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647.Moi, Tonya : biopic sur celle que l’Amérique a détesté…

Les années passent et le nom de Tonya Harding s’efface peu-à-peu au point que le film de Craig Gillespie (une fiancée pas comme les autres,…) arrive à point nommé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la destinée incroyable de cette patineuse artistique américaine est à la fois très drôle et triste…et plus complexe que ce que les médias, qui l’ont calomniés, ont voulu faire croire…

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Élevé par une mère autoritaire psycho-rigide, Tonya (Margot Robbie) est inscrite au patinage par cette dernière à l’âge de 4 ans. Rapidement, elle se démarque de ses concurrentes, et se montre capable d’accomplir des figures incroyables. Son père les abandonne, car il est battu par son épouse, et Tonya se retrouve seule avec sa mère, qui passe son temps à la rabaisser, afin de la pousser à un résultat. Rencontrant celui qui sera l’amour de sa vie, Jeff (Sebastian Stan), elle décide de se marier avec lui et de quitter le domicile familial, ne supportant plus d’être battue par sa mère. Le film se concentre ensuite sur la carrière de Tonya, et ses désillusions, jusqu’à l’arrêt brutal de sa carrière en 1994, où elle est accusée d’avoir participé à l’attaque qui a blessé au genou sa rivale Nancy Kerrigan, la veille des championnats qualificatifs aux jeux olympiques…

Moi Tonya est un film incroyable, avec des personnages qui incarnent bien l’Amérique et ses travers : Tonya est devenue le personnage que tout le monde a détesté, en 1994…beaucoup de séries la cite d’ailleurs souvent en exemple pour ce qu’elle a été « accusée » de faire. Mais le film est surtout l’histoire d’une fille qui n’est pas dans le moule, qui ne correspond pas aux valeurs que disait défendre le pays de l’oncle Sam avec ses codes bien édictés : Tonya est grossière, mal habillée et aime la musique punk….et c’est sur ces critères là uniquement qu’elle a été jugée par les jurés pour les championnats de patinage…nullement pour ces capacités physiques…Car Tonya était exceptionnelle à ce niveau : première américaine à réaliser l’incroyable figure du triple axel (faire 3 tours et demi dans les airs), 2e au championnat du monde en 1991,…Si sa carrière se vit dès le début mettre des bâtons dans les roues, ce fut également le cas de sa vie : Sa mère avait flairé le potentiel pour le patinage pour sa fille et avait décidé de l’y inscrire dès l’âge de 4 ans, lui faisant arrêter l’école quelques années plus tard pour ce consacrer exclusivement à sa discipline. Sa mère, LaVona Fay Golden (Allison Janey, lauréate d’un oscar pour le rôle, qui est probablement le meilleur qu’elle ait joué) la suivra sur tout ses entraînements, l’insultant et la dénigrant sans cesse, afin de la pousser, pour qu’elle ait « un don », sans jamais la cajoler,  ou simplement lui dire qu’elle l’aime. Avec Jeff, les premiers rendez-vous seront chaperonnés par sa mère, qui désapprouvera leur union, jusqu’au mariage et leur vie commune…où celui-ci se montrera violent envers elle…

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Le film aborde une structure peu conventionnelle : il alterne entre interviews des personnages à l’heure actuelle et séquence racontant le passé. Les héros commentent ainsi ce qui s’est passé, donnant leur point de vue, et ensuite la scène en question se joue sous nos yeux. On découvre ainsi des points de vue différents, chacun accusant l’autre d’exagérer dans sa version des faits, laissant libre court au spectateur de se faire sa propre opinion sur le sujet…

Reste que la vie de Tonya laisse planer le doute : on se prend d’affection pour elle en se disant qu’elle n’est qu’une victime, de sa mère et de son imbécile de mari, chacun lui faisant du mal, alors qu’ils l’aiment sans doute tout les deux…On se dit aussi, à d’autres moment, que son caractère énerve, et pousse les gens à la détester, qu’elle est un peu le « vilain petit canard », qui se retrouve sur la touche. Elle se retrouve entouré de personnes de confiance qui sont de parfaits idiots, motivé par un désir de réussite et de reconnaissance…ce qu’elle recherche aussi, paradoxalement.

Son ambition pour réussir est démesurée : c’est son rêve, et elle s’entraîne dur pour y arriver, chaque jour. Mais la concurrence est rude, et dans sa tête, cela cogite, au point qu’elle envisage d’effrayer ses concurrentes, afin d’atteindre son but ultime : se qualifier aux jeux olympiques.

On se rend compte aussi que Tonya recherche avant tout l’amour de sa mère, et ne répond jamais face à cette dernière, subissant toute sa violence…toujours injustifiée. LaVona est une femme qui a la « trempe d’un homme », qui ne mâche pas ses mots, se montrant irrévérencieuse et désagréable, contenant sa joie derrière une sorte de rictus,…elle a investi tout ses dollars dans la formation de sa fille, croyant arriver à un résultat avec cette dernière. Bien entendu, elle ne lui a fait que des reproches, la rendant triste et malheureuse, et surtout pleine de hargne entre ses adversaire…elle a voulu faire ce que ses parents n’avaient pas fait : la pousser pour arriver à un résultat. En tant qu’adulte, on se dit toujours qu’on ne reproduira pas les « erreurs » de nos parents, et quand on le devient à notre tour, on en produit d’autres, souvent bien pire…à la fin du film, on comprend que Tonya veut devenir une bonne mère, et que les gens le sache…mais y arrivera-t-elle comme elle se l’imagine ? Son caractère bien trempé rappelle irrémédiablement celui de LaVona.

Moi Tonya est donc un biopic très réussi, qui malgré un propos très dur parvient à utiliser l’humour et les situations décalées pour nous plaire (Notre note : 8,8/10).

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