A crazy world



374.Shining : autopsie d’un roman de Stephen King.

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En 1977, Stephen King est déjà un écrivain connu.Il compte déjà à son palmarès « Carrie » (1974) et Salem (1975). »Carrie » a déjà fait l’objet d’un film au cinéma lui permettant d’augmenter sa popularité.Aussi son nouveau roman est attendu.Il s’intitulera « Shining-l’enfant lumière ».King aurait eu l’idée de cette histoire alors que sa famille et lui passait la nuit dans un hôtel et que ce dernier fit pendant la nuit un effroyable cauchemar qui lui inspirera les grandes lignes de ce « Shining ».En 1980, le cinéaste Stanley Kubrick s’empara de cette histoire et en fit un film à succès avec Jack Nicholson.Mais il prit quelques liberté avec le scénario livrant son interprétation du livre qui mécontenta Stephen King, qui aurait voulu que Kubrick soit plus fidèle à l’intrigue (bien qu’il ne détesta pas pour autant le film).En 1997, Mick Garris (connu pour son adaptation du « Fléau » de King) en fit un téléfilm en 3 parties pour la télévision qui se voulu plus proche de l’esprit du roman.King écrivit lui-même le scénario.En 2013, il écrivit la suite du roman : « Docteur Sleep » suivant cette fois-ci le fils du personnage principal de Shining.

La Mort rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, — la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le progrès, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure.-EDGAR POE (le masque de la mort rouge).

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Mais parlons un peu plus en détail de l’intrigue de ce roman. On y suit Jack Torrance, écrivain raté à cause d’un fléau, d’un énorme défaut : il est alcoolique, ce qui lui a fait perdre son métier d’enseignant et à fait battre de l’aile son couple.Marié à Wendy et papa d’un petit garçon du nom de Danny, l’homme est désormais sobre.Il ne lève plus la main sur son fils (à qui il avait cassé accidentellement le bras) et s’est remis à écrire.En acceptant le poste de gardien d’un hôtel (l’Overlook) pendant l’hiver, Jack espère renouer avec le succès.C’est l’espoir d’une vie meilleure qui s’annonce.Malheureusement ce ne sera pas le cas.Car l’hôtel est hanté par des forces démoniaques et on ne compte plus les nombreux fantômes qui en hantent les murs.Le précédant gardien, Grady, s’est d’ailleurs suicidé après avoir tué sa femme et ses deux petites filles.Il y a également une force surnaturelle qui habite l’une des chambre…la 217.Dick Halloran, le cuisinier de l’hôtel met en garde le fils de Torrance, Danny et lui demande de l’appeler au moindre pépin.Car lui et le gamin ont un don : le shining.Ils perçoivent le danger et peuvent communiquer à distance par la pensée.Au début de leur emménagement, les choses se passent plutôt bien.Mais bientôt, d’étranges phénomènes se produisent et Jack commence peut à peut à perdre la raison et à sombrer dans la folie…une folie meurtrière.

Dans ce livre, King explore le thème de la famille à travers le triangle  Wendy/Jack/Danny  mais aussi la destruction de celle-ci.Il y a déjà une tension dans leur rapport dès le début du roman : un conflit à propos de l’affection que Danny porte à son père, qui est de loin supérieure à celle de sa mère.Pourtant, il a peur de Jack, surtout quand celui-ci joue à faire « le vilain » (quand il lui casse le bras ou qu’il le pourchasse dans la maison une fois devenu fois avec un  maillet de roque) et aime les calins que Wendy lui procure.Wendy, qui marquée par une mère très dure a sans cesse la crainte de lui ressembler et à qui Jack ne manque pas de faire cette comparaison.

