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680.L’Homme qui tua Don Quichotte.

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Le cinéaste Terry Gilliam réalise enfin son rêve en sortant, après 6 tentatives et 25 ans après le projet initial, son Don Quichotte. Film longtemps réputé « maudit », il a bien failli ne jamais voir le jour. À l’origine, Gilliam a toujours été tenté de mettre en scène les aventures de Don Quichotte, d’après le roman de Cervantès. Mais le réalisateur s’est vite rendu compte que c’était trop compliqué, et a donc décidé d’en faire une relecture proche de son univers. Ainsi naquit « L’Homme qui tua Don Quichotte« . L’intrigue se déroule à notre époque, avec un producteur qui souhaite faire un film sur Don Quichotte, trouvant l’interprète idéal en la personne du vrai homme de la Mancha, voyageant dans le temps, et voit en lui son acolyte, Sancho Panza.

La première tentative pour filmer l’histoire à lieu en 2000, avec Jean Rochefort et Johnny Deep dans les rôles principaux. Le tournage sera abominable, enchaînant les catastrophes : infection de la prostate et double hernie discale de Rochefort , pluie torrentielle détruisant une partie du matériel du tournage, mort du cheval que le réalisateur est accusé de ne pas avoir nourri suffisamment,… .De ce capharnaüm, Gilliam tirera un documentaire : Lost in la Mancha. Mais qu’importe, Gilliam réitère en 2008, avec Robert Duvall et Ewan McGregor en remplacement, mais sans succès, se retrouvant sans argent pour faire le film. En 2011, le 3e essai, avec Robert Duvall et Owen Wilson, échoue à nouveau pour des raisons budgétaires. Puis, la 4e tentative,  en 2014, avec John Hurt et Jack O’Connell, ne marche pas, pour des motifs économiques, et à cause du cancer du pancréas de Hurt. Gilliam est alors désespéré, se rendant compte, en retournant sur les lieux du tournage de la première tentative, que son « essai » a détruit la vie de nombreuses personnes, qui pensaient devenir célèbres. Il tente tout de même une 5e expérience, avec Michael Palin (son ami des Monty Python) et Adam Driver, annulée car n’ayant pas assez de budget. L’ultime essai, en 2018, sera le bon, avec Jonathan Pryce (habitué de Gilliam, puisqu’ils ont travaillés ensemble sur BrazilLes frères Grimms et Les aventures du baron de Münchhausen) et Adam Driver, malgré le fait que Gilliam fait une attaque cérébrale et qu’il y ait de nombreux conflit juridique avec le producteur, Paulo Branco, bien décidé à boycotter la sortie du film..Toutefois, L’homme qui tua Don Quichotte sort, dans une version de l’histoire quelque peu modifiée, comme marquée par les événements qui ont jalonné l’histoire de ce film. Le long-métrage est d’ailleurs dédié à la mémoire de Jean Rochefort et John Hurt.

L’intrigue comme donc avec Toby (Adam Driver), en train de réaliser un film sur Don Quichotte. Mais le projet ne l’emballe guère, se sentant étranger à l’oeuvre. Le 7e art n’offre plus de place à la culture…Il décide donc de retourner sur les lieux où jadis, il avait fait un film de fin d’étude sur l’homme de la Mancha, dans le village de Los Suenõs, qui avait lancé sa carrière et fait obtenir de nombreuses récompenses. Mais les choses ont changées : les gens ont été marqué par cette expérience. Certains sont morts, d’autres se sont brûlés les ailes, des rêves pleins la tête d’une carrière à Hollywood qu’ils n’atteindraient jamais, où d’autres sont pleins de tristesse. Mais le cas de l’interprète de Don Quichotte est plus surprenant : après le tournage du court-métrage, le vieux a perdu la raison, délaissant son travail de cordonnier, jusqu’à se prendre pour le vrai homme de la Mancha, arborant fièrement son armure. Lorsqu’il revoit Toby, il est persuadé qu’il est Sancho Panza, son écuyer, prêt à le suivre dans toutes ses aventures…Le chevalier va l’entraîner dans un déluge de catastrophe, l’amenant à être poursuivi par la police, les producteurs et les villageois.

Nostalgie

L’Homme qui tua Don Quichotte propose une galerie de personnage fort en couleurs : Tout d’abord, Toby, producteur/ réalisateur, devenu un dandy, élégant et chic. Il regrette pourtant le début de sa carrière, où il faisait son travail avec passion, disposant de peu de moyens, mais s’amusant. Il repense à la belle Angelica, serveuse locale qui lui avait taper dans l’oeil. L’homme n’a plus aucun plaisir à batailler avec les producteurs, et laisse souvent les choses se faire sans lui, comme si son avis n’importait plus. Ensuite, Angelica elle-même, qui se rêvait actrice, épousant Toby, mais qui fut prise par le tourment des désillusions, déçue des événements et obligée de se prostituer pour survivre. Enfin, Don Quichotte lui-même, qui était autrefois cordonnier, petit paysan que personne ne connaissait, et qui devint du jour au lendemain un « illustre inconnu ». Il se mit à penser qu’il était peut-être le vrai Don Quichotte, et devint une menace pour la population, voyant les enchanteurs et les géants (des moulins à vents) partout, prêt à charger sur eux, chaussé de son armure et armé d’une lance, assis sur sa monture.

Mais de façon plus général, c’est tout le village qui a été marqué par la venue de Toby : il a fait germer des rêves dans leur tête, mais qui n’ont jamais poussés L’idéalisme conduit à la tristesse ou à la folie.

Laideur et décadence

C’est une constance chez Gilliam : il ne retient que les choses les plus sombres de notre société. Il exacerbe les travers de chacun et les grands problèmes jalonnant l’histoire, réalisant une critique très noire du sujet. Ici, il s’en prend au producteurs, qui cherchent à avoir le contrôle sur tout, uniquement motivé par l’appât du gain, prêt à tout pour obtenir ce qu’ils veulent (ici, Stellan Skarsgard, qui abandonne Toby à la merci de la police, où qui accepte tout les caprices d’un riche Russe, pour qu’il signe un contrat).

