A crazy world


1.Introduction

   Bonjour et bienvenu à tous sur le blog A crazy world. Ce site se veut être un blog ludique : On y parle essentiellement de cinéma, de littérature, de sport, de politique, d’humour, d’actualité, de bandes-dessinées,  d’histoire ou bien de sciences.

   Le site comprend divers onglets : vous y trouverez un sommaire détaillé, et une liste de « portails » renvoyant vers des articles complémentaires.

   Nous espérons que ce site plaira à tous et à toutes. N’hésitez pas à poster un commentaire, nous y répondrons.

le créateur.

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1012.Babylon, pièce vertigineuse de Damien Chazelle

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Hollywood, 1926. Le cinéma muet bat son pleins. Babylon suit le parcours de plusieurs personnages qui gravitent dans l’univers du cinéma : Manuel Torres (Diego Calva), immigré mexicain, travaille pour le Studio Kinoscope. Il n’est personne, juste là pour faire de petits boulots sans rapport avec le cinéma. Son rêve serait de pénétrer sur un plateau de cinéma. Nelly LaRoy (Margot Robbie) rêve de devenir actrice. Elle est convaincue être déjà une star et entreprend de se faire une place dans le show-business. Jack Conrad (Brad Pitt),  acteur et producteur de renom est la star de l’époque, celui avec qui tout le monde veut tourner. Sidney Palmer est trompettiste et afro-américain. Quand à Lady Fay Zhu, elle s’occupe des intertitres des films muets. Elinor St John (Jean Smart), critique de cinéma, est la personne que les acteurs et actrices souhaitent éviter, car elle peut autant glorifier que détruire.

La tour de Babel

Babylon, nouveau film du prodigieux Damien Chazelle (oscarisé pour Lalaland) est une fresque de plus de trois heure sur le cinéma et l’envers de son décor. Le cinéaste filme la grandeur de ses personnages (Manuel qui devient un homme d’affaire et réalisateur, Nelly une actrice adulée …) mais aussi leur décadence. On peut vite être au sommet et se retrouver deux ou trois ans plus tard sur le déclin.

L’intrigue évoque le passage difficile du cinéma muet au cinéma parlant, avec comme premier film Le chanteur de Jazz, sorti en 1927. Le cinéma muet jouait beaucoup sur les gestes, les émotions sur le faciès, avec les transitions sous forme d’intertitre pour faire comprendre les éléments non présentés de l’intrigue à l’écran. Le vocal n’avait aucune importance. La musique a déjà signifié une première révolution, pour ajouter de l’émotion dans le récit.

Le cinéma parlant fut une seconde révolution, plus puissante encore. Mais cela représentait un défi colossal pour les acteurs : il s’agissait d’apprendre son texte (comme au théâtre, ce que tout les acteurs muets ne savaient pas faire), mais aussi d’avoir une voix qui passent bien au micro. Dans le film, Nelly a une voix très aigue, qui dénote avec les scènes qu’elles jouent. Cette inadéquation est un élément de raillerie, qui est difficile à éliminé. On lui demande de jouer de façon monocorde mais son style ne passe pas.

Babylon montre quantités d’images sur la vie tapageuse d’Hollywood : qu’il s’agissent des fêtes bien arrosées la nuit et qui se transforment en orgies extrêmes, ou encore du train de vie des stars qui jouent et dépensent des sommes colossal jusqu’à se retrouver sans le sou, rien n’est éludé. Les scènes sont vertigineuses, Babylon est une succession de superlatifs. Le rythme de vie est effréné et nous, en spectateur, avons l’impression de ne pas pouvoir suivre la cadence. Le titre du film n’apparaît d’ailleurs qu’après une longue introduction d’environ 30 minutes. La scène finale est une succession de tableau de moment clé du film avec de la musique, comme pour rappeler les comédies musicales de l’âge d’Or d’Hollywood qui se concluaient de la sorte (Lalaland avait aussi fini comme cela).

Les décadents

Margot Robbie incarne à merveille cette star à outrance qui dérange (les moeurs, ses collègues …) et dénote. Son personnage est inspirée d’une actrice oubliée, Clara Bow, avec qui elle partage un passif commun : une enfance difficile, une envie de réussir,  des allures de femmes fatales. Margot Robbie s’amuse visiblement dans la peau de cette femme, capable de pleurer très facilement sur commande ou de rire aux éclats. Après avoir incarné une Sharon Tate inoubliable, dans le Once upon a time … in Hollywood de Tarantino (qui traitait du passage du vieil Hollywood au nouvel Holywood), elle brille à nouveau de mille feu mais dans un personnage nettement plus instable.  Ses danses sont hypnotiques. Elle veut tout contrôler de son image, même si elle n’y arrive pas, gênée par un père encombrant. La colère qu’elle pique dans la scène où elle veut s’en prendre à un serpent est l’un des climax du film.

Le personnage incarné par Brad Pitt s’inspire également d’une personnalité connue : John Gilbert, un acteur du cinéma muet dont la carrière n’a pas résisté avec le cinéma parlant. L’homme voit un destin dont l’issue est inéluctable. Hollywood élève des personnes au rang de star mais rien n’est définitivement acquis. Les nouveaux acteurs reprennent ce que les anciens faisaient et le recyclent (le personnage de Pitt qui inspirera Chantons sous la pluie, comédie musicale des années 1950).

L’ensemble du film est vu à travers les yeux de Manuel, alias Manny, qui va vivre son rêve américain du bout des doigts. C’est un inconnu qui n’est à priori pas destiné à grand chose. Le choix de l’acteur n’est pas anodin : Chazelle a offert le rôle à Diego Calva car il cherchait un visage inconnu et avec des yeux de rêveur. Manuel est en attente de pleins de rêve. Il veut créer des histoires. Il est fou amoureux de Nelly, leur romance est en attente durant tout le film, car elle ne s’intéresse pas vraiment à lui. Ils se rencontreront à leur balbutiement, et chacun verra son rêve devenir réalité. Lui seul l’aimera réellement et il sera son seul ami et confident. Il l’aidera dans les moments difficiles et voudra en faire sa muse une fois réalisateur. Elle le portera en estime mais pourra-elle un jour seulement réellement sortir de son égoïsme et l’aimer ?

Un plaisir de cinéphile

Comme à son habitude, Damien Chazelle fait appel au compositeur (désormais oscarisé) Justin Hurwitz pour nous offrir une partition riche en couleur, qui fait à nouveau la part belle au jazz. Le ton est plus agressif, plus mordant. D’ailleurs un thème est utilisé de façon récurrente lorsque les personnages sont en colère et réagissent au quart de tour.  Sauf surprise, Hurwitz devrait décrocher une nouvelle statuette.

Le film offre également une réflexion sur l’évolution du cinéma. La transition amorcée, celle du film muet au film parlant n’est qu’une première étape dans le cheminement cinématographique. Au travers d’un long plan similaire à l’ouverture de Soleil Vert, Chazelle résume toute l’histoire du cinéma et ses mutations au travers de nombreux films qui défilent.

Belle mise en abyme que celle d’un tournage dans le film ! Chazelle évoque les difficultés budgétaires dans les tournages, mais également le désordre qui règne sur un plateau (pertes des caméras dans les scènes de batailles, manque de sécurité qui entraîne la mort d’acteurs …).

On se prend également à s’interroger sur la place du spectateur, comme acteur à la réussite d’un film. Le succès vient du public, et l’échec également. Les critiques ne sont pas forcément ceux qui vont faire échouer le film. Le fait que des gens rigolent lorsqu’un acteur du muet s’essaie au parlant est bien entendu difficile à expliquer. Une tentative de justification proviendrait du fait qu’il n’est tout simplement pas prêt à le voir changer de registre.

