A crazy world



649.Vicky Cristina Barcelona.

En plus de 50 ans de carrière, Woody Allen a réalisé 48 films : des chefs d’oeuvres (comme Minuit à ParisBlue Jasmine, ou Annie Hall), des films qui marquent (Accords et désaccordsCafé Society ou Anything Else), des long-métrages mineurs (Rome with Love, L’homme irrationnel) ou des passables (Whatever Works). Mais à chaque fois avec son style inimitable, faisant que cela n’est jamais totalement mauvais. Il a beaucoup travaillé sur les relations humaines et les petits quiproquos quotidiens. En 2008, il nous livrait Vicky Christina Barcelona, une comédie douce-amère sur l’amour et ses différentes formes (passionnel, romantique, impossible, et obsessionnel).

dago

On y croisait 2 charmantes étudiantes, Vicky ( Rebecca Hall) et Cristina (Scarlett Johansson) qui décidaient de passer un peu de temps à Barcelone, en vacance, la première pour y faire des recherches pour son mémoire concernant la culture catalane, la seconde pour oublier une rupture difficile. Si les 2 filles s’entendaient à merveille, il était cependant difficile de faire plus antomique qu’elle en matière d’amour : leur vision étaient diamétralement opposée. Vicky savait ce qu’elle voulait et ce qu’elle attendait, répondant à une logique du « qui se ressemble s’assemble », louant fidélité à son fiancé, Doug ; Cristina, de son côté ne savait pas ce qu’elle souhaitait, mais savait ce qu’elle ne voulait pas…ainsi elle se laissait aller à ce qui s’offrait à elle, découvrant les plaisirs de la chair, répondant à ses envies et à ses pulsions.

Séduction

Alors qu’elles déjeunent ensemble, les 2 femmes croisent la route de Juan Antonio (Javier Bardem), un peintre, qui va tenter de les séduire en les invitant à passer le week-end avec lui à Oviedo, pour visiter le lieu et si il y a affinité, faire l’amour ensemble, à trois. Si Vicky est indignée et se montre hostile, cela n’est pas le cas de Christina, qui en fait, se montre assez ouverte à cela…elle finit même par convaincre son amie de les accompagner là-bas. Le voyage se passe assez bien, Juan Antonio leur faisant découvrir l’art et l’architecture catalane. Vicky finira par devoir passer une journée seule avec lui, car Cristina ne se sentira pas bien et tombera malade…elle se rapprochera de lui, et ils auront des relations sexuelles…

On remarque que Juan Antonio a une vision très libre de l’amour : il est capable d’aimer toutes les femmes, leur offrant tendresse et réconfort. On remarque aussi en revanche, qu’il est incapable de choisir celle à qui il offrira exclusivement son cœur…

Triangle amoureux

En effet, Juan Antonio est toujours amoureux de celle qui fut sa muse, sa source d’inspiration, qui a fait de lui l’artiste qu’il est devenu : la belle Maria Elena (Penelope Cruz), son ex-femme, qui a le don de faire ressortir le flux créateur de chacun, de façon à faire éclater l’artiste qui sommeil en soi. Leur couple avait tout pour réussir, mais paradoxalement, il leur manquait quelque chose…une chose qu’ils ne parvenaient pas à identifier…

Après le voyage à Oviedo, si Vicky s’est mariée, Cristina a continué de voir Juan Antonio et est rapidement devenue son nouvel amour. Le couple vit d’ailleurs ensemble, Vicky s’ennuyant quelque peu. Mais un coup de téléphone retentissant une nuit va mettre fin à ce calme apparent : Maria Elena a tenté de se suicider…Juan Antonia va aller la chercher et la ramener chez eux. Christina est quelque peu troublé par cela, d’autant qu’il a encore des sentiments pour son ex-femme. Maria Elena se montrera épouvantable avec elle, ne parlant que en espagnol, afin de l’insulter…avant de s’attacher à Cristina, comprenant qu’elle est l’élément qui a toujours manqué pour que sa relation avec Juan Antonio fonctionne. Le trio finit donc par passer du bon temps ensemble, se considérant comme une sorte de ménage à trois, où les 2 femmes ont également des relations entre elles, libre de la vision très occidentale de l’amour. Maria Elena va également faire ressortir le talent caché de Vicky pour la photographie.

Le choix.

De son côté, Vicky repense sans cesse à sa nuit avec Juan Antonio…le doute l’envahi : a-t-elle fait le bon choix ? Quelle aurait été sa vie, si elle était devenue la muse d’un artiste ? Son monde, fait de rencontres avec les riches amis de Doug, de bridge, et de croisières sur bateau a de quoi en faire rêver plus d’une, mais ne la rend pas vraiment heureuse…comme si cela n’était pas ce qu’elle voulait faire, mais ce qu’il avait été logique qu’elle fasse, eu égard à sa personnalité et au regard des autres, et vis-à-vis de Cristina, qui aimait aussi Juan Antonio. Il lui faudra pourtant faire un choix…fasse un amour qui se révèle obsessionnel.

Cristina, de son côté, se rend compte que le ménage qu’elle forme avec Maria Elena et Juan Antonio ne lui convient pas. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, aussi les quitte, alors que tout ce passait merveilleusement bien, afin de reprendre sa quête de l’amour…On a l’impression que la jeune femme ne sera jamais vraiment satisfaite, après avoir pourtant tenté toutes les expériences possibles…au fond, qu’est-ce que l’amour ? Est-ce un sentiment, une émotion, une sorte d’état qui nous pousse à « fusionner » avec l’autre à le voir unique au monde pour soi (et réciproquement) ou est-ce l’antithèse de l’indifférence, une sorte de choix qui nous pousse à considérer l’autre et à l’accepter pour ce qu’il est, faisant énormément de compromis ? Est-il de la raison ou du cœur autrement dis ? Et combien de temps dure-t-il ? N’est-il que passager, éternel ou plus épisodique ? Tant de questions qui seront encore et toujours débattues, mais incroyable de réflexions,…

Il est amusant de constater que Cristina ne sait pas ce qu’elle veut, mais elle est capable de faire un choix car elle sait ce qu’elle ne veut pas : et cela est fait sans regret, en faisant table rase du passé et en allant de l’avant. Ce qui n’est pas le cas de Vicky, en proie au doute et au questionnement perpétuel, repensant justement au passé…mais au fond, ne cache-t-elle pas toute deux ce même sentiment d’insatisfaction propre à chaque être humain, qui même lorsqu’il pense savoir ce qu’il veut, se met un jour à « penser » et à désirer autre chose ?

Juan Antonio et Maria Elena s’aiment et se détestent à la fois, et on fini par penser qu’il leur manquait quelque chose pour réussir leur couple et ont donc renoncé, à contre-cœur, à celui-ci. La présence de Cristina est en réalité un canalysateur, un apaisement fasse à « 2 coqs dans la basse-cour », incapable de compromis et en proie à une rage folle, se poussant à l’autodestruction l’un l’autre. Elle fait tampon, car l’amour que Maria Elena et Juan Antonio ont pour Cristina les empêche de se faire du tord et d’enfin s’apprécier. Comme si l’amour poussait, à nouveau, à des merveilles, mais aussi aux pires ignominies…

À noter aussi, la performance de Pénélope Cruz (lauréate d’un oscar pour le rôle), en femme fatale volcanique, répandant à la fois le meilleur et semant le pire en un claquement de doigt. Elle est pleine d’intensité, passant rapidement de la joie aux larmes. Pleine de contradiction, comme l’est, au final, l’amour…Un très beau film qui met en valeur l’Espagne, et son incroyable romantisme (notre note : 9,5/10).

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema