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666.Sans un bruit : le film d’horreur a encore de belles années devant lui…

Imaginez un monde où vous devez vous taire en permanence, où vous ne pouvez plus faire le moindre bruit, devant faire attention à chacun de vos faits et gestes, de peur de mourir…C’est le pitch incroyable et original que propose Sans un bruit, un film de John Krasinski.

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Père de famille, Lee Abbott (John Krasinski) est l’un des rares survivants d’une catastrophe mondiale ayant frappée la terre : des créatures extra-terrestres sensibles aux sons, dotée d’une ouïe surdéveloppée mais totalement aveugles, ont décimés l’humanité. Terré avec sa femme, Evelyn (Emily Blunt, femme à la vie de Krasinski) et ses 2 enfants (depuis la mort tragique de leur jeune fils), Regan et Marcus, ils tentent de survivre. Mais la grossesse soudaine d’Evelyn n’augure rien de bon : comment accoucher sans un bruit ? Et comment un bébé peut-il ne faire aucun bruit ?

Film d’horreur, Sans un bruit est un film intelligent, plein d’ingéniosité. On y suit le quotidien de cette famille, atypique, car ils ne peuvent pas faire de bruits, ni émettre le moindre son. En effet, les monstrueux aliens peuvent entendre un verre qui se brise à des kilomètres à la ronde. Pour cette raison, aucune porte n’est jamais fermée, et ils marchent pieds nus, sans jamais courir.Leur chance est de pouvoir parler la langue des signes, étant donné que Regan, aînée des enfants, est sourde et muette (l’actrice Milicent Simmonds, vue dans Le musée des merveilles, est en effet réellement sourde). Les personnages parlent donc très peu dans le long-métrage, mais qu’importe, tout passe par leur regard, capable de refléter la plus petite émotion : c’est réellement le miroir de l’âme.

La tension monte crescendo, dans ce film, où tout apparaît d’abord étonnement tranquille, dans ce monde vide et où règne le silence. Les scènes où l’on sursaute sont légions, et la musique est stridente, faisant contraste avec le mutisme dans lequel se sont murés les personnages. On craint pour la vie des personnages, et on est ahuri du courage dont ils font preuve : le moment où l’un d’eux marche sur un clou, et doit se taire, alors que la douleur est intense, par exemple. Les héros ne sont pourtant sans peurs : ils sont terrorisés ! Mais ils doivent faire face, se cacher si ils se font repérer…en effet, rien ne peut tuer les aliens. Ils sont indestructibles…personne n’a jamais réussi à les tuer. L’armée elle-même, et ses nombreux soldats, a été décimée.

Il y a aussi une touche très dramatique à cette histoire : le couple a perdu un enfant, et a du faire son deuil sans un bruit, sans pouvoir hurler leur tristesse. La mère se sent responsable de sa mort, car c’était le seul jour où elle n’avait rien dans les mains, et que si elle l’avait portée sur elle, il ne serait sans doute jamais mort. Mais il était tellement lourd, devenant trop grand pour être porté…Avec le nouvel enfant en route, Evelyn et Lee ont du planifier tout dans le moindre détail, devant tout faire pour que le futur bébé ne se fasse pas remarquer et que l’accouchement (scène particulièrement forte en intensité) se passe le mieux possible.

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Regan est l’aînée des enfants mais aussi celle que la famille tente de protéger le plus, à cause de son handicap. Elle n’entend pas, et n’a pas idée du volume sonore qu’elle peut produire, même si elle comprend les choses. Elle est très courageuse, et voudrait plus de considération de la part de son père. Mais celui-ci préfère partir à la chasse avec son petit frère, qui lui est terrorisé, et ne souhaiterait pas y aller. Le silence du film camoufle l’amour que les personnages éprouvent entre eux, et les liens qui les unissent, au sein du cercle familial. En même temps, il questionne :  quel est le rôle d’un parent ? Protéger ses enfants ! Mais cela est-t-il sans limite, acceptant de se sacrifier, si il le faut, pour eux ? Prêt à vivre, sans un bruit, pour eux ?

Les Aliens ne sont vu que très peu, jusqu’à la scène finale. Cette manière de procéder évoque Alien-le 8e passager, où Ridley Scott ne montrait que furtivement son xénomorphe, avant la dernière scène, où la bête se dévoilait dans toute sa splendeur. Leur allure évoque les monstres de Cloverfield (d’ailleurs le film a failli être un épisode de la franchise), et leur faciès celle du Demogorgon de Stranger Things. En réalité, elles détruisent tout ce qui fait du bruit, car le son leur fait très mal.

En 90 minutes, où l’on oscille entre angoisse, tristesse et horreur, Sans un bruit est un film captivant. On se croirait tout droit sorti d’une histoire fantastique de La Quatrième dimension tant l’intrigue est géniale. Ces dernières années, on assiste à un renouveau du cinéma d’horreur, qui cherche à faire des films crédibles et intelligent, et qui marquent les esprits : en témoigne les fantastiques Get OutIt followsThe Descent, ou encore le récent Hérédité. Glaçant, anti-oxygène, et terrible,  Sans un bruit a déjà tout d’un futur grand classique (notre note : 9/10).

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