A crazy world


418.L’intrépide soldat de plomb-Hans Christian Andersen.

Il y avait une fois vingt-cinq soldats de plomb, tous frères, car ils étaient nés d’une vieille cuiller de plomb. L’arme au bras, l’œil fixe, l’uniforme rouge et bleu, quelle fière mine ils avaient tous ! La première chose qu’ils entendirent en ce monde, quand fut enlevé le couvercle de la boîte qui les renfermait, ce fut ce cri : “ Des soldats de plomb ! ” que poussait un petit garçon en battant des mains. On les lui avait donnés en cadeau pour sa fête, et il s’amusait à les ranger sur la table. Tous les soldats se ressemblaient parfaitement, à l’exception d’un seul, qui n’avait qu’une jambe : on l’avait jeté dans le moule le dernier, et il ne restait pas assez de plomb. Cependant il se tenait aussi ferme sur cette jambe que les autres sur deux, et c’est lui précisément qu’il nous importe de connaître.

Sur la table où étaient rangés nos soldats, il se trouvait beaucoup d’autres joujoux ; mais ce qu’il y avait de plus curieux, c’était un charmant château de papier. À travers les petites fenêtres, on pouvait voir jusque dans les salons. Au dehors se dressaient de petits arbres autour d’un petit miroir imitant un petit lac ; des cygnes en cire y nageaient et s’y réflétaient. Tout cela était bien gentil ; mais ce qu’il y avait de bien plus gentil encore, c’était une petite demoiselle debout à la porte ouverte du château. Elle aussi était de papier ; mais elle portait un jupon de linon transparent et très-léger, et au-dessus de l’épaule, en guise d’écharpe, un petit ruban bleu, étroit, au milieu duquel étincelait une paillette aussi grande que sa figure. La petite demoiselle tenait ses deux bras étendus, car c’était une danseuse, et elle levait une jambe si haut dans l’air, que le petit soldat de plomb ne put la découvrir, et s’imagina que la demoiselle n’avait comme lui qu’une jambe.

« Voilà une femme qui me conviendrait, pensa-t-il, mais elle est trop grande dame. Elle habite un château, moi une boîte, en compagnie de vingt-quatre camarades, et je n’y trouverais pas même une place pour elle. Cependant il faut que je fasse sa connaissance. »

Et, ce disant, il s’étendit derrière une tabatière. Là, il pouvait à son aise regarder l’élégante petite dame, qui toujours se tenait sur une jambe, sans perdre l’équilibre.

Le soir, tous les autres soldats furent remis dans leur boîte, et les gens de la maison allèrent se coucher. Aussitôt les joujoux commencèrent à s’amuser tout seuls : d’abord ils jouèrent à colin-maillard, puis ils se firent la guerre, enfin ils donnèrent un bal. Les soldats de plomb s’agitaient dans leur boîte, car ils auraient bien voulu en être ; mais comment soulever le couvercle ? Le casse-noisette fit des culbutes, et le crayon traça mille folies sur son ardoise. Le bruit devint si fort que le serin se réveilla et se mit à chanter. Les seuls qui ne bougeassent pas étaient le soldat de plomb et la petite danseuse. Elle se tenait toujours sur la pointe du pied, les bras étendus ; lui intrépidement sur son unique jambe, et sans cesser de l’épier.

Minuit sonna, et crac ! voilà le couvercle de la tabatière qui saute ; mais, au lieu de tabac, il y avait un petit sorcier noir. C’était un jouet à surprise.

« Soldat de plomb, dit le sorcier, tâche de porter ailleurs tes regards ! »

Mais le soldat fit semblant de ne pas entendre.

« Attends jusqu’à demain, et tu verras ! » reprit le sorcier.

Le lendemain, lorsque les enfants furent levés, ils placèrent le soldat de plomb sur la fenêtre ; mais tout à coup, enlevé par le sorcier ou par le vent, il s’envola du troisième étage, et tomba la tête la première sur le pavé. Quelle terrible chute ! Il se trouva la jambe en l’air, tout son corps portant son shako, et la baïonnette enfoncée entre deux pavés.

La servante et le petit garçon descendirent pour le chercher, mais ils faillirent l’écraser sans le voir. Si le soldat eût crié : « Prenez garde ! » ils l’auraient bien trouvé ; mais il jugea que ce serait déshonorer l’uniforme.

La pluie commença à tomber, les gouttes se suivirent bientôt sans intervalle ; ce fut alors un vrai déluge. Après l’orage, deux gamins vinrent à passer :

« Ohé ! dit l’un, par ici ! Voilà un soldat de plomb, faisons-le naviguer. »

Ils construisirent un bateau avec un vieux journal, mirent dedans le soldat de plomb, et lui firent descendre le ruisseau. Les deux gamins couraient à côté et battaient des mains. Quels flots, grand Dieu ! dans ce ruisseau ! Que le courant y était fort ! Mais aussi il avait plu à verse. Le bateau de papier était étrangement balloté, mais, malgré tout ce fracas, le soldat de plomb restait impassible, le regard fixe et l’arme au bras.

Tout à coup le bateau fut poussé dans un petit canal où il faisait aussi noir que dans la boîte aux soldats.

« Où vais-je maintenant ? pensa-t-il. Oui, oui, c’est le sorcier qui me fait tout ce mal. Cependant si la petite demoiselle était dans le bateau avec moi, l’obscurité fût-elle deux fois plus profonde, cela ne me ferait rien. »

Vignette de Bertall

Bientôt un gros rat d’eau se présenta ; c’était un habitant du canal :

« Voyons ton passe-port, ton passe-port ! »

Mais le soldat de plomb garda le silence et serra son fusil. La barque continua sa route, et le rat la poursuivit. Ouf ! il grinçait des dents, et criait aux pailles et aux petits bâtons : « Arrêtez-le, arrêtez-le ! il n’a pas payé son droit de passage, il n’a pas montré son passe-port. »

Mais le courant devenait plus fort, toujours plus fort ; déjà le soldat apercevait le jour, mais il entendait en même temps un murmure capable d’effrayer l’homme le plus intrépide. Il y avait au bout du canal une chute d’eau, aussi dangereuse pour lui que l’est pour nous une cataracte. Il en était déjà si près qu’il ne pouvait plus s’arrêter. La barque s’y lança : le pauvre soldat s’y tenait aussi roide que possible, et personne n’eût osé dire qu’il clignait seulement des yeux. La barque, après avoir tournoyé plusieurs fois sur elle-même, s’était remplie d’eau ; elle allait s’engloutir. L’eau montait jusqu’au cou du soldat, la barque s’enfonçait de plus en plus. Le papier se déplia, et l’eau se referma tout à coup sur la tête de notre homme. Alors il pensa à la gentille petite danseuse qu’il ne reverrait jamais, et crut entendre une voix qui chantait :

Soldat, le péril est grand ;
Voici la mort qui t’attend !