Malgré toutes ses qualités, Babylon est un échec au box-office, la faute à un mauvais calendrier de sortie (le film est dans la ligne de mire de la suite de Avatar). À moins d’un triomphe aux Oscars (où part favori un Spielberg en grande forme) ? 


1011.Everything, Everywhere, All at Once

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Difficile de retranscrire de façon ordonnée ce qui se passe dans ce film. Nous tenterons de le faire, mais ce sera un article compliqué avec des idées qui vont dans différentes directions. Mais qu’importe. Dans Everything, Everywhere, All at Once (littéralement « Tout, Partout, Tout à la fois »), il est question de mondes parallèles.

Evelyn (Michelle Yeoh) tient une blanchisserie avec son mari Waymond (Ke Huy Quan). Ils ont une fille, Joy, qui est homosexuelle ce qui ne plaît pas réellement à Evelyn. Le grand-père, Gong Gong (James Hong) arrive de Hong Kong pour passer du temps chez eux et Evelyn ne veut pas que Joy lui présente sa copine Becky. De plus, Evelyn a des soucis avec sa contrôleuse fiscale Deirdre (Jamie Lee Curtis), qui l’accuse de déduire des frais qui ne sont pas déductibles. Pour couronner le tout, son mari veut divorcer avec elle. Elle est épuisée et n’en peut plus. C’est alors que se produit l’événement le plus imprévisible qui soit: son mari lui annonce venir d’un univers parallèle et qu’elle va devoir sauver l’humanité d’une menace appelé le Jobu Tupaki …

D’une identité à l’autre

Sans trop dévoiler le contenu de l’intrigue, EEA (choix d’abréviation) va confronter -via des avancées technologiques issues d’un autre monde- ses héros au monde multiples et leur permettre de se connecter à leur double dans chaque univers. Ainsi, la connexion permet de ressentir les émotions des autres, mais aussi de reprendre leur facultés. Imaginez un instant : dans un autre monde, vous êtes capable de réaliser des acrobaties. Il vous suffit de vous connectez à ce monde et à reprendre la faculté souhaitée. Imaginez les multiples embranchements de possibilités qui se pose à chaque fois avant que vous posiez un choix : elles sont infinies !

Mis-en-scène par un duo de réalisateurs, Daniel Kwan et Daniel Scheinert surnommé les Daniels, EEA est un fourre-tout immense autour de thématique très universelle : Il y est question des conventions sociales qui vous empêchent de vous accomplir, de devenir celui que vous souhaitez être. Chacun devrait être libre de faire ce qui lui plaît, mais cela se révèle généralement difficile en raison de la pression sociale. Evelyn regrette d’avoir épouser Waymond, qu’elle prend pour un homme mou et faible. Elle va voyager entre les multiples avatar de son être et découvrir, dans sa conscience, toutes les vies qu’elle aurait eu sans lui.

Chaque être humain pose des choix et cela lui offre certaines possibilités. Nous éprouvons tous, à des degrés divers, de la frustration à cause des actes manqués, des possibilités échappées. Car choisir limite les possibilités. Et ne pas choisir reste poser un choix. Evelyn n’a aucun respect pour son mari, qu’elle prend pour la cause de tout ses échecs passés. Waymond est un homme aimant qui est gentil avec elle, mais elle ne peut plus le voir. Il souffre de voir le visage qu’elle tire en sa compagnie, et pense que divorcer leur sera bénéfique, même si ce n’est pas ce que lui souhaite.

Becky souffre énormément de la pression que lui met sa mère, et est choquée de voir que sa mère ment à son grand-père sur l’identité de Becky. Evelyn a elle-même beaucoup souffert lorsqu’elle avait dit à son père vouloir épouser Waymond, choix qu’il n’a jamais approuvé. Le Jobu Tupaki est lui-même un être en proie à une grande souffrance qui a atteint un point de nihilisme sans retour (symboliser par un bagel !). Il tue et détruit sans plaisir, contraint à avoir un accès permanent via sa conscience à tout les univers et soupirant de l’absurdité de l’existence. À la fin, tout le monde meurt et rien n’a de sens.

Acceptation de soi et des autres, rapports familiaux, conflit générationnels, sens de la vie … Les Daniels nous confrontent à toute nos conceptions de l’existence, comme pour nous rappeler à quel point nous sommes toujours insatisfait de ce que l’on a une fois adulte. Nous nous compliquons la vie et pourrissons celles des autres. Ils truffent leur récit d’allusions continue au Ying et au Yang, versant lumineux et sombre de chacun, qui sont présents et se neutralisent pour trouver un équilibre et ne pas sombrer dans le chaos. Les univers multiples sont tentants mais on ne peut pas devenir « un autre avatar ». Nous sommes qui nous sommes et nous devons composer avec cela. Autant être heureux et voir la vie du bon côté. Jouer le jeu de l’existence (la scène de l’univers où Evelyn et Deirdre ont une liaison est très équivoque sur l’acceptation de soi).

Plaisir de cinéphile

Complètement hallucinant, EEA est un trip visuel improbable, une succession d’images déchaînée et psychédélique. C’est totalement barré et pourtant la mesure est de mesure dans ce voyage initiatique nécessaire à chacun. Les Daniels sont fans de cinéma et cela se voit ! Ils revisitent de grands films dans des parodies hallucinantes : que ce soit dans cette version de Ratatouille avec un raton-laveur (« Ratontouille ») métaphore sur la créativité de chacun ou encore dans la scène des primates de 2001, l’odyssée de l’espace, mais avec des doigts devenu des saucisses ! La filmographie de Michelle Yeoh est également évoquée dans une séquence avec ses plus grands succès (Tigre et DragonCrazy Rich Asians …). Le vétéran James Hong (93 ans) devient un avatar du professeur X  de X-Men, et rejoue son Chew de Blade Runner. La version d’Evelyn qui fait du kung-fu s’entraine dans une séquence similaire à celle de la formation de Black Mamba dans Kill Bill. De même que la version autoritaire d’Evelyn semble tout droit issue du personnage détestable que Michelle Yeoh campe dans Crazy Rich Asians. Key Huy Quan, qui excelle aussi dans ce long-métrage, rappelle aussi son enfance en tant qu’acteur (il fut le Demi-Lune de Indiana Jones et le temple maudit et le Data de Les Goonies) dans une scène de combat avec des objets étranges, comme Data et ses nombreux gadgets.

Les images s’enchaînent dans un récit en trois temps (correspondant au mots séparé par des virgules dans le titre) où tout fait sens. Les séquences alternent scènes en live action, scène animée et même texte écrits à l’image (dans un univers surréaliste peuplé de cailloux doté de vie !). Les moments sérieux sont tranchés par des scènes potaches, des combats au ralenti façon Matrix et des envolées lyriques dramatiques. EEA est autant un exercice de style qu’un très très grand film. Les comédiens sont excellents et le film est une sorte de meuble avec de multiples tiroirs avec pleins d’objets désordonnés. C’est très dense et vous allez sans doute être écrasé par toutes les interprétations possibles, mais vous y arriverez. C’est essentiel.


1010.La classification des films : comment s’y retrouver ?

Vous le savez ou non, les films font l’objet d’un système de classification destiné à déterminer par quel public ils peuvent être visionnés. Ce système est différent d’un pays à l’autre.

Belgique

En Belgique, depuis le 8 janvier 2020, on utilise la classification des films issue des Pays-Bas. Elle porte le nom de Cinechek ou Kijkwijzer selon que l’on est en Wallonie ou en Flandre (les 2 noms sont utilisés à Bruxelles).  Cette classification n’est pas contraignante au point de refuser l’accès aux personnes non autorisées dans les salles. Il s’agit plutôt de recommandations, des guidelines de bon sens, afin de permettre aux parents de savoir si un film peut ou non être vu par leur enfant. Les parents sont donc seuls responsables du contenu vu par leurs enfants. Le système est composé de 2 volets :

  • -des pictogrammes sur le contenu du film : ils indiquent les contenus susceptibles d’heurter dans le film un public « non averti ». Le film peut soit contenir :
    • -de la violence
    • -de l’angoisse
    • -du sexe
    • -de la discrimination
    • -des scènes d’abus de drogues/d’alcool
    • -du langage grossier
  • -les catégories d’âges conseillées pour voir le film : il en existe 7 au total
    • - tout public
    • - 6 ans
    • - 9 ans
    • - 12 ans
    • - 14 ans
    • - 16 ans
    • - 18 ans

Concrètement, le distributeur d’un long-métrage doit remplir un questionnaire afin de déterminer le contenu du film. La classification est automatiquement réalisée sur base d’un logiciel qui analyse les réponses fournies qui attribue au film une catégorie d’âge et une catégorie de contenu. La bande-annonce reçoit la même classification que le film. La classification peut être contestée. Ce système vient remplacer l’ancienne classification belge (qui existait depuis une loi du 1e septembre 1920 !), et qui divisait les films en 2 catégories (enfant admis et non admis -car moins de 16 ans-).

Pour plus d’information, rendez-vous sur www.cinecheck.be

 

France

En France, c’est un système en fonction de catégories d’âge qui est en vigueur. Il s’agit également d’un système indicatif. Il est régit par la Commission de classification des œuvres cinématographiques. 5 catégories sont utilisés :

  • - Tous publics
  • - Interdits au moins de 12 ans
  • - Interdits au moins de 14 ans
  • - Interdit au moins de 16 ans
  • - Interdit au moins de 18 ans (+  films classés comme film pornographique)

USA

Le système de classification est similaire aux USA : Il est réglementé par la MPAA (Motion Picture Association of America), une association qui représente les grands studios américains (dont Disney et Netflix). Elle rend un avis sur un film afin de lui attribuer une catégorie, selon l’âge du spectateur. Les films non présentés sont dénommés « unrated« , c’est-à-dire non classifié. Cependant, la majorité des cinémas ne diffuse que des films classifiés, ce qui rend de facto, la classification contraignante. On relève les avis suivants :

  • G = General Audiences (équivalent de « tout publics »)
  • PG = Parental Guidance Suggested (présence des parents conseillée)
  • PG-13 = Parental Strongly Cautioned (déconseillé aux moins de 13 ans ; l’accord des parents est conseillé)
  • R = Restricted (le film est autorisé pour les enfants de moins de 17 ans si ils sont accompagnés d’un adulte)
  • NC-17 = No Children 17 and under admitted (interdit aux jeunes non majeur)

À l’origine, aux USA, c’était le code Hays qui s’appliquait. Il fut créé en 1930 par l’avocat William Hays suite à une série de scandales survenus dans les années 1920. Il avait pour particularité de censurer tout ce qui n’était pas moralement admis à l’époque, afin d’éviter une intervention étatique dans la production cinématographique. Dans un premier temps, le code n’est pas réellement suivi, et souvent détournés par les réalisateurs de l’époque. En 1934, il commence à être respecté par les acteurs à qui il est destiné. C’était une forme d’autocensure. L’Eglise jouait encore un grand rôle dans les mentalités et les producteurs devaient respecter les mœurs. Durant plus de 30 ans, les cinéastes vont respecter ce code et inventer d’autres techniques pour montrer ce qui ne peut l’être (la suggestion …). Les mentalités évoluant, ce code est tombé en désuétude et a été remplacé par le système de classification actuel, sous l’impulsion du conseiller à la Maison Blanche Jack Valenti.


1009.Stranger Things : Saison 4

C’était l’un des grands rendez-vous télévisé de 2022 : le retour de Stranger Things, pour une saison 4, trois ans après les derniers épisodes. L’attente fut longue, d’autant que la saison 3 se terminait sur un événement tragique : la mort de Hopper. Est-ce que le shérif est bel et bien mort ? La réponse fut rapidement révélée dans la bande-annonce : il a survécut mais se trouve prisonnier en Russie.

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Les héros séparés

La bataille de Starcourt (centre commercial d’Hawkins) l’annonçait : un tournant allait se mettre en place dans Stranger Things. Joyce (Winona Ryder), désemparée par la perte de Hooper, décidait de fuir Hawkings avec sa famille, afin de ne plus avoir à revivre les horreurs du monde à l’envers. Elle partait pour la Californie avec Jonathan et Will et emmenait au passage Elfe, devenue sa fille adoptive. Pour la première fois de la série, les personnages sont séparés.

Chacun tente de se reconstruire comme il le peut aux tragiques événements survenus. 6 mois se sont écoulés : Elfe entre au lycée, avec Will, mais se fait rapidement harcelée. Lucas est admis dans l’équipe de basket d’Hawkins, et se détache de ses amis. Dustin et Mike font désormais partie du Hellfire club, groupe de  joueurs de Donjons et Dragons mené par le fantasque Eddie (Joseph Quinn). Max a rompu avec Lucas et se terre dans une solitude terrible, profondément affectée par la mort de son frère. Joyce a trouvé un nouveau travail mais pense sans arrêt à Hopper. Jonathan consomme de la drogue et vit une vie très cool, tandis que Nancy bosse pour le journal local d’Hawkins. Leur histoire d’amour n’est pas terminée mais elle semble être en pause, sans que cela n’ait été prévu. Ils vivent l’un sans l’autre et ne maintiennent pas le contact. Steve travaille toujours avec Robin dans le vidéoclub, et repense à sa relation passée avec Nancy. Il est également jaloux de la vénération que Dustin porte à Eddie.

Les Duffer Brothers ont concocté un début de saison pas du tout réjouissant pour leurs héros. Ils vont connaître de lourdes d’épreuves, sorte de chemin initiatique nécessaire pour devenir adulte. Ils ne sont plus du tout des enfants et ont consciences que la mort peut frapper à tout moment (depuis la mort de Billy). D’autant qu’une nouvelle menace issue du Monde à l’envers va bientôt surgir : Vecna. Cette saison 4 se veut riche en révélation : la mythologie de Stranger Things prend tout son sens alors que les personnages sont confrontés à leur plus grande menace.

Les 9 épisodes de la saison 4 sont :

  1. Le club Hellfire
  2. La malédiction de Vecna
  3. Le Monstre et la super-héroïne
  4. Cher Billy
  5. Projet « Nina »
  6. Le plongeon
  7. Le massacre du laboratoire d’Hawkins
  8. Papa
  9. L’infiltration

La durée de chacun des 9 chapitres est très longue, oscillant entre 1h 3 minutes pour le plus court et 2h15 pour le plus long et dernier épisode. On pourrait craindre la surdose, mais il n’en est rien : la saison prend le temps de raconter son histoire, et de poser les différents enjeux doucement. Tout s’accélère -en révélations et en rythme- dans les 3 derniers épisodes, pour offrir un final digne de Donjons & Dragons.

Vecna

La nouvelle menace qui pèse sur Hawkins s’appelle Vecna ! C’est un monstre humanoïde, qui vit dans le Monde à l’envers, et qui parvient à entrer dans l’esprit d’adolescents perturbés par un traumatisme passé afin de les tuer. Il est en effet doté d’importants pouvoirs psychiques et s’empare d’abord de l’esprit de ses victimes, les poussant dans une transe, avant les détruire.

Les enfants grandissant, le ton de cette saison 4 est nettement plus sombre. La violence est plus importante. Les images de cette saison sont parfois choquantes. Vecna est un être cruel qui cherche à se matérialiser dans le monde réel. Nancy va longuement enquêter, avec l’aide de Robin et Steve, sur Vecna dont l’histoire semble être liée à celle de Victor Creel. Ce dernier est interné à l’asile psychiatrique depuis qu’il a massacré sa famille et semble avoir échappé à l’emprise de Vecna. Max risque fort d’être la prochaine victime de Vecna, car elle est très affectée par la perte de Billy. La petite bande va devoir faire vite pour la sortir de là …

Nouvelles thématiques : harcèlement, deuil et amour inavoué

La série aborde des thématiques d’actualité en cette saison 4 : Tout d’abord, celle du harcèlement. Sans pouvoirs depuis la fin de la saison 3, Elfe est démunie. Hopper n’est plus là. Elle est dans un nouveau collège où elle ne s’est faite aucune amie. Pire, on se moque d’elle et lui fait subir de mauvais traitements. Elfe a honte de cela et seul Will sait ce qu’elle vit. Mike n’est pas au courant. Honteuse, Elfe tait son quotidien difficile, et se meut en position de harcelée.

Au fur et à mesure que l’intrigue avance, elle va être encore plus malmenée. Des événements liés à son passé et à sa nature vont ressurgir et la faire douter de ce qu’elle est : Elfe va avoir à la fois la position de harceleuse et de harcelée. On va prendre conscience que Elfe à refoulé en elle des vérités difficiles.

Ensuite, le deuil. La personne la plus affectée est Max, car elle n’arrive plus à se relever depuis la perte de son frère. Elle est complètement déprimée, à rompu avec Lucas, ne voit plus Elfe, et ne fréquente plus Dustin et Mike. Max va régulièrement sur la tombe de son frère et lui parle. Il n’a jamais été un grand frère génial, ils ne se sont jamais vraiment entendu, mais il lui manque. Sa détresse va attirer Vecna, qui va tenter de l’attirer jusqu’à lui. De se nourrir de sa peine afin de la détruire.

Mais d’autres personnages souffrent également de la perte d’un être cher : Joyce et Elfe pleurent le départ de Hopper. Joyce qui n’a pas pu lui avouer ses sentiments, et Elfe qui a besoin de son « père ». Cependant, Hopper est en vie et est détenu dans une prison en Russie. Plaquant tout, Joyce se lance avec Youri dans une quasi-mission suicide en Russie, où ils recroiseront le Démogorgon.

Cette saison est également celle des sentiments inavoués : cela avait été suggéré dans les précédentes saisons, mais le personnage de Will est homosexuel. Il est amoureux de Mike, et souffre du fait que ce dernier soit amoureux de Elfe. La scène dans la voiture où il avoue cela, devant un Mike qui ne comprend pas, est très équivoque.

Il n’est pas le seul qui va vouloir avouer l’inavouable : Steve en pince pour Nancy et ne s’est jamais remis de leur rupture. Il va tenter de la reconquérir en lui prouvant qu’il n’est plus un gamin. Un triangle amoureux se met donc dans la relation tendue entre Nancy et Jonathan. De nombreuses brèches émaillent le couple, et Steve pourrait les colmater. Robin, de son côté, aime les filles et n’ose pas s’affranchir de la peur de se secret en public. Elle aime une fille secrètement, et tente de la séduire, mais trop timidement.

À l’inverse de ceux-ci, le personnage d’Eddie assume pleinement ce qu’il est. Extraverti, déliré et provocateur, Eddie n’a peur de rien. Il dirige son groupe. Il fait ce qu’il aime et se moque éperdument de ce que pense les autres. Même lorsque la première victime de Vecna, Chrissy meurt sous ses yeux et qu’il fuit, il n’est pas un lâche. Il le prouvera en venant en aide à la bande de Dustin et en affrontant les chauve-souris de Vecna.

Sous influences : à la recherche des références cachées

La saison 4 de Stranger Things se déroule en 1986.  Comme à son habitude, la série groupille de clins d’oeils en tout genre au cinéma de cette époque : on aperçoit des posters de Les griffes de la nuit (d’ailleurs Vecna tue ses victimes selon le principe du « rêve éveillé »),  ou de Les dents de la mer, Elfe est harcelée de manière à Carrie au bal du Diable, Mason évoque Risky de Risky Business. Le design de Vecna reppelle le visage brûlé de Freddy de Les griffes de la nuit. D’ailleurs, Robert Englund, interprète originel de Freddy, campe le rôle de Victor Creel. Eddie apparaît lors de l’épisode 8 avec le masque de Michael Myers du film Halloween.

La série critique aussi le point de vue que certains avaient à propos de Donjons et Dragons et de ses « dangers » : ils étaient perçus comme des satanistes. Les jeux de rôle d’héroïc fantasy étaient vu comme un danger pour le christianisme. Le très cool Eddie -l’un des meilleurs personnages de la série- s’en amuse royalement, lui qui aime aussi les films d’horreurs et le métal.

Les références à l’oeuvre de Lovecraft -ce dont la série ne s’est jamais réellement cachée- sont également plus appuyé. Le danger est quasi inné, les personnages semblant être frappé par la malchance et en proie à des êtres malfaisants. La folie les guette partout. Les créatures sont tentaculaires et très effrayantes.

Bande son

La série la plus vue de l’année sur Netflix (devant Wednesday et Dahmer) a une nouvelle fois soigné sa bande-son. Le titre phare est cette fois-ci issu de la playlist de Max : Running up that Hill, de la chanteuse Kate Bush (qui adore la série). Un titre qui a marqué l’année 2022 ! Dans la série, cette chanson sera utilisée comme un catalyseur, la solution pour venir à bout des dangers. Les paroles font référence à la solitude d’une personne, qui est déprimée et en proie à une dépression. Elles semblent indiquer pour Max que seul Dieu lui-même pourrait lui venir en aide. Elle fait face à une colline, métaphore de la vie, et elle a besoin d’être accompagnée et soutenue pour la monter.

Le pouvoir de la musique et ce qu’elle procure permet parfois de se sentir mieux. La musique change les idées, et chasse les idées noires. Elle détourne l’attention (on pense au grand final du Master of Puppets de Metallica joué par Eddie) pour mieux ramener à la réalité.

Pour les autres titres, on peut notamment entendre California Dreamin (The Mamas and Papas), Dream a little Dream of me (Ella Fitzgerald), Up around the bend (Creedence Clearwater Revival), Psycho Killer (Talking Heads), Travelin’Man (Ricky Nelson) ou encore When it’s cold i’d like to die (Moby). 

Stranger Thing reviendra pour une cinquième et ultime salve d’épisodes, les Duffer Brother ayant volontairement laissé quelques éléments en suspens à la fin de la saison 4. Le retour de la série n’est pas attendu avant 2024.


1008.Le menu, Il était une fois 2

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Dans The Menu, 11 personnes ont été sélectionnées pour goûter le menu que leur a concocté le chef Julian Slowik (Ralf Fiennes), dans son restaurant gastronomique. Le restaurant est sur une île déserte, sur laquelle tout ce qui est servi est cultivé sur place. Le menu est empli de mets originaux, créés par le chef lui même et cuisiné par son armée de cuisinier. Cependant, très rapidement, les convives prennent consciences que le repas ne se passent pas exactement comme prévu. Ils ne sont pas là par hasard …

C’est un long-métrage surprenant que Le Menu. Mis en scène par Mark Mylod (déjà à l’oeuvre sur Ali G), c’est une farce horrifique. Une gigantesque mascarade qui en remet en perspective la question d’un artiste et de son œuvre. Ici, l’artiste est un cuisinier. Un grand chef gastronomique, qui fait de ses plats des œuvres d’art. Qui s’est élevé à un niveau de raffinerie si élevé, que seul une poignée de gens fortuné peuvent venir manger chez lui.

Les 11 personnes (sauf une-exception oblige) sont ceux qui paradoxalement l’ont érigés en chef, en artiste. Il existe « grâce à eux » : il y a la critique gastronomique de renom (Janet McTear, bonne comédienne) et son collaborateur qui approuve ce qu’elle dit, la bande de potes pleins au as qui servent la société à qui appartient le restaurant (Slowik n’est que « locataire »), le vieux couple habitués à manger gastronomique (Reed Birney et Judith Light), l’acteur hollywoodien qui prétend connaître le chef et se dit VIP (John Leguizamo) avec sa maîtresse, le fan absolu de cuisine gastronomique (Nicolas Hoult, impressionnant dans ce narcissisme inversé envers le chef) et la novice en cuisine gastronomique pas vraiment fan de ce type de nourriture (Anya Taylor Joy, décidément à l’aise dans tous les films qu’elle tournent). Que du beau monde en somme. Ils cogitent, interagissent,  se disputent … et le spectateur assiste à chacun de ses microcosmes de conversation en se délectant de la moindre parole.

Mylod concocte un film divisé en autant de chapitre qu’il y a de plats dans le menu. Les transitions sont réfléchies et s’enchaînent sans fausses notes. Chaque met est servi avec une précision kilométrique et bénéficie d’une explication par le chef himself, pendant que les clients tentent de comprendre le thème sous-jacent du menu. Le spectateur est noyé dans un déluge de snobisme et de culte de la personne. Le mystère est savamment entretenu, distillé autour d’éléments étranges qui laissent les invités perplexes. Quelque chose ne tourne pas rond dans ce restaurant mais quoi ? Nous n’en dirons pas plus, sous peine de gâcher la surprise. Du linge blanc sera mis devant tout le monde.

L’ensemble est assez jouissif. Le film questionne beaucoup sur ce qui fait l’artiste : la passion est importe, ainsi que le travail fourni, mais il y a l’intention derrière l’œuvre qui ne doit pas être oublié. Une œuvre sans amour se révèle bien fade.

À voir aussi…

Il était une fois 2 (2022, de Adam Shankman)

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16 ans après le succès du premier film, les studios Disney ont décidés de mettre en scène la suite des aventures de Gisèle, princesse délurée sortie du Royaume de Fantalasia. Le film est cependant privé de sortie cinéma pour atterrir directement sur la plateforme Disney+.

Toujours incarnée par Amy Adams (dont le naturel dans la peau de cette gentille princesse la rend innocente), Gisèle s’ennuie de sa vie de famille dans la grande ville. Elle a eu un enfant avec Robert, et a élevé sa fille Morgan comme sa propre fille. Avec sa famille, ils s’installent donc dans une banlieue huppée. Malheureusement, Gisèle ne se sent pas plus heureuse là-bas, car chacun à sa place dans ce type d’endroit et elle peine à trouver la sienne. Pire, elle se dispute avec Morgan. Triste, elle utilise la magie d’Andalasia et transforme la banlieue en univers de conte de fée. Cela la réconforte, mais se révèle dangereux : Andalasia risque de disparaître et Gisèle de devenir une effroyable « marâtre » (belle-mère).

Cette suite du culte Il était une fois se révèle à la hauteur des attentes. Si le film pousse un peu trop la chansonnette (8 chansons avec chorégraphie !!!), il fait preuve d’inventivité avec Gisèle qui embrasse la peau de la méchante belle-mère. Cela est aux antipodes de sa personnalité (belle comme un cœur, gentillesse et douceur incarnée), ce qui la pousse à devoir lutter contre cette nouvelles nature. Il pastiche de nombreux films de princesse : il y a du Cendrillon, du Raiponce, du Blanche-Neige …De plus, elle fait face à une Maya Rudolph qui souhaite lui ravir la place de grande méchante ! Gisèle devra comprendre ce qu’est le véritable bonheur, ce qui donnera lieu à une morale bien plus conventionnelle. Tout un programme !


1007.Le Joyeux Noël des Gardiens de la Galaxie/Au temps de la guerre des étoiles

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Avant de revenir au cinéma en 2023 pour un troisième opus attendu depuis 6 ans, la bande des Gardiens de la Galaxie se retrouve le temps d’un téléfilm de Noël. Réalisé par James Gunn himself,  les 45 minutes de ce moyen métrage inédit pastichent gentiment un autre téléfilm sorti plus de 40 ans plus tôt : The Star Wars Holiday Special (connu en français sous le titre Au temps de la Guerre des étoiles).

On retrouve Peter/Star-Lord complètement déprimé à l’approche des fêtes de Noël. Gamora n’est plus avec lui (elle ne le reconnait plus depuis les événements de Avengers : Endgame) et il continue de la rechercher. Sensible à cela, Mantis souhaite lui remonter le moral. Elle ne connait strictement rien à Noël (après tout ils ne sont pas sur Terre), mais décide de lui organiser une fête avec Drax. Elle souhaite lui faire un cadeau pour le moins original : lui offrir Kevin Bacon, l’homme qui a sauvé une ville en dansant (dans Footlose) et idole de Peter.

Véritable petit film de Noël avant tout destiné aux fans, Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes est complètement déjanté. L’idée du kidnapping de Bacon -qui n’est pas du tout content d’être enlevé !- est tout simplement excellente. Drogué par Mantis, il pousse même la chansonnette dans un décor de Noël aux couleurs scintillantes. C’est le moment de se retrouver, de partager de bons moments ensemble et de se perdre dans de légers écarts. À nouveau, la bande-son choisie (et composée pour certains titres) par James Gunn est impressionnante : la reprise que Bacon fait de Here is it Christmastime du groupe Old 97′s est jubilatoire, et le morceau d’ouverture (chanté par Old 97′s) I don’t know what Christimas is (but Christmastime is here) figurera probablement bientôt sur votre playlist personnel. Gunn se révèle une nouvelle fois original et concocte un ovni de son plus grand cru.

C’est que l’homme avait beaucoup apprécié Au temps de la Guerre des étoiles en étant petit. Il est normal que ce titre vous échappe, car il s’agit d’un téléfilm de Noël sorti en 1979, dans la foulée du premier Star Wars, produit par la Fox et diffusé sur CBS. Dans cette histoire inédite, Luke, Leia et Han accompagnent Chewbacca sur sa planète afin qu’il passe les fêtes de fin d’année avec sa famille (appelé journée de la vie) ! Tout est mauvais dans ce film : les effets spéciaux, le scénario, les dialogues…mais qu’importe c’est avant tout un petit plaisir pour les fans ! Boba Fett y fait d’ailleurs sa première apparition, en dessin-animé ! Car le film combine prise de vue réelle et animation. Carrie Fisher pousse la chansonnette, et on assiste à de nombreuses scènes musicales.

