A crazy world


1.-Introduction-.

   Bonjour et bienvenu à tous sur le blog « A crazy world » (littéralement : un monde de fous).Ce site se veut être un blog ludique qui apportera toutes les réponses que vous cherchez à propos de tous les sujets.On y parlera de cinéma, de littérature, de sport, de politique, d’humour, d’actualité, de bandes-dessinées, de mangas, d’histoire ou bien de sciences.

   Le site comprend divers onglets : vous y trouverez un sommaire détaillé, et une liste de « portails » renvoyant vers des articles complémentaires.Certains de ses portails sont toujours en construction.

   Nous espérons néanmoins que ce site plaira à tous et à toutes.N’hésitez pas à poster un commentaire, nous y répondrons :)

le créateur.

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674.Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

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Benjamin Barker (Johnny Depp, lauréat d’un Golden Globe pour le rôle) était un barbier, vivant heureux avec sa femme, Lucy. Ils avaient un enfant ensemble, une petite fille. Mais un jour, un juge diabolique, Turpin, vit la femme, et en tomba amoureux. Il s’arrangea pour envoyer Benjamin au bagne, et lui vola son épouse. Mais celle-ci ne céda jamais à ses avances et connu un triste sort. Le juge adopta l’enfant, qu’il baptisa Johanna. Elle devint sa pupille, et il en fit sa prisonnière. Les années passèrent, et Benjamin finit par sortir du fer. Quinze ans après les faits, l’homme n’avait rien oublié, et décida de se venger lorsqu’il revint à Londres, après s’être évadé. Il changea son nom en Sweeney Todd, se donna en spectacle pour attirer la clientèle, attendant que le juge qui l’avait fait souffrir se présente jusqu’à lui pour se faire tailler la barbe, afin de lui trancher la gorge, d’un seul coup de rasoir.

En 2007, Tim Burton revenait à la réalisation avec un treizième long-métrage : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Il s’inspirait de l’histoire, inspirée semble-t-il de faits réels, d’un barbier, qui devenu fou, se mit à tuer ceux qui sollicitait ses services, et les envoyer chez Mrs Lovett, vendeuse de tourtes, qui se servaient de leurs corps pour faire les dites pâtisseries. Le « conte » a connu de nombreuses adaptations, au théatre, et à la télévision. L’originalité de la version de Burton est d’avoir fait un film qui mélange deux genres très différents : l’horreur et la comédie musicale.

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Victime, vengeance et violence

Todd est une victime du juge Turpin (le regretté Alan Richman). Il n’est cependant pas la seule, parce que l’odieux magistrat n’hésite pas à condamner des innocents, à pendre de jeunes enfants, sans se soucier de la vérité judiciaire. C’est un méchant puissant, que l’on voit peut, mais qui marque. Cependant, chez Todd, la vengeance va devenir un poison, qui va le consumer lentement, mais inexorablement. Sa première victime sera Pirelli (Sacha Baron Cohen, toujours aussi survolté), barbier renommé de Londres, qui le fera chanter car il l’a reconnu. Menaçant de voir son identité révélée, il n’aura pas d’autre choix que de le tuer.

Il y a de nombreux parallèles entre Todd et Edmond Dantès, le célèbre Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Tout deux  sont condamnés injustement, pour quelque chose qu’il n’ont pas fait, puis reviennent, des années plus tard là où tout à commencer, sans dévoiler leur identité, jouant presque un rôle, afin de se venger. Todd veut faire la peau au juge, et à son complice, le bailli Bamford (Timothy Spall).

La violence est omniprésente dans le film. Les lames en argent de Todd font partie intégrante de lui-même, comme prolongeant sa personne. Sans elles, il semble d’ailleurs incomplet. Elles sont l’instrument de sa vengeance. Il est d’ailleurs le meilleur barbier de tout les temps. Le sang gicle à flot, les personnes se succédant sur le fauteuil de barbier à un rythme effréné, avant d’être dépecé pour être transformé en tourte, puis manger par des gens qui demeurent dans l’ignorance la plus totale. Le cannibalisme permet ainsi de recycler tout ceux qui sont morts.