Le papier se déchira, et le soldat passa au travers. Au même instant il fut dévoré par un grand poisson.

C’est alors qu’il faisait noir pour le malheureux ! C’était pis encore que dans le canal. Et puis comme il y était serré ! Mais toujours intrépide, le soldat de plomb s’étendit de tout son long, l’arme au bras.

Le poisson s’agitait en tous sens et faisait d’affreux mouvements ; enfin il s’arrêta, et un éclair parut le transpercer. Le jour se laissa voir, et quelqu’un s’écria : « Un soldat de plomb ! » Le poisson avait été pris, exposé au marché, vendu, porté dans la cuisine, et la cuisinière l’avait ouvert avec un grand couteau. Elle prit avec deux

Vignette de Bertall

doigts le soldat de plomb par le milieu du corps, et l’apporta dans la chambre, où tout le monde voulut contempler cet homme remarquable qui avait voyagé dans le ventre d’un poisson. Cependant le soldat n’en était pas fier. On le plaça sur la table, et là — comme il arrive parfois des choses bizarres dans le monde ! — il se trouva dans la même chambre d’où il était tombé par la fenêtre. Il reconnut les enfants et les jouets qui étaient sur la table, le charmant château avec la gentille petite danseuse ; elle tenait toujours une jambe en l’air, elle aussi était intrépide. Le soldat de plomb fut tellement touché qu’il aurait voulu pleurer du plomb, mais cela n’était pas convenable. Il la regarda, elle le regarda aussi, mais ils ne se dirent pas un mot.

Tout à coup un petit garçon le prit, et le jeta au feu sans la moindre raison ; c’était sans doute le sorcier de la tabatière qui en était la cause.

Le soldat de plomb était là debout, éclairé d’une vive lumière, éprouvant une chaleur horrible. Toutes ses couleurs avaient disparu ; personne ne pouvait dire si c’étaient les suites du voyage ou le chagrin. Il regardait toujours la petite demoiselle, et elle aussi le regardait. Il se sentait fondre ; mais, toujours intrépide, il tenait l’arme au bras. Soudain s’ouvrit une porte, le vent enleva la danseuse, et, pareille à une sylphide, elle vola sur le feu près du soldat, et disparut en flammes. Le soldat de plomb était devenu une petite masse.

Le lendemain, lorsque la servante vint enlever les cendres, elle trouva un objet qui avait la forme d’un petit cœur de plomb ; tout ce qui était resté de la danseuse, c’était une paillette, que le feu avait rendue toute noire.


417.Le coffre volant-Hans Christian Andersen.

Il était une fois un marchand si riche, qu’il aurait pu paver toute une grande rue et encore une petite de pièces d’argent ; mais il avait bien garde de le faire ; il savait mieux employer sa richesse. Il ne dépensait un sou qu’avec la certitude de gagner un écu. C’était un marchand bien habile et tel il mourut.

Son fils hérita de tout cet argent ; il mena joyeuse vie, alla tous les soirs au bal masqué, fit des cerfs-volants avec des billets de banque, et s’amusa à faire des ronds dans l’eau en y jetant des pièces d’or, comme un autre des cailloux. De cette manière, il ne faut pas s’étonner s’il vint à bout de ses trésors, et s’il finit par n’avoir pour toute fortune que quatre sous ; pour garde-robe qu’une paire de pantoufles et une vieille robe de chambre. Tous ses amis, ne pouvant plus se montrer dans la rue avec lui, l’abandonnèrent à la fois ; un d’eux néanmoins eut la bonté de lui envoyer un vieux coffre avec ces mots : « Fais ton paquet. » Certes le conseil était bon ; mais, comme le pauvre garçon n’avait rien à emballer, il se mit lui-même dans le coffre.

Ce coffre était bien bizarre : en pressant la serrure, il s’enlevait dans les airs comme un oiseau.

Le fils du marchand, dès qu’il eut connaissance de cette propriété merveilleuse, s’envola par la cheminée vers les nuages, et alla toujours devant lui. Le coffre craquait ; il eut peur qu’il ne se brisât en deux et ne lui fît faire un saut terrible. Cependant il arriva sain et sauf dans le pays des Turcs.

Après avoir caché son équipage dans la forêt, sous les feuilles sèches, il se rendit à la ville, où son arrivée n’étonna personne, vu que tous les Turcs marchaient comme lui, en robe de chambre et en pantoufles. En parcourant les rues, il rencontra une nourrice et un petit enfant.

« Nourrice turque, demanda-t-il, quel est ce grand château, près de la ville, dont les fenêtres sont si hautes ?

— C’est la demeure de la fille du roi, répondit la nourrice. On lui a prédit que son fiancé la rendra bien malheureuse ; c’est pourquoi personne ne peut l’approcher qu’en présence du roi et de la reine.

— Merci ! » dit le fils du marchand. Puis il retourna dans la forêt, se plaça dans le coffre et prit son vol. Bientôt il arriva sur le toit du château, et se glissa par la fenêtre dans la chambre de la princesse.

La princesse sommeillait sur un sofa ; sa beauté était si grande que notre homme ne put s’empêcher de l’embrasser. Elle se réveilla tout effrayée, mais il lui affirma qu’il était le dieu des Turcs, descendu du ciel en sa faveur. Cette déclaration la rassura aussitôt.

Assis près d’elle, il commença à lui raconter des histoires merveilleuses : celle du petit Rossignol, de la petite Sirène, de la Reine de la neige et de la mère Gigogne.

La princesse était enchantée de tous ces beaux contes, et elle lui promit de ne pas prendre d’autre mari que lui.

« Revenez samedi prochain, dit-elle. J’ai invité le roi et la reine à un thé ; ils seront fiers de me faire épouser le dieu des Turcs. Mais ayez soin surtout de leur raconter quelques belles aventures. Ma mère aime le genre moral et sérieux ; mon père, lui, préfère ce qui est joyeux et plaisant.

