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660.Hook ou la revanche du capitaine Crochet.

Il y a longtemps que Peter Pan a quitté le Pays Imaginaire. Les années ont passées, et il a tout oublié de celui-ci, s’oubliant lui-même. Devenu avocat, il a fondé une famille, avec la petite-fille de Wendy, mais ne lui accorde que peu d’importance, omnibulé par son travail. Mais tout cela va changer : le Capitaine Crochet, a juré de se venger…et quoi de mieux que de kidnapper les enfants de son pire ennemi, à Londres, pour forcer Peter a aller les chercher, et à affronter une ultime fois le terrible pirate.

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À la recherche de soi

C’est Steven Spielberg, qui en 1991, eu la bonne idée de mettre en scène une relecture du conte de Peter Pan. Robin Williams prête ses traits au héros éponyme (alors qu’initialement le rôle devait revenir à…Michael Jackson ! ), qui a tout oublié de qui il était (ce qui va à contre-courant de ce qu’était l’acteur, plutôt habitué à jouer les éternels enfants et à faire le clown). Pan devenu adulte, ne croyant plus aux fées, à la magie et qui n’a plus une seule pensée heureuse en lui. Aussi lorsque la pétillante Clochette (jouée par Julia Roberts) vient le chercher pour le ramener au Pays Imaginaire, il se montre hostile, croyant d’abord qu’elle n’est qu’une hallucination.

Son premier face-à-face avec le Capitaine Crochet (Dustin Hoffman, formidable) est catastrophique : le pirate, qui avait depuis toujours rêvé de sa vengeance, ne reconnait pas son ennemi de toujours : Peter a le vertige, essaye de le payer pour qu’il relâche ses enfants et n’a plus trop l’air en forme ! Il envisage même de mettre un terme à sa vengeance, lorsque Clochette lui propose un marché : laisser la vie sauve à ses enfants et lui donner 3 jours, le temps qu’elle le « fasse redevenir Peter Pan ». Mais la tâche est difficile ! Car Peter ne croit même pas qu’il est Peter !

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Avec ce récit initiatique, Spielberg nous ramène à l’enfance et à cette envie que l’on a de ne jamais vouloir devenir un adulte. Ceux-ci sont méchants et embarqués dans les aléas de la vie, sans plus aucune innocence…Les enfants sont curieux, joyeux et découvrent le monde pour la première fois. Le cinéma de Spielberg est bercé par cette période de notre vie : quand on pense à E.T.Le Bon gros géant ou encore Empire du soleil, les enfants sont au centre du récit. À chaque fois confronté au monde des adultes et devant briser leurs doux rêves. Ici, c’est l’inverse : il s’agit d’un adulte qui va devoir redevenir un enfant, « réapprendre à apprendre », ce laisser surprendre à s’émerveiller et comprendre ce qui est réellement important.

Tic Tac mortel

Le Capitaine Crochet, principal méchant du film, est un être effroyable, un forban sans foi ni loi. Faisant extrêmement attention à son allure, il arbore toujours des tenues très chics, et porte une perruque. Très fier, il descend les escaliers de son navire en foulant un tapis rouge qu’on lui déroule. Il est le « méchant » pirate avant les antagonistes (monstrueux) des Pirates des Caraïbes. L’homme qui a fait empailler le crocodile qui lui a mangé la main.

Son serviteur est Monsieur Mouche (Bob Hoskins, très drôle), qui doit exécuter le moindre de ses caprices, la moindre de ses lubies (comme casser toutes les horloges et montres du Pays Imaginaire). Celui-ci doit l’habiller, lui cirer ses chaussures, lui préparer à manger et surtout l’empêcher de se tuer ! Car Crochet est dépressif !!! Sa souffrance est intérieure et se traduit par des tentatives ridicules, toutes avortées.

Mais au fond, qui est le Capitaine Crochet ? L’archétype de l’adulte ? L’allégorie de la fin de l’enfance ? Il déteste les enfants, et pas un seul enfant ne l’aime, pas même lorsqu’il tente de les approcher et d’être gentil avec eux. Un personnage haut en couleur, qui souffre de ne plus être un enfant. Un être qui tue le temps, ne supportant pas ni son tic, ni son tac, prêt à tout pour que l’on reste au Pays Imaginaire, à éloigner les enfants de leur parents.

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Le Pays Imaginaire

Lorsque Pan est de retour au Pays Imaginaire, il retrouve cet endroit magique, peuplé de sirènes, de pirates et d’Indiens (qu’on ne verra cependant pas). Les Enfants perdus sont toujours là et sont dirigés, depuis son départ, par Rufio. Ceux-ci sont d’abord heureux de revoir Peter, avant de déchanter quelque peu…ils ne le reconnaissent plus. Rufio ne lui fait d’ailleurs pas confiance et n’est pas prêt à troquer sa place de chef.

Peter va peu-à-peu réapprendre qui il est, devant imaginer la nourriture pour la manger, redevenir heureux et léger comme un enfant, qui vole, tel l’oiseau qui domine le monde. Pan, poussant son cri, le sabre à la main, dans les yeux.

Le seul bémol est l’allure de ce Pays Imaginaire : il n’est pas d’une grande beauté, et est loin de faire rêver. Mais qu’importe, la musique de John Williams est là, et apporte un souffle épique, nostalgique et magique à l’histoire. Les personnages ont d’ailleurs droit à un thème chacun. Le spectacle est donc totalement au rendez-vous.

Famille et amour

Le film questionne sur les liens qui unissent ceux qui appartiennent à une même fratrie : les Enfants Perdus sont peut-être tous orphelins, il n’en demeure pas moins qu’il y a de l’amour entre eux, et que chacun serait prêt à donner sa vie pour les autres. Ils se racontent tout, jouent ensemble, vivent ensemble et se battent ensemble.

Pan s’est aussi détourné de sa femme, Moïra, qui lui demande sans cesse de lui prêter plus d’attention, à elle et à leur deux enfants. Elle lui rappelle que les priorités ne sont pas les exigences professionnelles, mais bien leur communauté de vie. Moïra l’aime toujours, d’autant plus qu’elle est LA raison qui l’a fait quitté du jour au lendemain le Pays Imaginaire, tombé sous le joug d’un irrésistible coup de foudre. Quand à Wendy (Maggie Smith), sa grand-mère, désormais âgée, elle a du se faire une raison, et renoncer à celui qui fut « l’amour de sa vie ».

Les enfants de Peter aiment leur père, mais sont tristes de voir que celui-ci est en train de rater toute leur enfance, trop accaparé par son travail (qu’il ramène jusque chez lui, le téléphone n’arrêtant pas de sonner). Son fils, Jack, est un enfant aimant jouer, alors que son père lui crie dessus, le poussant déjà à devenir « un adulte », sautant les étapes, de façon prématurée. Il est déçu de Peter, qui ne fait rien la première fois qu’il s’oppose à Crochet, n’arrivant pas à toucher le filet l’emprisonnant… Jack se détourne alors un peu de lui, éprouvant beaucoup de colère, trouvant en Crochet un « père de substitution », qui risque pourtant de le mener sur la mauvaise pente. Le combat final, entre son père, redevenu Pan et l’effroyable pirate le fera changer d’avis.

Difficile de faire mieux que Hook en terme d’adaptation de Peter Pan, tant l’histoire est originale, le film est drôle, nostalgique et plein d’action. Un chef d’oeuvre. Sa morale correspond à l’une des dernières phrases du film : « vivre est notre aventure » : ) (notre note : 10/10)

 

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