Alors qu’il ne devait tuer à l’origine que le juge et son scélérat de complice, Todd devient un tueur en série obéissant à une pulsion, assassinant des innocents. Persuadés que la ville de Londres est pleine de crasse, il se donne pour mission de la nettoyer. Le barbier ne ressent plus aucun amour pour personne, voyant tout ce qui est de façon négative, capable de tuer même ceux qui veulent lui venir en aide. Il suffit de voir son regard fou, et sa détermination à traquer le petit Toby, garçon de salle chez Mrs Lovett. Mais on ne sait pas ce que l’homme compte faire après avoir accompli sa vengeance…en fait, il y a lieu de supposer qu’il souhaite mourir, puisque à la dernière scène, il entend Toby sortir des égouts où il s’était caché, et lève sa tête, laissant son coup accessible pour que le garçon lui donne le coup de grâce. La vengeance détruit celui qui en est habité. Tragique constat, mais plein de réalisme. Mais un autre tout aussi amer : le chagrin ne jaillit que lorsque le sang coule.On peut d’ailleurs voir Todd pleurer, à la toute fin.

La jalousie est aussi l’un des thèmes de l’histoire : c’est par jalousie que Turpin envoie Benjamin en prison, que Pirelli fait chanter Todd, et c’est par jalousie que Mrs Lovett ment à Todd en racontant que sa femme est décédée. C’est une émotion qui pousse les gens à faire des choses regrettables, et qui ne dure pourtant que un instant. Après avoir obtenu ce que l’on souhaite, tout revient à la normal, et le mal est fait.

Famille recomposée

Mrs Lovett (Helena Boham Carter) connaissait Benjamin Barker autrefois. Elle a toujours été amoureuse de lui, le convoitant secrètement. Lorsqu’il revient, près de quinze ans après avoir disparu, elle voit enfin l’occasion de devenir sa femme. La femme va le soutenir dans son entreprise, l’aidant à se faire connaître dans le quartier, afin que cela arrive jusqu’à l’oreille du juge, qui serait tenter de venir en tant que client chez lui.

C’est d’ailleurs cette dernière qui va lui suggérer de faire des tourtes à partir d’êtres humains. Lorsqu’elle voit qu’il a tué Pirelli, elle ne se choque pas, mais suggère de récupérer la viande. Cela n’est pas un comportement normal. On comprend que Mrs Lovett est folle  : amoureuse de Todd, elle s’imagine qu’ils pourraient vivre ensemble, et Toby, formant une sorte de famille, loin de Londres. Elle aspire donc à un retour au calme, une fois que le barbier aura accompli sa vengeance. Mais la dame lui ment également : Lucy, sa femme, ne s’est pas empoisonnée. Elle est toujours en vie, mais est désormais une sans-abris qui rôde dans Fleet Street, ayant perdu la raison.

Lorsque le film montre ce que Mrs Lovett imagine pour l’avenir, on se rend compte que cela n’est pas possible : Todd ne l’aime pas vraiment, et même dans son subconscient, on perçoit qu’il se force à l’épouser et que le baiser qu’il lui donne n’a rien de naturel. Il n’y a aucun amour, c’est une relation purement unilatérale, servie par le profit qu’il peut retirer de la dame, qui n’a pourtant pas hésiter à lui ouvrir sa maison, et à lui donner une pièce pour ouvrir son salon.

Chantons notre Spleen

Benjamin Barker est mélancholique et en colère : il chante sa douleur tout au long de l’histoire, tantôt à travers les souvenirs et la nostalgie, tantôt pour s’énerver et souhaiter la fin de tout. Il déteste tout, et n’a plus goût à rien.

Mrs Lovett est également triste : elle est pauvre, fait les pires tourtes de Londres, et personne ne se soucie de son existence. Mais à la venue de Todd, elle s’illumine, et chante ses rêves et ses désirs.

Le juge Turpin, méchant suprême est aussi vulnérable : amoureux de Lucy, il ne supporte pas qu’elle le rejette. Puis, amoureux de Johanna, il l’observe en secret tout les jours, la voyant à travers le trou de la lorgnette. Ce voyeurisme est du au fait que, même si elle lui appartient, elle lui est cependant inaccessible. On ne peut pas forcer les gens à vous aimer.

La musique n’est pas de Danny Elfman, compositeur « quasi-attitré » de Burton, mais de Stephen Sondheim. Il a su créer des mélodies capable de coller à un film d’horreur, et facilement reconnaissable, avec des titres chantés remplis de colère et de tristesse. Les acteurs, qui ont du donner de leur voix, chante ce Spleen avec beaucoup d’émotions, capable de colorer leur voix avec une précision importante.

Film très noir, Sweeney Todd n’en demeure pas moins une réussite. À ne pas voir si vous n’aimez pas les films où les personnages chantent de façon perpétuelles. C’est d’ailleurs ce qui a divisé la critique, à la sortie du long-métrage, en 2007 (Notre note : 8/10).


