A crazy world



578.Tarantino présente…Jackie Brown.

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     Pam Grier fut une actrice connue dans les années 1970 pour un type de film assez particulier :  la Blaxploitation. Il s’agissait de longs-métrages valorisant la communauté afro-américaine, et leur donnant le premier rôle.L’idée était de promouvoir l’image des afro-américain, à une époque où l’on sortait de la ségrégation raciale aux États-Unis. Tous les thèmes ont été abordés, et de nombreuses pastiches de « films connus » ont été refait à la sauce Blaxploitation. Ces films parlaient de liberté (dans ses choix et ses actes), d’afro-américain affrontant les blancs (souvent représentés comme l’archétype du mal), du souhait de la communauté de pouvoir bénéficier des mêmes droits civils et politiques que les autres, de leur quotidien (parfois difficile), renversant ainsi tout les stéréotypes connus (certains film présentait une femme afro-américaine servant au début une famille de blanc, et à la fin, ces derniers étaient devenus ses serviteur à elle).C’est avec ce courant cinématographique que la belle Pam Grier devint une star, avec notamment Black Mama, White Mama, Foxy Brown ou encore Coffy, la panthère noire de Harlem.Avec le temps, le genre disparu progressivement, et Pam Grier quelque peu oubliée…

     Mais c’était sans compter sur Quentin Tarantino, grand amateur des films de Blaxploitation, qui se décida a réaliser un film qui rendrait hommage à ce genre de long-métrage.Adapté du roman Punch créole, d’ Elmore Leonard, Jackie Brown voyait le jour.Il  fit ainsi appel à Pam Grier, relançant sa carrière.

     L’histoire est celle de Jackie Brown, hôtesse de l’air, arrêtée pour avoir passé de l’argent d’un pays à l’autre pour le compte d’un truand, Ordell Robbie (Samuel L. Jackson).L’agent fédéral, Nicolette (Michael Keaton), et le policier, Dagus (Michael Bowen), souhaitent qu’elle coopère avec eux pour le coincer…ce qu’elle se refuse de faire, et comme il y avait de la cocaïne dans sa valise, la dame est envoyée directement en prison. Ordell paye sa caution, et souhaite la tuer, afin d’éviter qu’elle ne parle. Mais la belle, qui a prévu le coup, lui pointe un revolver et conclu un accord avec  lui : elle va faire croire aux autorités qu’elle va leur livrer Ordell, lors du transfert des 500 000 dollars de ce dernier…pour ce plan, ils devront toutefois être assisté de Melanie Ralston     ( Bridget Fonda), une surfeuse accro au sexe, et Louis Gara (Robert De Niro), ex-compagnon de cellule d’Ordell.Mais personne de sait que Jackie a l’intention de garder les 500 000 dollars pour elle, se faisant assister par Max Cherry (Robert Foster, star de séries Z)…

     Avec ce film, Tarantino prouve une nouvelle fois qu’il sait, mieux que personne, raconter une histoire : Jackie Brown impose son héroïne, jouée par Pam Grier, qui parvient à duper tout le monde, tournant la situation à son avantage. Elle ne le fait toutefois pas sans difficultés…elle doit absolument se « faire croire » par les agents de police, par l’horrible truand Ordell et par Max Cherry (qui l’aime et doit savoir si il peut lui faire une confiance aveugle).Chaque personnage joue très gros dans le long-métrage, en mettant toutes leur carte dans le jeu de Jackie…

     Quelque peu à part dans la filmographie du cinéaste, ce film noir dépeint surtout par le fait qu’il est bien moins violent que tout les autres (moins sanglant), avec un rythme beaucoup plus lent (moins percutant)  et des scènes à rallonges (surtout qu’il dure 2h34), faisant la part belle à ses personnages et à leur ressenti. L’homme prend son temps, même lorsqu’il s’agit de tuer un personnage (il faut voir tout ce que le pauvre personnage, joué par De Niro, doit subir, de la jolie Mélanie, avant de se décider à la tuer).Pourtant, il y a quelques codes qui sont cher à Tarantino, émaillant chacun de ses longs-métrages, que l’on retrouve tout de même ici : la division en chapitre, la musique très riches en titres (de chanteurs afro-américains !) très inspirés (Across 110th Street de Bobby Womack, Monte Carlo Nights de Elliot Easton’s Tiki Gods, ou Street Life de Randy Crawford) et dont on en vient à se demander si certaines scènes n’ont pas été tournées pour servir de support à la musique, et le recours aux mêmes collaborateurs (Samuel L. Jackson, après Pulp Fiction, retrouve le réalisateur).

     Samuel L. Jackson incarne le truand Ordell Robbie, cinglé (mais tout en nuance) et vantard qui n’hésite pas à flinguer tout ceux qui l’ont aidé, si la situation risque de devenir dangereuse pour lui. C’est un paranoïaque, un type violent et peu rationnel…mais doté d’un certain sens de l’humour. De Niro est en contraste avec tout ce qu’il avait pu jouer auparavant, en incarnant le rôle du complice de Robbie, un personnage idiot et instinctif, totalement largué.

     En fin cinéphile qu’il est, Tarantino rend hommage au film Le Lauréat de Mike Nichols , sa première séquence étant la copie conforme de celle de ce dernier (celle où l’hotesse de l’air arrive à l’aéroport, sur le tapis roulant…comme Dustin Hoffman).Il tisse d’ailleurs une romance, entre Pam Grier, la belle quadragénaire (qui porte, à un moment du film une robe rouge, la mettant un peu plus en valeur, et rappelant son rôle de Foxy), et Robert Foster, l’homme qui reste calme en toute circonstances, qui atteint son dénouement dans la scène finale, bouclant la boucle et ramenant Jackie à devoir voyager à nouveau.

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    Pour Tarantino, ce film parle aussi d’amitié…ce qui n’est pas la chose la plus évidente à remarquer, au premier abord. Les personnages conversent entre eux, concluent des accords, se jurent fidélité…et pourtant, dans cette équation, si certains des termes sont négatifs ( Mélanie, voulant voler Robbie), il y a une véritable inconnue à découvrir : Jackie Brown.Peut-on se fier à elle ? Peut-on se fier à ses amis ? La question de la confiance est également soulevée…

     L’avant-dernière scène, illustrant le transfert des 500 000 dollars, via un échange de sac, dans un magasin de vêtement, est un véritable tour de force : elle est diffusée à plusieurs reprises, montrant, tour-à-tour, le point de vue individuel de chaque personnages…ce qui est un véritable tour de force…Tarantino est un véritable magicien. Jamais une scène n’aura été aussi présentée sous tout les angles possibles. Il rend toutefois hommage à la Blackploitation (en s’éloignant toutefois du climat des années 70, puisque nous sommes presque à la fin des années 90…il en résulte une forme de nostalgie de ce climat très particulier et utopique), ce cinéma avec lequel il grandi, permettant à Pam -Foxy- Grier de gagner cette victoire (et de renaître en temps qu’actrice, elle qui était une icone), par son intelligence, elle qui ne gagnait pas énormément d’argent et à vivre, enfin, le rêve américain.  (notre note : 8/10).

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