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À leur arrivée dans l’hôtel, Jack le trouve plutôt sympathique et n’a pas peur de celui-ci malgré sa taille imposante.C’est lorsqu’il découvre un carnet avec des articles de journaux relatant les différents événements, plus tragiques les uns les autres qu’il commence à en être fasciné et décide d’écrire un livre sur le sujet.Mais la fascination va peu à peu laisser la place à la folie au point que l’hôtel, telle une entité finisse par se nourrir de Jack et en faire l’instrument de ses intentions démoniaques.Et l’homme ne s’en rend pas compte…il vit des événements étranges, voit des buis bouger, rencontre l’étrange occupante de la chambre 217 (qui terrorrisera également son fils).Jack aura vu des choses similaires à celle de son fils, mais n’appuyera pas les propos de ce denrier devant sa mère.

Stephen King compare le destin de Jack Torrance a un nid de guêpe, pour qui les malheurs lui étaient tombés dessus comme un essaim.Il exprime l’histoire de cet homme comme si il n’était pas le sujet des événements vécus mais bien une victime de la fatalité du destin.Un personnage complexe, somme toute.

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Il y a énormément de parallèle avec l’oeuvre de l’auteur américain Edgar Poe, que King appréciait beaucoup et dont il a reprit quelque points de la nouvelle : « le masque de la mort rouge » .La mort rouge, qui représente une fête où tout les invités sont masqués et qui font tomber leur  déguisement, révélant le vraie nature (dans le livre à travers l’épisode la fête costumée).Mort rouge détenant quiconque en son pouvoir.Mort rouge représentant une maladie…la folie, détruisant l’humain et le réduisant en un monstre.Mais elle est aussi plus que ça…puisque tout les êtres humains la partagent et s’y retrouvent confrontés (en témoignera Dick Hallorann à la fin du roman).

Shining est construit comme une pièce de théâtre, non pas une comédie mais bien une tragédie.En 5 actes, correspondant au 5 parties du roman, elle campe bien les caractéristiques de ce genre : l’acte 1, où les personnages nous sont présentés, la tension montant au cours de l’acte 2, l’acte 3 où le conflit atteint son paroxysme (le nid de guêpe du livre où on comprend que Jack est une victime et qu’il ne pourra de ce fait échappé à un destin écrit d’avance et d’or et déjà tragique), l’acte 4 où le conflit diminue son importance et l’acte 5 où l’on retourne au calme après un dénouement plus que déchirant.

King nous livre ici l’un de ses meilleurs roman, ayant a tout jamais marqué l’imaginaire collectif et qui l’aura amené au panthéon des écrivains indispensables de toute l’histoire de la littérature.

C’était aussi dans cette salle que s’élevait, contre le mur de l’ouest, une gigantesque horloge d’ébène. Son pendule se balançait avec un tic-tac sourd, lourd, monotone ; et, quand l’aiguille des minutes avait fait le circuit du cadran et que l’heure allait sonner, il s’élevait des poumons d’airain de la machine un son clair, éclatant, profond et excessivement musical, mais d’une note si particulière et d’une énergie telle, que, d’heure en heure, les musiciens de l’orchestre étaient contraints d’interrompre un instant leurs accords pour écouter la musique de l’heure ; les valseurs alors cessaient forcément leurs évolutions ; un trouble momentané courait dans toute la joyeuse compagnie ; et, tant que vibrait le carillon, on remarquait que les plus fous devenaient pâles, et que les plus âgés et les plus rassis passaient leurs mains sur leurs fronts, comme dans une méditation ou une rêverie délirante. Mais, quand l’écho s’était tout à fait évanoui, une légère hilarité circulait par toute l’assemblée ; les musiciens s’entre-regardaient et souriaient de leurs nerfs et de leur folie, et se juraient tout bas, les uns aux autres, que la prochaine sonnerie ne produirait pas en eux la même émotion ; et puis, après la fuite des soixante minutes qui comprennent les trois mille six cents secondes de l’heure disparue, arrivait une nouvelle sonnerie de la fatale horloge, et c’étaient le même trouble, le même frisson, les mêmes rêveries.-Edgar Poe (le masque de la mort rouge).


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