George Lucas fut stupéfait d’effroi en découvrant la diffusion de ce programme : en effet, il n’avait ni écrit, produit ou été impliqué à un quelconque moment dans ce projet tout le moins surréaliste ! De plus, le téléfilm bénéficiait de la présence de Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford !!! Outré, Lucas s’est arrangé afin d’interdire toute rediffusion de ce téléfilm et a tenté de détruire toutes les copies existantes. Cependant, des enregistrements ont été fait (en VHS) et il est possible aujourd’hui de le voir sur YouTube. Lucasfilm semble désormais ne plus tenter de s’acharner à détruire ce petit ovni visuel.

Surfant sur la vague de ce nanar visuel, James Gunn a développé son téléfilm (d’ailleurs Mark Hamill y fait un petit caméo), plaçant de nombreux easter eggs (le bras offert en cadeau à Rocket, le chien Cosmo …) et surpasse de loin son prédécesseur. Dave Bautista, dans la peau de Drax, et Pom Klementieff, dans celle de Mantis, font des ravages en terme d’humour ! Génial.


1006.Ce que Scream 5 a à nous dire sur les sequel movies

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Pensé à la fois comme un remake du premier film et une suite à l’excellent Scream 4 (2011), le cinquième volet de la franchise Scream (démarré en 1996) sort à une époque où les suites de franchises cultes pullulent au cinéma.

La trame du récit démarre à Woodsboro, ville du crime par excellence, terrain de jeu des précédents opus. Tara Carpenter (incarnée par l’épatante Jenna Ortega, connue pour son rôle de Mercredi Addams dans Wednesday) est victime d’une attaque chez elle, par un mystérieux tueur masqué, qui l’a d’abord cuisiné au téléphone avec des questions sur le film Stab. Elle n’est cependant pas tuée, car la police arrive à temps. Le tueur, dans la nature, n’en a cependant pas fini avec elle. Il va également tenter de s’en prendre à sa grande sœur, Samantha, qui va revenir à Woodsboro après 5 ans d’absence…

La mode des sequel movies

Scream (5), même si le chiffre 5 n’est jamais mentionné, afin d’offrir l’exercice du remake, relit la franchise et ses codes depuis l’origine. Le long-métrage se termine d’ailleurs dans la maison du premier film, là où Sidney apprenait que son petit ami, Billy, était le tueur. L’acteur qui incarnait Billy (Skeet Ulrich) s’offre même un caméo pour le moins surprenant ! On en dira pas plus … Scream (5) se moque férocement des legacy sequels, à savoir les suites survenues des années d’absences de franchises cultes.

En effet, ces dernières années ont vu le retour des Star WarsJurassic ParkSOS FantômesMatrix ou encore Terminator. Si certaines s’en sont relativement bien sortie, entre hommage à la saga d’origine et respect des personnages d’origine (CreedTop Gun : Maverick), les autres ont été accueillies froidement pas les fans, qui ont vu dans ces « suites », d’immenses machines à frics qui ont massacrées les films de leur enfance. Les personnages de la première heure sont relégués au second plan, au profit d’une nouvelle génération de héros, que les fans n’ont jamais demandés. Pire, les héros d’antan peuvent mourir dans ces suites (Luke Skywalker ou Han Solo dans Star Wars par exemple).

Ces suites recyclent à l’infini le concept d’origine, et manquent (souvent) cruellement d’originalité. Bien entendu, tout n’est pas forcément à jeter dans ces suites, mais les communautés de fans en colère se sont tellement appropriés certains univers qu’ils le connaissent parfois mieux que les cinéastes qui ont du se charger des suites, et sont choqués du résultat proposé. Des effets visuels de qualités ne remplaceront jamais une histoire avec un réel goût de la nouveauté. Avec une prise de risque. En vérité, être réalisateur d’une suite de franchise culte, c’est déjà partir avec le poids d’un héritage difficile à porter. Disney en a fait les frais récemment avec Star Wars, au point de rétropédaler et d’écouter les fans en réécrivant des pans de l’histoire grâce à la série The Mandalorian, et en proposant de caster, sur base du souhait des fans, l’actrice Rosario Dawson dans la peau de la Jedi Ashoka Tano. C’est un peu ce qui sous-tend ce nouveau volet de Scream. Dans le long-métrage, de manière humoristique, il est annoncé que le réalisateur de Stab 8 n’est autre que Rian Johnson…pure fiction bien entendu, mais pour rappeler que ce dernier s’est fait incendier par les fans à la sortie de Star Wars-épisode 8.

La suite en mode sequel

Le trio d’origine, à savoir Sidney-Gale-Dwight, est également de la partie mais sequel oblige, dans un rôle de second plan. À la manière de Le réveil de la Force, qui faisait la part belle à Han Solo, Dwight est mis en avant et s’offre quelques scènes marquantes (policier désabusé, sa rupture avec Gale …). Néanmoins, jamais ils ne seront ensemble dans la même scène…ce qui offre un parallélisme saisissant avec la postologie Star Wars, où aucun des acteurs du trio d’origine ne se retrouve ensemble. Scream surprend par sa violence, synonyme d’une époque où l’on peut tout montrer, sans réelle censure. On lorgne même du côté de Cronenberg, sans pour autant tomber dans le gore.

Le duo de réalisateur,  Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, ont bien revus les films précédents de la saga pour proposer une suite à priori purement commerciale (il ne s’en cache pas), présentant une nouvelles générations de héros (après tout les aventures de Sidney Prescott – Neve Campbell- tournent en rond si elle est toujours la figure centrale du récit) mais critiquant au fond toute une industrie du cinéma en perte de vitesse. Le slasher movie, genre qu’est Scream, est un style en déclin, au vu du nombre de long métrage avec un tueur qui sont sortis. Le sujet n’a plus rien d’original. Tara, dans le film, dit même au tueur que ses films d’horreurs préférés sont plus intellectuels, et jouent davantage sur le côté psychologiques, avec un ancrage dans le réel et qui cherche à conscientiser. Elle cite Mister Babadook, métaphore du deuil en exemple. En réalité, cela va plus loin et fait référence à des oeuvres telles que Get OutUsIt Follows ou encore Come Play. Le cinéma évolue, même si Scream reste sur sa lancée. Il en est conscient, et se joue de cela.

Un Scream 6 a été tournée dans la foulée, pour une sortie début 2023. L’intrigue s’y déroulera à New York, ce qui est une grande nouveauté, et sans Neve Campbell !


1005.Le téléphone de Monsieur Harrigan, Docteur Strange dans le Multivers de la folie

Le téléphone de Monsieur Harrigan (2022, John Lee Hancock)

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Issu du recueil Si ça saigne de Stephen King paru en 2020, le roman court Le téléphone de Monsieur Harrigan se voit déjà adapté par NetflixOn suit le jeune Craig (Jaeden Martell, autre habitué de Stephen King, car il a incarné Bill dans ça), qui fait la lecture trois fois par semaine depuis qu’il est enfant, chez monsieur Harrigan (Donald Sutherland), un vieillard milliardaire. Craig est rémunéré pour ces prestations, mais apprécie la compagnie du vieux monsieur, qu’il voit comme son grand-père. Un jour, Craig décide à offrir un IPhone à monsieur Harrigan, afin de lui montrer à quel point cet objet pourrait lui plaire.

