A crazy world



658.The Thing : film culte.

Nous sommes en 1982, et le cinéaste John Carpenter est l’un des plus prolifiques de sa génération : Il a marqué les esprits avec Halloween, et vient de finir Fog et New York 1997. Adulant Howard Hawks depuis toujours, il décide de faire un remake de l’un de ses films : ce sera La Chose d’un autre monde. Le film date de 1951, et a littéralement effrayé Carpenter, à sa première vision, quand il était enfant. Officiellement, Hawks n’a pourtant pas réalisé le film, attribué à Christian Niby, mais l’a produit. Dans les faits, il semble que son rôle a été plus important…

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La Chose, version John Carpenter, s’ouvre donc en Arctique, pendant l’hiver 1982, où une équipe de chercheurs vient à la rescousse de la précédente expédition. À leur arrivée, seul subsiste quelques survivants, dans un hélicoptère, occupé à pourchassé un chien, un husky.  Tandis qu’un accident détruit l’engin, le dernier des Norvégiens tire dans tout les sens, et blesse un des américains, qui n’ont pas d’autres choix que de le tuer… Ils recueillent le chien, essayant de comprendre ce qui était arrivé à l’équipe précédente. Ils trouvent de nombreux cadavres, tous brûlés. L’un d’eux semble être les restes d’un humain à 2 visages…Blair, scientifique en chef pratique une autopsie, dont il ne remarque rien d’anormal, si ce n’est la double face…Peu après, le husky est placé avec les autres chiens des neiges. Ceux-ci le voient alors se transformer, et révéler sa véritable nature : celle d’un alien protéiforme, créature  tentaculaire et dantesque, qui va tenter de les tuer, pour ensuite les manger et prendre leur apparence.

Alerté par les aboiements, les hommes de la station accourent et sont témoins d’un spectacle horrible : la Chose est en train d’absorber l’un des chiens. Ils tentent de la brûler au lance-flamme, mais une partie d’elle-même parvient à s’échapper par le plafond. Ils comprennent alors que les scientifiques de l’expédition précédente ont creusés dans la glace et y ont déterré une créature enfouie depuis des millénaires. Ils trouvent d’ailleurs le vaisseau qui l’a amenée sur la Terre et dont elle semble s’être éjectée. La Chose est un extra-terrestre doté de la faculté de mimétisme, c’est-à-dire qu’elle est capable l’apparence de ce qu’elle veut, tant physiquement qu’à travers le verbal et les mimiques de l’être. Les Américains comprennent alors qu’elle cherche à les tuer, un-à-un, afin de les remplacer. Et que un ou plusieurs d’entre-eux pourraient par conséquent être devenu…la Chose. 

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Reprenant la trame de fond du film original (ainsi que le logo), Carpenter s’en éloigne quelque peu, afin d’être plus fidèle à la nouvelle à la base de John W. Campbell, auteur de science-fiction. Il offre le rôle principal à son acteur fétiche, Kurt Russel, dont il s’agit de leur troisième collaboration, après Le Roman d’Elvis et New York 1997. À l’origine, Clitn Eastwood avait été envisagé !  Il y incarne R.J. MacReady, pilote. Son personnage apporte beaucoup au film, dont on a l’impression qu’il est le seul dont on soit sur que la Chose n’a pas pris son apparence. Tête brûlée, homme d’action, il n’hésite pas à tirer si sa vie est en danger, même si il doit sacrifier une vie humaine. Calme, MacReady prend le temps de réfléchir avant d’agir : en témoigne, la scène du test, où il prélève un échantillon de sang de chacun de ses comparses, et y place une tige enflammée. Le sang humain ne réagi pas, mais le sang de la chose oui, car il est vivant.

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Les effets visuels du film (manuels) sont ceux de Rob Bottin, qui a officié sur Legend et Seven. L’esthétique de la chose est très réussie, donnant lieu à un résultat crédible et qui a bien vieilli, malgré les années (si cela avait été fait en numérique, l’effet n’aurait pas été le même). La Chose est créée avec une liberté totale, et Bottin recourt à des maquettes, de la mousse, des marionnettes, du latex, et même des produits alimentaires (comme du chewing-gum ou de la mayonnaise). Le résultat est saisissant ! La manière de la filmer également : stop-motion, ne montrer que certains plans de celle-ci, la prendre dans la pénombre…mais à la différence du film Alien, où la créature n’était montrer qu’à la toute fin, La Chose est dévoilée dans toute sa splendeur. Le fait de pouvoir l’incorporer à des êtres humains et à montrer des scènes de transformations effroyables contribue à cela. Bottin a mis tant d’énergie et de passion à s’occuper du visuel, qu’il devra être hospitalisé à la fin du tournage, épuisé.

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Mais la Chose n’est pas que cela: c’est un habile huis-clôt (tout ce passe dans la base en Arctique), pleins de suspens. On se prend à joue au jeux du chat et de la souris en tentant de deviner de qui la Chose à pris l’apparence et les mimiques. Les personnages frisent la paranoïa, ont le regard habité par la folie, chacun ses suspectant, mais devant pourtant se faire confiance, car la Chose ne peut pas se combattre seul. La musique, d’Ennio Morricone (bien loin des symphonies épiques des westerns de Sergio Leone), contribue à créer cette ambiance pesante et malsaine. Les décors, dans la glace et le froid polaire, également. Encerclé par les ténèbres. Quentin Tarantino, avec Les 8 Salopards, rendra un hommage à La Chose, avec la présence de Kurt Russel et la musique d’Ennio Morriconne, mais également par le climat de terreur et de folie régnant entre les personnages. L’homme est un loup pour l’homme semble nous dire Carpenter.

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Un prélude au film a également vu le jour, en 2011, s’intéressant à la découverte du vaisseau extra-terrestre. Intitulé The Thing, il n’apporte pas grand chose à l’histoire.

En somme, rien ne vaut The Thing, de John Carpenter (dont c’est d’ailleurs le préféré) : un film de science-fiction horrifique, aux scènes sanglantes (bien que parfois le sang ne soit gelé et forme des stalactites), où tout est amené lentement, jusqu’à un grand final, incendiaire, avec l’Arctique embrasé. Du grand art, mais complètement ignoré à sa sortie, éclipsé par le succès d’un gentil extra-terrestre nommé E.T…à voir absolument (notre note : 9/10) !

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