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586.Vianney & Joyce Jonathan-les filles d’aujourd’hui.

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585.Spiderman 3 : décadence et grandeur d’un héros.

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     Sorti il y a tout juste 10 ans, ce 3e volet des aventures de l’homme-araignée, dernier réalisé par Sam Raimi, constitue également la dernière fois que Tobey Maguire incarnait Peter Parker (avant les innombrables reboots, de Sony et Marvel, quelques années plus tard…).Pour conclure cette trilogie, le réalisateur a vu grand, très grand, en décidant d’opposer Spider-man à 3 méchants : l’homme-sable, Venom, et le bouffon vert (à présent sous les traits de son ami Harry Osborn).

     L’intrigue reprend peu de temps après la fin du second épisode : Mary-Jane sait désormais que Peter est Spider-man, mais qu’importe, elle a décidé de passer sa vie avec lui. Harry, de son côté, à également appris la nouvelle, mais il n’a plus qu’une seule idée en tête : le tuer, car il le croit responsable de la mort de son père, Norman Osborn (qui en fait, s’est tué lui-même accidentellement…).Vêtu de l’une des armures de son père, et chevauchant un planeur, il survole la ville, bien décidé à attraper Peter. Leur confrontation ne se passe cependant pas comme prévu pour Harry, qui fait une chute lui causant une amnésie partielle…il se souvient juste que son père est mort…tout les événements ayant suivi lui sont désormais inconnu…Mary-Jane, désormais actrice, fait l’objet de mauvaises critiques de la part de la presse, et à cause de cette dernière, perd son rôle.Peter ne perçoit pas que cette dernière est triste, et ramène toujours tout à lui…ce qui exaspère sa belle. Après avoir sauvé Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard), la fille du capitaine de police, Spider-man est invité à recevoir les clés de la ville.Le moment venu, il fait une entrée fracassante, acclamé par la foule, et embrasse Gwen, ce qui choque Mary-Jane, d’autant que cette fille connait bien Peter avec qui elle est en cours…et que cette dernière l’apprécie beaucoup. La relation entre Mary-Jane et Peter bat donc de l’aile…côté travail, Parker doit faire face à un concurrent, qui prend aussi des photos de Spider-man et qui rêve de lui voler sa place : Eddie Brock (Topher Grace)…d’autant qu’un nouvel ennemi a fait son apparition : l’homme-sable, un ancien détenu prénommé Flint Marko (Thomas Haden Church) qui serait en fait le véritable assassin de Ben Parker, l’oncle de Peter…mais qui suite à une évasion est tombé dans un accélérateur de particule ayant provoqué un changement dans la structure de son ADN, le rendant à présent à 100 % fait de sable, ce qui le rend indestructible et modelable à l’infini.La vengeance ronge Spider-man, décidé, coûte que coûte à lui faire la peau, bien que ce dernier ne souhaite que trouver de l’argent pour soigner sa fille, malade. Comme si cela ne suffisait pas, une substance extraterrestre contenue dans une météorite s’écrase sur la terre et cherche un hôte avec qui se fondre…hôte qui sera Parker.Ce symbiote, donnant une couleur noire à son costume de Spider-man, le rendra plus agressif, dévoilant une face sombre de sa personnalité qu’il ne connaissait pas…

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     Ce dernier volet de la trilogie de Raimi est celui de tout les superlatifs : plus gros budgets (plus de 250 millions), meilleurs effets spéciaux, plus long que les précédents, plus de méchants…le réalisateur a vu les choses en grand (pour ne pas dire en XXL).Les intrigues semblent se démultiplier et les choses deviennent plus complexe : pourtant, le spectacle est toujours au rendez-vous.L’homme sable, près de 10 ans après, est toujours très réussi, surtout lorsqu’il se décompose, partant avec le vent, pour mieux se reformer un peu après…tel une oeuvre d’art qui serait modelée par un sculpteur. Son personnage est le seul des « méchants » qui n’a pas choisi sa condition : c’est en raison d’un accident qu’il est devenu ce qu’il est (à la différence de Norman Osborn, Otto Octavius, Harry Osborn ou Eddie Brock…qui ont « forcé le destin »).D’ailleurs, il ne veut pas faire de mal au gens, sa motivation est plus noble : sauver sa fille qui est atteinte d’une maladie grave…mais pour Spider-man, il est l’assassin de son oncle…et à ce titre, il doit payer.

     La vengeance semble donc est l’un des thèmes prédominant de cet opus : comme le dit la tante May, celle-ci est comme un poison…et cela peut détruire une personne.Peter Parker veut tuer l’homme-sable uniquement car il est responsable de la mort de Ben, Harry veut tuer Spider-man car il croit que ce dernier a tué son père, et Eddie souhaite prendre sa revanche sur Parker pour l’humiliation qu’il lui a faite subir, et pour l’avoir vu traîner avec celle qu’il aime, la jolie Gwen Stacy. La mort de celui qu’on déteste n’est pourtant pas la solution…et le chemin de la rédemption est parfois long avant d’en prendre conscience.D’ailleurs, seulement Harry et Peter y parviendront : le premier, en se sacrifiant pour celui qu’il considère comme son frère, et le second en pardonnant à Flint Marko.

