A crazy world



567.Get Out.

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Film d’horreur déguisé…

Pour son premier film, Jordan Peele fait très fort : il parle de racisme et de ségrégation dans un film d’horreur, particulièrement dérangeant et glaçant.Tourné avec un peu moins de 5 millions de dollars, le film en a rapporté près de 250 millions ! L’histoire est très simple : Chris (Daniel Kaluuya, qui joue très bien) et Rose forment un couple depuis plusieurs mois, lorsque cette dernière souhaite le présenter à ces parents, et de passer un week-end chez eux.Mais Chris se montre hésitant : il est afro-américain et craint un peu la réaction des parents de Rose, d’autant que cette dernière n’est jamais sortie avec de noir avant.Celle-ci le rassure : ces parents ne sont pas racistes et adulent Barack Obama, qu’ils considèrent comme étant le meilleur président que les U.S.A. aient connu.En effet, lors de leur arrivée, le couple est bien accueilli, et les parents de Rose, Missy (qui est psychiatre) et Dean (qui est docteur) se montrent très gentils envers Chris.Mais bientôt, des choses étranges se produisent, venant troubler le calme de ce week-end…

Ne vous méprenez pas : si au début, les choses se révèlent être de bonne augure et que tout à l’air merveilleux, cela n’est qu’une passade ! Le cauchemar n’est pas loin, l’horreur à l’état pur.La musique, dès la scène d’ouverture (qui prend des airs de celle du célèbre Psychose d’Alfred Hitchcock) en constitue d’ailleurs un indice majeur : glaçante, cinglante et dérangeante…dans cet univers de faux-semblant se cache en fait un terrible secret, une ignominie sans nom…

Inégalités.

Original, le film l’est.Mais il est surtout bien construit et réfléchi : Get Out, signifie « Tire toi ».C’est en effet une phrase qui s’applique bien aux péripéties de Chris.En effet, le film traite des rapports entre les êtres humains, et de racisme : de la valeur des êtres humains. Peut-on justifier que certains soient traité différemment ? Comment peut-on légitimer les différences de traitement subies ? Pourquoi tant de haine envers les personnes de couleurs différentes ? Sans trop dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue, il y a une scène où Chris est convié à une fête organisé par les parents de Rose, et où il ne se sent pas très à l’aise du fait qu’il est le seul « noir », entouré par tant de « blancs », qui lui parlent de leurs rapports, très positifs, avec d’autres « noirs », vantant les qualités des personnes de couleurs et en parlant comme si c’était à la mode.À ce moment, Chris constate la présence d’un autre afro-américain parmi les convives et décide de l’aborder : mais ce dernier se révèle être très étrange, dans le même « ordre d’esprit » que tout les autres, proche d’eux (sortant avec une dame américaine beaucoup plus âgée que lui) et pourtant ne ressentant aucune identité façonnée par sa culture…la condition d’afro-américain ne semble pas le concerner, pire, il ne parvient pas à en parler lorsque Chris l’interroge à ce sujet…comme si il adoptait un dialogue de blanc, désavouant tout les problèmes posés par la ségrégation.La couleur de peau de Chris ne semble être un problème pour aucun des membres de la communauté, mais pourtant tout le monde s’y intéresse, et il y a quelque chose de malsain dans leur comportement, de réellement dérangeant…on ne parle que de lui, on le palpe, on vante ses qualités…les domestiques noirs eux-mêmes en constituent probablement les exemples les plus marquants…mais au final, y a-t-il un réel problème dans cette famille, ou est-ce seulement Chris qui est paranoïaque ? D’autant qu’on a l’impression que ce dernier est sans arrêt surveillé…Le réalisateur nous permet d’envisager plusieurs pistes, avant de nous dévoiler l’épouvantable vérité. allant crescendo dans la montée de la tension, nous effrayant d’abord de façon distillée.Le racisme américain, envers la communauté afro-américaine existe toujours, même si certains semblent « dire » le contraire, sans le penser.Un monde de faux-semblants, parfait en apparence mais qui cache de noirs desseins.C’est donc un très grand film (d’angoisse) que nous sert Peele, et probablement l’un des meilleurs de 2017.

Notre avis : 9,5/10.


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