673.Le Village des damnés.

La filmographie de John Carpenter est comme un coffre à jouet, pour les amateurs de cinéma de genre. En 25 ans, il a réalisé une quinzaine de longs-métrages, avant de se plonger dans une sorte de semi-retraite, dont il ne ressort que de manière épisodique. En 1995, le réalisateur mettait en scène le remake d’un célèbre film d’épouvante de 1960 : Le Village des damnés. L’histoire est basée sur un roman de science-fiction de John Wyndham, rédigé en pleine guerre froide, et intitulé Les coucous de Midwitch.

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Le Village des damnés se déroule dans le village de Midwich, lors d’une fête municipale. Les habitants sont occupés aux préparatifs lorsqu’un phénomène très étrange se produit : tous s’évanouissent, plusieurs heures durant, sans raison apparente. Les occupants des villages voisins préviennent les forces de l’ordre qui ne comprennent pas ce qui se passent, chacun de ceux tentant de pénétrer dans le village tombant dans les vapes. Des spécialistes du surnaturel, dirigé par le docteur Susan Verner (Kirstie Alley) font leur apparition et tentent d’élucider le mystère. Les gens finissent par se réveiller et les choses se calmer. Mais peu de temps après, toutes les femmes du village tombent subitement enceintes. Ne comprenant pas ce qui leur arrivent, elles décident de garder leur bébé, sur les conseils du docteur Ian Chaffer (Christopher Reeve). Les femmes accoucheront toutes le même jour, au même moment, et au même endroit. L’un des bébés sera mort né, et soustrait par le docteur Verner qui souhaite l’étudier. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils se ressemblent tous très fort, chacun d’eux ayant les cheveux blancs. Une étrange connexion semble les lier. Rapidement, des phénomènes étranges se produisent : des gens se suicident, des accidents où des gens périssent se produisent…les enfants ne sont pas étrangers à toutes ses disparitions.

Petit film d’épouvante, Le Village des damnés est un récit qui empreinte aussi à la science-fiction : ce sont des extra-terrestres qui ont fécondés les femmes du village. Les enfants sont donc des être hybrides, télépathes (ils savent pénétrer l’esprit d’autrui, et connaître ses intentions) , capable de faire faire n’importe quoi à n’importe qui. Leurs yeux se mettent à luirent et les gens leurs obéissent aux doigt et à l’œil. Ils utilisent cependant leurs dons pour faire le mal autour d’eux (en exemple, on peut citer la scène où le bébé force sa propre mère à plonger son bras dans l’eau bouillante de la casserole). Les enfants sont effrayants, car ils semblent dictés par leur mission (détruire l’humanité), n’ayant aucune once d’humanité, ne ressentant aucune compassion ni amour pour personne. Doté d’une intelligence remarquable, et dirigé par Mara, chacun quitte le domicile familial pour se retrouver et former un groupe uni. Un seul d’entre-eux ne répond pas à cette règle : le petit David (Thomas Dekker), dont sa mère semble encore avoir une influence sur lui, et qui se rend compte que ce que ces frères et sœurs font est mal.

Échec critique (le film fut d’ailleurs lauréat de plusieurs Razzie Awards, récompenses attribuées aux pires films) et commercial à sa sortie (malgré la distribution) , le long-métrage s’est trouvé un public d’aficionado lui vouant un petit culte. Mark Hamill, en contre-emploi, dans le rôle du prêtre livre une prestation intéressante. Christopher Reeve est pour la dernière fois valide, dans un film, avant son accident, qui le rendit tétraplégique. Les effets spéciaux sont dignes d’une série B, mais le tout est agréable à suivre, avec quelques scènes gores (notre note : 6,5/10).


672.Il était une fois une chanson…Rockcollection.

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Titre emblématique de Laurent VoulzyRockcollection est un hommage au rock’n'roll. Les paroles, de Alain Souchon, évoquent les filles, les babyfoot, les guitares,…et le goût d’une certaine époque. Seul semble rester les souvenirs de ces beaux moments, lorsqu’on les écoute.

Rockcollection est un mot valise, formé de rock et  de collection. Il es un prétexte pour rechanter des airs connus des années 60 (il ne s’agit donc pas de samples, c’est-à-dire d’extraits sonores), des Beatles aux Rollings Stones. Voulzy en a livré de multiples versions différentes (il en existe même une de 21 minutes ! ) , avec des titres différents, entourant les couplets en français.

