussi une Présidente aux USA, la première de l’histoire.


967. The Good Place : saison 2

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La saison 1 se terminait sur un cliffhanger de taille : Eleanor découvrait que depuis le début, elle et ses amis étaient au mauvais endroit et qu’ils étaient voués à se torturer les uns les autres ! Elle, par ses mauvaises actions, Tahani par son arrogance, Chidi par son incapacité à poser des choix -ce qui exaspère tout le monde- et Jason (Jianyu) par sa débilité profonde. Michael, surpris qu’elle ait découvert le pot aux roses, décidait de faire un pari risqué : effacer leur mémoire d’un claquement de doigts et reproduire l’expérience du faux bon endroit en changeant plusieurs paramètres. C’est le début du scénario 2. Mais c’était sans compter sur le fait qu’Eleanor s’était laissé un indice afin d’éviter de se faire avoir à nouveau…

Passé l’incroyable révélation de la saison 1, qui redistribuait les cartes d’un revers de main, The Good Place, dans sa saison 2, s’offre un coup de renouveau. Les 13 épisodes de cette salve vont vous surprendre par leur caractère « quasi-absurde » et le côté répétitif de l’intrigue (Ferions-nous les mêmes choix si l’on est dans un contexte différent ?). Les scénarios s’enchaînent, à mesure qu’Eleanor re-découvre le secret de l’endroit où elle est. La relation entre Jason et Janet, robot de service omniscient, est à hurler de rire. Quant à Michael, il devra faire face à ses confrères du mauvais endroit, qui risque bien de vouloir prendre le contrôle. Divertissant.


966. Love and Monsters

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Suite à la destruction d’un astéroïde par des missiles, les produits chimiques inclus dans ces derniers sont retombés dans l’atmosphère, entraînant une série de mutations génétiques chez les créatures à sang froid qui les ont transformés en monstres gigantesques. L’humanité décimée, les survivants se sont organisés en groupe, se cachant des insectes, reptiles et autres amphibiens (surtout les crapauds). Sept années après le début de l’apocalypse, Joel Dawson (Dylan O’Brien), qui a passé tout son temps sous terre, à cuisiner et à réparer la radio, parvient à établir le contact avec Aimee, sa petite amie lors des événements de la catastrophe et dont il ne savait pas si elle était encore en vie. Chacun des membres de son groupe est en couple et il se sent inutile, n’allant jamais chasser parce qu’il est considéré comme un poltron par les autres. Aussi, il décide de sortir de son bunker et d’affronter les monstres à l’extérieur afin de retrouver la dernière personne de son ancienne vie encore vivante. Mais Joel est loin d’être un expert en survie…

Avec son intrigue de survie dans un monde post-apocalyptique peuplé d’insectes géants, Love and Monsters offre un excellent divertissement mélangeant fantastique, action et comédie. Le ton est léger et l’humour présent tout au long de l’intrigue. Dylan O’Brian, connu pour ses rôles dans la trilogie Le labyrinthe et Teen Wolf colle à merveille dans la peau de Joel, héros poltron (qui n’aurait pas peur d’un mille-pattes géant remarquez ?) décidant de retrouver sa petite amie de l’époque et de braver tous les dangers. Il ne sait même pas si elle est encore célibataire ou si elle a envie de le revoir. Mais tant pis, Joel n’a rien à perdre.

Sur sa route, il va se lier d’amitié avec un chien, croiser un baroudeur de l’extrême qui va lui apprendre quelques règles de survie (formidable Michael Rooker), devoir affronter des monstres défiant l’entendement et surgissant de n’importe où, avoir une discussion empreinte de nostalgie avec un robot, et même devoir mettre en danger sa vie pour sauver une autre personne. Au terme de ce voyage au bout de l’enfer, il en ressortira grandi et courageux.

Les créatures (abeille, crabe géant, …), visuellement effrayantes, sont d’impitoyables machines à tuer. Ce sont les petites bêtes qui effraient tant de monde sans raisons et qui se retrouvent à des dimensions hors norme. On avait déjà eu un aperçu d’attaque d’insectes dans le King Kong de Peter Jackson. Cette confrontation avec nos peurs enfantines est l’un des éléments important du film. Avec sa petite arbalette, Joel va devoir redoubler de prudence et même devoir faire preuve de ruse pour en venir à bout. 