Mais il montre aussi ce que sont que les désillusions : on est constamment déçu. On tente de jouer à celui qui est au-dessus de la réalité, s’inventant une sorte « d’idéal », mais la réalité nous rattrape toujours. Dans le film, Don Quichotte se sent exister en jouant son rôle…mais à plusieurs moments, même si il est très loin dans son délire, on sent que la moquerie des gens l’affecte (par exemple, la scène où il chevauche un cheval en bois, les yeux bandés, pour sauver des femmes envoûtées, qui ont une (fausse) barbe, et tombe, provoquant l’hilarité générale). Le rêve ne plaît pas…on le fait passer pour un comique, un clown, de qui on peut se moquer, sans limite. Toby, prend pitié du vieil homme, tentant de lui venir en aide, et comprenant qu’il a fait fausse route…mais l’humanité n’a pas sa place ici. On est écrasé par le géant que l’on tentait de combattre.

L’amour est également difficile à atteindre : l’émotion est bien là, la nostalgie l’accompagnant également, mais il n’est pas partagé. On change de partenaire comme on change de chemises, et la femme est vue comme un objet. Gilliam s’insurge contre cela, tentant de changer les choses, mais se retrouve dépourvu de moyens. En somme, la passion ne permet pas d’atteindre le bonheur, tant les obstacles sont légions : le mari cocufié, la femme inaccessible à atteindre, l’usure du temps sur la personne,…

Pourtant, la patte de Gilliam est bien là : son esthétique, style visuel alternant trips hallucinatoires et fantaisies à gogo, est reconnaissable entre mille. Il y a de la poésie, entre la musique espagnole (avec les guitares qui chantent) et le phrasé de Don Quichotte, qui pense que les femmes sont toutes amoureuses de lui (alors que ce n’est pas le cas). 

Décalage

Le film joue beaucoup dans le contraste entre Don Quichotte et Toby. L’homme de la Mancha est vieux, mais fait preuve d’une énergie incroyable, comme si il était dopé. Il devient fou à la seule présence d’un moulin, et est prêt à charger dessus avec sa lance. La technologie lui est totalement inconnue (Gilliam la critique beaucoup après tout), et son allure l’indiffère. Il est authentique. Toby incarne la luxure, l’oppulence et le paraître. Il est intelligent et attire les femmes…Pourtant, Quichotte le voit comme son larbin, n’hésitant pas à la frapper, à le réprimander (lui rappelant son rang, de paysan), lui rappelant qu’il est toutefois libre. L’homme de la Mancha le prend pour un idiot, pensant qu’il ne sait pas lire, et lui montrant les images du roman de ses aventures, avec beaucoup de vanité. Don Quichotte est prétentieux, mais il le peut, de par ses nombreux exploits, et sa grande notoriété.  Il a une imagination débordante, lui faisant voir géants, sorcières, enchanteurs et croire à l’impossible (quant il va sur la Lune, par exemple). 

L’époque semble difficile à vivre pour le chevalier errant, qui est au fond, une sorte « d’étranger » au monde. Enfermé dans une chariote, et montré comme un spectacle de foire, il est libéré par Toby, qui se rend compte du décalage entre lui et son ami. Gilliam est à la fois le réalisateur désabusé par un cinéma qu’il ne reconnaît plus, et à la fois ce rêveur, à la folie monumentale, souvent décrié et qualifié de « cinéaste maudit ». Don Quichotte est comme le héros de Brazil, tentant d’échapper au réel en s’évadant dans un monde onirique, mais tellement plus plaisant. On se laisse prendre au jeu, comme Toby, qui joue les faire-valoir. Du grand art (notre note : 8,3/10).

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679.La Ch’tite famille.

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     Dans sa nouvelle comédie, Danny Boon campe le rôle de Valentin, désigner très connu. Avec sa femme Constance (Laurence Arné), ils ont leur propre affaire, collaborant avec Alexander, le père de celle-ci (François Berléand). Valentin n’a plus de contact avec sa famille, ayant volontairement coupé les ponts avec celle-ci, vingt-cinq ans auparavant. Pour la presse et la haute société qu’il fréquente, l’homme s’est inventé une vie d’orphelin, abandonné par sa propre mère à la naissance. Mais non loin de là, au Nord de la France, sa véritable famille, Ch’ti, va venir à son vernissage pour la rétrospective de sa carrière. Son frère et sa femme veulent lui réclamer de l’argent, et font croire à sa mère, Suzanne (Line Renaud), que Valentin lui a organisé une fête d’anniversaire, car elle veut absolument les accompagner. Lorsqu’il les voit arriver, son cœur fait trois tours : sa carrière risque de voler en éclat, et sa réputation est en jeu. Rien ne se passe comme prévu, et sa mère est déçue. Mais peu de temps après, Valentin est renversé par son beau-père, et se réveille, amnésique : Ses souvenirs ne vont pas plus loin que ses 17 ans…il n’a aucun souvenir de sa vie actuelle, et souhaite rentrer chez sa famille. Mais pour Constance, c’est une catastrophe. Aussi, elle demande à sa famille de revenir  pour l’aider à retrouver la mémoire…

 