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     Le symbiote, substance noire tombée du ciel, sera l’alter-ego de Parker, sa face sombre.Elle donnera au costume de Spider-man sa couleur noire, exacerbant les forces de son hôte, le rendant plus sur de lui, et plus agressif. Ce parasite, lors de la crise du couple Peter/Mary-Jane, provoquera en lui une crise de jalousie qu’il exacerbera en public, souhaitant rendre jalouse sa belle (dans une scène de danse plutôt amusante), et le fera dénoncer la supercherie des photos truquées d’Eddie Brock, faisant perdre son travail à ce dernier. Ce débarrasser du symbiote ne sera pas chose facile : d’une part, car au début, Parker n’en a pas envie.L’extra-terrestre lui fait ressentir des émotions qu’il adore, et le rend plus « méchant »…de plus, quand il est Spider-man, ses forces sont décuplées et il affronte plus facilement les criminels, tandis que lorsqu’il est Peter, le symbiote le rend plus orgueilleux et plus fier.D’autre part, car cela sera difficile, le symbiote s’accrochant à son être et prenant peu à peu sa place (la scène dans l’église, où il tente de d’arracher la bête, lui collant à la peau, littéralement, est assez explicite)….d’ailleurs si le symbiote s’en va, c’est uniquement car il a trouvé un nouvel hôte, en la personne d’Eddie Brock…mais là où Parker ne commettait que de petites irrévérences à sa personne (car au fond, c’est une bonne personne et qu’il parvient à voir qu’il a dépassé les bornes, en frappant accidentellement Mary-Jane), Eddie sera réellement mauvais, devenant le terrible Venom, monstre aux dents carnassières, et à la langue de serpent.

     À noter que Stan Lee, fait, comme à son habitude un petit caméo, ainsi que Bruce Campbell (la star d’Evil Dead, acteur fétiche de Raimi).La fille du réalisateur joue la petite fille à qui l’odieux J.Jonah Jameson est contraint d’acheter l’appareil photo lors de l’affrontement final de Spider-man contre l’homme-sable et Venom.

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    Sam Raimi a donné plus qu’un visage à l’homme araignée, il lui a donné une âme, une profondeur : Peter Parker est plus que les simples super-héros sans aucune émotions…il éprouve des sentiments, des doutes, des désirs. Dans ce film, il a intégré Spider-man dans sa vie, et en tire même un certains plaisir, se sentant adulé par la population lorsqu’il reçoit les clés de la ville. Mais ici, il doit aussi mettre son ego de côté, et penser un peu à ceux qu’il aime (la belle Mary-Jane, avec qui il ne parvient plus à communiquer) ou à ceux à qui il a fait du tord (son ami Harry, avec qui il a une relation fraternelle).Le film aborde la question du choix, car ce sont ces derniers qui nous déterminent…il faut savoir qu’on a, en principe, toujours le choix, même si on essaye d’échapper au conséquences de ses actes.

     Le film est, malgré les critiques par toujours tendre dont il a fait les frais, une réussite sur le plan visuel et scénaristique (même si l’intrigue est parfois prévisible et toujours moralisatrice), concluant, avec brio une trilogie qui fera date dans l’histoire d’adaptation de comics…(notre note : 8/10).

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584.Bandits : itinéraire des gentlemen braqueurs.

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     Joe (Bruce Willis) et Terry (Billy Bob Thorton) viennent de s’évader de prison et décident, en bons bandits qu’ils sont, de braquer des banques suivant un mode opératoire unique en son genre : ils passent la nuit dans la maison du banquier, dînant avec lui, tout en le menaçant lui et sa famille , et le matin même, braquent la banque, avant son ouverture, en compagnie de ce dernier. Ces opérations constituent de véritables succès, et ils deviennent des bandits avec une certaine notoriété, la presse les appelant les gentlemen braqueurs, car ils ne torturent ni ne tuent personne. Pourtant, un jour, leur route est amenée à croiser celle de Kate (Cate Blanchett), femme désabusée et qui rêve d’une nouvelle vie…elle va intégrer leur équipe, mais également faire chavirer leurs cœurs…et causer leur perte ?

     Joe et Terry sont 2 bandits aux caractères opposés : le premier est impulsif et calculateur, alors que le second est réfléchi et en proie à d’innombrables phobies (notamment celle du mobilier antique) avec lesquelles Joe joue pour l’empêcher d’agir…Comment 2 paumés deviennent les coqueluches de la presse, les élevant au rang de stars pour leur frasques, cela est traité dans le film…au point même que certains banquiers sont heureux de les voir débarquer chez eux, afin de se faire braquer (ce qui est assez humoristique).

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     L’arrivée de Kate dans leur vie coïncide avec le moment pour elle où sa vie tourne au point mort, délaissée par son mari à qui elle a tout consacrée. Elle va ainsi prendre un nouveau départ, découvrant l’excitation ressentie au moment de commettre des actes réputés illégaux par la loi…dépasser ses propres limites, et devenir quelqu’un d’autre, voilà ce dont la jeune femme aura besoin. Mais son cœur va chavirer, d’abord pour Joe, pour qui elle sera sa muse, au point que ce dernier, pourtant volage, deviendra fidèle. Ensuite, pour Terry, qui se montrera sensible, et qui tombera fou amoureux d’elle…mais 2 bons amis peuvent-ils se partager la même femme ? Cela est difficile, mais ils essayeront de composer, pour un temps, un joyeux ménage à trois.

     La musique est importante dans le film, et plus particulièrement celle de Bonnie Tyler, chanteuse rock des années 80, dont Kate est une très grande fan : La chanson Total eclypse of the heart est chantée, par Joe et Kate, symbole de la renaissance de cette dernière après le grand plongeon de son existence dans le vide, et le chagrin ressenti face aux désillusions et à la solitude.C’est un hymne à l’union d’un couple, et à l’amour fusionnel. Ce titre illustre bien le triangle amoureux, qui comme la chanson le rappelle, est celui d’ »une femme amoureuse, peut-être un peu trop rêveuse »…car l’idylle de Kate, Joe et Terry sera une épreuve trop difficile pour eux, les poussant à la jalousie et à l’affrontement…L’autre titre, toujours de Bonnie Tyler, est Holding Out for a Hero, entendue par Kate, qui se prend pour une chanteuse, en faisant la cuisine, dans une danse désopilante (la scène est assez drôle), jouant avec ses casseroles et ses légumes, mais qui est l’autre signe qu’elle est en attente de quelque chose de nouveau, que sa vie actuelle ne lui convient plus, et sentant que le moment de rencontrer son rédempteur est proche….