Sorti en 1977, le titre fut n°1 au hit-parade, propulsant Voulzy au rang d’idole des jeunes.


671.Numéro 9 : chef-d’oeuvre d’animation dramatique et réaliste, baignée dans la Steampunk.

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    Voilà un dessin-animé qui sort un peu de l’ordinaire : L’humanité n’est plus…elle s’est éteinte par sa faute, et les rares survivants ne savent même pas comment cela s’est produit. Et pour cause, car ce sont de petites poupées, créées par un savant (mort également), numérotées de 1 à 9. Lorsque Numéro 9 se réveille, il est seul et découvre le monde. Inachevé, il lui manque la parole.  Ramassant ce qui ressemble à un artefact, il l’emporte avec lui. Numéro 9 croisera sur sa route Numéro 2, un vieux sage , qui va lui permettre de parler.

     Mais dans cet univers hostile rôde la Bête, robot-chien qui chasse ardemment les poupées, et qui veut mettre la main sur l’artefact. Ce dernier va enlever le précieux objet et Numéro 2. Numéro 9 va alors trouver refuge chez les autres poupées : Numéro 1 est leur chef, et souhaite avant tout la sécurité, et ne prend donc jamais aucun risque…il décide par conséquent de ne pas partir à la recherche de Numéro 2. Néanmoins, Numéro 9 ne connaît pas la peur (il « vient seulement à existence ») et parvient à convaincre Numéro 5 de l’aider. Ils croisent alors d’autres Numéros, qui ont décidés de se battre contre la Bête, et ne plus vivre reclus dans la peur.

En parvenant à vaincre la Bête, Numéro 9, par curiosité, place l’artefact dans ce qui semble être son support…il réveille alors un ennemi nettement plus redoutable, une créature tentaculaire de fer et d’acier.  

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Et l’homme créa…la machine

Numéro 9 est un dessin animé avec plusieurs niveaux de lectures, riche en symbole et à interprétation multiple. Les poupées sont confrontées, successivement, à deux monstres : La Bête, robot-chien traquant en apparence les poupées, mais dont l’existence toute entière semble en fait conditionnée pour un seul but, celui de réveiller la Machine, créature dantesque autonome, capable de créer d’autres machines.

L’humanité, dans le film, s’est éteinte précisément à cause de la Machine, qui s’est retournée contre ses géniteurs, faisant le mal autour d’elle. La créature, à l’origine, devait créer des robots de guerre, sur ordre du Chancelier, mais elle s’est servie ensuite de ses créations pour détruire l’espèce humaine. Le Chancelier était un être qui promettait la paix, et s’est servi de la Machine pour provoquer la guerre, avant de perdre définitivement le contrôle.

Le film tire le triste constat, mais qui semble de plus en plus probable au regard de notre histoire, que c’est l’homme qui se détruira lui-même. À force de vouloir tout contrôler, on ne maîtrise plus rien. Il marque aussi l’inquiétude, de plus en plus grande, que l’on peut avoir en l’intelligence artificielle, sensée être une source de progrès, et qui, en fin de compte, sert uniquement les intérêts des plus puissants, quand elle ne se détraque pas complètement et ne tue pas tout le monde…

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Des Numéros qui ne font qu’un

Les neufs poupées sont en fait des parties de l’âme du scientifique qui les a créées. C’est cela qui les différencie de la Machine, qui en est dépourvue, et qui obéit à une sorte de mécanique de la destruction, sans réflexion aucune sur l’intérêt de ce qu’elle fait. Numéro 1, chef autoproclamé des poupées, incarne la peur et le pouvoir (la pièce sur son front montre la richesse de l’Église, qui est d’ailleurs le lieu où il a trouvé refuge). Il est manipulateur et n’hésite pas à sacrifier les autres pour pouvoir survivre. Il est aussi l’allégorie du scientifique qui est fier de sa découverte, et que l’on ne peut pas remettre en cause. Numéro 2, doyen du groupe, incarne la sagesse. Le cas de Numéro 3 et 4, jumeaux, est plus difficile : ils ne parlent pas, si ce n’est par les images qu’ils savent projeter. Ils sont ceux qui ont le « devoir de mémoire », sorte d’archiviste, incarnant donc le savoir, la connaissance. Numéro 5, le borgne, personnifie la bonté, qui même si il y a des règles à respecter, n’hésitera pas à les transgresser afin de porter secours aux autres. Numéro 6 est la figure de l’obsession, du scientifique qui a une idée fixe (il passe son temps à dessiner l’artefact). Numéro 7, seul personnage féminin, est la rebelle, l’insurgée, non soumise : on peut y voir le fait que le scientifique passe son temps à contester les théories de ses collègues, afin d’imposer sa propre vision des choses. Numéro 8, le plus fort d’entre tous, est le pion de Numéro 1. Il matérialise la violence.