— Soyez tranquille ! ma corbeille de noces ne sera remplie que d’aventures. »

Ils se séparèrent ; et la princesse lui fit cadeau d’un sabre incrusté de pièces d’or, qui certes lui arrivaient à propos.

Il courut s’acheter une nouvelle robe de chambre, puis il s’assit dans la forêt pour inventer quelque histoire. D’abord, il éprouva beaucoup de difficultés, car ce n’est pas chose facile que de faire des contes ; mais enfin il réussit, et le samedi suivant il était prêt.

Le roi, la reine et toute la cour étaient venus prendre le thé chez la princesse ; le fils du marchand y fut reçu avec la plus grande amabilité.

« Veuillez nous raconter quelque aventure, dit la reine ; quelque chose de sensé et d’instructif.

— Ou quelque chose qui fasse rire, ajouta le roi.

— Avec plaisir, » répondit le jeune homme.

Et il raconta ce que vous allez entendre.

« Il y avait un jour un paquet d’allumettes extrêmement fières de leur haute naissance. Leur souche, c’est-à-dire le grand sapin dont chacune d’elles représentait un fragment, avait été jadis un des arbres les plus considérables de la forêt. Les allumettes étaient placées dans la cuisine, entre un briquet et un vieux pot de fer, à qui elles racontaient l’histoire de leur enfance. « Oui, disaient-elles, lorsque nous étions une branche verte, nous étions heureuses comme au paradis. Tous les matins et tous les soirs, on nous servait du thé de diamant ; c’était la rosée. Toute la journée nous avions le soleil, lorsque le soleil brillait, et les petits oiseaux nous chantaient des histoires. Aussi nous étions bien riches, car les autres arbres ne portaient de vêtements que dans l’été ; mais notre famille avait les moyens de nous donner des habits verts, en hiver comme en été. Vint une grande révolution, et notre famille fut dispersée par les bûcherons. Notre souche obtint une place de grand mât sur un magnifique vaisseau capable de faire le tour du monde ; d’autres branches obtinrent d’autres emplois, et notre partage fut celui d’éclairer la multitude. C’est ainsi que, malgré notre origine distinguée, nous nous trouvons dans la cuisine.

— Quant à moi, dit le pot de fer, mon sort est tout différent. Dès que je suis venu au monde, on n’a fait que m’écurer, me mettre sur le feu et m’en ôter. Je suis de la plus haute importance dans la maison, et je ne donne que dans le solide. Mon seul plaisir consiste, après le dîner, à reprendre, propre et luisant, ma place sur la planche, et à causer sérieusement avec mes camarades. Malheureusement, nous sommes toujours claquemurés ici, à l’exception du seau d’eau, qui quelquefois descend dans la cour. Il est vrai que le panier du marché nous apporte les nouvelles du dehors, mais il parle avec trop d’exaltation du gouvernement et du peuple. Aussi avant-hier un vieux pot en a été tellement bouleversé, qu’il est tombé par terre et s’est brisé. Si je ne me trompe, le panier, avec ses idées trop avancées, appartient à l’opposition.

— Tu parles trop ! » répliqua le briquet ; et l’acier, se heurtant contre le caillou, en fit jaillir des étincelles. « Tâchons de nous amuser un peu, ce soir.

— Oui, reprirent les allumettes, causons, et décidons quel est le plus noble de nous tous.

— Je n’aime pas à m’entretenir de moi-même, observa le pot de terre. Il nous reste d’autres sujets de conversation. Je commencerai par raconter l’histoire de ma vie, puis chacun en fera autant. Rien n’est plus divertissant. Or donc, sur les bords de la Baltique, non loin des superbes forêts de hêtres qui couvrent le sol de notre chère patrie, le vieux Danemark….

— À la bonne heure ! voilà un beau commencement, s’écrièrent les assiettes ; voilà une histoire qui promet !

— Là, continua le pot de terre, j’ai passé ma jeunesse dans une famille paisible. Les meubles y étaient frottés tous les quinze jours, le plancher lavé, et les rideaux nettoyés.

— Que vous avez une manière intéressante de raconter ! dit le balai ; on dirait une bonne femme de ménage qui parle, tellement tout cela respire la propreté.

— Certainement, » appuya le seau ; et, transporté de joie, il fit un petit bond ; une partie de son eau tomba bruyamment à terre.

Et le pot continua son récit, dont la fin était aussi belle que le commencement.

Toutes les assiettes s’agitèrent joyeusement, et le balai prit quelques brins de persil pour couronner le pot. Certes, cette distinction dut vexer les autres, mais ils pensèrent : « Si je le couronne aujourd’hui, il me couronnera demain. »

« Dansons ! » dirent les pincettes ; et elles se mirent à danser. C’était curieux à voir, comme elles savaient lever une jambe en l’air ! La vieille couverture de la chaise creva de rire en les regardant.

« Nous demandons à être aussi couronnées, dirent les pincettes ; et on les couronna.

« Quel genre ! » pensaient les allumettes.

« Ensuite la théière fut priée de chanter, mais elle prétexta un refroidissement. C’était pur orgueil, car elle se faisait toujours entendre quand il y avait du monde au salon.

« Sur la fenêtre était une vieille plume d’oie dont la domestique se servait pour écrire. Cette plume n’avait rien de remarquable, si ce n’est qu’on l’avait trop enfoncée dans l’encrier. Du reste, elle en était fière.

« Si la théière ne veut pas chanter, dit-elle, nous nous en passerons. Dehors, dans la cage, il y a le rossignol qui chantera sans se faire prier, quoiqu’il n’ait rien appris. Nous serons indulgents ce soir.

— Cette proposition me paraît assez inconvenante, » répondit la bouilloire, sœur de la théière, et chanteuse ordinaire de la cuisine ; « pourquoi admettre parmi nous un oiseau étranger ? Ce n’est guère patriotique. J’en fais juge le panier du marché.

— Franchement parlant, répliqua le panier, je suis profondément vexé de passer ma soirée de la sorte. Il vaudrait bien mieux, ce me semble mettre l’ordre partout ; chacun resterait à sa place, et je dirigerais les divertissements. Vous verriez bien autre chose.

— Non, laissez-nous faire du tapage ! » dirent tous les ustensiles.

« Mais en ce moment la porte s’ouvrit. C’était la servante ; personne ne bougea plus, personne ne souffla mot. Cependant il n’y avait pas parmi eux de pot si mince qu’il ne se crût très-capable, et d’une origine très-distinguée.