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     Barry Levinson, réalisateur de Rain ManGood Morning Vietnam ou du récent Rock the Kasbah, concoctait ici, en 2001, un film de braqueur au allures de comédie et de passion sentimentale avec une séduisante Kate Blanchett.Un road-movie, entraînant ses protagonistes d’un endroit à l’autre, de l’Oregon à Los Angeles, très drôle et inventif. (note : 8,4/10).

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583.Moanin’-Lambert, Hendricks & Ross.

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582.Westworld : entre robots et far-west.

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 La chaîne HBO a programmé de nombreuses séries (à succès) ces dernières années : parmi elles, on retrouve bien sur Game of ThronesTrue Detective, Six feet under, Oz, ou encore Les contes de la crypte.Mais en 2016, sous l’impulsion de Jonathan Nolan (et de sa femme Lisa), voyait le jour Westworld. Série de science-fiction avant-gardiste, critique de la société de consommation et mise en garde contre la technologie…celle-ci s’inspirait d’un film de 1973, et intitulé Mondwest (réalisé par l’écrivain américain Michael Crichton, mondialement connu pour avoir imaginé Jurassic Park et mettant en scène l’acteur Yul Brunner).

     L’idée de base est toujours  la même que celle du film éponyme : le parc d’attractions Westworld est d’un genre un peu particulier, puisqu’il recrée le far-west américain, avec ses vastes plaines, ses canyons, ses villes peuplées de cowboys et aux multiples saloons. Les êtres humains visiteurs sont amenés à rentrer dans cet univers où les hôtes sont des robots (ayant l’apparence humaine) mais programmés pour des comportements prédéfinis, destinés à répondre aux multiples scénarios en vue de faire vivre une grande aventure aux touristes. Certains d’entre-eux voudront prendre du beau temps avec les prostituées du coin, affronter des bandits et les tuer lors d’un duel, se faire attaquer par des indiens, ou encore partir à la recherche d’un fabuleux trésor…toutes ces histoires sortent de l’imagination de Robert Ford (Anthony Hopkins), le créateur du parc.

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     Pourtant, que se passe-t-il lorsque un robot prend conscience de sa situation ? Que tout n’est qu’un rêve et que, après avoir été tué par un humain, on se rappelle avoir été réparé, et replacé dans la situation originaire, condamné, pour l’éternité à revivre la même histoire en boucle ? Ou lorsque qu’un être humain tombe amoureux de l’un des hôtes, en oubliant même que ce dernier est un robot ? Des choses impensables se produisent, entre le dysfonctionnement des robots, l’aspiration du conseil d’administration de se débarrasser de Ford, et des souvenirs autres que ceux qui leur ont été implantés, émergeant dans la tête des robots…une mise à jour de leur programme provoquera de nombreux bugs…Pour terminer, qu’arrive-t-il lorsque l’hôte le plus ancien du parc, un androïde prénommé Dolores (Evan Rachel Wood) se met à la recherche d’une ville dont elle pense avoir le souvenir et découvre la vérité, impensable, sur son passé ? Et qui est ce mystérieux homme en noir (Ed Harris), venant depuis 30 ans dans le parc, maltraitant les robots et les exterminant pour son bon plaisir, convaincu de l’existence d’un jeu spécial dans Westworld appelé le labyrinthe, dont les androïdes semblent être la clé, la carte leur étant tatoué dans leur tête ?

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     Série dantesque dans ces intrigues, Westworld possède une pluie de personnages principaux (un peu comme Game of Thrones) : Dolores Abernathy, premier robot du parc, ayant oublié toute son histoire (à force de mise à jour par les programmeurs) et ayant enfouie sa véritable nature…William (Jimmi Simpson), humain en visite avec son futur beau-frère Logan (Ben Barnes) tombera fou amoureux de cette dernière, voulant la protéger à tout prix…il sera scandalisé par l’attitude de Logan, tuant et baisant à tout vent, n’ayant pas peur de considérer les hôtes comme des robots et de le dire devant eux (sans que ces derniers comprennent)…Maeve Milley, robot dirigeant un saloon, se rappelant de souvenirs de ses vies passées et qui se réveillera un jour sur la table de réparation, rendant les 2 techniciens chargés de son fonctionnement complètement coi….Teddy (James Marsden), robot dont la vie semble vouée à protéger Dolores et à mourir inlassablement…

     Anthony Hopkins, trouve une nouvelle fois, un rôle à sa mesure : habillé comme au temps du Far West, tel un riche propriétaire terrien, l’homme a l’air dans l’ombre concernant la gestion du parc, entre son bras droit, Bernard Theresa Cullen s’occupant de la sécurité, et la nomination d’une directrice exécutive, dénommée Charlotte, et destinée à l’évincer…pourtant, c’est bien lui qui tire les ficelles. Se prenant pour Dieu, l’homme est un véritable monstre, pleins de cruauté, et responsable de bien des tourments…il est le créateur des souvenirs qu’on implémente dans la tête des robots, des histoires tortueuses et pleines de souffrances qu’aucun d’entre eux ne pourront jamais s’en débarrasser.

