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643.Nerve : Sommes nous accro aux réseaux sociaux et en quête de popularité ?

Sommes nous de véritables voyeurs lorsque l’on se connecte aux réseaux sociaux ? Certaines personnes ne vivent-elles que par l’image qu’elles donnent d’elles-même sur Internet ? Cette popularité que l’on acquiert est-elle réelle, où n’est-elle que le miroitement d’un buzz temporaire, qui nous précipitera vers une désillusion encore plus grande ? Tant de questions qu’aborde le film Nerve, sorti en 2016, et réalisé par Henry Joost et Ariel Schulman.

kinopoisk.ru

Voyeur ou joueur ?

Nerve est un jeu en ligne qui propose aux utilisateurs d’être soit des joueurs ou des voyeurs. Les joueurs doivent réaliser des défis en se filmant et en les postant sur la toile. Bien entendu, ces défis sont très dangereux et plus on progresse dans le jeu, plus leur difficulté croit, jusqu’à mettre la vie de ses participants en péril. Les voyeurs, quand a eu, paient pour suivre et regarder les joueurs dans le feu de l’action. Ils parient sur eux de l’argent et leur impose les défis.

C’est par l’intermédiaire d’une amie à elle que Venus, alias Vee (Emma Roberts), se retrouve à participer à Nerve. Elle souhaite effacer cette étiquette de jeune qui n’est pas dans le coup, qui ne tente rien et veut prouver qu’elle peut aussi prendre des risques. Son premier défi la pousse à embrasser Ian (Dave Franco), qui est en fait un autre joueur ! Le duo va tellement plaire aux voyeurs qu’ils vont tout faire pour leur faire faire des défis à deux, avançant ensemble vers des épreuves qui risqueraient bien de leur coûter la vie…d’autant qu’il leur est désormais impossible d’arrêter le jeu.

Chrysalide.

Vee est une jeune fille timide et plutôt sérieuse, qui ne fait pas de connerie. Pourtant, à cause de celle qui fut sa meilleure amie, et qui passe son temps à faire des défis sur Nerve, afin d’être connue sur le réseau, et « dans le coup », elle se retrouve à vouloir également essayer un défi, pour lui montrer de quoi elle est capable. Elle est loin de se douter qu’elle va plaire aux voyeurs de Nerve, qui vont miser beaucoup d’argent sur elle, afin de la voir dans d’autres défis, jusqu’à la pousser à avoir une romance avec Ian.

Et ce qui devait n’être qu’un jeu devient rattrape la réalité, poursuivant les héros dans la vraie vie. On les pousse au vol, aux sensations extrêmes (la scène où Ian conduit la moto dans Times Square, les yeux bandés avec Vee comme passagère pour le guider est à couper le souffle), à la violence, et même à dire des choses contre leur gré. Pourtant, Vee va beaucoup apprendre de ce jeu, à commencer par ne plus accorder d’importance à ce que pense les autres, et éviter de n’exister que par eux. Après tout, l’enfer, c’est les autres. La fin du film va d’ailleurs en ce sens, nous offrant une dernière scène assez inattendue.

Addiction.

Bien entendu, le film critique notre société et l’usage accru de ses réseaux sociaux : bien des personnes les utilise quotidiennement, publiant leurs états d’âmes, des photos d’eux, de ce qu’ils ont mangés, de où ils ont été, et avec qui. Ils se créent une « identité virtuelle », qui est plus avenante que l’identité réelle, en quête d’une gloire sur la toile, auprès de personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ne prendront même pas la peine de se retourner si ils le croisent dans la rue. Pourtant, c’est très facile de se créer une « fausse image de soi », un reflet plus avantageux, que d’accepter ce que l’on est vraiment, tant physiquement que mentalement.

Inversement, il y a ceux qui vont participer à cet « éloge médiatique » : les voyeurs (sorte de followers). Ils sont nettement plus nombreux et passent leur temps en ligne à scruter les profils des autres (se projetant de manière artificielle en eux), à regarder leurs photos, à lire leurs statuts, tweets, états d’âmes,…et à les juger ! Certains vivent par procuration… Il y a beaucoup de jalousie, irrémédiablement…il faut dire que les gars s’affichent avec la jolie fille de l’école, et les filles avec les beaux garçons (pour prendre un exemple), ce qui ne manque pas de susciter la convoitise (la meilleure amie de Vee devient très jalouse de cette dernière, lorsque sa popularité sur le jeu dépasse la sienne, et se met à faire des défis encore plus dangereux pour la dépasser).

Nerve aborde surtout les dérives des réseaux sociaux et de la télé-réalité (et du culte de ses « stars ») : la vie privée est mise à mal, une réputation construite sur toute une vie peut être balayée en un instant, l’information circule très rapidement et tout le monde est au courant de tout…c’est un véritable fléau dans son utilisation…il peut même pousser des gens à faire des jeux idiots mettant leur vie en péril (comme ce fut le cas avec Blue Whale, proposant 50 défis à relever, et dont le dernier était de se donner la mort ou encore des jeux de non-oxygénation ou de strangulation). Rien de ce que l’on fait n’est jamais confidentiel…tout ce sait (même si l’Europe se révèle être plus protectrice en matière de protection des données à caractère personnel). Il n’y a plus vraiment de barrière. Et cela est inquiétant…

Le film va plus loin, pensant même que les utilisateurs sont prisonniers du jeu, car les créateurs de celui-ci pourraient voler notre identité et s’en prendre à notre famille. Un peu comme si ils étaient au-dessus des lois et que la justice n’avait aucun pouvoirs pour intervenir. C’est caricatural, mais cela fait réfléchir… nos lois sont parfois dépassées par rapport aux avancées technologiques, et le droit est confronté à des situations nouvelles ou à des comportements inédits (mais répréhensible). Avis au législateur…

(notre note pour le film : 8,5/10).

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Real Account, manga aborbant la même problématique.


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