« Oui, pensait chacun d’eux, si on avait voulu me laisser faire, nous nous serions autrement amusés ce soir. »

« La bonne prit les allumettes pour allumer son feu. Ciel ! comme elles craquèrent et s’enflammèrent avec fracas !

« Maintenant, se disaient-elles, tout le monde est obligé de reconnaître notre splendeur ! Quelle lumière ! quelle… » Et ce n’était plus qu’un peu de cendre.

— Voilà une aventure charmante ! dit la reine ; tout à l’heure je me croyais transportée au milieu de la cuisine, près des allumettes. Aussi vous épouserez notre fille.

— Oui, certes ! ajouta le roi, tu auras notre fille pour femme, et à lundi la noce. »

En le tutoyant, on regardait déjà le fils du marchand comme membre de la famille.

La veille de la noce, toute la ville fut illuminée. On jeta dans toutes les rues des brioches et des macarons ; les gamins grimpaient sur les arbres criaient : hourra ! et sifflaient entre leurs doigts C’était vraiment un spectacle magnifique.

« Maintenant, se dit le fils du marchand, il faut que moi aussi de mon côté je fasse quelque chose. »

Vignette de Bertall

Il acheta une quantité de fusées volantes, de pétards, toutes les pièces d’un beau feu d’artifice, puis il les mit dans son coffre, et s’éleva dans les airs.

Routch ! ritch ! routch ! quelle détonation ! quel éclat ! et combien de couleurs !

À cette vue, tous les Turcs se mirent à sauter de joie, si bien que leurs pantoufles volaient jusqu’à leurs oreilles. Jamais ils n’avaient vu un pareil phénomène. Maintenant ils étaient bien convaincus que c’était leur dieu en personne qui allait épouser la princesse.

Revenu dans la forêt, le fils du marchand se dit : « Il faut que j’aille dans la ville, pour apprendre l’effet qu’a produit mon feu d’artifice. » Ce désir était bien naturel.

Que de choses singulières on lui en raconta ! chacun l’avait vu d’une manière différente, mais tous en étaient enchantés.

« J’ai vu le dieu des Turcs, disait l’un ; il avait les yeux brillants comme des étoiles, et une barbe semblable à l’écume des vagues.

— Il s’est envolé sur un manteau de feu, disait l’autre ; et dans les plis du manteau de jolis petits anges voltigeaient. »

Le jeune homme entendit encore plus d’une belle chose ce soir-là, la veille de sa noce. Enfin il retourna dans la forêt pour se placer dans son coffre ; mais nulle part il ne l’aperçut. Le coffre avait été brûlé, brûlé par une étincelle de feu d’ artifice. Il n’en restait qu’un peu de cendre. Le pauvre garçon ne pouvait plus s’envoler ni revoir sa fiancée.

Elle l’attendit sur le toit toute la journée ; elle l’attend encore. Lui cependant parcourt le monde en racontant des aventures ; mais aucune d’elles n’est aussi joyeuse que celle des allumettes.


416.Le coeur révélateur-Edgar Poe.

Vrai ! — je suis très nerveux, épouvantablement nerveux, je l’ai toujours été ; mais pourquoi prétendez-vous que je suis fou ? La maladie a aiguisé mes sens, — elle ne les a pas détruits, — elle ne les a pas émoussés. Plus que tous les autres, j’avais le sens de l’ouïe très fin. J’ai entendu toutes choses du ciel et de la terre. J’ai entendu bien des choses de l’enfer. Comment donc suis-je fou ? Attention ! Et observez avec quelle santé, — avec quel calme je puis vous raconter toute l’histoire.

Il est impossible de dire comment l’idée entra primitivement dans ma cervelle ; mais, une fois conçue, elle me hanta nuit et jour. D’objet, il n’y en avait pas. La passion n’y était pour rien. J’aimais le vieux bonhomme. Il ne m’avait jamais fait de mal. Il ne m’avait jamais insulté. De son or je n’avais aucune envie. Je crois que c’était son œil ! Oui, c’était cela ! Un de ses yeux ressemblait à celui d’un vautour, — un œil bleu pâle, avec une taie dessus. Chaque fois que cet œil tombait sur moi, mon sang se glaçait ; et ainsi, lentement, — par degrés, — je me mis en tête d’arracher la vie du vieillard, et par ce moyen de me délivrer de l’œil à tout jamais. 

Maintenant, voici le hic ! Vous me croyez fou. Les fous ne savent rien de rien. Mais si vous m’aviez vu ! Si vous aviez vu avec quelle sagesse je procédai ! — avec quelle précaution, — avec quelle prévoyance, — avec quelle dissimulation je me mis à l’œuvre ! Je ne fus jamais plus aimable pour le vieux que pendant la semaine entière qui précéda le meurtre. Et, chaque nuit, vers minuit, je tournais le loquet de sa porte, et je l’ouvrais, — oh ! si doucement ! Et alors, quand je l’avais suffisamment entrebâillée pour ma tête, j’introduisais une lanterne sourde, bien fermée, bien fermée, ne laissant filtrer aucune lumière ; puis je passais la tête. Oh ! vous auriez ri de voir avec quelle adresse je passais ma tête ! Je la mouvais lentement, — très, très lentement, — de manière à ne pas troubler le sommeil du vieillard. Il me fallait bien une heure pour introduire toute ma tête à travers l’ouverture, assez avant pour le voir couché sur son lit. Ah ! un fou aurait-il été aussi prudent ? — Et alors, quand ma tête était bien dans la chambre, j’ouvrais la lanterne avec précaution, — oh ! avec quelle précaution, avec quelle précaution ! — car la charnière criait. — Je l’ouvrais juste assez pour qu’un filet imperceptible de lumière tombât sur l’œil de vautour. Et cela, je l’ai fait pendant sept longues nuits, — chaque nuit juste à minuit : — mais je trouvai toujours l’œil fermé ; et ainsi il me fut impossible d’accomplir l’œuvre ; car ce n’était pas le vieux homme qui me vexait, mais son mauvais œil. Et, chaque matin, quand le jour paraissait, j’entrais hardiment dans sa chambre, je lui parlais courageusement, l’appelant par son nom d’un ton cordial et m’informant comment il avait passé la nuit. Ainsi, vous voyez qu’il eût été un vieillard bien profond, en vérité, s’il avait soupçonné que, chaque nuit, juste à minuit, je l’examinais pendant son sommeil.

