A crazy world



477.No Country for Old Men.

   12e film des frères Coen, « No Country for Old Men », est une adaptation d’un roman de Cormac McCarthy (lauréat du prix Pulitzer 2007 pour « La route »).À mi-chemin entre le film policier, le drame et le thriller, ce long-métrage teinté d’humour noir a raflé de nombreuses récompenses (oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur acteurs dans un second rôle pour Javier Bardem) et a acquis le statut de film culte.

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   L’histoire tient en quelques lignes : Le hasard faisant parfois bien les choses, en 1980, Llewelyn Moss (Josh Brolin), soudeur allant chasser, trouve une valise pleine d’argent (2 millions de dollars) près des cadavres de trafiquants de drogues qui se sont entretués.N’hésitant pas une seule seconde, il la prend avec lui et se met à aspirer à une vie meilleure avec sa femme Carla.Mais l’argent attire les gros poissons…et Moss se retrouve poursuivi par la pire crapule   imaginable : Anton Chigurh (Javier Bardem), un psychopathe se baladant  avec son pistolet d’abattage en guise d’arme, engagé pour retrouver la mallette.Grâce à un émetteur placé dans une liasse de billet, il finit toujours pas le retrouver.Dans cette chasse à l’homme où Anton tue  presque  tout ceux croisant sa route, le vieux shérif Ed Tom Bell (Tommy Lee Jones) mène l’enquête mais se retrouve dépassé par les événements bien qu’il tente tout pour sauver Moss.

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   « No Country for Old Men » signifie en français « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme ».Cette phrase provient d’un poème de  William Butler Yeats, irlandais.Ce vieil homme, c’est évidemment le shérif Bell, homme qui ce sent dépassé par le temps, ne comprend pas ce qui se passe  (les meurtres d’Anton sont d’une grande violence) et qui se rend compte qu’il est temps pour lui de se retirer.C’est son point de vue qui domine le film, sa vision des choses, le fait que le changement suit l »histoire mais qu’il soit en retrait par rapport à celle-ci.La réalité lui échappe, toute l’horreur des crimes d’Anton lui apparaît surréaliste…c’est un homme profondément humain, rêvant d’améliorer le monde mais qui en est désabusé à force de constater que cela est impossible.

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   Dans ce film, il y a 3 personnages se partagent la vedette : Moss, le shérif Bell, et Anton le psychopathe.Moss est un homme qui, lorsqu’il trouve la mallette aux 2 millions de dollars va faire preuve d’une grande détermination pour tenter de les préserver.Chose qui sera très compliquée, car l’argent suscite la convoitise, et qu’un dangereux criminel est à ses trousses.Il aime sa femme et l’obligera à quitter le domicile conjugal pour la protéger.C’est un homme qui a des principes…chose qui ne lui réussira pas toujours ! Lorsqu’il trouve la mallette, il reste un trafiquant  toujours en vie.L’abandonnant d’abord, Moss, prit de remords, fini par revenir pendant la nuit pour lui apporter un peu d’eau…mais il n’est pas seul…Le shérif Bell, Texan, va tout tenter pour sauver Moss d’un destin aussi tragique qu’inévitable…il entrera en contact avec sa femme Carla qui sait précisément où son mari se trouve et finira par le lui avouer car elle est inquiète du danger  le poursuivant. Anton est un être froid, insensible et une véritable machine à tuer…il ne faut pas le contrarier d’un iota et ne pas trop discuter avec lui.Il y a deux options avec lui : ou il tue tout de suite la personne, ou il lance une pièce en l’air, la rattrape, demandant à la personne en face de lui « d’annoncer » si elle est tombée du côté pile ou du côté face.Si par chance, la personne a correctement deviner la face sur laquelle la pièce est tombée, elle est en vie.Dans le cas inverse, il la tue.Anton ne ressent pas la peur, il l’incarne.Son arme de prédilection : un pistole d’abattage (ou pistolet à projectile captif), arme envoyant une cartouche à blanc grâce à de l’air comprimé propulsant le piston la contenant hors de la poignée cylindrique.La personne a alors le crâne perforé et se vide de son sang…Anton se s’en sert également pour faire sauter les serrures.

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   Anton « est » le mal.Du moins, il en a tout de l’allégorie.Mais il est le mal pour le mal, le mal qui achève toujours ce qu’il a commencé.Son regard ne connaît pas la compassion (en témoigne la scène où il égorge le policier qui lui avait passé les menottes…).Il n’est pas seulement fou, et ça le shérif l’a bien compris : il le qualifie de fantôme.Il sort de nulle part et on ne sait rien de lui.Il est également quasi-impossible de le tuer…il disparaît et réapparaît aussitôt…le mal est imprévisible et frappe toujours là où on ne l’attendait pas.

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   Autre personnage à signaler : celui de l’acteur Woody Harrelson, Carson Wells, tueur à gage, très à l’aise, engagé pour récupérer la mallette parce que Anton suscite des enqûetes à cause de ses meurtres.Mais n’est pas un loup qui veut…Anton le traque, le tue et le prend à son propre jeu, lui soulignant au passage que l’existence est quelque chose d’absurde…et qu’il devrait accepter sa mort ! Anton est la faucheuse, la mort et le mal incarné.Mais à Carson, qu’il interroge, ce qu’il fait avec toutes ses victimes, Anton lui fait comprendre que suivre des règles mécaniquement n’empêche pas d’échouer.

   À la fin du film, il n’y a pas vraiment de gagnant : -sans trop révéler le dénouement-, il a des morts, un shérif qui a échoué à sa mission et ne s’en sort pas avec l’honneur de ces prédécesseurs, un homme qui s’évapore avec une mallette d’argent.Les 3 personnages principaux ne se retrouvent pas une seule fois dans une scène ensemble.Leur rencontre n’aura jamais lieu.

   C’est également un hommage à l’ouest américain qui est fait dans ce film : de vastes plaines, un soleil crépusculaires, des gens habillés comme des cow-boys,…il y a quelque chose évoquant le western dans cet histoire, raison suffisante pour certains critiques de voir dans les 3 héros : le bon (le shérif), la brute (Anton) et le truand (Moss).Cette interprétation semble assez juste.

   Au final, » No country for old man » est un grand film, faisant froid dans le dos, posant beaucoup de question…un film sur la dualité entre le bien et le mal, où le bien finit par douter et où le mal trace sa route, de façon imperceptible et immuable…du grand cinéma ! (notre note : 10/10).

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(source de l’image : https://www.pinterest.com/pin/557742735074321927/)


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