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345.Brève historique de l’évolution du christianisme.

jesus

 

(source photo : http://www3.unil.ch/wpmu/allezsavoir/jesus-a-t-il-voulu-fonder-le-christianisme/)

Peu après la « Résurrection de Jésus ».

 

Selon la légende, 50 jours après la Résurrection de Jésus, l’Esprit Saint empli les apôtres qui démarre leur mission d’évangélisation, constituant des ekklesia, communautés avec beaucoup de disciples se rassemblant au nom de Jésus ( qu’ils appellent d’ailleurs Christ).Leur meneur semble être Pierre même si ce dernier fut beaucoup secondé par Jacques (considéré par beaucoup comme étant le frère de Jésus).Les 12 apôtres originels, choisis par Jésus, s’occupent ainsi des communautés jérusamélites .Ils constituent un ordre purement juif (en référence à Jésus), pratiquant les rites que la religion leur impose mais tienne compte de l’enseignement du Christ fondé sur le partage des biens et le commémore lors de repas dominicaux (chaque dimanche, soit un jour après le shabbat). Si Pierre et Jacques ont été les bases de cette pyramide dont le terrain était Jésus, il n’en demeure pas moins que Paul de Tarse a largement contribué à l’élaboration de cet édifice. Et ce sans même n’avoir jamais connu Jésus ! D’homme persécutant les chrétiens au nom de Dieu il est devenu missionnaire, prêchant la parole du Christ, fondant des communautés chrétiennes dans chaque ville où il passe, notamment dans de très nombreuses épîtres. Un autre groupe, les Héllénistes (au nombre de 7) prennent en charge les convertis de langue grecque.Mais ceux-ci s’émancipent un peu du judaïsme de Jérusalem.

Pierre, Paul et Jacques mourront pour le poids de la vérité qu’ils dénoncent et qui ne passe pas.Les judéo-chrétiens seront d’ailleurs chassé de Jérusalem par les zélotes en 66.Vers 70, c’est au tour du Temple de tomber sous les coups des Romains.C’est la fin de l’ekklesia Jérusamélite. Pourtant c’est précisément à partir de là que les idées de Paul deviennent universelles et que l’on assiste à une véritable intercommunion entre les communautés Jérusamélites. Le Christianismos (Christianisme) était né.

 

Vers une religion « officielle ».

 

À cette époque, les Juifs palestiniens baignent dans la culture grecque et sa pensée.Ils essayent de comprendre le monde et la place que l’homme peut y prendre.C’est dans ce cadre qu’émerge d’ailleurs le Logos (du philosophe juif Philon) qui ce définit comme le pouvoir créateur du transcendant et son lien avec l’homme.C’est la Parole de Dieu, ce qui donne sa cohérence au monde.Dans le prologue de l’Évangile de Jean, ce Logos s’incarne en Jésus « Et le verbe s’est fait chair » (1,14).

 

Arrive alors tout une série de débats, de contestation christologiques où émergent de nouveaux courants tel que le docétisme ou le modalisme. C’est l’époque des martyrs, où les chrétiens qui refusent de rendre un culte à l’empereur et à leur panthéon de Dieux en payent de leur vie.La plupart acceptent leur sort et voient en celui-ci un accomplissement de l’œuvre de Jésus, un don de leur vie pour Dieu et la foi.Le premier d’entre eux sera Étienne.

 

Mais le christianisme se répand, telle une épidémie (entendons-nous : une bonne épidémie) et l’Église de Rome avec lui tient bon.Cette dernière élabore un credo (confession de foi) rendant grâce à la Trinité et s’accorde le droit d’excommunier.Elle connaît ensuite une période de paix à partir de 260 grâce à Gallien, empereur acceptant la liberté de culte.C’est le début d’une période de 43 ans où le christianisme s’impose mais qui s’achèvera en 303, à cause de l’empereur Dioclétien, rendant culte au monothéisme solaire, qui tentera de supprimer l’Église et lui confisquera ses nombreux biens.Ce sera presque qu’un génocide chrétien.

