A crazy world



44.L’enfant sauvage

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C’est l’histoire d’un enfant sans famille, vivant depuis toujours dans la nature et n’ayant jamais côtoyé la civilisation. Il ne sait pas parler et émet des grognements. Un jour, le Mowgli moderne est découvert par des paysans. Capturé et malmené, il sera conduit dans un institut pour sourds et muet, et confié aux bons soins du Docteur Itard. Celui-ci, fasciné par l’enfant, décide de le rebaptiser Victor et de lui apprendre le langage. Il espère ainsi pouvoir le sortir de cet état primitif qui le caractérise.

Longue introspection

De et avec François TruffautL’enfant sauvage est sorti en 1970. Film tourné en noir et blanc, dans un style quasi-documentaire, le long-métrage s’inspire d’un fait divers survenu en 1797 : celui du petit sauvage « Victor de l’Aveyron ».

Truffaut repris cette base pour composer son film, sorte d’ode au langage, permettant d’établir une sorte de communication entre les individus. Car Victor ne sait même pas sortir les sons les plus basiques, et qu’il lui faudra passer par beaucoup d’apprentissage afin d’arriver à se faire comprendre. La démarche du Docteur Itard se veut ainsi d’abord empirique, établissant de nombreux jeux avec une forme de récompense en cas de réussite pour Victor, mais également de punitions en cas d’échec.

Du côté de Rousseau

Le Docteur va lui apprendre à exprimer ses émotions, et tout ce qui fait à son sens un être humain. L’homme à son état de nature, parallèle philosophique avec Jean-Jacques Rousseau, n’est en fait qu’un être en devenir. Incapable de distinguer le bien et le mal d’un point de vue moral. C’est un peu comme si le scientifique essayait d’apprendre à l’enfant à rire, à pleurer, ou à écouter…des capacités que l’être humain acquiert avec le temps et de façon naturelle. Mais aussi par la culture et l’éducation. Le milieu de vie est fondamental.

Ce que le Docteur entreprend consiste en une socialisation artificielle mais qui se voudrait naturelle. Mais en même temps demeure le dilemme de savoir si Victor, qui regarde souvent désespéré la forêt de sa fenêtre, ne serait pas plus heureux en retournant à son état sauvage. Car l’appel de la nature est bien là.

Le clash de deux mondes

Truffaut est allé jusqu’à transcender cette opposition entre la nature et la civilisation jusque dans la musique : la scène d’ouverture du film s’ouvre exclusivement sur des sons « naturels », c’est-à-dire des bruits audibles dans la nature, des cris d’animaux. La musique, création humaine par excellence, est entendue lorsque Victor doit poser des choix, l’éloignant inexorablement de sa condition de sauvage primitif.

Madame Guérin, la gouvernante, incarnera une sorte de figure maternelle pour Victor, déphasé par ce que le docteur Itard le pousse à faire. Les progrès réalisés par l’enfant seront impressionnanst, bien qu’une sorte de décalage subsistera toujours puisque parler ne lui sera toujours qu’une chimère. Il y aura toujours une sorte d’ambivalence chez Victor, partagé entre deux mondes.

Le parcours de Victor (Jean-Pierre Cargol) tout au long de l’intrigue insiste énormément sur son attachement au monde de la nature, et le fait qu’il soit confronté au monde civilisé, exact antagoniste qu’il n’affectionne pas. Pourtant, Victor va petit-à-petit trouver un attrait à cette civilisation et devenir un produit de l’humanité. Et il va le faire de façon libre, après une fugue aussi nécessaire qu’attendue. Un attachement à l’humain est né en lui, et il ne peut plus faire machine arrière.


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