     Après avoir réalisé Raid Dingue, Danny Boon repasse derrière la caméra pour La Ch’tite famille. Il écrit une histoire très drôle, avec beaucoup d’émotion. Le thème de la famille est très présent : qui sommes-nous si nous n’avons plus de famille ? Être riche et pleins de tunes permet-il de se sentir vraiment « riche » ? La réponse est négative ! Valentin, s’est oublié lui-même, reniant ses origines, sa modeste famille et la personne qu’il était, pour devenir un bobo snob qui n’a aucune considération pour personne, si ce n’est lui-même. Il a épousé un monde fait de luxe, où il défini ce qui est « in » et ce qui est « out ». Le designer fait des créations froides et inconfortables (la chaise à trois pieds par exemple, que l’humoriste Antonia essaye, offre une scène à mourir de rire, ou encore la table monolithe, où on s’assoit de travers). Personne ne l’aime vraiment dans ce milieu, tout n’est qu’apparence…sauf Constance. Sa femme brûle d’un véritable amour pour lui, et va faire des efforts immenses lorsqu’il perd la mémoire, allant jusqu’à apprendre le ch’ti et à le défendre face aux critiques de la bourgeoisie de Paris. Elle devra faire face au fait qu’il ne ressent rien pour elle, mais est fou de la femme de son frère, Louloute (Valérie Bonneton), fiancée avec lui, à l’époque. Peut-on retomber amoureux quand on est plus la même personne ? L’amour défie-t-il les apparences, est-il une essence immuable, une émotion qui transcende les différences ? Il permet en tout cas de construire quelque chose, d’aller de l’avant, et de faire table rase de qui nous avions été.

     Les parents de Valentin, séparés depuis son départ, lui en veulent, chacun à sa manière : sa mère, Suzanne est triste, mais prête à faire la paix avec lui à la moindre occasion qui se présentera. Lorsqu’elle pense qu’ils vont fêter son anniversaire, et que c’est Valentin qui organise la fête, elle bondit de joie, et va jusqu’à Paris, l’embrassant avec plein de nostalgie, prête à rattraper le temps perdu. Son père, Joseph, incarné par Pierre Richard (qui offre quelques scènes de comique burlesque incroyable), est en colère, prêt à lui tirer dessus si il rentre chez eux. Il faut dire qu’ils aimaient leur fils plus que tout, lui payant son école d’art, avant que celui-ci coupe les ponts avec eux, ne les considérant plus assez bien pour lui, omnibulé par la réussite, et désireux de couper définitivement les ponts avec ses origine Ch’ti, poids difficile à assumer dans le milieu qui sera désormais le sien. Parfois, il faut un coup du destin pour comprendre qu’on fait fausse route…Beaucoup de familles sont séparées, pour des motifs qui ne sont pas vraiment grave. Il faut rester soi et proche des siens, semble nous dire Dany Boon, dans ce qui est, jusqu’à aujourd’hui, son meilleur film, parlant aussi de la différence des classes sociales. La famille de Valentin, pauvre, retrouve son fils et sa compagne, riches qui deviennent riches de cœur, ouvrant le dialogue et l’échange, à ce qui semblait autrefois être une rencontre impossible.  Line Renaud est incroyable, percutante dans ses propos, toujours juste, offrant une grande sensibilité à l’histoire, ainsi qu’une bonne dose d’énergie, à 90 ans bien sonné. En prime, Danny Boon offre un petit hommage à Johnny Halliday, son ami disparu, grâce à Pierre Richard qui reprend « Que je t’aime », en cht’ti (Que j’te ker) (notre note : 9/10).


678.Bande-annonce de Glass, la suite d’Incassable et de Split.

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677.Superman Lives (Superman est toujours en vie).

Peu de gens le savent, mais Tim Burton a bien failli réaliser un long-métrage sur Superman, à la fin des années 1990. Le film, intitulé Superman Lives, devait avoir Nicolas Cage, dans le rôle titre. Le projet débute en 1997. Mais un an plus tard, il s’interrompt brusquement, et le long-métrage est définitivement abandonné. Après le flop de Superman 4, il fallait rebondir assez vite. Les droits d’adaptations reviennent à Salkind, producteurs des premiers films. Un Superman 5 est en chantier, mais ne verra finalement jamais le jour. Un Superman Reborn est alors envisagé, avec pour fil conducteur le fait de tuer le super-héros, pour le ressusciter ensuite. Brainiac et Doomsday sont introduits dans le scénario, en tant qu’opposants du héros. Kevin Smith se charge du scénario, avec en idée de confier le rôle-titre à Sean Penn. Mais il en sera tout autrement…

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Si la Warner avait envisagé Burton pour le réaliser, elle n’avait jamais donné son approbation pour le scénario, qui a changé de main à plusieurs reprises, en vain. Le casting était largement défini : Si Nicolas Cage était Clark Kent (choix de Tim Burton, décrié par les fans du comics), Courteney Cox devait interpréter Loïs Lane. Côté vilain, Kevin Spacey devait se glisser dans la peau de Lex Luthor (rôle qu’il finira par jouer dans Superman Returns, en 2005) et Tim Allen dans celle de Brainiac. L’identité de celui qui aurait prêter ses traits à Doomsday, ennemi principal, est inconnue. On affirme aussi que Michael Keaton devait apparaître dans le long-métrage, peut-être en reprenant son rôle de Batman…

Burton demande à Wesley Strick de réécrire le scénario, afin d’en faire quelque chose qui lui sera plus personnel. Son Superman devait avoir l’air d’un mort-vivant, un marginal, héros burtonien par excellence. Il devait ne plus se sentir à sa place parmi les humains, étranger dans un monde qui n’est pas le sien. Puis, l’homme d’acier devait mourir, tués par ses ennemis, avant d’être ramené à la vie grâce à un costume régénérant.  Le film devait bénéficier d’un budget colossal (près de 190 millions de dollars), alors que la Warner ne veut pas dépenser autant d’argent. Nicolas Cage fait des essais pour le costume de l’homme d’acier. Des tests sont filmés, mais jugés peu concluants. Des photos le montre dans le célèbre costume bleu, arborant la fameuse cape rouge, avec des cheveux longs. Mais la Warner annule tout, et le film ne verra finalement jamais le jour. Un documentaire, sur sa production chaotique verra tout de même le jour en 2015.