D’abord réticent (il n’a même pas de téléviseur), monsieur Harrigan est surpris et devient rapidement accro à son nouvel objet, qui lui permet d’accéder à n’importe quel information en ligne. Peu de temps après, le vieil homme meurt. Craig est attristé de cette nouvelle. Il met dans le cercueil l’IPhone qu’il lui avait offert. Rapidement, Craig se rend compte qu’il peut communiquer avec monsieur Harrigan …

Mis en scène par John Lee Hancock (réalisateur des excellents Le Fondateur et The Highwaymen). Le téléphone de Monsieur Harrigan est un film fantastique, qui évite la surenchère, raconte une bonne histoire avec peu de moyens. La relation quasi « petit-fils grand-père » entre Harrigan et Craig est l’un des moteurs du long-métrage. D’ailleurs, monsieur Harrigan s’étonne, lors d’une scène, que Craig vienne encore lui faire la lecture alors qu’il est quasi adulte. Il se demande si le jeune homme ne le fait pas par intérêt, alors le questionne en lui demandant pourquoi. Craig est surpris de la question : il lui explique qu’il apprécie sa compagnie et le fait par choix. Il aime venir passer du temps chez lui. Il n’y a pas d’arrière pensée. Monsieur Harrigan finit par le croire. On sent que cela lui fait chaud au cœur.

Le film aborde de nombreux thèmes sous-jacents :

  • La mort traverse l’ensemble du récit. Craig a perdu sa maman petit, et tente de se reconstruire malgré ce drame. C’est un bon garçon qui noue une amitié sincère avec monsieur Harrigan, un vieil homme solitaire. Lorsque monsieur Harrigan meurt, Craig revit la perte d’un être cher et le manque que celui-ci peut entraîner. À plusieurs reprises, la mort frappera à nouveau, confrontant chacun à l’insoutenable légèreté de l’être. Craig comprend qu’il peut interagir avec monsieur Harrigan depuis l’au-delà (à moins que) et lui partage le fait qu’il se fait embêter par un garçon à l’école. Sans le savoir, il va condamner à mort son bourreau, et en viendra à se demander si c’est son vieil ami qui agit pour lui depuis sa tombe …
  • L’impact des téléphones dans nos vies. L’histoire se déroule en décembre 2007,  peu de temps après le lancement du premier IPhone. Craig reçoit d’ailleurs un exemplaire de celui-ci par son père pour Noël. Il est facile aujourd’hui de comprendre à quel point les téléphones permettent de faire à peu près n’importe quoi et à quel point ils ont pris une place aussi importante dans la société de l’information. À l’époque, on en est pourtant qu’aux balbutiements. Le téléphone permet à Craig de s’intégrer à un groupe de jeunes « populaires », définit par leur IPhone, et d’approcher la vie de ses rêves. Chacun communique avec son téléphone, sans parler aux autres qui sont dans la même pièce qu’eux. L’objet met en relation des personnes éloignées géographiquement. Le téléphone permet à Craig d’appeler monsieur Harrigan et de lui souhaiter de bonnes fêtes. Le même téléphone permet encore à monsieur Harrigan de lire les informations en ligne avant qu’elles ne lui soient livrées dans son journal du lendemain. De manière quasi-prophétique (même si le film date de 2022, et que donc, les événements ont déjà eux lieux), monsieur Harrigan annonce les dérives de la société de l’information, avec les fakes news et les dangers sur les réseaux sociaux. Il parle du déclin de la presse papier, qui tente de survivre dans sa version en ligne (même si cela ne rapporte pas forcément les mêmes sommes). Autre crainte liée : Craig pense qu’au début, les messages qu’il reçoit ne peuvent pas être de monsieur Harrigan, car il est décédé et que les batteries des téléphones finissent par se décharger.
  • La culpabilité et le poids des choix. La morale de Craig en prend un coup lorsqu’il déclenche, sans le vouloir, la mort d’un garçon à l’école. Il est ébranlé, et toute ses tentatives pour savoir si c’est l’œuvre de monsieur Harrigan montre à quel point il se sent responsable de ce qui s’est passé. Seule sa professeure parvient à atténuer légèrement sa peine. Sa responsabilité est indirecte dans cet incident. Cependant, lorsqu’un autre incident survient, et que Craig demande explicitement la mort de la personne à monsieur Harrigan, il fait un choix conscient, qui aura une conséquence tragique. Moralement, même si il n’a pas tué directement, l’acte posé est condamnable. Il est l’impulsion qui déclenche la mort de la personne. Le pouvoir dont il se retrouve investi est énorme. L’utiliser pour assouvir ses états d’âmes es très grave. Même Monsieur Harrigan essaie de lui faire comprendre. Craig devra vivre avec ses propres erreurs. C’est cela qui lui permettra de devenir l’adulte qu’il sera.

Le téléphone de monsieur Harrigan est un honnête film de genre, sorte d’épisode allongé de La Quatrième Dimension. À 87 ans sonné, Donald Sutherland est épatant dans le rôle du vieux milliardaire isolé dans son manoir. Jaden Martell également, dans la peau du jeune adolescent fragile. La complicité à l’écran entre les deux personnages crée une belle alchimie, qui transcende…la mort !

Docteur Strange dans le Multivers de la folie (2022, de Sam Raimi)

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9 ans que Sam Raimi n’avait pas réalisé de long-métrages ! Après Le monde fantastique d’Oz, le cinéaste remet le couvert dans l’univers des super-héros qu’il connaît bien, puisqu’il a donné la crédibilité à ce genre de film en signant la première trilogie des Spider-man (entre 2002 et 2007). Ici, c’est le MCU qui lui tend les bras avec la suite de Docteur Strange.

Sans trop dévoiler le contenu de l’intrigue, le Docteur Strange fait face à la fois aux dangers du Multivers et à une série de démons qui sont créés par Wanda Maximoff. Celle-ci a sombré dans la folie. Devenue la Sorcière Rouge, elle use de ses pouvoirs afin de pouvoir accéder à une autre dimension dans laquelle elle pourra avoir les enfants qu’elle s’était inventé dans la série WandaVision.

Réussite visuelle et scénaristique, Docteur Strange dans le Multivers de la folie a déçu certains spectateurs qui rêvaient d’un film tiroirs avec de nombreux caméos improbables (Tom Cruise en Iron Man ?). Pas nous. Sam Raimi en a fait un film de genre, quasi-horrifique, et transforme Wanda en créature issue de Evil Dead. Bruce Campbell se voit d’ailleurs offrir un caméo savoureux et le Docteur Strange  fait face à un double zombie tout droit sorti des films d’horreurs de Raimi. Tuant tout sur son passage, la Sorcière Rouge est la surprise du film, complètement barré mais incroyablement original ! La fin du film se veut plus classique, cahier des charges oblige, mais on a rarement vu pareille spectacle, cocktail de violence et de larme.


1004.Drunk, Si tu me venges, Super-héros malgré lui

Les films traités dans cet article sont les suivants :

  1. Drunk
  2. Si tu me venges …
  3. Super-héros malgré lui

 1.Drunk (2020, de Thomas Vinterberg)

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Dans Drunk, 4 professeurs d’un collège décident d’appliquer à la lettre la théorie d’un éminent scientifique : pour être heureux, vivons continuellement avec un demi-gramme d’alcool dans le sang ! Si cette thèse peut sembler farfelue, elle va cependant profondément bouleverser la vie des professeurs, qui vont rapidement voir les effets de l’alcool affluer dans leur vie professionnelle et privée. Tous méprisaient leur existence et avaient l’impression de n’intéresser plus personne. Leur caractère et leur état d’esprit transformé par la boisson, ils se retrouvent affranchis de toute limite ou questionnement, et retrouvent une vivacité inouïe.