La huitième nuit, je mis encore plus de précaution à ouvrir la porte. La petite aiguille d’une montre se meut plus vite que ne faisait ma main. Jamais, avant cette nuit, je n’avais senti toute l’étendue de mes facultés, — de ma sagacité. Je pouvais à peine contenir mes sensations de triomphe. Penser que j’étais là, ouvrant la porte, petit à petit, et qu’il ne rêvait même pas de mes actions ou de mes pensées secrètes ! À cette idée, je lâchai un petit rire ; et peut-être m’entendit-il ; car il remua soudainement sur son lit, comme s’il se réveillait. Maintenant, vous croyez peut-être que je me retirai, — mais non. Sa chambre était aussi noire que de la poix, tant les ténèbres étaient épaisses, — car les volets étaient soigneusement fermés, de crainte des voleurs, — et, sachant qu’il ne pouvait pas voir l’entre-bâillement de la porte, je continuai à la pousser davantage, toujours davantage.

J’avais passé ma tête, et j’étais au moment d’ouvrir la lanterne, quand mon pouce glissa sur la fermeture de fer-blanc, et le vieux homme se dressa sur son lit, criant : « Qui est là ? »

Je restai complètement immobile et ne dis rien. Pendant une heure entière, je ne remuai pas un muscle, et pendant tout ce temps je ne l’entendis pas se recoucher. Il était toujours sur son séant, aux écoutes ; — juste comme j’avais fait pendant des nuits entières, écoutant les horloges-de-mort dans le mur.

Mais voilà que j’entendis un faible gémissement, et je reconnus que c’était le gémissement d’une terreur mortelle. Ce n’était pas un gémissement de douleur ou de chagrin ; — oh ! non, — c’était le bruit sourd et étouffé qui s’élève du fond d’une âme surchargée d’effroi. Je connaissais bien ce bruit. Bien des nuits, à minuit juste, pendant que le monde entier dormait, il avait jailli de mon propre sein, creusant avec son terrible écho les terreurs qui me travaillaient. Je dis que je le connaissais bien. Je savais ce qu’éprouvait le vieux homme, et j’avais pitié de lui, quoique j’eusse le rire dans le cœur. Je savais qu’il était resté éveillé, depuis le premier petit bruit, quand il s’était retourné dans son lit. Ses craintes avaient toujours été grossissant. Il avait tâché de se persuader qu’elles étaient sans cause, mais il n’avait pas pu. Il s’était dit à lui-même : « Ce n’est rien, que le vent dans la cheminée ; — ce n’est qu’une souris qui traverse le parquet ; » ou : « C’est simplement un grillon qui a poussé son cri. » Oui, il s’est efforcé de se fortifier avec ces hypothèses ; mais tout cela a été vain. Tout a été vain, parce que la Mort qui s’approchait avait passé devant lui avec sa grande ombre noire, et qu’elle avait ainsi enveloppé sa victime. Et c’était l’influence funèbre de l’ombre inaperçue qui lui faisait sentir, — quoiqu’il ne vît et n’entendît rien, — qui lui faisait sentir la présence de ma tête dans la chambre.

Quand j’eus attendu un long temps, très patiemment, sans l’entendre se recoucher, je me résolus à entr’ouvrir un peu la lanterne, mais si peu, si peu que rien. Je l’ouvris donc, — si furtivement, si furtivement, que vous ne sauriez l’imaginer, — jusqu’à ce qu’enfin un seul rayon pâle, comme un fil d’araignée, s’élançât de la fente et s’abattît sur l’œil de vautour.

Il était ouvert, — tout grand ouvert, et j’entrai en fureur aussitôt que je l’eus regardé. Je le vis avec une parfaite netteté, — tout entier d’un bleu terne et recouvert d’un voile hideux qui glaçait la moelle dans mes os ; mais je ne pouvais voir que cela de la face ou de la personne du vieillard ; car j’avais dirigé le rayon, comme par instinct, précisément sur la place maudite.

Et maintenant, ne vous ai-je pas dit que ce que vous preniez pour de la folie n’est qu’une hyperacuité des sens ? — Maintenant, je vous le dis, un bruit sourd, étouffé, fréquent, vint à mes oreilles, semblable à celui que fait une montre enveloppée dans du coton. Ce son-là, je le reconnus bien aussi. — C’était le battement du cœur du vieux. Il accrut ma fureur, comme le battement du tambour exaspère le courage du soldat.

Mais je me contins encore, et je restai sans bouger. Je respirais à peine. Je tenais la lanterne immobile. Je m’appliquais à maintenir le rayon droit sur l’œil. En même temps, la charge infernale du cœur battait plus fort ; elle devenait de plus en plus précipitée, et à chaque instant de plus en plus haute. La terreur du vieillard devait être extrême ! Ce battement, dis-je, devenait de plus en plus fort à chaque minute ! — Me suivez-vous bien ? Je vous ai dit que j’étais nerveux ; je le suis, en effet. Et maintenant, au plein cœur de la nuit, parmi le silence redoutable de cette vieille maison, un si étrange bruit jeta en moi une terreur irrésistible. Pendant quelques minutes encore, je me contins et restai calme. Mais le battement devenait toujours plus fort, toujours plus fort ! Je croyais que le cœur allait crever. Et voilà qu’une nouvelle angoisse s’empara de moi : — le bruit pouvait être entendu par un voisin ! L’heure du vieillard était venue ! Avec un grand hurlement, j’ouvris brusquement la lanterne et m’élançai dans la chambre. Il ne poussa qu’un cri, — un seul. En un instant je le précipitai sur le parquet, et je renversai sur lui tout le poids écrasant du lit. Alors, je souris avec bonheur, voyant ma besogne fort avancée. Mais, pendant quelques minutes, le cœur battit avec un son voilé. Cela toutefois ne me tourmenta pas ; on ne pouvait l’entendre à travers le mur. À la longue, il cessa. Le vieux était mort. Je relevai le lit, et j’examinai le corps. Oui, il était roide, roide mort. Je plaçai ma main sur le cœur, et l’y maintins plusieurs minutes. Aucune pulsation. Il était roide mort. Son œil désormais ne me tourmenterait plus.

Si vous persistez à me croire fou, cette croyance s’évanouira quand je vous décrirai les sages précautions que j’employai pour dissimuler le cadavre. La nuit avançait, et je travaillai vivement, mais en silence. Je coupai la tête, puis les bras, puis les jambes.