676.Batman : l’homme chauve-souris vu par Tim Burton.

On peut sans se tromper, affirmer qu’il y a un « avant » et un « après » Batman. En 1989, lorsque Tim Burton est choisi par Warner Bros pour mettre en scène les aventures du célèbre homme chauve-souris, les super-héros n’ont pas encore envahi le grand écran. Il y a bien eu les 4 volets de Superman, avec Christopher Reeves dans le rôle-titre, entre 1978 et 1987, mais le personnage est trop lisse, et manque de profondeur. À la télévision, ils sont bien présent, avec des séries comme L’incroyable Hulk ou Wonder Woman. Burton vise une vision plus sombre de Batman, plus réaliste.

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Tim Burton avait choisi, dès l’origine du projet, Michael Keaton pour se glisser dans la peau de Batman. Il a du batailler ferme avec les producteurs, qui lui aurait préféré un acteur plus expérimenté, lui collant l’étiquette d’acteur comiques. Des lettres de protestations de fans sont envoyées ! Mais Keaton sera Batman ! Jack Nicholson, en vilain Joker, a accepté à condition d’avoir un salaire important (60 millions de dollars, in fine), et une partie des recettes du films et des produits dérivés à celui-ci. Harvey Dent (futur Double-face), est incarné par Billy Dee Williams.

Pour la musique, le virtuose Danny Elfman retrouve Burton après Beetlejuice. Il compose le thème principal, qui deviendra mondialement connu. Il évoque tant la rapidité de l’action des comics,  que les vieilles séries des années 60. Prince est contacté, afin de savoir si certaines de ses chansons peuvent être utilisées, et emballé par le projet, il créera un album complet inspiré du film (où l’on retrouve le célèbre Partyman ou Trust).

L’ombre de la chauve-souris…

Le long-métrage présente Bruce Wayne (Michael Keaton), milliardaire et magnat de Gotham City, qui arpente les rues de la ville, déguisé en Batman. Chevalier masqué, il est difficile à repérer, surprenant tout les bandits et venant au secours des citoyens en danger. Gotham est une cité dangereuse, le crime en est le maître, et la police compte beaucoup de corrompus. L’identité véritable de Batman est un secret bien gardé, connu de son seul majordome, Alfred (Michael Gough, autrefois star de la Hammer, que Burton adorait beaucoup).

Bruce Wayne est un héros Burtonien lui-aussi : solitaire, il vit reclus dans son manoir. L’homme parait frêle, portant un costume qui semble trop grand pour ses épaules si fragiles. Il a de la tristesse, est mélancolique, le tout du à une enfance difficile (comme Willie Wonka, Ichabod Crane ou Will Bloom), traumatisante. La confrontation avec le monde des adultes ne s’est pas faite sans heurt. En Batman, il n’est qu’une sorte de mythe (comme Edward, dans Edward aux mains d’argent), dont les gens parlent, sans qu’aucun d’eux ne sachent qui il est. Sa famille est inexistante (si ce n’est Alfred) et ses rapports avec les autres personnes sont compliqué. 

Cependant des journalistes mène l’enquête sur ce mystérieux justicier masqué. L’une d’elle, Vicki Vale (Kim Basinger), va taper dans l’oeil de Wayne, qui devra faire attention à ne pas dévoiler la vérité. Toutefois, d’une rencontre par hasard lors de l’une de ses réceptions, ils se retrouvent autour d’un dîner.

La pègre est dirigée d’une main de fer par Grissom. Son plus fidèle homme de main, Jack Napier (Jack Nicholson), a une liaison avec sa propre femme. Il décide alors de le piéger en l’envoyant dans une usine de produit chimique pour une mission, et prévient la police. Napier est prit de court, et parvient à semer les forces de l’ordre. Mais l’arrivée de Batman aura pour conséquence de le précipiter au fond d’une cuve d’acide.

Joker

Mais Jack n’est pas mort : il survit à sa chute, et se fait soigner par un chirurgien plastique. Mais son visage ne sera plus jamais le même, arborant désormais une sorte de sourire permanent et figé (inspiré de l’homme qui rit, un classique dont Burton était fan), lui donnant l’air d’un clown. Il n’est désormais plus Napier, il devient le Joker. Et son seul dessein sera de détruire Batman, seul adversaire qu’il considère à sa taille, et dont il veut se venger.

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Personnage haut en couleur, le Joker porte un costume violet et se teint les cheveux en vert. Il porte un maquillage de clown, afin de masquer ses cicatrices. Il fait très attention à son allure, et soigne ses entrées : le méchant est le centre de l’attention, chacune de ses apparition est donc un événement. Que ce soit lorsqu’il passe à la télévision où défile dans Gotham en distribuant de l’argent volé aux citoyens pour les distraire avant de déverser des produits chimiques toxiques sur chacun d’eux, l’homme sait se mettre en scène. Il fait du spectacle, tel un artiste qui crée quelque chose de nouveau. Joker se prend d’ailleurs pour un virtuose (un « artiste-assassin »), réalisant des œuvres d’arts vivantes (à partir d’êtres humains). Son humour est macabre (la scène où il électrocute une personne en lui serrant la main) et il utilise de vieux gags d’un autre temps (quand il tire avec le pistolet et qu’un bandeau avec la mention « Bang » apparaît), se montre très musicale (la scène dans le musée où il refait les peintures, en orchestrant une petite chorégraphie).

Paradoxalement, Burton met son Batman au second plan, pour mettre en avant le Joker. Méchant parfait, trouvant que tout est une occasion de rire, de chanter et de faire de vilaines blagues, l’homme met un peu de couleur dans le calme plat qui règne dans la population, terne. Jaloux de Batman, il cherche à avoir les mêmes accessoires que lui, à séduire Vicky Vale (celle qui a photographié l’homme chauve-souris). Il rit pour préparer la violence dont il est le maestro, flinguant n’importe qui, ne respectant personne.