 

Après toutes ses persécutions, l’empereur Constantin déclare le christianisme comme étant, d’une part une religion reconnue, et d’autre part le culte officiel à favoriser dans l’Empire romain. Il réinstaure aussi la liberté des cultes, entame la construction de la basilique Saint-Pierre dont le but est de faire germer l’union entre les chrétiens et interdit les sacrifices privés (dont les païens étaient adeptes) et les jeux de cirque. L’empereur donne aussi de nombreux subsides à l’ Évêque de Rome afin de faire prospérer l’Église et de lui conférer toute la magnificence dont elle aurait du être dotée depuis toujours. De nombreuses personnes décident de se convertir au Christianisme afin d’obtenir de hauts postes et de très nombreux avantages.Constantin place l’Église sous sa coupe et essaye d’éviter les schismes.Les lois sont adaptées en fonction de la religion.Face à l’empereur se dresse un autre courant religieux : l’Arianisme, fondé par le moine Arius et qui affirme que Jésus a été engendré et non plus créé comme il est écrit dans la Bible.À la mort de Constantin, c’est un personnage imparfait, plus en accord avec l’orthodoxie que le christianisme et ayant fait couler le sang qui s’éteint.

 

En 428, a lieu le premier schisme de l’Église portant sur la divinité de Marie (dogme) et qui aboutira à la formation de l’Église copte.

 

Grandeur et décadence du christianisme.

 

Après la mort de Constantin, les privilèges de l’Église sont légions et de nombreux évêchés (chacun d’eux étant dirigé par un évêque) sont créé.Le Pape devient le chef de tous les évêques.

 

Hélas, le IVe siècle est marqué par une pauvreté grandissante et de famines qui conduisent à tout une série d’Exode.Pour contrer cela, l’Église crée un matricula (registre des pauvres) dans lequel elle élabore tout une série d’action caritative à leur égard tel que le don, la création d’asiles ou de léproseries.

 

En 391, l’empereur Théodose Ier promu le christianisme comme religion d’État de l’Empire et accorde de nouveaux droits à l’Église tel que celui de résoudre les litiges, de donner au pauvres l’accès aux tribunaux à la seule et unique condition de se convertir.Il interdit également tout rites païen .Réciproquement, l’Église ne peut pas remettre en question le titre « d’empereur de droit divin » que s’accorde le souverain.

 

Peu à peu, l’Église prend du galon et fini par devenir la seule autorité.Et la machine s’inverse : les anciens persécutés Chrétiens finissent par devenir…des tortionnaires !!!

 

Dès lors se produit un imbroglio, une sorte de pêle-mêle entre la politique et la religion.De ce tohu-bohu, l’Église, avec toutes ses richesses et ses nombreux bénéfices sera l’antithèse des valeurs que l’évangile tout entier défend.

 

Pour faire face à cela, Antoine, un riche décidant de devenir pauvre en se débarrassant de tout ses avoirs décide de partir dans le désert égyptien pour vivre avec Dieu en consacrant son temps au Christ.Ce sera le début du monachisme.D’autres le suivront.

 

Mais le retour au source du christianisme va surtout se faire grâce à 2 hommes, tout deux moines et Italiens : le premier, Benoît de Nursie fondera le cénobitisme (la vie communautaires des moines(bénédictins), organisée auprès d’une abbaye) tandis que le second,aristocrate du nom de Magnus Flavius Cassiodere, apportera aux moines incultes toute la culture dont ils doivent bénéficier.Les moines copistes venaient de naître.

 

Malheureusement, après l’année 476 marqué par la chute de l’Empire romain, les villes ont été la proie des Barbares seul les moines semble bénéficier de l’enseignement.La foi au christianisme des populations s’ébranle face à la famine et les épidémies de maladie et ceux-ci s’adonnent de plus en plus à des rites païens.

 

Le renouveau.

 

Grâce à une nouvelle alliance, engendrée par le baptême de Clovis, roi des Francs, qui était auparavant païen, l’Église espère stopper l’expansion de l’Arianisme en Gaule.Ce sera chose faite en 511 où Clovis rédigera une série de règle s’appliquant entre lui et l’Église.Dorénavant, seul le roi pourra nommer les abbés et autres évêques. L’ Église sera exemptée d’impôts et sa justice ne s’appliquera qu’au membre du clergé.Elle pourra également accorder l’asile aux chrétiens trouvant refuge dans l’un de ses bâtiments et exaucer le souhait d’un esclave à être libéré.

 

Mais beaucoup de mesure antijuives sont également prises tel que celle où on ne les autorisent plus à avoir d’esclaves chrétiens contrairement à ces derniers ou encore celle où ils sont priés de ne pas sortir en public durant la période Pascale.Presque qu’un comble !

 

Dans le courant du VIIe siècle, les musulmans, à force de conquête mette en péril l’Empire romain d’Orient et son Église.Charles Martel, maire du palais de la dynastie mérovingienne les neutralisera à Poitiers en 732.Son fils, Pépin le Bref établira une alliance entre la papauté et la monarchie tandis que son petit fils, Charlemagne, sera proclamé empereur (représentant de Dieu sur Terre) et travaillera en collaboration avec l’Église, à Rome.Ses successeurs devront faire face à celle-ci et peu à peu finiront sous son aile.Dès lors, les papes deviennent hantés par le pouvoir et règnent tout comme les évêques en grands seigneur dont le pouvoir ne cesse de grossir avec une croissance exponentielle.