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     En réalité, le parc a pour vocation de révéler la véritable nature des êtres humains…celle qui est enfouie en eux, au plus profond de leu être. Leur identité profonde, qu’ils ne révéleraient pas au grand jour, dans la vie réelle, car ces derniers n’en ont parfois pas conscience…donner autant de liberté à une personne, lui donner l’opportunité d’être le chef et de tirer les ficelles, sans limites ni frontières, de devenir celui qu’ils veulent être…parfois, cela monte à la tête.Et un agneau peut rapidement devenir un loup.Tout les fantasmes de l’humain peuvent trouver écho, exerçant toute leurs envies sur des androïdes (beaucoup d’êtres humains ont des relations sexuelles avec des robots, et parfois cela est très violent).Cela pose des questions sur notre société : peut-elle vraiment fonctionner sans limites ? La réponse semble être non, car une société sans limites débouche inévitablement sur l’anarchie…les désirs de chacun étant trop divergents, voir antinomiques. Parfois, même, nos émotions et sentiments sont changeants, et on se fie à ses instincts, sans rationalisme…

     En même temps, la série fait écho à la société de consommation dans la mesure où les robots rappellent les êtres humains, comme influencé par la société, à vouloir consommer ce qui est prescrit, à avoir ce que les autres ont…sans réellement se démarquer. Nous sommes des moutons de Panurge, soumis au diktat des géants des multinationales…en cela, l’homme semble comme les robots dans Westworld : ils ne sont pas libres (ce qui est assez paradoxal, car si l’on y pense, les humains dans Westworld, sont libres ! ) 

     Visuellement, la série est grandiose : les paysages du parc sont vertigineux, et le soleil crépusculaire n’est jamais très loin. Les effets visuels sont très réussi (la conception des robots est d’ailleurs montrée dans sont intégralité). La musique, signée Ramin Djawadi est jouée de façon mécanique comme c’était le cas dans les saloons (sur des instruments fonctionnant avec des cartes perforées) et reprend, assez régulièrement, des airs connus (pour renforcer l’anachronisme ambiant de la série, mélangeant 2 époques différentes et incluant des robots au temps des cow-boys) (comme Paint in Black ou House of the Rising Sun).

     Le but ultime de la série est de révéler la nature de l’être humain, et particulièrement dans ce qu’elle a de plus sordide (bien qu’on doive reconnaître que cela est aussi montré dans ce qu’elle a de meilleur, a travers ce pouvoir créateur d’un univers riche à partir de rien).L’humanité se sent comme dans un rêve, pensant pouvoir faire se qu’elle veut, sans réfléchir à la portée de ses actes…le mot compassion perd de son sens dans cet univers, ainsi que tout systèmes de valeurs…Grandiose plongée vertigineuse sur ce que c’est que d’être un être humain.

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581.Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar.

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     Il aura fallu 6 ans aux studios Disney pour concocter un nouvel épisode des aventures de Jack Sparrow, après La fontaine de Jouvence, sorti en 2011, et qui, bien qu’étant un grand succès au box-office, avait été accueilli avec des critiques plutôt mitigées.

     Les erreurs de l’opus précédents ont tout de même été rectifiés, dans ce film, revenant aux fondements de la saga : des pirates, des morts et des légendes issue des océans. Le duo de réalisateur Joachim Ronning et Espen Sandberg ont pris du plaisir à mettre en scène ce 5e opus des Pirates des Caraïbes, et cela se voit : le rire est souvent au rendez-vous, ainsi que le côté décalé cher à Verbinski (qui avait officié sur les 3 premiers épisodes).

    L’histoire reprend 5 ans après La fontaine de Jouvence, mais près de 20 ans après Jusqu’au bout du monde, avec le jeune Henry Turner (Brenton Thwaites), fils de Will Turner, travaillant sur un navire de la Royal Navy.Il souhaite, plus que tout au monde, libérer son père de sa malédiction, et le seul moyen existant résiderait dans le trident de Poséidon, permettant le contrôle des mers et de mettre fin aux malédictions planant sur les océans. Pour cela, il doit retrouver le pirate Jack Sparrow, qui devrait pouvoir l’aider à le trouver.Malheureusement, le navire se dirige vers le triangle du diable, un lieu maudit et où règne la mort…Henry, qui a bien étudié les légendes maritimes, tente, par la force de persuader le capitaine de ne pas s’y diriger, car cela les mèneraient à leur perte, mais il est accusé de trahison et fait prisonnier. Effectivement, le navire, dans ces eaux noires au brouillard épais, se fait attaquer par ce qui ressemble à une épave, mais qui est en fait le vaisseau du capitaine Salazar (Javier Bardem) et de son équipage…fantômes pourtant tangibles, ils sont indestructibles et il est impossible de les tuer…tout l’équipage est ainsi décimée, et entendant du bruit, le terrible capitaine mort-vivant descend dans les cellules, tombant sur Henry…il ne l’épargne que lorsqu’il voit que ce dernier détient un avis de recherche de Jack Sparrow. Ce dernier est en fait responsable du terrible sort de Salazar, et de son équipage, et du fait qu’ils ne peuvent pas quitter le triangle du diable…la clé de leur sortie est liée au compas de Sparrow…il faut que ce dernier s’en débarrasse.Henry est ainsi libéré et Salazar lui demande de dire à Sparrow qu’il se vengera…Henry est sauvé par un navire, mais on l’emprisonne après avoir vu que ses manches avaient été déchirées…accusé de trahison, il est condamné à mort…Il croise, sur le lit où il est ligoté, Carina Smith (Kaya Scodelario), jeune fille accusée de sorcellerie, en cavale, et munie d’un mystérieux livre, qu’elle tient de son père, et qui pourrait l’aider à trouver le trident de Poséidon. La dame, qui a entendu parler d’Henry, souhaite le libérer, y parvient mais est capturée à son tour…et condamnée à la potence ! De son côté, Sparrow n’est plus vraiment le grand pirate qu’il a été…il passe ses journées à boire et à prendre l’argent de son équipage.Il n’a d’ailleurs plus de bateau, le Black Pearl étant toujours dans sa bouteille…mais cette fois-ci, la coupe est pleine : après la tentative ratée du cambriolage du coffre d’une banque, par la faute de Sparrow, ses hommes le laisse tomber…sans un sous, il finit par échanger son précieux compas contre une bouteille de rhum, libérant ainsi le capitaine Salazar du triangle du diable.Arrêté, Jack est aussi condamné à mort…lui et Carina vont ainsi avoir la chance d’être exécuté le même jour…du moins, le pensent-ils…car Henry a payé les hommes de Sparrow pour leur sauver la vie…une fois fait, Henry annonce à Sparrow que le capitaine Salazar veut se venger de lui, et qu’il y parviendra, sauf si ils trouvent le trident de Poséidon, dont le chemin à suivre se retrouve dans le carnet de Carina. Jack accepte, et ils se mettent en route…Pendant ce temps, Salazar sème la terreur sur les océans, détruisant tout les navires sur son passage…il s’attaque même à la flotte de Barbossa, désormais à la tête du Queen Anne’s Revenge, depuis la mort de Barbe-noire. Ce dernier, parvient à son sauver une partie de ses hommes, moyennant la promesse d’aider l’effroyable capitaine à retrouver Sparrow…