Puis j’arrachai trois planches du parquet de la chambre, et je déposai le tout entre les voliges. Puis je replaçai les feuilles si habilement, si adroitement, qu’aucun œil humain — pas même le sien ! — n’aurait pu y découvrir quelque chose de louche. Il n’y avait rien à laver, — pas une souillure, — pas une tache de sang. J’avais été trop bien avisé pour cela. Un baquet avait tout absorbé, ah ! ah !

Quand j’eus fini tous ces travaux, il était quatre heures, — il faisait toujours aussi noir qu’à minuit. Pendant que le timbre sonnait l’heure, on frappa à la porte de la rue. Je descendis pour ouvrir avec un cœur léger, — car qu’avais-je à craindre maintenant ? Trois hommes entrèrent qui se présentèrent, avec une parfaite suavité, comme officiers de police. Un cri avait été entendu par un voisin pendant la nuit ; cela avait éveillé le soupçon de quelque mauvais coup : une dénonciation avait été transmise au bureau de police, et ces messieurs (les officiers) avaient été envoyés pour visiter les lieux.

Je souris, — car qu’avais-je à craindre ? Je souhaitai la bienvenue à ces gentlemen. — Le cri, dis-je, c’était moi qui l’avais poussé dans un rêve. Le vieux bonhomme, ajoutai-je, était en voyage dans le pays. Je promenai mes visiteurs par toute la maison. Je les invitai à chercher, et à bien chercher. À la fin, je les conduisis dans sa chambre. Je leur montrai ses trésors, en parfaite sûreté, parfaitement en ordre. Dans l’enthousiasme de ma confiance, j’apportai des sièges dans la chambre, et les priai de s’y reposer de leur fatigue, tandis que moi-même, avec la folle audace d’un triomphe parfait, j’installai ma propre chaise sur l’endroit même qui recouvrait le corps de la victime.

Les officiers étaient satisfaits. Mes manières les avaient convaincus. Je me sentais singulièrement à l’aise. Ils s’assirent, et ils causèrent de choses familières auxquelles je répondis gaiement. Mais, au bout de peu de temps, je sentis que je devenais pâle, et je souhaitai leur départ. Ma tête me faisait mal, et il me semblait que les oreilles me tintaient ; mais ils restaient toujours assis, et toujours ils causaient. Le tintement devint plus distinct ; — il persista et devint encore plus distinct ; je bavardai plus abondamment pour me débarrasser de cette sensation ; mais elle tint bon, et prit un caractère tout à fait décidé, tant qu’à la fin je découvris que le bruit n’était pas dans mes oreilles.

Sans doute je devins alors très pâle ; — mais je bavardais encore plus couramment et en haussant la voix. Le son augmentait toujours, — et que pouvais-je faire ? C’était un bruit sourd, étouffé, fréquent, ressemblant beaucoup à celui que ferait une montre enveloppée dans du coton. Je respirai laborieusement. — Les officiers n’entendaient pas encore. Je causai plus vite, avec plus de véhémence ; mais le bruit croissait incessamment. — Je me levai, et je disputai sur des niaiseries, dans un diapason très élevé et avec une violente gesticulation ; mais le bruit montait, montait toujours. — Pourquoi nevoulaient-ils pas s’en aller ? — J’arpentai çà et là le plancher lourdement et à grands pas, comme exaspéré par les observations de mes contradicteurs ; — mais le bruit croissait régulièrement. Ô Dieu ! que pouvais-je faire ? J’écumais, — je battais la campagne, — je jurais ! j’agitais la chaise sur laquelle j’étais assis, et je la faisais crier sur le parquet ; mais le bruit dominait toujours, et croissait indéfiniment. Il devenait plus fort, — plus fort ! — toujours plus fort ! Et toujours les hommes causaient, plaisantaient et souriaient. Était-il possible qu’ils n’entendissent pas ? Dieu tout-puissant ! — Non, non ! Ils entendaient ! — ils soupçonnaient ! — ils savaient, — ils se faisaient un amusement de mon effroi ! — je le crus, et je le crois encore. Mais n’importe quoi était plus tolérable que cette dérision ! Je ne pouvais pas supporter plus longtemps ces hypocrites sourires ! Je sentis qu’il fallait crier ou mourir ! — et maintenant encore, l’entendez-vous ? — écoutez ! plus haut ! — plus haut ! — toujours plus haut ! — toujours plus haut !

« Misérables ! — m’écriai-je, — ne dissimulez pas plus longtemps ! J’avoue la chose ! — arrachez ces planches ! c’est là ! c’est là ! — c’est le battement de son affreux cœur ! »


415.Kingsman : services secrets – un film grandiose.

On devait déjà à Matthew Vaughn les excellents « Kick Ass », « Stardust » et l’un des derniers « X-men ».Aujourd’hui, il nous offre « Kingsman », film d’action survitaminé ( mais bien dosé), avec des personnages fort d’originalité et un scénario rendant hommage à James Bond…itinéraire d’un potentiel film culte.

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synopsis : L’histoire débute au Moyen Orient, où Harry  Hart, espion pour l’agence Kingsman ne parvient pas à éviter la mort de l’un de ses collèges, disparu en leur sauvant la vie.Il annonce la mauvaise nouvelle à la femme du défunt et à leur fils, Gary Unwin (mais que tous surnomment Eggsy) et leur octroie une faveur : en cas de pépin, ils pourront le contacter.Les années s’écoulent et Eggsy est désormais un jeune homme.Sa mère s’est remarié avec un truand et le garçon a basculé dans la délinquance, ce disputant avec son beau-père.

Pendant ce temps, à l’agence Kingsman (un magasin de tailleur menant tout droit à une base secrète), on apprend l’enlèvement de l’éminent professeur Arnold.Voulant le délivrer, l’agent Lancelot se fait tuer par Gazelle, la sbire due Richmond Valentine, riche homme d’affaire voulant « sauver la planète » des hommes.Il faut remplacer le défunt et chacun des agents Kingsman propose un candidat, qui devra effectuer une série d’épreuve pour le départager des autres concurrents, et qui si il les réussit tous, sera le nouveau Lancelot.