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Numéro 9, est le plus difficile à cerner : en fait, tour-à-tour, il se montre courageux, désobéissant, peureux, curieux (quand il met l’artefact qui réveille la machine), triste, amical, intelligent et même faible. Il est l’humanité. On dit souvent que nous sommes humains, avec un double sens : D’une part que nous sommes des êtres doté de sens et de raison, capable du meilleur, et d’autre part que « c’est humain », et que nous pouvons commettre les pires erreurs qui soient.

Mécanique bien huilée

L’animation du film est soignée, le graphisme (surtout celui des poupées de chiffon, avec leur fermeture éclair sur le ventre) collant avec cet univers apocalyptique, où il fait toujours sombre. La musique de Danny Elfman, habitué à Burton, colle parfaitement à l’histoire, et illustre toute la profondeur du récit. Signée Shane Acker, il adapte son propre court-métrage, avec brio. Les scènes d’actions sont fantastiques, les machines étant plus vraies que nature. Il y a quelque chose de réaliste dans la trame du récit, du au soin apportés dans les détails par les dessinateurs.

Le récit empreinte au Steampunk, courant de la science-fiction marquée par une réécriture de l’histoire, dans un futur qui rappellerait le climat de la révolution industrielle, dans l’urbanisme, la civilisation et surtout par l’usage des machines mécaniques. La Machine officie d’ailleurs dans une usine abandonnée, pour créer ses monstres d’acier : on pense notamment au bébé-serpent, qui avale les poupées, après les avoir saucissonner avec de la corde, comme le fond les araignées avec du fil sur leur toile.

Numéro 9 est un film étrange, uchronie de notre monde. Un dessin-animé pour adulte, en 3D, sans vraiment d’humour, et un ton volontairement plus grave. La tension dramatique est omniprésente, mais on se plait à regarder ce petit ovni, et on comprend que Tim Burton ait voulu le produire, admiratif du travail de Acker. Sa fin est synonyme d’espoir, avec la pluie tombant sur la Terre, chargée de vie. Les poupées de chiffons continuent l’espèce humaine, qui a cette fois-ci prit une autre forme. Il y a une dimension presque ésotérique au récit, qui met fin aux traditions (la Chute de l’Église, la fin du règne de l’industrie), comme ci tout n’était que provisoire. Le numéro 9 signifie l’unité, que la finalité a été atteinte et que l’on recommence au début, que l’on renaît.

Courez le redécouvrir, car il fut un échec commercial à sa sortie, en 2009, ce qui est profondément injuste. (notre note : 9/10).

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→à voir aussi : le court-métrage d’Acker, à l’origine du film, ici.


670.Jean-Christophe & Winnie : bande-annonce.

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Disney revisite ses classiques (après le succès de la Belle et la Bête ) et cherche à capter les souvenirs de notre premières expériences télévisuelles, en ressuscitant l’emblématique Winnie l’ourson. Personnage issu d’une série de livres pour enfants (de Alan Alexander Milne), le petit ourson a eu droit à  4 séries télévisées, et 7 films ! Roger Carel a été la voix de Winnie durant toutes ses années (avant de prendre sa retraite, en 2014).

Avec Jean-Christophe et Winnie, Disney reprend un thème qui a fait son succès : qu’arrive-t-il quand on a oublié qui on était, rangeant définitivement son enfance au placard. Chasser le naturel, il revient au galop : la fabrique à rêve fonctionne toujours. Jean-Christophe (Ewan McGregor), autrefois enfant, passant ses journées avec Winnie et ses amis (Porcinet, Tigrou-toujours doublé par Patrick Préjean-, Coco Lapin, Maman Gourou, Petit Gourou, Bourriquet et Maître Hibou), a grandi et vit pour son travail, faisant passer sa famille au second plan. Ses amis d’autrefois vont alors sortir de leur monde pour l’aider.

La bande-annonce est très jolie. Le graphisme des personnages (vu qu’on est dans la prise de vue réelle) a voulu qu’ils aient l’air de peluches vivantes, afin de coller aux souvenirs d’enfances, aux doudous.


