A crazy world



54.American Beauty

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Sorti en 1999, American Beauty constitue un beau panorama de la banlieue américaine et de ses travers. Mis en scène par Sam Mendes, dont il s’agit du premier film, bien avant Skyfall et 1917, le long-métrage a récolté 5 Oscars dont ceux du « meilleur film » et du « meilleur réalisateur ». L’histoire est celle d’une famille américaine ordinaire en apparence : Lester (Kevin Spacey) et Carolyn (Annette Bening) Burnham, mariés depuis de nombreuses années et parents d’une adolescente prénommée Jane. Sauf que derrière cette apparente tranquillité, se cache d’énormes problèmes, qui vont pousser la famille à s’entre-déchirer.

Banlieue chic

American Beauty, c’est la fin d’un couple qui tente de sauver les apparences. Une famille aisée qui a tout ce qui faut, mais en fait qui n’a aucune fondation solide. Insatisfaite, Carolyn trompe son mari avec un agent immobilier. Lester, de son côté, est en pleine crise existentielle de la quarantaine : son boulot l’éreinte, il n’aime plus sa femme, et il doit se contenter sexuellement seul. Quant à leur fille, Jane, celle-ci déteste sa mère et ne parle que très peu à son père.

Les deux ont des personnalités contrastées : Carolyn est une femme entreprenante, qui essaie toujours de passer au-dessus de son mari et qui prend celui-ci pour un idiot. Lester est un homme qui a vécu dans l’ombre de sa femme, et qui ne la supporte plus. Il se met à envisager les choses différemment lorsqu’il se rend compte que la meilleure amie de sa fille se prend d’affection pour lui. L’homme se met à faire du sport (de la musculation et de la course à pied), fait plus attention à son allure, et semble plus joyeux. Il se lie d’amitié avec le fils des nouveaux voisins, Ricky (Wes Bentley), et adopte un comportement digne d’un jeune homme.

Remontées acides

American Beauty est une satire sociale : le film présente des personnages qui ont tout réussi, par rapport aux standards normaux de la société de consommation qu’est la nôtre. Mais tout cela n’est qu’une fioriture, une garniture, car ni Lester, ni Carolyn ne sont véritablement heureux.  Lester, qui se sent seul et n’a plus l’impression d’être une vraie personne, replonge dans sa jeunesse passée, et tente d’assouvir des désirs refoulés, malmenés par sa femme castratrice. Il démissionne de son ancien boulot pour travailler dans un fast food. Carolyn est malheureuse, et déteste son mari, mais refuse d’être la victime dans cette histoire.

Les frustrations de chacun vont nourrir le propos du film, sans que l’on s’apitoie davantage sur un personnage en particulier. Même Jane, qui en a marre de ses parents, haïssant sa mère et gênée de l’attitude de son père qui se laisse séduire par sa meilleure amie, suscite autant d’empathie. La famille Burham ne s’aime plus. Est-ce un cas isolé ? Non, chez les voisins, les linges ne sont pas plus propres : Frank, ex-marine, est un homosexuel refoulé, sa femme Barbara est malmenée, et leur fils profondément perturbé.

Libéré, Lester est méconnaissable, et ose enfin dire à sa femme ce qu’il pense. Il s’est affranchi du système social dans lequel il était l’acteur principal. Il va aller jusqu’au bout dans cette idée d’assumer qui on veut être réellement (ce qui n’est pas le cas de sa femme, qui par exemple, le trompe en cachette, ou n’accepte pas d’être vue comme une personne totalement superficielle). Il goûte enfin au bonheur, contrairement aux autres personnages du film. Mais cette joie, aura un prix …

Le titre du film fait référence à la beauté formatée telle que l’idéalise la société de consommation : la réussite sociale, la belle maison, la belle fille au jambes sulfureuse, … mais en même temps, Ricky, le nouveau voisin, qui passe son temps à filmer des scènes de vie, cherche à capter la beauté dans ce qu’elle a de plus naturelle. L’essence de la beauté.

Film tragi-comique, American Beauty joue habilement avec les faux-semblants pour les faire éclater au grand jour. Les révélations se font à demi-mots, comme pour prolonger cet état de latence permanent, jusqu’à un final explosif et pourtant anodin. Brillant. Pour l’anecdote, l’affiche du film qui présente un ventre nu avec une main posée, tenu une rose), c’est l’actrice Christina Hendricks, ne jouant pas dans le long-métrage, qui s’est prêtée au jeu.


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