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Romance

Bruce Wayne aime Vicky, et celle-ci se montre intéressée par lui aussi, mais déçu du fait qu’il ne s’investi pas davantage dans leur relation, l’ayant fait passée pour un « coup d’un soir ». On comprend dès le début que Wayne a du mal dans les rapports humains : il est introverti, discret, et reste constamment dans l’ombre. Il préfère de loin être Batman, lors de ses petites escapades nocturnes. Il n’y a qu’à voir le dîner qu’il propose à Vicky pour s’en rendre compte : la table est gigantesque, d’une longueur grotesque, et chacun est au bout. Ils ne s’entendent même pas lorsqu’ils essayent de se parler. Bruce ne fait d’ailleurs rien pour l’empêcher de partir.

Dernière danse

Joker tente un dernier grand coup : enlever Vicky Vale et la mener au sommet de la cathédrale de Gotham. Au sommet, il entame une danse endiablée avec la belle, ultime tour de piste avant que les choses sérieuses de se produisent, avant de commettre son dernier méfait. Il danse avec le diable au clair de Lune.

Lors de l’affrontement final entre Batman et le Joker, il y a un basculement : Bruce Wayne comprend que Napier est celui qui a tué ses parents sous ses yeux lorsqu’il était petit, élément déclencheur qui a dicté toute sa vie et conduit à la création de Batman. Le Joker a donc créer l’homme chauve-souris, et Batman a créé le Joker. Et tout cela de façon involontaire.

Mais pourtant, Joker tente de s’enfuir. Il sent qu’il perd le combat, et tente de partir par les airs. Batman le piège et l’élimine. Le vilain fait le grand plongeon et sa mort se déroule à nouveau, tel un grand spectacle, devant un public ébahi et soulagé de son trépas. Mais sa mort délivre Wayne du poids d’un passé trop lourd à porter, de la personne qu’il était avant. Ainsi Batman devient réellement Batman. D’ailleurs, les forces de l’ordre ont a cet instant confiance en lui, faisant une sorte de signal pour l’appeler à chaque fois qu’un danger se présentera.

Presque 30 ans après sa sortie, Batman reste un film emblématique, une oeuvre singulière de Tim Burton, la seule à laquelle il a accepté de réaliser une suite (le très étonnant Batman-le défi). Avec les années, le long-métrage arbore un côté kitsch, évoquant les vieilles séries de super-héros des années 60  (notre note : 8/10).

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675.Il était une fois une chanson…L’année la plus chaude de tout les temps, de Raphaël.

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Nouveau single du chanteur Raphaël, L’année la plus chaude de tout les temps, ouvre son album Anticyclone. Titre équivoque, il évoque l’amour,  qui brûle, tel un feu ardent, celui qui en est atteint. Mais cela est raconté de manière métaphorique, le climat étant l’allégorie de son ressenti.

Écrite par lui-même, ce titre lui permet d’évoquer un amour qu’il vit (ou qu’il a vécu), et qui lui a apporté pas mal de surprise : que ce soit la joie, la passion ou encore la tristesse.

En même temps, le Parisien offre un second niveau de lecture à sa romance : il parle du réchauffement climatique. Cela le préoccupe et il tient à le dire. Notre météo n’est pas « naturelle », les catastrophes naturelles actuelles n’ont rien d’accidentelle. La nature vit encore, mais il se pourrait que ce soit la fin pour elle également. Triste constat, mais plein de réalisme.


674.Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

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Benjamin Barker (Johnny Depp, lauréat d’un Golden Globe pour le rôle) était un barbier, vivant heureux avec sa femme, Lucy. Ils avaient un enfant ensemble, une petite fille. Mais un jour, un juge diabolique, Turpin, vit la femme, et en tomba amoureux. Il s’arrangea pour envoyer Benjamin au bagne, et lui vola son épouse. Mais celle-ci ne céda jamais à ses avances et connu un triste sort. Le juge adopta l’enfant, qu’il baptisa Johanna. Elle devint sa pupille, et il en fit sa prisonnière. Les années passèrent, et Benjamin finit par sortir du fer. Quinze ans après les faits, l’homme n’avait rien oublié, et décida de se venger lorsqu’il revint à Londres, après s’être évadé. Il changea son nom en Sweeney Todd, se donna en spectacle pour attirer la clientèle, attendant que le juge qui l’avait fait souffrir se présente jusqu’à lui pour se faire tailler la barbe, afin de lui trancher la gorge, d’un seul coup de rasoir.

En 2007, Tim Burton revenait à la réalisation avec un treizième long-métrage : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Il s’inspirait de l’histoire, inspirée semble-t-il de faits réels, d’un barbier, qui devenu fou, se mit à tuer ceux qui sollicitait ses services, et les envoyer chez Mrs Lovett, vendeuse de tourtes, qui se servaient de leurs corps pour faire les dites pâtisseries. Le « conte » a connu de nombreuses adaptations, au théatre, et à la télévision. L’originalité de la version de Burton est d’avoir fait un film qui mélange deux genres très différents : l’horreur et la comédie musicale.

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Victime, vengeance et violence

Todd est une victime du juge Turpin (le regretté Alan Richman). Il n’est cependant pas la seule, parce que l’odieux magistrat n’hésite pas à condamner des innocents, à pendre de jeunes enfants, sans se soucier de la vérité judiciaire. C’est un méchant puissant, que l’on voit peut, mais qui marque. Cependant, chez Todd, la vengeance va devenir un poison, qui va le consumer lentement, mais inexorablement. Sa première victime sera Pirelli (Sacha Baron Cohen, toujours aussi survolté), barbier renommé de Londres, qui le fera chanter car il l’a reconnu. Menaçant de voir son identité révélée, il n’aura pas d’autre choix que de le tuer.