Grâce à son formidable coup de crayon, Joel dessine dans un carnet tous les monstres qu’il a rencontré durant sa vie, notant également quelques conseils pour leurs faire face (comportements à adopter, points faibles, …). Les illustrations sont magnifiques et sont visibles à la fois durant l’introduction du film (où l’Apocalypse est contée en bande-dessinée), que lors du générique de fin.

Devant sortir en 2020, Love and Monsters s’est vu privé d’écran pour finalement être disponible sur plusieurs plateformes en vidéo à la demande. En Europe, il est visible sur Netflix depuis le 14 avril 2021. Réalisé par Michael Matthews, c’est un feel good movie, oscillant tant entre Bienvenue à Zombieland  pour le second dégré que Maman, j’ai râté l’avion


965.The King

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Le jeune prince Henry (Timothée Chalamet) est le fils d’un tyran, un père qu’il ne cautionne pas et qu’il a savamment renié. Émancipé et vivant une vie simple, rythmée par une tendance à se laisser aller à la boisson, il est bientôt rattrapé par son passé lorsque le roi rend son dernier souffle. Couronné, il devient Henry V et entend gouverner de façon bien plus pacifiste. Cependant, les membres de sa cour ne l’entendent pas de cette oreille et vont tout tenter pour le pousser à éteindre son pouvoir et à conquérir de nouveaux royaumes …

Cacophonie historique

Sorti en 2018, The King n’est autre qu’une nouvelle adaptation des célèbres pièce de William Shakespeare, Henry IV et Henry V. Cette pièce dépeignait les événements historiques avec beaucoup de liberté. La célèbre bataille d’Azincourt, conquête de la France par l’Angleterre, telle que décrite par son auteur, était une glorification des vainqueurs britanniques.

Mis en scène par David Michôd, réalisateur de War Machine, le long-métrage a été énormément critiqué par les historiens, de par le portrait dépeint du Roi Henry V, pacifiste et bon cœur dans l’âme, ce qui ne correspondait pas à la réalité, et également pour les réarrangements historiques, dépeignant les Français comme d’horribles barbares (surtout le Dauphin de France, incarné par un Robert Pattinson très caricatural). De façon globale, il s’agit même d’une réécriture de l’histoire.

Qu’importe ces éléments et leur pertinence, The King n’en demeure pas moins un film impressionnant dans sa réflexion du pouvoir. Celui qui dirige un État n’est pas seul, et ses plus proches conseillers ont des attentes envers lui, et même des intérêts personnels. Le jeune Henry est un agneau au début du film. Il ne veut même pas régner. Les soifs de conquêtes de son père (Ben Mendelsohn) le répugne et il le prend pour un fou à voir des ennemis là où il n’y a que d’anciens alliés. La guerre n’apporte rien, si ce n’est la mort et le remord de sacrifices vains.

Pacifisme exacerbé dans un océan de duperie

Pourtant, forcé d’accepter le trône, Henry entend diriger sa cour avec une tout autre méthode. Son père s’était perdu et son humanité avait disparue. Lui entend à éviter cela. En vain. Car la pression est énorme. Même le clergé, avec son effroyable archevêque de Canterbury parle de guerre Sainte et de siège de Jérusalem. Car pour avoir la paix, il faut avant tout se battre. Henry considère ne pas vouloir poursuivre l’œuvre de son père et une possible prise de la France. Il n’est même pas concevable pour lui d’envahir un autre territoire. Rester en paix est sa priorité et penser à ses sujets. Mais ses conseillers vont fomenter d’obscurs complots contre lui, le berçant de couleuvres, et lui faisant voir de la France un ennemi. Une bataille, aussi ridicule qu’insensée, sera inévitable.

