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672.Il était une fois une chanson…Rockcollection.

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Titre emblématique de Laurent VoulzyRockcollection est un hommage au rock’n'roll. Les paroles, de Alain Souchon, évoquent les filles, les babyfoot, les guitares,…et le goût d’une certaine époque. Seul semble rester les souvenirs de ces beaux moments, lorsqu’on les écoute.

Rockcollection est un mot valise, formé de rock et  de collection. Il es un prétexte pour rechanter des airs connus des années 60 (il ne s’agit donc pas de samples, c’est-à-dire d’extraits sonores), des Beatles aux Rollings Stones. Voulzy en a livré de multiples versions différentes (il en existe même une de 21 minutes ! ) , avec des titres différents, entourant les couplets en français.

Sorti en 1977, le titre fut n°1 au hit-parade, propulsant Voulzy au rang d’idole des jeunes.


671.Numéro 9 : chef-d’oeuvre d’animation dramatique et réaliste, baignée dans la Steampunk.

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    Voilà un dessin-animé qui sort un peu de l’ordinaire : L’humanité n’est plus…elle s’est éteinte par sa faute, et les rares survivants ne savent même pas comment cela s’est produit. Et pour cause, car ce sont de petites poupées, créées par un savant (mort également), numérotées de 1 à 9. Lorsque Numéro 9 se réveille, il est seul et découvre le monde. Inachevé, il lui manque la parole.  Ramassant ce qui ressemble à un artefact, il l’emporte avec lui. Numéro 9 croisera sur sa route Numéro 2, un vieux sage , qui va lui permettre de parler.

     Mais dans cet univers hostile rôde la Bête, robot-chien qui chasse ardemment les poupées, et qui veut mettre la main sur l’artefact. Ce dernier va enlever le précieux objet et Numéro 2. Numéro 9 va alors trouver refuge chez les autres poupées : Numéro 1 est leur chef, et souhaite avant tout la sécurité, et ne prend donc jamais aucun risque…il décide par conséquent de ne pas partir à la recherche de Numéro 2. Néanmoins, Numéro 9 ne connaît pas la peur (il « vient seulement à existence ») et parvient à convaincre Numéro 5 de l’aider. Ils croisent alors d’autres Numéros, qui ont décidés de se battre contre la Bête, et ne plus vivre reclus dans la peur.

En parvenant à vaincre la Bête, Numéro 9, par curiosité, place l’artefact dans ce qui semble être son support…il réveille alors un ennemi nettement plus redoutable, une créature tentaculaire de fer et d’acier.  

Et l’homme créa…la machine

Numéro 9 est un dessin animé avec plusieurs niveaux de lectures, riche en symbole et à interprétation multiple. Les poupées sont confrontées, successivement, à deux monstres : La Bête, robot-chien traquant en apparence les poupées, mais dont l’existence toute entière semble en fait conditionnée pour un seul but, celui de réveiller la Machine, créature dantesque autonome, capable de créer d’autres machines.

L’humanité, dans le film, s’est éteinte précisément à cause de la Machine, qui s’est retournée contre ses géniteurs, faisant le mal autour d’elle. La créature, à l’origine, devait créer des robots de guerre, sur ordre du Chancelier, mais elle s’est servie ensuite de ses créations pour détruire l’espèce humaine. Le Chancelier était un être qui promettait la paix, et s’est servi de la Machine pour provoquer la guerre, avant de perdre définitivement le contrôle.

Le film tire le triste constat, mais qui semble de plus en plus probable au regard de notre histoire, que c’est l’homme qui se détruira lui-même. À force de vouloir tout contrôler, on ne maîtrise plus rien. Il marque aussi l’inquiétude, de plus en plus grande, que l’on peut avoir en l’intelligence artificielle, sensée être une source de progrès, et qui, en fin de compte, sert uniquement les intérêts des plus puissants, quand elle ne se détraque pas complètement et ne tue pas tout le monde…

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Des Numéros qui ne font qu’un