Il y a de nombreux parallèles entre Todd et Edmond Dantès, le célèbre Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Tout deux  sont condamnés injustement, pour quelque chose qu’il n’ont pas fait, puis reviennent, des années plus tard là où tout à commencer, sans dévoiler leur identité, jouant presque un rôle, afin de se venger. Todd veut faire la peau au juge, et à son complice, le bailli Bamford (Timothy Spall).

La violence est omniprésente dans le film. Les lames en argent de Todd font partie intégrante de lui-même, comme prolongeant sa personne. Sans elles, il semble d’ailleurs incomplet. Elles sont l’instrument de sa vengeance. Il est d’ailleurs le meilleur barbier de tout les temps. Le sang gicle à flot, les personnes se succédant sur le fauteuil de barbier à un rythme effréné, avant d’être dépecé pour être transformé en tourte, puis manger par des gens qui demeurent dans l’ignorance la plus totale. Le cannibalisme permet ainsi de recycler tout ceux qui sont morts.

Alors qu’il ne devait tuer à l’origine que le juge et son scélérat de complice, Todd devient un tueur en série obéissant à une pulsion, assassinant des innocents. Persuadés que la ville de Londres est pleine de crasse, il se donne pour mission de la nettoyer. Le barbier ne ressent plus aucun amour pour personne, voyant tout ce qui est de façon négative, capable de tuer même ceux qui veulent lui venir en aide. Il suffit de voir son regard fou, et sa détermination à traquer le petit Toby, garçon de salle chez Mrs Lovett. Mais on ne sait pas ce que l’homme compte faire après avoir accompli sa vengeance…en fait, il y a lieu de supposer qu’il souhaite mourir, puisque à la dernière scène, il entend Toby sortir des égouts où il s’était caché, et lève sa tête, laissant son coup accessible pour que le garçon lui donne le coup de grâce. La vengeance détruit celui qui en est habité. Tragique constat, mais plein de réalisme. Mais un autre tout aussi amer : le chagrin ne jaillit que lorsque le sang coule.On peut d’ailleurs voir Todd pleurer, à la toute fin.

La jalousie est aussi l’un des thèmes de l’histoire : c’est par jalousie que Turpin envoie Benjamin en prison, que Pirelli fait chanter Todd, et c’est par jalousie que Mrs Lovett ment à Todd en racontant que sa femme est décédée. C’est une émotion qui pousse les gens à faire des choses regrettables, et qui ne dure pourtant que un instant. Après avoir obtenu ce que l’on souhaite, tout revient à la normal, et le mal est fait.

Famille recomposée

Mrs Lovett (Helena Boham Carter) connaissait Benjamin Barker autrefois. Elle a toujours été amoureuse de lui, le convoitant secrètement. Lorsqu’il revient, près de quinze ans après avoir disparu, elle voit enfin l’occasion de devenir sa femme. La femme va le soutenir dans son entreprise, l’aidant à se faire connaître dans le quartier, afin que cela arrive jusqu’à l’oreille du juge, qui serait tenter de venir en tant que client chez lui.

C’est d’ailleurs cette dernière qui va lui suggérer de faire des tourtes à partir d’êtres humains. Lorsqu’elle voit qu’il a tué Pirelli, elle ne se choque pas, mais suggère de récupérer la viande. Cela n’est pas un comportement normal. On comprend que Mrs Lovett est folle  : amoureuse de Todd, elle s’imagine qu’ils pourraient vivre ensemble, et Toby, formant une sorte de famille, loin de Londres. Elle aspire donc à un retour au calme, une fois que le barbier aura accompli sa vengeance. Mais la dame lui ment également : Lucy, sa femme, ne s’est pas empoisonnée. Elle est toujours en vie, mais est désormais une sans-abris qui rôde dans Fleet Street, ayant perdu la raison.

Lorsque le film montre ce que Mrs Lovett imagine pour l’avenir, on se rend compte que cela n’est pas possible : Todd ne l’aime pas vraiment, et même dans son subconscient, on perçoit qu’il se force à l’épouser et que le baiser qu’il lui donne n’a rien de naturel. Il n’y a aucun amour, c’est une relation purement unilatérale, servie par le profit qu’il peut retirer de la dame, qui n’a pourtant pas hésiter à lui ouvrir sa maison, et à lui donner une pièce pour ouvrir son salon.

Chantons notre Spleen

Benjamin Barker est mélancholique et en colère : il chante sa douleur tout au long de l’histoire, tantôt à travers les souvenirs et la nostalgie, tantôt pour s’énerver et souhaiter la fin de tout. Il déteste tout, et n’a plus goût à rien.

Mrs Lovett est également triste : elle est pauvre, fait les pires tourtes de Londres, et personne ne se soucie de son existence. Mais à la venue de Todd, elle s’illumine, et chante ses rêves et ses désirs.

Le juge Turpin, méchant suprême est aussi vulnérable : amoureux de Lucy, il ne supporte pas qu’elle le rejette. Puis, amoureux de Johanna, il l’observe en secret tout les jours, la voyant à travers le trou de la lorgnette. Ce voyeurisme est du au fait que, même si elle lui appartient, elle lui est cependant inaccessible. On ne peut pas forcer les gens à vous aimer.

La musique n’est pas de Danny Elfman, compositeur « quasi-attitré » de Burton, mais de Stephen Sondheim. Il a su créer des mélodies capable de coller à un film d’horreur, et facilement reconnaissable, avec des titres chantés remplis de colère et de tristesse. Les acteurs, qui ont du donner de leur voix, chante ce Spleen avec beaucoup d’émotions, capable de colorer leur voix avec une précision importante.

Film très noir, Sweeney Todd n’en demeure pas moins une réussite. À ne pas voir si vous n’aimez pas les films où les personnages chantent de façon perpétuelles. C’est d’ailleurs ce qui a divisé la critique, à la sortie du long-métrage, en 2007 (Notre note : 8/10).


673.Le Village des damnés.