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     Visuellement époustouflant, cette Vengeance de Salazar contient un nombre de scènes d’actions vraiment spectaculaire : la scène du pillage de la banque, où les pirates, voulant voler le coffre, traîne avec eux le bâtiment même, sur plusieurs centaines de mètres, est vraiment très réussie. Les pirates fantômes de Salazar, sont dignes de ceux des précédents opus (les morts-vivants du 1e, les hommes-poissons des 2e et 3e, et les zombies du 4e), et la créativité dont ont fait preuve les concepteurs pour leur apparence est très grande (certains d’entre-eux ont des parties du corps manquantes, mais le tout flotte dans l’air).Les requins fantômes de Salazar renvoient ceux de Spielberg et de ses Dents de la mer (pourtant très réussis) à de simples jouets. Clin d’oeil spécial au film, les dix commandements, lorsque l’océan se sépare en 2, permettant aux personnages de fouler le sol abyssal…

    Offrant un caméo spécial à Paul McCarthney, dans le rôle de l’oncle de Jack, le film permet à Javier Bardem de camper un rôle de méchant à sa mesure : le capitaine Salzar, surnommé El matador del mar (le boucher des mers), espagnol officiant, à l’origine, pour la Royal Navy, et qui souhaitait couler tout les navires de Pirates…sans pitié, il ne faisait aucun survivant…sa rencontre, unique de son vivant, avec Sparrow, le mena à sa perte…Il est à l’origine, d’ailleurs, du surnom Sparrow, de Jack…scène assez comique.Son bateau, à l’allure d’épave, cache en effet un terrible léviathan, se redressant et écartant sa coque, et tel un mille-pattes géant,  capable de détruire les navires de ses opposants…

    Toutefois, la traduction française du titre du film enlève toute la subtilité de son appellation originaire : Dead man tell no tales, signifiant Les morts ne racontent pas d’histoires, et faisant écho à une phrase longuement prononcée dans le 1e film de la sage (notamment par le perroquet de Cotton).Ce dernier aurait été un bien meilleur choix…ensuite, le film promettait le retour d’Orlando Bloom et de Keira Knightley…malheureusement, le premier n’a droit qu’à une seule « vraie scène » et la dernière ne fait qu’un simple caméo…

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     À l’heure actuelle, difficile de savoir si il y aura un 6e opus (d’autant que la scène post-générique annonce des événements vraiment intriguant pour uné éventuelle suite)….le succès est toujours au rendez-vous ( même si moins élevé par rapport aux précédents épisodes), l’humour et les pitreries de Jack également. Carina Smith est un personnage intéressant, et sa relation avec le jeune Henry l’est également (ce dernier a beaucoup de ressemblance avec son père, et est à ce titre, assez instinctif). Mais si c’était le dernier film de la franchise, le navire tiendrait encore la barre ! (notre note : 8/10).

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580.Lord Huron-The Night we met.

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579.13 reasons why : analyse de la nouvelle série phénomène de Netflix.

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   Sorti le 31 mars 2017 en intégralité, les 13 épisodes composant la série 13 reasons why font de celle-ci une oeuvre intelligente et qui interroge tout à chacun.Mais de quoi parle cette nouvelle production Netflix  adaptée du roman 13 raisons de Jay Asher? De Hannah Baker, 17 ans, qui s’est suicidée, mais qui avant de commettre l’irréparable, à enregistré 7 cassettes audio ou elle explique, sur 13 faces, les 13 raisons qui l’ont amenée à vouloir en finir avec la vie…ces 13 raisons correspondent à  quelque chose qu’ont fait des personnes qui ont croisé la route d’Hannah, et chacune d’elle est évoquée sur une face.Pour mieux enfoncer le couteau dans la plaie, elle a chargé une personne de confiance de passer les cassettes à la première personne concernée par le contenu, et de s’assurer qu’une fois qu’il aurait tout écouté, il passerait les autres cassettes aux autres maillons de son effroyable liste.

     Lorsque la série commence, les cassettes arrivent chez Clay Jensen (Dylan Minette), 17 ans également, qui a bien connu Hannah, qui fréquentait le même lycée que lui et avec qui il travaillait, en temps qu’étudiant, au cinéma du coin.Le jeune homme a été attristé plus que tout autre par la mort de la jeune femme, qu’il a toujours aimé, secrètement…sans jamais pouvoir lui avouer ses sentiments.Ce qu’il va entendre sur les cassettes va le chambouler et provoquer en lui à la fois colère, vengeance et tristesse…surtout qu’une face des cassettes le concerne…

Pourquoi est-ce d’actualité ?