669.Momo.

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Imaginez une seconde si un inconnu, prétendant être votre fils, débarquait dans votre vie ? C’est la situation à laquelle André (Christian Clavier) et Laurence (Catherine Frot) Prioux vont être confronté. En effet, alors qu’ils font tranquillement leurs courses, André, voit un jeune homme mettre une boîte de céréales « Chocapic » dans le caddie. Ne comprenant pas, il s’énerve et lui demande d’arrêter. Le garçon est choqué, lui répondant dans un langage incompréhensible, avant de partir avec la caddie, le laissant quelque peu sonné. Laurence, partie chercher un article, revient et est très surprise par l’histoire d’André. Ils le signalent à la sécurité du magasin, qui ne peuvent rien faire, l’homme en question s’étant volatilisé…Le couple est obligé de refaire ses courses, et en rentrant chez eux, trouvent des sacs de commissions dans la cuisine…le garçon s’est introduit chez eux, a payé les courses, et utilise maintenant leur douche ! Il prétend être leur fils, leur montrant une vieille photo de vacance au dos de laquelle il est indiqué « Papa et maman ». Il dit s’appeler Patrick, et est sourd et muet, lisant sur leurs lèvres. L’ennui, c’est que Laurence et André n’ont jamais eu d’enfants ! Du moins, ils ne s’en souviennent pas…le couple se méfie donc dans un premier temps de Patrick. Mais Laurence, qui n’a jamais pu avoir d’enfant, se laisse amadouer et prête la voiture d’André à Patrick, afin qu’il puisse aller chercher son épousé, qui attend près de la cathédrale. Apprenant cela, son mari est furieux, d’autant que les jours passent, et que sa voiture et son occupant se sont volatilisés. Laurence sombre peu-à-peu, espérant voir le retour de Patrick, dont elle est persuadée qu’il est son fils. La femme s’invente un enfant ! André, désemparé, ne sait pas trop quoi faire devant cela, le psychiatre lui conseillant d’aller dans son sens, afin de ne pas la contrarier. Mais voilà que Patrick fait son grand retour, avec sa compagne…Pour André, cette « nouvelle famille », vient bousculer toute son existence…

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Réalisé par Vincent Lobelle et Sébastien Thiéry (adaptant sa propre pièce de théâtre et qui joue également Patrick dans le film)  Momo est une comédie, avec un grand C, pleine d’humour et de scènes très drôles. Un film presque lorgnant du côté du surréalisme. Il faut dire que Christian Clavier, comme à son habitude, en fait des tonnes, vociférant à tout vent, jurant, s’énervant et devant faire bien des concessions pour l’amour de sa femme. Il rappelle un peu Louis de Funès, dans cette manière de jouer, ou lui-même dans les Visiteurs. Il y a notamment la scène où il rencontre la compagne de Patrick, Sarah, pour la première fois : celle-ci est aveugle, et ne supporte pas qu’on l’aide…néanmoins, il faut qu’elle puisse entrer chez lui. Donc, André lui fait des petits bruits, comme à ceux que l’on fait à un cheval, pour la faire entrer. Où encore la scène où André veut vérifier si Patrick est réellement sourd, et fait du bruit, jusqu’à faire exploser un pétard. On peut ajouter aussi le fait qu’il est le seul à ne pas comprendre ce que dit Patrick dans le film (avec le spectateur, bien entendu).

Mais Momo est plus que ça : il s’agit de la façon dont Patrick surnomme sa maman, Laurence. Le long-métrage se veut être un hommage à celle qui nous met au monde, s’occupe de nous, donnant tous d’elle-même afin de nous faire parvenir à l’âge adulte. Le film insiste bien sur le fait qu’une mère peut être une mère, si elle aime son enfant. Patrick est un enfant qui a été battu et abandonné par ses parents. Laurence ( Catherine Frot, toujours juste) voit l’occasion (même si elle sait pertinemment que c’est faux) de jouer un rôle de mère, qui lui était jusque là impossible à envisager. Elle cherche à voir où tout cela la mène, et cela la rend heureuse. Les liens affectifs sont plus forts que les liens du sang. En témoigne d’ailleurs les familles d’adoptions, donnant une famille à un enfant qui n’en a pas. Mais la rencontre entre les Prioux et Patrick va les changer du tout au tout : ils vont passer de bourgeois coincés regardant la télévision sur deux écrans séparés, à des parents qui se font du soucis pour leur enfant, et qui désireront faire partie de la vie de leur fils (bien que pour André, cette révélation n’arrivera qu’à la toute fin).