La filmographie de John Carpenter est comme un coffre à jouet, pour les amateurs de cinéma de genre. En 25 ans, il a réalisé une quinzaine de longs-métrages, avant de se plonger dans une sorte de semi-retraite, dont il ne ressort que de manière épisodique. En 1995, le réalisateur mettait en scène le remake d’un célèbre film d’épouvante de 1960 : Le Village des damnés. L’histoire est basée sur un roman de science-fiction de John Wyndham, rédigé en pleine guerre froide, et intitulé Les coucous de Midwitch.

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Le Village des damnés se déroule dans le village de Midwich, lors d’une fête municipale. Les habitants sont occupés aux préparatifs lorsqu’un phénomène très étrange se produit : tous s’évanouissent, plusieurs heures durant, sans raison apparente. Les occupants des villages voisins préviennent les forces de l’ordre qui ne comprennent pas ce qui se passent, chacun de ceux tentant de pénétrer dans le village tombant dans les vapes. Des spécialistes du surnaturel, dirigé par le docteur Susan Verner (Kirstie Alley) font leur apparition et tentent d’élucider le mystère. Les gens finissent par se réveiller et les choses se calmer. Mais peu de temps après, toutes les femmes du village tombent subitement enceintes. Ne comprenant pas ce qui leur arrivent, elles décident de garder leur bébé, sur les conseils du docteur Ian Chaffer (Christopher Reeve). Les femmes accoucheront toutes le même jour, au même moment, et au même endroit. L’un des bébés sera mort né, et soustrait par le docteur Verner qui souhaite l’étudier. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils se ressemblent tous très fort, chacun d’eux ayant les cheveux blancs. Une étrange connexion semble les lier. Rapidement, des phénomènes étranges se produisent : des gens se suicident, des accidents où des gens périssent se produisent…les enfants ne sont pas étrangers à toutes ses disparitions.

Petit film d’épouvante, Le Village des damnés est un récit qui empreinte aussi à la science-fiction : ce sont des extra-terrestres qui ont fécondés les femmes du village. Les enfants sont donc des être hybrides, télépathes (ils savent pénétrer l’esprit d’autrui, et connaître ses intentions) , capable de faire faire n’importe quoi à n’importe qui. Leurs yeux se mettent à luirent et les gens leurs obéissent aux doigt et à l’œil. Ils utilisent cependant leurs dons pour faire le mal autour d’eux (en exemple, on peut citer la scène où le bébé force sa propre mère à plonger son bras dans l’eau bouillante de la casserole). Les enfants sont effrayants, car ils semblent dictés par leur mission (détruire l’humanité), n’ayant aucune once d’humanité, ne ressentant aucune compassion ni amour pour personne. Doté d’une intelligence remarquable, et dirigé par Mara, chacun quitte le domicile familial pour se retrouver et former un groupe uni. Un seul d’entre-eux ne répond pas à cette règle : le petit David (Thomas Dekker), dont sa mère semble encore avoir une influence sur lui, et qui se rend compte que ce que ces frères et sœurs font est mal.

Échec critique (le film fut d’ailleurs lauréat de plusieurs Razzie Awards, récompenses attribuées aux pires films) et commercial à sa sortie (malgré la distribution) , le long-métrage s’est trouvé un public d’aficionado lui vouant un petit culte. Mark Hamill, en contre-emploi, dans le rôle du prêtre livre une prestation intéressante. Christopher Reeve est pour la dernière fois valide, dans un film, avant son accident, qui le rendit tétraplégique. Les effets spéciaux sont dignes d’une série B, mais le tout est agréable à suivre, avec quelques scènes gores (notre note : 6,5/10).


672.Il était une fois une chanson…Rockcollection.

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Titre emblématique de Laurent VoulzyRockcollection est un hommage au rock’n'roll. Les paroles, de Alain Souchon, évoquent les filles, les babyfoot, les guitares,…et le goût d’une certaine époque. Seul semble rester les souvenirs de ces beaux moments, lorsqu’on les écoute.

Rockcollection est un mot valise, formé de rock et  de collection. Il es un prétexte pour rechanter des airs connus des années 60 (il ne s’agit donc pas de samples, c’est-à-dire d’extraits sonores), des Beatles aux Rollings Stones. Voulzy en a livré de multiples versions différentes (il en existe même une de 21 minutes ! ) , avec des titres différents, entourant les couplets en français.

Sorti en 1977, le titre fut n°1 au hit-parade, propulsant Voulzy au rang d’idole des jeunes.


671.Numéro 9 : chef-d’oeuvre d’animation dramatique et réaliste, baignée dans la Steampunk.

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    Voilà un dessin-animé qui sort un peu de l’ordinaire : L’humanité n’est plus…elle s’est éteinte par sa faute, et les rares survivants ne savent même pas comment cela s’est produit. Et pour cause, car ce sont de petites poupées, créées par un savant (mort également), numérotées de 1 à 9. Lorsque Numéro 9 se réveille, il est seul et découvre le monde. Inachevé, il lui manque la parole.  Ramassant ce qui ressemble à un artefact, il l’emporte avec lui. Numéro 9 croisera sur sa route Numéro 2, un vieux sage , qui va lui permettre de parler.

     Mais dans cet univers hostile rôde la Bête, robot-chien qui chasse ardemment les poupées, et qui veut mettre la main sur l’artefact. Ce dernier va enlever le précieux objet et Numéro 2. Numéro 9 va alors trouver refuge chez les autres poupées : Numéro 1 est leur chef, et souhaite avant tout la sécurité, et ne prend donc jamais aucun risque…il décide par conséquent de ne pas partir à la recherche de Numéro 2. Néanmoins, Numéro 9 ne connaît pas la peur (il « vient seulement à existence ») et parvient à convaincre Numéro 5 de l’aider. Ils croisent alors d’autres Numéros, qui ont décidés de se battre contre la Bête, et ne plus vivre reclus dans la peur.