C’est les feux de la rampe, du déclin à une gloire naissance (même si fugace). Cependant, il est illusoire de croire qu’une drogue qui stimule l’esprit n’a pas d’effets pervers. Les situations d’apparences idylliques peuvent déraper et le tabou de devenir alcoolique être mis sur la table.  Ce qui peut sembler cool à faire lorsque l’on est enivré devient rapidement honteux face à l’opinion publique. Avec de tels thématiques, Thomas Vinterberg, réalisateur du film, n’a pourtant pas vraiment fait un réquisitoire contre l’alcool. Il signe davantage une fable sur l’extase qu’elle procure et sa capacité à faire sortir de nous d’autres aspects de notre personnalité. L’un des héros devient un homme vut comme « cool », alors qu’on le considérait comme « has been ». Les héros du film s’offrent une seconde jeunesse, à un âge où parfois, on se dit que le bilan est mitigé et qu’il ne reste plus qu’à attendre la mort. En vérité, il est encore possible de faire pleins de choses, si l’on oublie les conventions ou le carcan dans lequel on s’est enlisé. Drunk est un film résolument optimiste même si cela questionne sur parfois sur la valeur que certaines personnes nous attribuent en fonction de nos actes ! 

2. Si tu me venges … (2022, de Jennifer Kaytin Robinson)

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Sorti début septembre, cette production Netflix raconte la rencontre improbable entre Drea (Camila Mendes), la star du lycée, et Eleanor (Maya Hawke), fille discrète et nouvellement arrivée, après que Drea soit victime d’une mauvaise blague de la part de son désormais ex-petit ami Max (Austin Abrams). En effet, Eleanor a vécu des événements similaires et propose un deal étonnant à Drea : chacune va venger l’autre en allant à la rencontre des bourreaux de l’autre, qui ne se douteront de rien. Leur accord doit rester secret et personne ne saura qu’elles se connaissent. Bien entendu, toute vengeance contient son lot de surprises.

Sans être exempt de clichés, Si tu me venges comprend son lot de surprises et de rebondissements. L’intrigue s’inspire légèrement de celle du film L’inconnu du Nord-Express, d’Alfred Hitchcock. Les scènes s’enchaînent et l’on est surpris de voir ce que les êtres humains peuvent s’infliger l’un à l’autre. Mention spéciale à Maya Hawkes, qui après Strangers Things, continue à nous épater dans ce nouveau rôle de composition, ainsi qu’à Sophie Turner dans un petit rôle hystérique !

3.Super-héros malgré lui (2022, de Philippe Lacheau)

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Trois ans après avoir incarné Nicky Larson, le comédien Philippe Lacheau est de retour devant et derrière la caméra avec Super-héros malgré lui, paodie désopilante des films de super-héros. Dans la peau d’un acteur qui se voit confier le rôle de Badman (il ne faut pas chercher longtemps afin de voir de qui il s’agit), Cédric (Philippe Lacheau himself) est victime d’un accident de voiture qui lui fait perdre la mémoire. Seul et habillé en costume de chauve-sauris, il se met à croire qu’il est réellement un super-héros et qu’il doit libérer sa femme du terrible « Le clown ».

Délirant et rempli de gags (ou de blagues faciles), Super-héros malgré lui est une comédie franchement drôle. Philippe Lacheau retrouve sa bande avec ses habitués (Tarek Boudali, Elodie Fontan, Alice Dufour, Julien Arruti …). Lacheau incarne un homme qui pense réellement avoir des facultés, alors qu’il n’en a aucune. La chance parfois insolente dont il bénéficie crée des scènes étonnantes. Chantal Ladesou, dans le rôle d’une productrice sans morale est tout simplement géniale !


1003.Sermons de minuit : série dangereusement fantastique

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De retour à Crockett Island après avoir passé 4 ans en prison suite à un accident survenu en état d’ébriété qui a coûté la vie à une petite fille, Riley tente de reprendre sa vie en main. La communauté, très pieuse, est en émoi depuis l’absence du père John Pruitt, parti en mission et tombé malade. Son remplaçant, le Père Paul Hill est un homme mystérieux, qui va susciter beaucoup d’émoi en réalisant des prodiges. De son côté, Riley est convaincu avoir vu le père Pruitt de ses yeux et trouve qu’il y a des incohérences dans le récit de Hill. De plus, d’étonnants phénonèmes ont lieu sur l’île et l’ombre d’une menace plus grande plane sur les habitants…

Un acte de foi

Dans cette mini-série de 7 épisodes sortie en 2021 sur Netflix, le showrunner Mike Flanagan, grand amateur de cinéma horrifique et de l’œuvre de Stephen King (il a notamment adapté Jessie et Docteur Sleep) concocte une histoire aussi mystérieuse que prenante sur le thème du vampirisme. Il lorgne clairement du côté du roman Salem de King, où un homme retourne chez lui après des années d’absences et prend conscience que des suceurs de sang sont présents dans sa ville natale après que d’étranges phénomènes inexplicables font leur apparition. Des phénomènes liés à des vampires.

Magnifiée par les chansons christiques de Neil Diamond (Soolaimon, Holly Holly …), la série aborde également la foi et son importance dans la société. Comment croire en quelque chose que l’on ne voit pas ? Qu’est-ce qui pousse à croire ? Beaucoup de personnes sont athées car ils sont convaincu que la foi n’apportent pas les bonnes réponses aux questions qu’ils se posent. Le père Paul Hill, dans la série, parvient à ramener les gens à l’église par son message de paix et de tolérance. Il tente de fédéré ce qui était délié. L’espoir apporte un début de paix. La parole fait du bien. Elle nourrit le questionnement.

En effet, il y a un message rassembleur derrière le fait de croire ensemble en Dieu. Le père Hill souhaite aider Riley à se faire à nouveau accepter auprès d’une confrérie très conservatrice, et aussi que le jeune homme parvienne à se pardonner à lui-même. Lorsqu’il finit par accomplir des miracles, au sens biblique du terme, le père Hill devient une sorte de mentor et l’ensemble de la communauté le suive. Le fait de mêler les actes à la parole pousse véritablement à la croyance.

Croire et outrepasser sa croyance

Cependant, même si le père est convaincu être bénéficiaire d’un don qui lui permettra de sauver les êtres, cela aura également des conséquences négatives, car de la foi aveugle au fanatisme, il n’y a qu’un pas à franchir. On se rappellera la ferveur de la madame Carmody de La Brume. Sa passion a été destructrice. Certains personnages préféreront rester rationnel, même si l’on peut se permettre de douter devant des événements inexplicable en utilisant le sens commun. La père Hill ne sait d’ailleurs pas réellement si ce qu’il fait est foncièrement juste. Il y croit, mais développe sa version à mesure de son accomplissement.

Sans les nommés jamais explicitement, Sermons de minuit traite des vampires. Elle prend le temps de construire son intrigue, de poser ses personnages. La vérité viendra mais pas avant les derniers chapitres. Dans un premier temps, la série nous porte à croire en d’autres menaces issues de la littérature fantastique (le fantôme, le diable …). Lorsque l’on comprend qu’il s’agit de vampires, la locomotive est en marche et plus rien ne l’arrête. La créature originelle, le Nosferatu ailé et affreux, est une sorte de synthèse de la figure du vampire. Mais elle n’est pas seule. Les rituels classiques s’enchaînent, ainsi que les mécanismes de défenses classique (la lumière, l’ail …). La panique s’installe, mais trop tard. Le feu et le sang viendront clore le récit, illuminant les ténèbres. C’est que la série magnifie la nuit, magique et mystérieuse, moment propice aux moments les plus inattendus. On ne sait jamais trop ce que l’on peut trouver dans le noir. N’hésitez pas à vous perdre dans  l’écoute de ces Sermons de minuit


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