Tout le monde n’appréciera pas, trouvant toujours à redire, que la morale est simpliste, que les personnages sont trop caricatural et que leurs réactions sont exagérées (bien que si l’on y réfléchit, ça n’est pas tout à fait vrai) mais Momo est un film touchant : il rappelle les priorités et ce qu’est une véritable famille. Ce sont les gens qui vous aiment (notre note : 8/10).


668.Filmographie de Tim Burton.

Tim Burton a réalisé 19 longs-métrages, 7 courts-métrages et produit environ 7 films (en plus de ses propres réalisations).

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Réalisateur de :

  1. Pee-Wee Big Adventure (1985)
  2. Beetlejuice (1988)
  3. Batman (1989)
  4. Edward aux mains d’argent (1990)
  5. Batman : le défi (1991)
  6. Ed Wood (1994)
  7. Mars Attacks ! (1996)
  8. Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête (1999)
  9. La planète des singes (2001)
  10. Big Fish (2003)
  11. Charlie et la chocolatrie (2005)
  12. Les noces funèbres (2005)
  13. Sweeney Todd : le diabolique barbier de Fleet Street (2007)
  14. Alice au pays des merveilles (2010)
  15. Dark Shadows (2012)
  16. Frankenweenie (2012)
  17. Big Eyes (2014)
  18. Miss Pérégrine et les enfants particuliers (2016)
  19. Dumbo (2019)

Producteur de :

  1. L’étrange Noël de Monsieur Jack (1993)
  2. Batman Forever (1995)
  3. James et la pêche géante (1996)
  4. Stainboy (2000)
  5. Numéro 9 (2009)
  6. Abraham Lincoln, chasseur de vampires (2012)
  7. Alice de l’autre côté du miroir (2016)

Cours-métrages réalisés :

  1. The Island of doctor Agor (1971)
  2. Doctor of Doom (1979)
  3. Stalk of a celery monster (1979)
  4. Vincent (1982)
  5. Hansel et Gretel (1982)
  6. Luau (1982)
  7. Frankenweenie (1984).

 


667.Johnny Cash-It’s all over.

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Chanteur de musique country rock’n'roll, Johnny Cash (1932-2003) a fait de sa voix profonde et basse son atout. Il a entonné des titres parlant de rédemption (lui-même a connu les déboires de la drogue avant de s’en sortir, remontant la pente), de douleur, de tristesse.  L’homme était un militant des droits des détenus, et a de ce fait beaucoup chanté dans les prisons. Leur sort lui importait énormément. Il composera de la musique pour eux (ce qui en fait un public fort éloigné de ses « habitués »).Sa muse fut la belle June Carter, qu’il aura aimé jusqu’au bout, séparé par la mort.

Datant de 1973, It’s all over est une chanson sur un amour perdu : l’histoire d’un homme dont le coeur a été brisé, car celle qu’il aime lui est parti. Et pour lui, tout est fini, rien n’a plus de sens. La douleur peut prendre d’innombrables visages, et notamment celui de la perte de X+Y, de l’amour. 


666.Sans un bruit : le film d’horreur a encore de belles années devant lui…

Imaginez un monde où vous devez vous taire en permanence, où vous ne pouvez plus faire le moindre bruit, devant faire attention à chacun de vos faits et gestes, de peur de mourir…C’est le pitch incroyable et original que propose Sans un bruit, un film de John Krasinski.

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Père de famille, Lee Abbott (John Krasinski) est l’un des rares survivants d’une catastrophe mondiale ayant frappée la terre : des créatures extra-terrestres sensibles aux sons, dotée d’une ouïe surdéveloppée mais totalement aveugles, ont décimés l’humanité. Terré avec sa femme, Evelyn (Emily Blunt, femme à la vie de Krasinski) et ses 2 enfants (depuis la mort tragique de leur jeune fils), Regan et Marcus, ils tentent de survivre. Mais la grossesse soudaine d’Evelyn n’augure rien de bon : comment accoucher sans un bruit ? Et comment un bébé peut-il ne faire aucun bruit ?