 

Retour au christianisme 2.0.

 

En 909, le duc Guillaume d’ Aquitaine souhaite revenir au fondement du christianisme et décide de bâtir un monastère, à Cluny.Dès 931, d’autres monastères sont placés sous sa tutelle avec toujours pour objectif d’appliquer la règle bénédictine où sont imposés pauvreté, chasteté, obéissance et louange à Dieu.La réforme Grégorienne, en 1075 délivrera l’Église du joug des princes.Désormais, seul le pape dirige l’ekklesia occidental.

 

Suite au vent de réforme clunisien, naît un mouvement : La Trêve de Dieu.Ce dernier, et ce dès 989, tente d’enterrer la hache de guerre en interdisant la violence contre l’Église et les paysans sous peine d’ excommunication. Les chevaliers et aristocrates doivent désormais modérer leurs actes et voient en cela une nouvelle éthique, un idéal d’honneur et de loyauté envers les leur.Les cérémonies d’adoubement durant lesquels les écuyers deviennent des chevaliers ont désormais le vent en poupe.

 

Désormais, l’Église se veut « pour les pauvres » : elle ouvre ses portes aux exclus et malheureux.La pauvreté se vit différemment aussi : voulue et non plus subie.Le salut peut s’acheter et on se refait un casier vierge, vide de tout pêcher.Les aumônes sont favorisées par les riches et des hôpitaux sont bâtis.Le don devient une partie du plan transcendant pour que tout homme puisse atteindre la plénitude qu’il recherche.Les universités deviennent gratuites pour favoriser l’apprentissage des pauvres et les droits canoniques de l’Église y sont enseignés.

 

De nouvelles dérives ont toutefois lieu dans les monastères.Ceux-ci finissent par être aveuglé par tout le pouvoir qu’ils acquièrent .Un moine, Bernard décide de fonder un nouvel ordre, à l’écart de la vie en

société : ce sera celui des cisterciens.De nouveau, les valeurs phares prônées seront l’obéissance, la pauvreté, l’humilité avec une certaine assiduité pour le travail.Un autre homme, François d’Assise, se sépare de ses biens et fonde l’ordre des franciscains qui se veut dans la continuité de l’œuvre de Jésus avec un attrait pour la prière, l’annonce de la Bonne Nouvelle et une opposition pour l’amoncellent de biens aussi inutiles que fastidieux.Certains ont comparés François d’Assise à Jésus, qui comme ce dernier a tendu la main a de nombreux lépreux et malade et vivait de l’aumône que des gens généreux avait pu lui donner sur la route.Un peu plus tard naîtront les Clarisses (avec uniquement des femmes) et les Dominicains.Des gens seuls, que l’on qualifiera d’ermite tenteront de faire pareil avec plus ou moins de succès ( Saint Bruno par exemple).

 

Le revers de la médaille.

 

Dès 853, le pape Léon IV ordonne d’aller affronter les infidèles (pour lui…les musulmans ! ) et ce au nom de la foi ! C’est le début des tristement célèbres croisade où il promet à ses hommes que après la mort, tout les actes barbares commis leur seraient retirés et pardonnés.7 autres guerres saintes suivront, pour des motifs parfois flous et qui seront de véritables bains de sang.

 

C’est à cette époque que les grands auteurs antiques sont redécouvert et qu’à lieu la réunion entre raison et foi, entre la religion chrétienne et toute la philosophie hellénique .

 

Vient ensuite toute une période où étant donnée que l’Église est la seule et vraie descendante du message de Jésus, elle condamne toute les hérésies existante : les manichéens, les paysans faisant front à l’autorité,…tous finiront sur le bûcher.L’arrivée du pape Innocent III en 1198 change la donne et ce dernier décide de ramener les brebis perdue sur le droit chemin par la persuasion.Mais l’assassinat de son légat pontifical, Pierre de Castelnau le fait changer d’avis et la lutte contre les hérésies reprend.Elle atteindra son paroxysme avec l’Inquisition qui dès 1244 autorise la torture pour les « hérétiques » et même leurs complices (gens ne vendant pas la mèche à leur sujet).La liste des victimes sera très longue (franciscains, béguines, sorcières, juifs, musulmans,…).Les inquisiteurs ont le sentiment d’être les gérants d’une entreprise marchant dans les pas du Christ.Le concile de Vatican II (1965) sera réalisé à cet égard pour que plus jamais une telle chose ne se reproduise.

