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619.Tom Jones-She’s a lady.

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618.Beetlejuice.

Second film de Tim Burton, Beetlejuice portait déjà en lui toutes les caractéristiques de l’oeuvre du cinéaste : la fantaisie, les bizarreries, un rapport avec la mort bien ancré, la solitude, des trouvailles visuelles, et surtout un humour très particulier. Le film pourrait lui-même être vue comme une comédie horrifique.

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Dans cette histoire délirante, on suit Adam (Alec Baldwin) et Barbara Maitland (Geena Davis), un couple vivant dans une maison gigantesque -trop grande pour 2-, convoitée par de nombreux agents immobiliers. À la suite d’une accident de voiture, le couple décède, découvrant, par la même occasion, qu’il y a une vie après la mort ! Désormais devenu des fantômes, ils se retrouvent coincés, pendant 150 ans, à devoir rester dans leur maison, sans jamais pouvoir en sortir, au risque de se faire avaler par de gigantesques vers des sables. Leur maison est mise en vente et une famille l’achète : Charles Deetz (Jeffrey Jones), qui souhaite se reposer loin de la ville, et sa femme Delia (Catherine O’Hara), une excentrique sculptrice qui va vouloir transformer la maison de fond en comble. Sa fille, Lydia (Winona Ryder), une gothique se sent seule et est sujette à la dépression, ne s’entendant pas avec sa belle-mère. Les Maitland, invisibles à leur yeux, décident d’agir pour les chasser de leur maison…ils sont des fantômes, après tout ! Mais toutes leurs manœuvres se soldent par des échecs…ils se décident alors à faire appel à un bio-exorciste réputé, prénommé Beetlejuice (Michael Keaton), qui apparaît lorsque l’on prononce son nom à 3 reprises et va tenter de donner aux Deetz, la frousse de leur vie…

Tim Burton a toujours eu un rapport particuliers avec la mort…si l’on se rappelle le film, Les Noces funèbres, il décrit le monde des morts comme étant l’antithèse du monde des vivants : un monde joyeux et pleins de vie (ce qui est assez paradoxal), où le héros préfère être et sera accueilli comme un roi. Ce rapport décrit en fait une incompréhension par rapport au monde dans lequel nous vivons, celui de la société formatée avec son bien pensant et son politiquement correct, ne laissant que peu de place aux « bizarreries »…Ici, dans Beetlejuice, le monde des défunts est exploité, comme étant un lieu de transit (pour une période de 150 ans), géré par une déesse prénommé Juno, sorte de bureaucrate avec ses fonctionnaires (qui sont des squelettes animés) s’occupant des défunts qui rencontrent des problèmes (la salle d’attente où chacun prend un ticket dont le numéro est le plus souvent à 9 chiffres…), et où les morts trouveront toutes les choses importantes à savoir pour vivre le mieux possible cette nouvelle vie (encore une fois de façon reclus et isolés du monde des vivants) dans un manuel.

À l’origine, le film devait être un film d’horreur (il a d’ailleurs, pour la petite histoire, reçu le Saturn Awards du meilleur film d’horreur), mais Tim Burton a décidé d’édulcorer la chose, en faisant une comédie horrifique…le ton est délibérément humoristique : que ce soit lorsque Adam et Barbara essaye de faire peur aux Maitland, mais se rendent compte que mettre un drap sur sa tête et hurler semble totalement dépassé, où lorsque lors de la scène du dîner, Lydia, possédée par Beetlejuice, se retrouve à chanter le Banana Boat Song de Henry Belafonte, entraînant avec elle, les invités dans une chorégraphie délirante, où aucun ne contrôle plus son corps,…

Beetlejuice signifie jus de cafard. Ce jeu de mot (que la scène où le personnage éponyme tente de faire deviner son nom à Lydia ) colle en effet assez bien au personnage délirant et tout en couleur qu’incarne avec brio Michael Keaton. Vêtu d’un costume blanc rayé (qui rappelle un peu les prisonniers), le personnage est réellement miteux et très négligé (avec de la moisissure sur le corps). Ancien collaborateur de Juno, il a choisi une voie plus obscure, se reconvertissant en bio-exorciste…mais il est en réalité un terrible arnaqueur, toujours en vie et pouvant agir dans le monde réel, n’ayant aucun scrupules à envoyer dans le monde des morts de réels vivants…c’est un peu le « mauvais » dans toute sa splendeur, mais qui n’intervient que sur commande. Preuve peut être que ce monde peut être beau, si l’on ne provoque pas le mal…

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Il est amusant de voir, la réaction des Deetz, lorsqu’ils apprennent que des fantômes vivent chez eux…d’abord incrédule, le dîner où ils se retrouvent possédés leur ouvre les yeux…mais ne les effrayent pas ! La famille souhaite les rencontrer, imaginant tout l’argent qu’il pourrait tirer de leurs « fantômes », en faisant d’eux des phénomènes de foire…mais  Adam et Barbara décide de se faire discret, tandis que Delia cherche à tout prix à leur mettre la main dessus…

Le film comprend une séance de spiritisme un peu spéciale, où Otto, le décorateur d’intérieur de Delia, qui s’est emparé du manuel des morts, se décide à les ramener à la vie…ce qui a pour effet de les matérialiser dans leur réelle forme, celle de corps décharnés, en décomposition, risquant de les faisant disparaître définitivement (preuve qu’on ne peut pas mourir deux fois…), obligeant leur fille à devoir convoquer l’infâme Beetlejuice…

Le personnage de Lydia est « le personnage burtonien » du film, mais dans sa version féminine. La jeune fille, toute vêtue de noire se sent incomprise, inadaptée dans le monde qui est le sien, trouvant sa famille effroyable. Elle sera d’ailleurs la seule a réellement voir, en « chair et en os » Adam et  Barbara, justifiant cela dans le fait qu’elle aussi est « bizarre ». Le monde des morts la fascinera d’ailleurs plus que celui des vivants, et elle verra dans le couple défunt, des parents de substitutions, à qui elle pourra parler et être elle-même, donnant un sens à son existence.

Beetlejuice constitue un film étrange et joyeux, une petite fantaisie à déguster sans modération. Certains effets visuels de grandes ampleurs (la scène avec les vers de sables géant) ont mal vieilli, mais ceux plus modestes (comme la bouche tirette dont Beetlejuice va affubler Barbara) fonctionnent encore très bien. Une histoire comme on les aime, délicieusement jouissive, où il ne faut pas être trop cartésien et chercher à tout comprendre (car il n’y a pas de place à la logique dans Beetlejuice…), mais laisser la place à l’imagination (note : 8,3/10).

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