Le suicide chez les jeunes (et dans la société, de façon générale) est une chose qui se produit de façon quotidienne (entre 1 et 2 suicides par jour en Wallonie ), sans que l’entourage du disparu comprennent les raisons qui l’ont poussé à passer à l’acte, ou plus simplement, que ce dernier avait de tels problèmes dans sa vie que tout lui était à ce point devenu insupportable pour envisager de s’ôter la vie.C’est exactement ce qui est montré dans 13 reasons why, puisque personne ne comprend, au début, pourquoi Hannah à fait cela…les premiers, à ce titre, sont bien évidemment ses parents : Olivia (joué par Kate Walsh) et Andy Baker. Ils cherchent des réponses à ce geste…pour eux, tout allait bien, et leur fille semblait heureuse…mais c’est là qu’ils se trompaient.

Pourtant, à plusieurs reprises, Hannah à chercher à redonner une chance à la vie…ce qui, hélas, ne marcha pas…elle essaya de se faire aider, en parlant de ses problèmes à une personne qualifiée, mais cette dernière ne parvint pas à l’aider.Le fait est que ce qui l’a amené à la mort est une succession d’événements, tous plus terribles les uns que les autres, provoqués par des personnes de son collège…il faut des années pour se faire une bonne réputation, et puis, en quelques secondes, celle-ci peut être détruite…et tout s’écroule.

Le harcèlement scolaire, la destruction de soi, la solitude, la trahison, la méchanceté gratuite, le viol, ou encore l’impact des technologie de l’informations (avec notamment le cyberharcèlement) sont des thèmes abordés dans cette série.L’information circule tellement vite, à l’heure actuelle, que tout le monde est au courant de tout, et qu’une photo peu avantageuse de soi peut être publiée en ligne, à notre insu, sur Internet, ou partagée entre téléphone, par un simple échanges de messages, ou un simple clic…

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Est-ce que la mort d’Hannah aurait pu être évitée ?

C’est l’une des grandes question à laquelle la série tente de répondre…en réalité, il faudra que chacun se fasse son opinion personnelle sur le sujet, mais pour notre part, nous aimerions dire que oui. Le manque d’attention et l’impression d’être seule au monde ont pesé énormément dans le choix d’Hannah. L’indifférence est le pire des sentiments possible…il est l’antithèse de l’amour, son éternel rival. Si les gens prêtait un peu d’attention à leur voisin, plutôt que d’être préoccupé par leur petite personne, et par ce que l’on pense d’eux, peut-être qu’ils « verraient » ce qui est réellement important. Hannah a subi le regard des autres, leurs pensées, leur moqueries…et en a été persécutée.

Certaines des personnes qui ont écouté les cassettes d’Hannah pensent que le suicide est un geste personnel, et que quoi qu’il en soit, c’est un choix de la personne…comme si le geste, destiné à arriver, devait se produire quoi qu’il en est.La série interroge, le spectateur en venant à se demander, si Hannah, par moment, n’exagère pas dans ce qu’elle dit, n’a pas tendance à dramatiser les actions de ces camarades…celles-ci n’ayant pourtant pas le même degré de gravité…mais il faut comprendre que tout ceci est le cheminement d’une évolution, d’un cercle vicieux où tout conduit irrémédiablement à de la tristesse et à énormément de mélancolie pour elle. La fille a été détruite à petit feu, par couches successives, attaquant son être…tout le monde l’abandonnant peu à peu, et la laissant à son triste sort. Mais, on ne peut s’empêcher de se dire que chacune des 13 personnes évoquées, ont contribué à ce qui est arrivé à la jeune adolescente. Le problème, est, que ces derniers ne s’en sont pas rendu compte…ce qui à l’air paradoxal, mais qui ne l’est pas tant que ça, lorsque l’on pense à la manière dont les gens se comporte…ils ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes, ni à l’impact de ceux-ci, pourtant parfois destructeur. 

Pourquoi Hannah a-t-elle enregistrée les cassettes ? 

Autre grande question ! Celle-ci ne trouve pas réellement de réponses, les principaux concernés se demandant d’ailleurs se qu’ils doivent en faire, entendant leur part de responsabilité, ainsi que celle des autres…la personne de confiance, qui a remis les cassettes aux autres, en a fait des copies, ne sait pas ce qu’il doit faire une fois que la 13e personne aura écoutée les cassettes : garder tout cela pour lui, ou informer les autorités policière pour que justice soit faite, voir dire la vérité aux parents d’Hannah, qui sont en quête de réponses..

Si l’on y réfléchit, Hannah permet de répondre à la grande questions que l’entourage d’une personne suicidée se pose : pourquoi a-t-elle fait cela ? Elle leur offre ici toutes les réponses à leurs questions, et on pourrait penser que cela aide à faire son deuil, mais ça n’est pas entièrement vrai…la résurgence de la douleur est très forte, et le remord très grand…comme si on était tous fautifs du drame qui s’est joué, d’avoir été aveugle qu’une tragédie allait se tramer.

Quel est l’impact sur les destinataires des cassettes ?