L’évolution d’Henry, tout au long du film, est hallucinante : il oscillera entre de bons et de mauvais comportements. Avant de régner, c’est une épave. Un homme qui se laisse aller à boire et ne fait rien de ses journées. Une grande bonté émane de lui mais elle ne sert à rien. Rien d’utile n’est accompli. Encore quelques années à se régime là et il mourra.

Au moment de la mort de son père, après lui avoir dit adieu de manière très brutale, il fait preuve de beaucoup de sagesse pour son jeune âge et entend être un bon roi.  Il redistribue les présents qu’on lui a offert pour son intronisation à ses amis proches, et accepte de garder la balle, cadeau du roi de France, ne la considérant pas comme une insulte, au contraire de ce que sa Cour lui affirme, le poussant à riposter. Il fait bloc contre ceux qui aspirent à des guerres et à des désirs belliqueux. Ce que l’on possède est suffisant.

La grandeur d’un roi

Mais cela n’est pas forcément ce qu’on attend de vous : un roi, pour être grand, doit avoir remporté des batailles, goûté au salut de la victoire. Ses conseillers vont le pousser à croire que la France est leur ennemi et qu’un complot se joue dans sa propre cour. Henry mordra à l’hameçon, allant jusqu’à tuer un membre de sa famille. Il préparera alors l’assaut avec toute la force nécessaire, allant lui-même au combat.

Au fond, il se considère aussi comme un soldat, et le privilège du trône ne justifie pas qu’on assiste de loin aux combats. Mais son égo a néanmoins grossi : un roi doit se faire respecter, et certains de ses choix s’avèreront discutable. Son vieil ami et mentor, Sir John Falstaff (Joel Edgerton), vétéran, le rappellera souvent à l’ordre, afin qu’il reste toujours sur la bonne voie. Les meilleures intentions sont parfois détruites lorsque l’on dispose d’énormément de pouvoirs.

Un roi est la pièce maîtresse du jeu de guerre, et il doit agir de manière tactique, mais aussi avec énormément de prudence. La réflexion doit être son maître mot, afin de limiter les pertes humaines, mais également d’empêcher des conflits inutiles. Dans le film, la scène où Falstaff suggère de jouer sur le fait de ne pas combattre en armure sur un terrain boueux, là où les Français le seront, est très équivoque à cet égard. La réflexion encore devrait lui faire voir que parfois ses véritables ennemis sont très proches de lui. Mais là, difficile de croire que certaines évidences ne sautent pas aux yeux. Mais cela est pourtant le cas. 

Chaque victoire d’Henry le mènera également, de façon paradoxale, à un échec cuisant. Une décadence en ligne de front. Il veut éviter la guerre et marquer son pouvoir de Roi face à sa Cour : il arrive à être respecté, mais rentre en combat. Henry n’est pourtant pas idiot mais cette succession de fatalité à de quoi rester pantois. Comme si le pouvoir avait un poids, un prix à payer. Que la somme d’erreurs commises annule parfois les bonnes décisions.


964.Adieu les cons

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Elle, c’est Suze (Virginie Efira). Mère très jeune, elle a été forcée par ses parents d’abandonner son bébé à la naissance. Aujourd’hui, elle sait qu’une maladie auto-immune provoquée par les produits qu’elle utilisait pour son travail de coiffeuse va venir à bout de sa vie.  Suze va chercher à retrouver cet enfant né sous X en se rendant aux services d’administration. Cependant, son dossier n’a jamais été numérisé et le retrouver prendra plusieurs mois. Hors du temps, elle n’en a pas. Mais l’agent administratif se fiche de son cas.