 

Un vent de protestantisme et des lumières divines.

 

 

« Rien n’est plus plus abominable que lorsque nous exerçons notre tyrannie sous un prétexte de justice et de droit, quand la religion nous sert d’occasion pour ne songer qu’au gain, quand sous l’étiquette de la défense de l’Église, nous sommes à l’affût du pouvoir, quand on prescrit comme profitables aux intérêts du Christ des choses les plus éloignées possibles de la doctrine chrétiennes »-Érasme.

 

Au XVe siècle, les auteurs de l’antiquité sont de nouveau sur le devant de la scène.Le savoir se propage d’autant plus qu’une nouvelle invention vient de faciliter son transport : l’imprimerie.

 

L’humanisme, visant à garantir la place de l’homme au centre de l’humanité était née.Avec pour début, la Renaissance, fort implantée dans le christianisme.Les gens doivent se comporter de la façon la plus juste et généreuse possible.On critique néanmoins les dérives de l’Église et une nouvelle philosophie émerge : celle des Lumières.Ces hommes là se disent chrétiens et n’ont qu’un seul but : l’apologie d’une morale laïque (pour reprendre le terme employé par Frédéric Lenoir dans « La philosophie du Christ ».Pétrarque, l’un des grands noms humaniste est persuadé que l’on doit s’intéresser à la profondeur de l’humain, pas à ce qui est en surface, à son contenu interne.

 

C’est une nouvelle vision de la liberté qui est désormais perçue: celle de Giovanni Pic de la Mirandole, la voyant comme un cadeau de Dieu.C’est de celle là que s’inspirera Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il posera sa perception de la chose : choisie par l’homme qui peut devenir ce qu’il souhaite.C’est de façon plus générale un concept plus général qui transparaît ici : une autonomie de la personne.Erasme, grand penseur dira d’ailleurs au XIe siècle que « les hommes ne naissent pas hommes, ils le deviennent ».Le tout est une histoire d’éducation.

Pourtant, aucun humaniste malgré leur credo visant à avoir le Christ comme seul but de leur existence ne se sépareront de l’Église malgré pourtant des critiques envers les clercs.Cela se fera avec Luther et la naissance du protestantisme.Ce moine n’a que 34 ans lorsqu’il clame haut et fort que l’Église dénoncent des perversions qu’elle même pratique.L’homme sera excommunié en 1521 et fondera le Protestantisme qui prônera un retour aux Écriture de la Bible et commencera une large entreprise de traduction du livre pour faciliter sa diffusion ailleurs dans le monde.Ainsi à lieu la Réforme de Luther ou le salut est assuré dans la foi et où l’autorité ecclésiale diminue.

 

Les Lumières auront permis la création d’une société impartiale et démocratique.L’homme occupe la place qu’il mérite dans ce monde.La promesse est en l’avenir et plus au passé.Le monde moderne était ainsi amorcé.

 

Une conception plus cartésienne de l’être humain émerge grâce à René Descartes qui voit en l’homme le maître de la nature.On se doit de remettre toujours en cause ce que l’on croyait acquis en faisant table rase du passé.La raison « critique » devient le moyen pour l’être humain de s’affranchir de l’autorité ecclésiale et de devenir autonome, de se dresser grâce aux Lumières.On lis entre les lignes les textes bibliques, désormais, ce qui ne plaira pas à tout le monde (ex. : Spinoza sera chassé de la Synagogue).

 

Les philosophes des lumières ne sont pourtant pas athées. Ils pense qu’existe au-dessus d’eux un être supérieur, bien différent de celui des ecclésiastiques. Leur éthique est ancrée profondément dans les valeurs de Jésus.Ils sont donc pacifistes même si il considère que l’ Église est « obscure ».

 

Les modernes mettront ensuite les principes du Christ dans une perspective plus humaniste, sans aucune filiation avec la religion mais bien avec la raison.Pour eux c’est un message rationnel qui s’exprimait à travers la foi, pas autre chose.C’est le début de la laïcité.Les valeurs que véhiculaient Jésus se retrouvent dès lors dans les lois et constitutions de pays tout entiers, entraînant une libération de la société : abolition de l’esclavage, égalité des citoyens, divisions des pouvoirs,…des textes fondateurs sont rédigés (Bill of Rights,…).Un vent de démocratie à soufflé et rien ne saura plus l’arrêter.

 


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