Ceux qui écoutent les cassettes réagissent tous à peu près de la même manière au début, en voulant garder les informations pour eux, comme un effroyable secret qu’il faut cacher…à l’exception de Clay Jensen : il est le seul chez qui les cassettes vont avoir un impact aussi grand, et qui mettra énormément de temps à les écouter, la voix d’Hannah lui étant insupportable à écouter – lui rappelant sans cesse le passé et celle qu’il a aimée-, voulant à plusieurs reprises jeter les ponges et vouloir ne plus jamais voir l’existence de ces cassettes.Elle constitueront une grande épreuve pour lui, qui se sentira de moins en moins bien à mesure qu’il avance dans son écoute…l’amenant lui-même à envisager le suicide (il ne passera toutefois pas à l’acte).Clay éprouvera aussi de la haine envers les « bourreau » d’Hannah, souhaitant se venger, menant des actions concrète l’amenant à son tour à devenir un bourreau…même si il sait que ça n’est pas la meilleure chose à faire, mais ses émotions prenant parfois le dessus.

Les actions de Clay vont toutefois avoir un impact sur les 12 autres personnes concernées par les cassettes, en amenant certains à énormément de souffrance, leur permettant de reconnaître ce qu’ils ont fait, ou ce qu’ils ont subi (l’une des personnes est en effet aussi, en quelque sorte, « victime » des autres) et les amenant, à prendre conscience de leur responsabilité et à la reconnaître.Pourtant, d’autres, ont plus de mal, et reste dans le « déni », absolument pas prêt à assumer la vérité, ou ce qu’ils sont…le poids de cela et de l’image qu’ils doivent renvoyer fait qu’ils n’assument pas. Leur société est celle du paraître, de vouloir rentrer dans le moule, de colporter et d’amplifier les ragots et autres histoires…mais dans quel but ? 

La série est-t-elle choquante à regarder ?

La réponse à cette question est contrastée : étrange, quand on sait de quoi parle la série, et pourtant vrai. Les premiers épisodes se regardent,  et sont même agréables à suivre ! Le spectateur veut savoir ce qui est arrivé à Hannah, et sa curiosité malsaine l’accompagne, tout au long de la série, entre joie, tristesse, dégoût et nostalgie.Mais plus on se rapproche de l’effroyable dénouement, plus le climat et l’ambiance deviennent pesante, correspondant d’ailleurs aux émotions d’Hannah et de Clay, et tout devient beaucoup plus lourd à suivre.La caméra filme d’ailleurs la mort de la jeune femme, scène effroyable et vision cauchemardesque, absolument sans la moindre émotion (ni aucun fond sonore)…et qui est très choquante (peut être l’une des plus effroyable jamais filmée, tant cela paraît réaliste).

Pourtant, de cet exutoire, il y a énormément de beaux moments : la relation entre Clay, maladroit avec les filles (ou plus exactement 1 fille) et Hannah est touchante, malgré le fait qu’elle est aussi une succession d’occasion manquée…les êtres humains devraient faire sortir leur sentiments, les avouer…on a toujours peur de la confrontation à l’autre, de leur réaction…mais au final, ne passent-t-on pas à côté de quelque chose en ne tentant rien ?

Sans avoir la prétention d’endiguer le suicide chez les jeunes, la série fait réfléchir, interroge sur nos rapports avec les autres et sur l’importance des actes et des choix de chacun. Cela ne laisse pas indifférent, en aucun cas, et peut être cela nous incitera à réagir…peut-être…

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578.Tarantino présente…Jackie Brown.

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     Pam Grier fut une actrice connue dans les années 1970 pour un type de film assez particulier :  la Blaxploitation. Il s’agissait de longs-métrages valorisant la communauté afro-américaine, et leur donnant le premier rôle.L’idée était de promouvoir l’image des afro-américain, à une époque où l’on sortait de la ségrégation raciale aux États-Unis. Tous les thèmes ont été abordés, et de nombreuses pastiches de « films connus » ont été refait à la sauce Blaxploitation. Ces films parlaient de liberté (dans ses choix et ses actes), d’afro-américain affrontant les blancs (souvent représentés comme l’archétype du mal), du souhait de la communauté de pouvoir bénéficier des mêmes droits civils et politiques que les autres, de leur quotidien (parfois difficile), renversant ainsi tout les stéréotypes connus (certains film présentait une femme afro-américaine servant au début une famille de blanc, et à la fin, ces derniers étaient devenus ses serviteur à elle).C’est avec ce courant cinématographique que la belle Pam Grier devint une star, avec notamment Black Mama, White Mama, Foxy Brown ou encore Coffy, la panthère noire de Harlem.Avec le temps, le genre disparu progressivement, et Pam Grier quelque peu oubliée…

     Mais c’était sans compter sur Quentin Tarantino, grand amateur des films de Blaxploitation, qui se décida a réaliser un film qui rendrait hommage à ce genre de long-métrage.Adapté du roman Punch créole, d’ Elmore Leonard, Jackie Brown voyait le jour.Il  fit ainsi appel à Pam Grier, relançant sa carrière.

     L’histoire est celle de Jackie Brown, hôtesse de l’air, arrêtée pour avoir passé de l’argent d’un pays à l’autre pour le compte d’un truand, Ordell Robbie (Samuel L. Jackson).L’agent fédéral, Nicolette (Michael Keaton), et le policier, Dagus (Michael Bowen), souhaitent qu’elle coopère avec eux pour le coincer…ce qu’elle se refuse de faire, et comme il y avait de la cocaïne dans sa valise, la dame est envoyée directement en prison. Ordell paye sa caution, et souhaite la tuer, afin d’éviter qu’elle ne parle. Mais la belle, qui a prévu le coup, lui pointe un revolver et conclu un accord avec  lui : elle va faire croire aux autorités qu’elle va leur livrer Ordell, lors du transfert des 500 000 dollars de ce dernier…pour ce plan, ils devront toutefois être assisté de Melanie Ralston     ( Bridget Fonda), une surfeuse accro au sexe, et Louis Gara (Robert De Niro), ex-compagnon de cellule d’Ordell.Mais personne de sait que Jackie a l’intention de garder les 500 000 dollars pour elle, se faisant assister par Max Cherry (Robert Foster, star de séries Z)…