En parvenant à vaincre la Bête, Numéro 9, par curiosité, place l’artefact dans ce qui semble être son support…il réveille alors un ennemi nettement plus redoutable, une créature tentaculaire de fer et d’acier.  

Et l’homme créa…la machine

Numéro 9 est un dessin animé avec plusieurs niveaux de lectures, riche en symbole et à interprétation multiple. Les poupées sont confrontées, successivement, à deux monstres : La Bête, robot-chien traquant en apparence les poupées, mais dont l’existence toute entière semble en fait conditionnée pour un seul but, celui de réveiller la Machine, créature dantesque autonome, capable de créer d’autres machines.

L’humanité, dans le film, s’est éteinte précisément à cause de la Machine, qui s’est retournée contre ses géniteurs, faisant le mal autour d’elle. La créature, à l’origine, devait créer des robots de guerre, sur ordre du Chancelier, mais elle s’est servie ensuite de ses créations pour détruire l’espèce humaine. Le Chancelier était un être qui promettait la paix, et s’est servi de la Machine pour provoquer la guerre, avant de perdre définitivement le contrôle.

Le film tire le triste constat, mais qui semble de plus en plus probable au regard de notre histoire, que c’est l’homme qui se détruira lui-même. À force de vouloir tout contrôler, on ne maîtrise plus rien. Il marque aussi l’inquiétude, de plus en plus grande, que l’on peut avoir en l’intelligence artificielle, sensée être une source de progrès, et qui, en fin de compte, sert uniquement les intérêts des plus puissants, quand elle ne se détraque pas complètement et ne tue pas tout le monde…

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Des Numéros qui ne font qu’un

Les neufs poupées sont en fait des parties de l’âme du scientifique qui les a créées. C’est cela qui les différencie de la Machine, qui en est dépourvue, et qui obéit à une sorte de mécanique de la destruction, sans réflexion aucune sur l’intérêt de ce qu’elle fait. Numéro 1, chef autoproclamé des poupées, incarne la peur et le pouvoir (la pièce sur son front montre la richesse de l’Église, qui est d’ailleurs le lieu où il a trouvé refuge). Il est manipulateur et n’hésite pas à sacrifier les autres pour pouvoir survivre. Il est aussi l’allégorie du scientifique qui est fier de sa découverte, et que l’on ne peut pas remettre en cause. Numéro 2, doyen du groupe, incarne la sagesse. Le cas de Numéro 3 et 4, jumeaux, est plus difficile : ils ne parlent pas, si ce n’est par les images qu’ils savent projeter. Ils sont ceux qui ont le « devoir de mémoire », sorte d’archiviste, incarnant donc le savoir, la connaissance. Numéro 5, le borgne, personnifie la bonté, qui même si il y a des règles à respecter, n’hésitera pas à les transgresser afin de porter secours aux autres. Numéro 6 est la figure de l’obsession, du scientifique qui a une idée fixe (il passe son temps à dessiner l’artefact). Numéro 7, seul personnage féminin, est la rebelle, l’insurgée, non soumise : on peut y voir le fait que le scientifique passe son temps à contester les théories de ses collègues, afin d’imposer sa propre vision des choses. Numéro 8, le plus fort d’entre tous, est le pion de Numéro 1. Il matérialise la violence.

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Numéro 9, est le plus difficile à cerner : en fait, tour-à-tour, il se montre courageux, désobéissant, peureux, curieux (quand il met l’artefact qui réveille la machine), triste, amical, intelligent et même faible. Il est l’humanité. On dit souvent que nous sommes humains, avec un double sens : D’une part que nous sommes des êtres doté de sens et de raison, capable du meilleur, et d’autre part que « c’est humain », et que nous pouvons commettre les pires erreurs qui soient.

Mécanique bien huilée

L’animation du film est soignée, le graphisme (surtout celui des poupées de chiffon, avec leur fermeture éclair sur le ventre) collant avec cet univers apocalyptique, où il fait toujours sombre. La musique de Danny Elfman, habitué à Burton, colle parfaitement à l’histoire, et illustre toute la profondeur du récit. Signée Shane Acker, il adapte son propre court-métrage, avec brio. Les scènes d’actions sont fantastiques, les machines étant plus vraies que nature. Il y a quelque chose de réaliste dans la trame du récit, du au soin apportés dans les détails par les dessinateurs.

Le récit empreinte au Steampunk, courant de la science-fiction marquée par une réécriture de l’histoire, dans un futur qui rappellerait le climat de la révolution industrielle, dans l’urbanisme, la civilisation et surtout par l’usage des machines mécaniques. La Machine officie d’ailleurs dans une usine abandonnée, pour créer ses monstres d’acier : on pense notamment au bébé-serpent, qui avale les poupées, après les avoir saucissonner avec de la corde, comme le fond les araignées avec du fil sur leur toile.

Numéro 9 est un film étrange, uchronie de notre monde. Un dessin-animé pour adulte, en 3D, sans vraiment d’humour, et un ton volontairement plus grave. La tension dramatique est omniprésente, mais on se plait à regarder ce petit ovni, et on comprend que Tim Burton ait voulu le produire, admiratif du travail de Acker. Sa fin est synonyme d’espoir, avec la pluie tombant sur la Terre, chargée de vie. Les poupées de chiffons continuent l’espèce humaine, qui a cette fois-ci prit une autre forme. Il y a une dimension presque ésotérique au récit, qui met fin aux traditions (la Chute de l’Église, la fin du règne de l’industrie), comme ci tout n’était que provisoire. Le numéro 9 signifie l’unité, que la finalité a été atteinte et que l’on recommence au début, que l’on renaît.

Courez le redécouvrir, car il fut un échec commercial à sa sortie, en 2009, ce qui est profondément injuste. (notre note : 9/10).

mpp

 

→à voir aussi : le court-métrage d’Acker, à l’origine du film, ici.


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