Lui, c’est JB (Albert Dupontel), un informaticien de talent au bout du rouleau. Il va être remplacé par un plus jeune qu’il doit lui-même former. Dépité, JB décide de se suicider et de filmer sa mort en l’adressant à sa hiérarchie. Cependant, il se rate et perfore le mur de son bureau, blessant gravement l’agent qui s’occupait de Suze. Dans l’administration, c’est la panique et la ruée vers l’extérieur. JB, inconscient à la suite de la détonation, est emmené par Suze qui trouve son ordinateur et le message d’adieu raté. Lorsqu’il se réveille, elle lui demande de l’aider dans sa quête de l’enfant disparu. Il refuse. Elle lui promet de l’aider à prouver son innocence dans l’attaque armée car la police le recherche désormais. Il lui rétorque que son geste était une erreur et que sa hiérarchie comprendra en voyant la vidéo sur son ordinateur. Suze décide alors de le faire chanter : en échange de son aide, elle lui rendra son PC et témoignera en sa faveur. Bien malgré lui, JB va assister Suze et lui permettre de rencontrer cet enfant dont elle ignore tout. Ils seront accompagnés dans leurs tribulations par Monsieur Blin (génial Nicolas Marié, qui retrouve Dupontel pour la 7e fois), un agent responsable des archives …

Le retour de Dupontel

Après le triomphe d’Au revoir là-haut en 2017, le cinéaste et comédien français Albert Dupontel signe avec un nouveau sacre aux Césars du cinéma, remportant pour son nouveau film pas moins de 7 statuettes, dont celle du meilleur film et de la meilleure réalisation. Adieu les cons est un film unique, oscillant entre un romantisme assumé et un drame social poignant. 

Notre compatriote Virginie Efira, dans la peau de cette femme arrivée au terme de son existence et qui souhaite faire la connaissance de cet enfant inconnu est touchante de sincérité. Dupontel, dans le rôle de JB, incarne un homme qui renonce à vivre, malgré le fait qu’il a encore du temps devant lui. Une antithèse imparfaite du personnage de Suze, dont les jours sont comptés, mais qui veut les rentabiliser.

On pourrait dire énormément de choses sur Adieu les cons. De ses références appuyées à Brazil de Terry Gilliam (qui fait d’ailleurs un petit caméo dans le film) pour la critique de la société et ses institutions, au cinéma des Monty Python – le film est dédié à Terry Jones- pour l’esthétique burlesque et l’humour omniprésent, c’est une sorte de synthèse du cinéma de Albert Dupontel. Il y parle de l’amour, des désillusions, de l’importance de l’écoute et de la parole, ou encore de l’Internet et de ses dérives potentiels (la domotique permettant de tout contrôler à distance en tête).

Le film est très court (à peine 1h29), comme pour se concentrer sur l’essentiel, le plus important. Le rythme est effréné, et prend des allures de TGV. Le sujet est grave et emplein de mélancholie, et pourtant on rigole à de très nombreuses reprises.

Se dire je t’aime

Le film insiste énormément sur les difficultés qu’ont les individus à dire qu’ils s’aiment dans notre monde. C’est probablement la phrase la plus compliquée à avouer pour les personnes. Le monde présenté par Dupontel dans son film est marqué par une sorte d’obsolescence de tout. On est programmé pour aller vite et ne jamais se retourner. On ne prend plus la peine de réellement se connaître, et contribuons tous à entretenir l’individualisme social. Dans le film, Suze et JB vont partager leurs peurs et leurs secrets les plus intimes en très peu de temps et se faire mutuellement du bien.

De la même manière, monsieur Blin, l’agent des archives aveugles, va voir en Suze une raison de vivre. Fou amoureux de la dame, il va être prêt à accomplir des choses incroyables, mettant même sa personne en danger. Il éprouvera aussi de la jalousie, envers JB, qu’il voit comme un concurrent potentiel.

Je suis un con

Les cons, cela ne représente pas que la police, présentée de façon très caricaturale dans le long-métrage. C’est tout le monde, vous et moi y compris. On est tous idiots, que cela soit dans nos choix, nos comportements ou nos aspirations. La bêtise humaine est profonde et même parfois contagieuse. Dire adieux aux cons, c’est peut-être dire adieu à ce qui nous parasite, à se pardonner nous-même à ce qui nous à fait devenir qui nous sommes devenus.

Un système éducationnel où le système nous dicte presque notre condition, et ne nous apprend plus les choses les plus importantes : aimer et être aimé. Antisystème, anarchiste dans son propos mais extrêmement juste dans sa leçon d’humanité, Dupontel délivre une sorte de fable d’une grande modernité.


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