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Un jour, énervé des hommes de mains de son beau-père, Eggsy  vole la voiture de l’un d’eux et provoque un accident avec une voiture de police…il risque la prison.Mais se rappelant la visite de l’agent Hart, il contacte le numéro qu’il lui a donné et est libéré ! Harry Hart l’attend à la sortie et décide d’aller boire un verre avec lui.Il lui parle de son père quand soudain les hommes de main du beau-père de Eggsy entrent et surprit de voir le gamin là décide de se venger du vol de la voiture.Mais Hart, pourtant quinquagénaire ayant l’air peu adepte des techniques de combats les met tous K.O. et utilise même un parapluie pour assommer l’un d’eux.L’agent décide alors de prendre Eggsy sous son aile vu que ce dernier n’a rien à perdre vu qu’il est recherché par son beau-père et ses sbires.

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Ainsi commence les longues épreuves d’Eggsy pour devenir un Kingsman.Le contact avec les autres candidats potentiels passe mal, sauf avec les filles (et plus particulièrement Roxy).Il les réussit toutes et se retrouve parmi les 3 finalistes.Hart, parvenant à trouver le professeur Arnold est surprit de voir de que ce dernier « n’ a pas vraiment disparu » et est au coeur d’un complot qui prend des envergures mondiales, ou de grands noms de ce monde disparaissent…une reine est même enlevée.Arnold meurt et laisse Hart dans le coma.Il se réveillera en apprenant que Valentine souhaite offrir le réseau internet et téléphonique à toute l’humanité dans une carte SIM à greffer dans le cou.

L’agent Harry Hart décide de rencontrer Valentine lors d’une réception…où ce dernier décommande tout ses invités pour s’entretenir avec l’espion qu’il soupçonne d’avoir tuer le professeur Arnold et de vouloir contrecarrer ses plans.L’entretient tourne court et en reste à un statut quo. Eggsy échoue alors à la dernière épreuve pour devenir un Kingsman, et c’est Roxy qui devient le nouveau Lancelot.

Hart apprend alors que Valentine va régler le problème de changement climatique sur Terre mais pas en diminuant l’effet de serre…en effet, l’homme espère y arriver en éliminant les humains.Ses cartes SIM implantées dans le cou de ses « clients » peuvent être activées et exciter les centres d’agressivités de ces derniers.Dès lors, ils se mettent à s’entre-tuer sans la moindre raison et sans le moindre remord.Hart, au courant que Valentine va provoquer un incident dans une église (afin de voir si son « invention fonctionne) , ignore en fait les intentions de ce dernier et en fera les frais puisqu’il massacrera des dizaines d’innocents (devenus eux aussi très violents…).A la sorte, l’agent fera face à Valentine, qui l’abattra d’une balle dans la tête.Dès lors, le directeur de l’agence Kingsman, Arthur, décide de nommer Eggsy pour remplacer Hart.Avec Roxy, ils vont tenter de déjouer l’horrible projet que risque de mettre Valentine et qui fera passer l’humanité de vie à trépas…y arriveront-t-ils ?

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distribution :

  • Taron Egerton : Gary « Eggsy » Unwin
  • Colin Firth : Harry Hart / Galahad
  • Samuel L. Jackson  : Richmond Valentine
  • Mark Strong : Merlin
  • Michael Caine : Arthur / Chester King
  • Sophie Cookson  : Roxy
  • Geoff Bell  : Dean
  • Edward Holcroft  : Charlie
  • Jack Cutmore-Scott  : Rufus
  • Sofia Boutella Gazelle
  • Jack Davenport : Lancelot
  • Samantha Womack: Michelle Unwin
  • Mark Hamill : le professeur James Arnold

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à propos du film :

-réalisé par Matthew Vaughn.

-durée : 2h00.

-année : 2015.

autour du film :

   Matthew Vaughn a voulu réaliser l’adaptation du comic book « The Secret Service » (du même auteur que Kick Ass, également adapté par Vaughn).Il s’est beaucoup inspiré de l’univers des James Bond (gadgets, voitures, femmes,…même l’affiche du film calque celle de « rien que pour vos yeux ») mais y a tout de même posé sa patte en vue d’en faire « son » film.Un film à la croisée des genres.Le méchant du film, Valentine, fait d’ailleurs penser aux ennemis de 007.Avec comme touche humoristique que ce dernier n’aime pas la vue du sang et qu’il parle avec un cheveux sur la langue…le personnage de Gazelle, femme au jambes bioniques avec des lames pour trancher tout ce qui bouge complète le binôme.Les gentils, les « Kingsman » sont littéralement  les hommes du roi »  et doivent en fait leurs noms au mythe du roi Arthur (de Camelot) et aux chevaliers de la table ronde.Ainsi il y a le chef, Arthur  et ses agents : Lancelot, Merlin, Galaad.,…Le héros s’appelle Eggsy et vient de la banlieue.Il parle d’ailleurs un langage fort différent des Kingsman mais à ses propres références (une sorte d’argot de jeune).Il fait une longue tirade à Hart pour lui faire comprendre qu’il n’est pas riche et qu’il n’a pas eu de chance dans la vie.

   Il y a beaucoup de corrompus dans ce film, ci bien que c’est au héros de faire la part des choses…comme le premier ministre d’une monarchie que l’on ne nommera pas et qui se moque que Valentine kidnappe sa reine et rétorque qu’il « est républicain de toute façon ».Et puis il y a le personnage de Colin Firth, l’agent Hart, qui pose les bases des Kingsman et propose un style nouveau d’agent secret : le calme intelligent qui balance des répliques percutantes.Ce dernier a tout un attirail de gadget (stylo éjectant du poison, petites grenades, chevalières envoyant des décharges électriques, lames toxiques dans le bout de la chaussure,…et le parapluie multifonction, faisant par moment penser à ceux du Pingouin dans le « Batman-le défi » de Tim Burton, tirant des balles (ou assommant).Les quelques rencontres entre Hart et Valentine donnent lieux à de jolis duels verbaux ou implicitement, chacun essaye de faire tomber l’autre…quand le méchant lui parle de son amour des films d’espionnage, l’agent ne lui cache pas son amour pour les films où les méchants imaginent des stratagèmes. tordus pour tuer le héros et où ce dernier s’en sort d’une manière tout aussi tordue…mais Valentine rétorque que in facto, il ne s’agit pas de ce type de film…et le tue.

   Le film offre aussi (de façon très implicite) une réflexion sur les dangers des nouvelles technologies…qui peuvent se révéler mortelles pour ceux qui en font les frais…

notre avis : 9/10.