     Avec ce film, Tarantino prouve une nouvelle fois qu’il sait, mieux que personne, raconter une histoire : Jackie Brown impose son héroïne, jouée par Pam Grier, qui parvient à duper tout le monde, tournant la situation à son avantage. Elle ne le fait toutefois pas sans difficultés…elle doit absolument se « faire croire » par les agents de police, par l’horrible truand Ordell et par Max Cherry (qui l’aime et doit savoir si il peut lui faire une confiance aveugle).Chaque personnage joue très gros dans le long-métrage, en mettant toutes leur carte dans le jeu de Jackie…

     Quelque peu à part dans la filmographie du cinéaste, ce film noir dépeint surtout par le fait qu’il est bien moins violent que tout les autres (moins sanglant), avec un rythme beaucoup plus lent (moins percutant)  et des scènes à rallonges (surtout qu’il dure 2h34), faisant la part belle à ses personnages et à leur ressenti. L’homme prend son temps, même lorsqu’il s’agit de tuer un personnage (il faut voir tout ce que le pauvre personnage, joué par De Niro, doit subir, de la jolie Mélanie, avant de se décider à la tuer).Pourtant, il y a quelques codes qui sont cher à Tarantino, émaillant chacun de ses longs-métrages, que l’on retrouve tout de même ici : la division en chapitre, la musique très riches en titres (de chanteurs afro-américains !) très inspirés (Across 110th Street de Bobby Womack, Monte Carlo Nights de Elliot Easton’s Tiki Gods, ou Street Life de Randy Crawford) et dont on en vient à se demander si certaines scènes n’ont pas été tournées pour servir de support à la musique, et le recours aux mêmes collaborateurs (Samuel L. Jackson, après Pulp Fiction, retrouve le réalisateur).

     Samuel L. Jackson incarne le truand Ordell Robbie, cinglé (mais tout en nuance) et vantard qui n’hésite pas à flinguer tout ceux qui l’ont aidé, si la situation risque de devenir dangereuse pour lui. C’est un paranoïaque, un type violent et peu rationnel…mais doté d’un certain sens de l’humour. De Niro est en contraste avec tout ce qu’il avait pu jouer auparavant, en incarnant le rôle du complice de Robbie, un personnage idiot et instinctif, totalement largué.

     En fin cinéphile qu’il est, Tarantino rend hommage au film Le Lauréat de Mike Nichols , sa première séquence étant la copie conforme de celle de ce dernier (celle où l’hotesse de l’air arrive à l’aéroport, sur le tapis roulant…comme Dustin Hoffman).Il tisse d’ailleurs une romance, entre Pam Grier, la belle quadragénaire (qui porte, à un moment du film une robe rouge, la mettant un peu plus en valeur, et rappelant son rôle de Foxy), et Robert Foster, l’homme qui reste calme en toute circonstances, qui atteint son dénouement dans la scène finale, bouclant la boucle et ramenant Jackie à devoir voyager à nouveau.

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    Pour Tarantino, ce film parle aussi d’amitié…ce qui n’est pas la chose la plus évidente à remarquer, au premier abord. Les personnages conversent entre eux, concluent des accords, se jurent fidélité…et pourtant, dans cette équation, si certains des termes sont négatifs ( Mélanie, voulant voler Robbie), il y a une véritable inconnue à découvrir : Jackie Brown.Peut-on se fier à elle ? Peut-on se fier à ses amis ? La question de la confiance est également soulevée…

     L’avant-dernière scène, illustrant le transfert des 500 000 dollars, via un échange de sac, dans un magasin de vêtement, est un véritable tour de force : elle est diffusée à plusieurs reprises, montrant, tour-à-tour, le point de vue individuel de chaque personnages…ce qui est un véritable tour de force…Tarantino est un véritable magicien. Jamais une scène n’aura été aussi présentée sous tout les angles possibles. Il rend toutefois hommage à la Blackploitation (en s’éloignant toutefois du climat des années 70, puisque nous sommes presque à la fin des années 90…il en résulte une forme de nostalgie de ce climat très particulier et utopique), ce cinéma avec lequel il grandi, permettant à Pam -Foxy- Grier de gagner cette victoire (et de renaître en temps qu’actrice, elle qui était une icone), par son intelligence, elle qui ne gagnait pas énormément d’argent et à vivre, enfin, le rêve américain.  (notre note : 8/10).

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577.Le blog a 5 ans !

Le 6 juillet 2012, Acrazyworld, votre dévoué blog, voyait le jour (succédant à Cinéactulivres, qui avait officié de 2008 à 2012).Près de 570 articles plus tard, nous continuons à écrire : la présentation du contenu a quelque peu évolué au cours du temps, le choix des sujets traités également (on s’est un peu éloigné du projet de départ, celui de faire une « encyclopédie » en ligne, pour devenir un véritable blog pour tout cinéphiles qui se respectent).Nous avons d’ailleurs analysé une soixantaine de long-métrages, ainsi que 4 séries télévisées.

Nous vous proposons, en ce 11 juillet, de redécouvrir quelques articles phare du blog :

→Misery, chef d’oeuvre de Stephen King.

→Les robots nous envahissent…ils sont partout !

→Un peu de philo…

→V for Vendetta.

→No country for old men.

→Stranger Things.

→I have a dream- Martin Luther King.

→Simon Gronowski, l’enfant du 20e convoi : pour ne jamais oublier…

→Parlons un peu de Shakespeare…

→Il était une fois une chanson… »Billie Jean » de Michael Jackson.

 


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