A crazy world



539.Miss Peregrine et les enfants particuliers : le retour au Tim Burton originaire.

   Adapté de la trilogie de roman pour enfants de l’écrivain Ransom Riggs (lauréat du prix de l’Imaginaire 2015), Miss Peregrine et les enfants particuliers est le nouveau film de Tim Burton, 2 ans après le très sérieux Big Eyes.Retour aux origines pour Burton, qui laisse, comme à ses débuts éclater toutes sa féerie autour d’une flopée de personnages originaux et marginaux.L’homme se permet même un caméo le temps de quelques secondes, dans une scène d’anthologie, parodiant les squelettes se mouvant de Jason et les Argonautes, qu’il appréciait dans sa jeunesse.Retour réussi, en somme.

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   L’histoire peut se résumer comme ceci : À la mort de son grand-père, Abraham Portman (Terence Stamp), retrouvé les yeux arrachés dans son jardin, le jeune Jacob (Asa Butterfield), 16 ans, est perturbé par cet événement.Durant toute son enfance, le vieil homme n’a eu de cesse de lui raconter des histoires de monstres et d’enfants dotés de dons extraordinaires : un garçon invisible, une vie aussi légère qu’une plume, un garçon capable d’insuffler de la vie à ce qu’il souhaite…Avec les années et la moquerie de son entourage, Jacob s’est mis à penser comme son père : que se ne sont que des histoires, sans fondement, et que les enfants avaient de particulier d’être des juifs et que les monstres étaient les nazis. Recevant quelques mois plus tard un cadeau posthume de son grand-père le jour de ses 18 ans, il découvre une carte postale le conduisant à une mystérieuse dame du nom de Miss Peregrine et qui garde une sorte de pensionnat au Pays-de-Galle.Convainquant son père, ornithologue, de s’y rendre, il parvient à trouver le pensionnat…mais il ne reste que des ruines.Un vieillard lui apprend que le bâtiment à été bombardé par les allemands pendant la guerre et que tout ses pensionnaires sont morts lors de cet événement tragique.Mais alors qu’il traîne sur les lieux, Jacob se rend compte qu’il n’est pas seul…une flopée d’enfant l’invite à les rejoindre…en 1949 ! Entrant dans une boucle temporelle, Jacob se retrouve au temps où la bâtisse était encore intacte et habitée par Miss Peregrine, une ombrune, sorte de magicienne protégeant des enfants « particuliers », aux dons extraordinaires, en créant des boucles temporelles afin d’y rester à l’abris.Car une menace rôde dans leur petite tranquillité : des creux, anciens particuliers qui suite à une expérience qui a mal tournée ont été damné et transformé en monstres…leur rêve étant de retrouver forme humaine, ce qui est possible à condition de se nourrir des yeux d’enfants particuliers.Mené par Mr Barron (Samuel L.Jackson), qualifié d’Estre lorsqu’il retrouve sa forme humaine, ils n’ont de cesse que de traquer les ombrunes et leur petite communauté dans chaque boucle temporelle.Ses creux, lorsqu’ils n’ont pas l’apparence humaine, sont invisibles…mais Jacob a un don, faisant de lui un enfant particulier : comme son grand-père, il peut les voir…

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   Fantaisie visuelle, Miss Peregrine et les enfants particuliers oscille entre du fantastique pur et humour (les moments comiques ne manquent pas).Tim Burton a certes pris quelques libertés par rapport à série de romans originaires, mais cela est au bénéfice du plaisir du spectateur ! Ses enfants particuliers sont de véritables personnages burtoniens : seul, incompris et isolé smais avec un grain de folie qui les rend très attachant.Tous ont un passé très sombre et tragique (un peu comme Edwards  dans Edwards aux mains d’argent, vivant reclus et oublié de tous depuis la mort de son créateur, qui l’a laissé inachevé, ou Bruce Wayne, milliardaire dépressif depuis l’assassinat de ses parents et habitant seul dans son gigantesque manoir dans Batman) et pourtant, ils accomplissent des choses exceptionnelles, grâce à leurs dons.Le fait qu’ils revivent la même journée en boucle évoque parfois le film Un jour sans fin, mais surtout le fait de vivre isolé du monde, comme coupé de celui-ci…car il est trop hostile pour des êtres comme eux (on pense toujours aussi à Edwards aux mains d’argent mais également à Alice au pays des merveilles, où Alice se réfugie au pays des merveilles avant de se décider à accepter ou décliner la demande en mariage de son prétendant).Miss Peregrine (joué par Eva Green), bien qu’ayant le titre du film à son nom, n’est pas le personnage le plus développé.Elle est assez lisse et terne comme protagoniste et se montre même un peu psychorigide, sans trop dévoiler ses émotions (peut-être est-ce parce qu’elle est une anglaise ?)..néanmoins, on avait rarement vu quelqu’un tirer aussi bien à l’arbalète.Pour Tim Burton est les sa « Scary Poppins ».Les autres enfants sont également fascinants et offrent quelques moments très drôles (la petite fille qui a une bouche derrière la tête et se nourrit de se côté et qui est gêné devant Jacob, à table, ou encore le garçon qui à un projecteur dans la tête, évoquant par là le cinéma des frères Lumières ou de Méliès.Le grand méchant du film, l’odieux Barron, à l’apparence terrifiante, est également un grand comique, se moquant des enfants et rend le film moins effrayant, ce qui est assez paradoxal mais à l’avantage de Burton.

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   Personnage central du film, Jacob est en quête de sa propre identité…il n’a jamais réussi à s’intégrer dans le monde « réel », un peu comme si il venait d’une autre époque.Et pour cause : lui-même est un enfant particulier ! Sa place devrait être avec les autres enfants.Mais il se fait hésitant : d’abord charmé à cette idée, il repense à sa famille, et déçoit la belle Emma Bloom.Car entre les 2 personnages se tissent une romance…mais un fossé les sépare : leur monde et leur entourage (un peu comme dans Edwards aux mains d’argent).Emma avait connu le grand père de Jacob, Abraham, et des sentiments étaient nés entre eux…mais l’homme avait préféré vivre sa vie, brisant le coeur au passage à la jeune fille.Pourtant, ici, Jacob va faire le choix du coeur et non de la raison !

   Et puis, voir un film de Tim Burton c’est forcément mettre de côté les nombreuses incohérences de scénarios et forcément cesser d’être rationnel pendant toute la vision du long-métrage.C’est entrer dans un monde enchanteur et envoûtant, en compagnie de « ses petits monstres ».Bref, c’est quelque part garder une âme d’enfant qui permet de s’émerveiller et de croire que l’impossible est possible.

notre note : 9/10.

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