On s’est régalé…certes, certaines scènes choquerons sans doute les plus sensibles d’entre vous…mais les autres apprécieront. »Kingsman » a tout du futur film culte.Ses personnages, son scénario, ses répliques et même sa musique resteront gravés dans les annales.C’est un festival au carrefour de plusieurs genres : Kingsman pourrait être qualifié de film d’action teinté d’humour et parodiant avec un grand sérieux les grands films d’espionnages…d’ailleurs quand Arthur tente de deviner quel espion voudrait être Eggsy, ce dernier lui donne ses initiales : J.B….si le garçon pense à Jack Bauer-héros sans peu de la série télévisée 24h00 chrono-, le vieil homme lui propose successivement James Bond et Jason Bourne…le choc des générations en somme.Le film est plein d’action et peu cohérent dans ses scènes de combats…mais c’est voulu ! C’est un petit chef-d’oeuvre déjanté, où les méchants aiment les casquettes et mangent des hamburgers et où les gentils apprennent le salut allemand pour blesser leur adversaire.Le feu d’artifice psychédélique d’explosions de têtes à la fin du film sur un air de musique classique vaut son pesant en or.Et la fin du film, offre au héros « sa James Bond Girl).

à lire aussi :

→quelques citations du film sur : http://cinenode.com/membre/2280/yanglol/citations

Kingsman the Secret Service Matthew Vaugn sword leg prosthetics


414.Maître Gims : est-ce que tu m’aimes ?

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413.Les profs 2 : bande-annonce.

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412.James Horner est mort.

Le célèbre compositeur américain James Horner est décédé ce 18 juin 2015 dans un accident d’avion qu’il pilotait.Il avait 61 ans.L’homme s’est principalement illustré au cinéma puisqu’on lui doit les musiques de près d’une centaine de film dont celles de « Titanic » (qui lui vaudra bien des récompenses), « Braveheart », « Avatar », « Aliens », « Jumanji » et « Willow ».Il a collaboré avec les plus grands réalisateurs (4 films pour Cameron, 7 pour Howard).

L’homme a fait beaucoup de polémique et a même été accusé de plagiat…on lui reprochait aussi de réutiliser le « danger motif » (les 4 mêmes notes censées représenter le danger).Toujours est-il que ces musiques sont mondialement connue…comme quoi on ne change pas une recette qui marche.

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411.Les Minions : le film (bande-annonce).

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410.Hunger Games : la révole-partie 2 (bande-annonce).

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409.Christopher Lee est mort…une page de cinéma se tourne.

   L’un des plus grands acteurs du septième art s’est éteint ce 7 juin 2013 à l’âge canonique de 93 ans des suites d’insuffisance cardiaque et respiratoire.Christopher Lee était connu pour ses multiples interprétations du comte Dracula (11 films !) et plus récemment pour ses rôles dans Star Wars et le Seigneur des Anneaux où il incarnait respectivement le Comte Dooku et Saroumane.

11 06 15 Christopher Lee Saroumane

   Né en 1922, à Londres, ce brittanique entama des études de latin, grec et littérature classique, mais à cause de la crise économique ne pu jamais étudier à l’université.Engagé sous les armes lors de la « Guerre d’Hiver », il revient chez lui en 1946 et décide de devenir acteur.Ses débuts au cinéma datent de 1948 dans un film de Terrence Young  (à qui l’on doit notamment le premier film de la saga des James Bond) : »L’étrange rendez-vous ».C’est également à ce moment qu’il joue pour la première fois avec Peter Cushing qui deviendra un partenaire régulier dans une pièce de théâtre de Shakespeare : « Hamlet ».

THE FACE OF FU MANCHU

   Toutefois l’acteur peine à s’imposer à cause de son physique de géant (1,92 mètre), à une époque où on préférait les physiques « standards » .On lui reproche également d’être trop latin.Néanmoins, il tourne dans beaucoup de films au cours des années 50.Il échappe ainsi plusieurs fois au chômage.

Film and Television

   Mais en 1957, le vent tourne puisqu’il est engagé pour jouer la créature de Frankenstein dans une superproduction des studios de la Hammer  avec Peter Cushing, qui interprète le docteur éponyme.Sa grande taille est alors un avantage.Grâce à ce rôle, on lui offre l’opportunité d’incarner le Comte Dracula, en 1958 toujours dans un film de Terence Fisher.En tout, c’est 11 films qui seront tournés et où il retrouvera le célèbre vampire, l’un d’eux relevant tout au plus de la simple parodie.Peter Cushing y incarne le Docteur Van Helsing.

GREMLINS 2: THE NEW BATCH

   La Hammer lui fait désormais confiance et il devient l’un de ses piliers, puisqu’il tournera beaucoup de films (principalement d’horreur ) avec elle.En 1959, il incarne Sherlock Holmes pour la première fois dans « Le chien des Baskervilles » (toujours sous la direction de Terrence Fisher).Ses rôles de méchants tels que Raspoutine ou Fu Manchu lui apporte une célébrité nationale et lui permette même de tourner à l’étranger, puisqu’il parle 9 langues !

   Ensuite, dans les années 70, Lee a envie de varier un peu ses rôles et de ne plus coller à cette étiquette d’acteur de films d’horreur.C’est ainsi qu’il est amené à jouer le méchant Scaramanga  dans « l’homme au pistolet d’or » (un James Bond) ou « les naufragés de 747″.

   Dans les années 80, il s’offre aussi de très bond rôles à la télévision dans « La Salamandre » (1981), ou « le tour du monde en 80 jours » (1989).Mais hélas, sa notoriété diminue et les producteurs semblent l’oublier.

PHOTOS. Christopher Lee : mort d'un méchant de légende

   Heureusement, en 1999, Tim Burton lui demande d’apparaître dans son film « Sleepy Hollow-la légende du cavalier sans tête » qui lui permet d’être redécouvert.Peter Jackson, réalisateur connu jusque là pour ses films gores et « Créatures célestes » lui demande d’incarner le magicien Saroumane dans son adaptation du « Seigneur des Anneaux ».Il s’offre alors un retour en beauté devant le grand écran.Georges Lucas, qui avait lors du premier Star Wars engagé Peter Cushing fait appel à Christopher Lee pour incarner le grand méchant de « Star Wars : épisode 2 : l’attaque des clones » en 2002.Il retrouvera d’ailleurs ce rôles en 2005.Le reste de sa carrière sera celle d’un boulimique, qui se mettra même à la musique (il a sorti 2 albumsde heavy metal !), retrouvera Peter Jackson pour « le hobbit » et Tim Burton dans « Charlie et la chocolatrie », « les noces funèbres » et « Dark Shadows ».


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