Film d’horreur, Sans un bruit est un film intelligent, plein d’ingéniosité. On y suit le quotidien de cette famille, atypique, car ils ne peuvent pas faire de bruits, ni émettre le moindre son. En effet, les monstrueux aliens peuvent entendre un verre qui se brise à des kilomètres à la ronde. Pour cette raison, aucune porte n’est jamais fermée, et ils marchent pieds nus, sans jamais courir.Leur chance est de pouvoir parler la langue des signes, étant donné que Regan, aînée des enfants, est sourde et muette (l’actrice Milicent Simmonds, vue dans Le musée des merveilles, est en effet réellement sourde). Les personnages parlent donc très peu dans le long-métrage, mais qu’importe, tout passe par leur regard, capable de refléter la plus petite émotion : c’est réellement le miroir de l’âme.

La tension monte crescendo, dans ce film, où tout apparaît d’abord étonnement tranquille, dans ce monde vide et où règne le silence. Les scènes où l’on sursaute sont légions, et la musique est stridente, faisant contraste avec le mutisme dans lequel se sont murés les personnages. On craint pour la vie des personnages, et on est ahuri du courage dont ils font preuve : le moment où l’un d’eux marche sur un clou, et doit se taire, alors que la douleur est intense, par exemple. Les héros ne sont pourtant sans peurs : ils sont terrorisés ! Mais ils doivent faire face, se cacher si ils se font repérer…en effet, rien ne peut tuer les aliens. Ils sont indestructibles…personne n’a jamais réussi à les tuer. L’armée elle-même, et ses nombreux soldats, a été décimée.

Il y a aussi une touche très dramatique à cette histoire : le couple a perdu un enfant, et a du faire son deuil sans un bruit, sans pouvoir hurler leur tristesse. La mère se sent responsable de sa mort, car c’était le seul jour où elle n’avait rien dans les mains, et que si elle l’avait portée sur elle, il ne serait sans doute jamais mort. Mais il était tellement lourd, devenant trop grand pour être porté…Avec le nouvel enfant en route, Evelyn et Lee ont du planifier tout dans le moindre détail, devant tout faire pour que le futur bébé ne se fasse pas remarquer et que l’accouchement (scène particulièrement forte en intensité) se passe le mieux possible.

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Regan est l’aînée des enfants mais aussi celle que la famille tente de protéger le plus, à cause de son handicap. Elle n’entend pas, et n’a pas idée du volume sonore qu’elle peut produire, même si elle comprend les choses. Elle est très courageuse, et voudrait plus de considération de la part de son père. Mais celui-ci préfère partir à la chasse avec son petit frère, qui lui est terrorisé, et ne souhaiterait pas y aller. Le silence du film camoufle l’amour que les personnages éprouvent entre eux, et les liens qui les unissent, au sein du cercle familial. En même temps, il questionne :  quel est le rôle d’un parent ? Protéger ses enfants ! Mais cela est-t-il sans limite, acceptant de se sacrifier, si il le faut, pour eux ? Prêt à vivre, sans un bruit, pour eux ?

Les Aliens ne sont vu que très peu, jusqu’à la scène finale. Cette manière de procéder évoque Alien-le 8e passager, où Ridley Scott ne montrait que furtivement son xénomorphe, avant la dernière scène, où la bête se dévoilait dans toute sa splendeur. Leur allure évoque les monstres de Cloverfield (d’ailleurs le film a failli être un épisode de la franchise), et leur faciès celle du Demogorgon de Stranger Things. En réalité, elles détruisent tout ce qui fait du bruit, car le son leur fait très mal.

En 90 minutes, où l’on oscille entre angoisse, tristesse et horreur, Sans un bruit est un film captivant. On se croirait tout droit sorti d’une histoire fantastique de La Quatrième dimension tant l’intrigue est géniale. Ces dernières années, on assiste à un renouveau du cinéma d’horreur, qui cherche à faire des films crédibles et intelligent, et qui marquent les esprits : en témoigne les fantastiques Get OutIt followsThe Descent, ou encore le récent Hérédité. Glaçant, anti-oxygène, et terrible,  Sans un bruit a déjà tout d’un futur grand classique (notre note : 9/10).

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665.Halloween s’offre une bande-annonce effrayante…

Michael Myers encore et toujours ! Produit par John Carpenter, ce nouvel opus de la franchise Halloween, signe le grand retour de Jamie Lee Curtis, dans le rôle de Laurie Strode, près de 40 ans après le premier film. Le long-métrage fera table rase de tout les événéments qui ont suivi le premier opus, ignorant toutes les suites, les rendant inexistante…dans le but de réécrire l’histoire (comme le fera le futur Terminator 3.2). La bande-annonce dévoile largement l’intrigue, qui promet, visiblement, de belles surprises et des séquences gores à souhait ! Sortie en octobre 2018.

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