Les neufs poupées sont en fait des parties de l’âme du scientifique qui les a créées. C’est cela qui les différencie de la Machine, qui en est dépourvue, et qui obéit à une sorte de mécanique de la destruction, sans réflexion aucune sur l’intérêt de ce qu’elle fait. Numéro 1, chef autoproclamé des poupées, incarne la peur et le pouvoir (la pièce sur son front montre la richesse de l’Église, qui est d’ailleurs le lieu où il a trouvé refuge). Il est manipulateur et n’hésite pas à sacrifier les autres pour pouvoir survivre. Il est aussi l’allégorie du scientifique qui est fier de sa découverte, et que l’on ne peut pas remettre en cause. Numéro 2, doyen du groupe, incarne la sagesse. Le cas de Numéro 3 et 4, jumeaux, est plus difficile : ils ne parlent pas, si ce n’est par les images qu’ils savent projeter. Ils sont ceux qui ont le « devoir de mémoire », sorte d’archiviste, incarnant donc le savoir, la connaissance. Numéro 5, le borgne, personnifie la bonté, qui même si il y a des règles à respecter, n’hésitera pas à les transgresser afin de porter secours aux autres. Numéro 6 est la figure de l’obsession, du scientifique qui a une idée fixe (il passe son temps à dessiner l’artefact). Numéro 7, seul personnage féminin, est la rebelle, l’insurgée, non soumise : on peut y voir le fait que le scientifique passe son temps à contester les théories de ses collègues, afin d’imposer sa propre vision des choses. Numéro 8, le plus fort d’entre tous, est le pion de Numéro 1. Il matérialise la violence.

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Numéro 9, est le plus difficile à cerner : en fait, tour-à-tour, il se montre courageux, désobéissant, peureux, curieux (quand il met l’artefact qui réveille la machine), triste, amical, intelligent et même faible. Il est l’humanité. On dit souvent que nous sommes humains, avec un double sens : D’une part que nous sommes des êtres doté de sens et de raison, capable du meilleur, et d’autre part que « c’est humain », et que nous pouvons commettre les pires erreurs qui soient.

Mécanique bien huilée

L’animation du film est soignée, le graphisme (surtout celui des poupées de chiffon, avec leur fermeture éclair sur le ventre) collant avec cet univers apocalyptique, où il fait toujours sombre. La musique de Danny Elfman, habitué à Burton, colle parfaitement à l’histoire, et illustre toute la profondeur du récit. Signée Shane Acker, il adapte son propre court-métrage, avec brio. Les scènes d’actions sont fantastiques, les machines étant plus vraies que nature. Il y a quelque chose de réaliste dans la trame du récit, du au soin apportés dans les détails par les dessinateurs.

Le récit empreinte au Steampunk, courant de la science-fiction marquée par une réécriture de l’histoire, dans un futur qui rappellerait le climat de la révolution industrielle, dans l’urbanisme, la civilisation et surtout par l’usage des machines mécaniques. La Machine officie d’ailleurs dans une usine abandonnée, pour créer ses monstres d’acier : on pense notamment au bébé-serpent, qui avale les poupées, après les avoir saucissonner avec de la corde, comme le fond les araignées avec du fil sur leur toile.

Numéro 9 est un film étrange, uchronie de notre monde. Un dessin-animé pour adulte, en 3D, sans vraiment d’humour, et un ton volontairement plus grave. La tension dramatique est omniprésente, mais on se plait à regarder ce petit ovni, et on comprend que Tim Burton ait voulu le produire, admiratif du travail de Acker. Sa fin est synonyme d’espoir, avec la pluie tombant sur la Terre, chargée de vie. Les poupées de chiffons continuent l’espèce humaine, qui a cette fois-ci prit une autre forme. Il y a une dimension presque ésotérique au récit, qui met fin aux traditions (la Chute de l’Église, la fin du règne de l’industrie), comme ci tout n’était que provisoire. Le numéro 9 signifie l’unité, que la finalité a été atteinte et que l’on recommence au début, que l’on renaît.

Courez le redécouvrir, car il fut un échec commercial à sa sortie, en 2009, ce qui est profondément injuste. (notre note : 9/10).

mpp

 

→à voir aussi : le court-métrage d’Acker, à l’origine du film, ici.


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