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674.Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

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Benjamin Barker (Johnny Depp, lauréat d’un Golden Globe pour le rôle) était un barbier, vivant heureux avec sa femme, Lucy. Ils avaient un enfant ensemble, une petite fille. Mais un jour, un juge diabolique, Turpin, vit la femme, et en tomba amoureux. Il s’arrangea pour envoyer Benjamin au bagne, et lui vola son épouse. Mais celle-ci ne céda jamais à ses avances et connu un triste sort. Le juge adopta l’enfant, qu’il baptisa Johanna. Elle devint sa pupille, et il en fit sa prisonnière. Les années passèrent, et Benjamin finit par sortir du fer. Quinze ans après les faits, l’homme n’avait rien oublié, et décida de se venger lorsqu’il revint à Londres, après s’être évadé. Il changea son nom en Sweeney Todd, se donna en spectacle pour attirer la clientèle, attendant que le juge qui l’avait fait souffrir se présente jusqu’à lui pour se faire tailler la barbe, afin de lui trancher la gorge, d’un seul coup de rasoir.

En 2007, Tim Burton revenait à la réalisation avec un treizième long-métrage : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Il s’inspirait de l’histoire, inspirée semble-t-il de faits réels, d’un barbier, qui devenu fou, se mit à tuer ceux qui sollicitait ses services, et les envoyer chez Mrs Lovett, vendeuse de tourtes, qui se servaient de leurs corps pour faire les dites pâtisseries. Le « conte » a connu de nombreuses adaptations, au théatre, et à la télévision. L’originalité de la version de Burton est d’avoir fait un film qui mélange deux genres très différents : l’horreur et la comédie musicale.

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Victime, vengeance et violence

Todd est une victime du juge Turpin (le regretté Alan Richman). Il n’est cependant pas la seule, parce que l’odieux magistrat n’hésite pas à condamner des innocents, à pendre de jeunes enfants, sans se soucier de la vérité judiciaire. C’est un méchant puissant, que l’on voit peut, mais qui marque. Cependant, chez Todd, la vengeance va devenir un poison, qui va le consumer lentement, mais inexorablement. Sa première victime sera Pirelli (Sacha Baron Cohen, toujours aussi survolté), barbier renommé de Londres, qui le fera chanter car il l’a reconnu. Menaçant de voir son identité révélée, il n’aura pas d’autre choix que de le tuer.

Il y a de nombreux parallèles entre Todd et Edmond Dantès, le célèbre Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Tout deux  sont condamnés injustement, pour quelque chose qu’il n’ont pas fait, puis reviennent, des années plus tard là où tout à commencer, sans dévoiler leur identité, jouant presque un rôle, afin de se venger. Todd veut faire la peau au juge, et à son complice, le bailli Bamford (Timothy Spall).

La violence est omniprésente dans le film. Les lames en argent de Todd font partie intégrante de lui-même, comme prolongeant sa personne. Sans elles, il semble d’ailleurs incomplet. Elles sont l’instrument de sa vengeance. Il est d’ailleurs le meilleur barbier de tout les temps. Le sang gicle à flot, les personnes se succédant sur le fauteuil de barbier à un rythme effréné, avant d’être dépecé pour être transformé en tourte, puis manger par des gens qui demeurent dans l’ignorance la plus totale. Le cannibalisme permet ainsi de recycler tout ceux qui sont morts.

Alors qu’il ne devait tuer à l’origine que le juge et son scélérat de complice, Todd devient un tueur en série obéissant à une pulsion, assassinant des innocents. Persuadés que la ville de Londres est pleine de crasse, il se donne pour mission de la nettoyer. Le barbier ne ressent plus aucun amour pour personne, voyant tout ce qui est de façon négative, capable de tuer même ceux qui veulent lui venir en aide. Il suffit de voir son regard fou, et sa détermination à traquer le petit Toby, garçon de salle chez Mrs Lovett. Mais on ne sait pas ce que l’homme compte faire après avoir accompli sa vengeance…en fait, il y a lieu de supposer qu’il souhaite mourir, puisque à la dernière scène, il entend Toby sortir des égouts où il s’était caché, et lève sa tête, laissant son coup accessible pour que le garçon lui donne le coup de grâce. La vengeance détruit celui qui en est habité. Tragique constat, mais plein de réalisme. Mais un autre tout aussi amer : le chagrin ne jaillit que lorsque le sang coule.On peut d’ailleurs voir Todd pleurer, à la toute fin.

La jalousie est aussi l’un des thèmes de l’histoire : c’est par jalousie que Turpin envoie Benjamin en prison, que Pirelli fait chanter Todd, et c’est par jalousie que Mrs Lovett ment à Todd en racontant que sa femme est décédée. C’est une émotion qui pousse les gens à faire des choses regrettables, et qui ne dure pourtant que un instant. Après avoir obtenu ce que l’on souhaite, tout revient à la normal, et le mal est fait.

Famille recomposée

Mrs Lovett (Helena Boham Carter) connaissait Benjamin Barker autrefois. Elle a toujours été amoureuse de lui, le convoitant secrètement. Lorsqu’il revient, près de quinze ans après avoir disparu, elle voit enfin l’occasion de devenir sa femme. La femme va le soutenir dans son entreprise, l’aidant à se faire connaître dans le quartier, afin que cela arrive jusqu’à l’oreille du juge, qui serait tenter de venir en tant que client chez lui.

C’est d’ailleurs cette dernière qui va lui suggérer de faire des tourtes à partir d’êtres humains. Lorsqu’elle voit qu’il a tué Pirelli, elle ne se choque pas, mais suggère de récupérer la viande. Cela n’est pas un comportement normal. On comprend que Mrs Lovett est folle  : amoureuse de Todd, elle s’imagine qu’ils pourraient vivre ensemble, et Toby, formant une sorte de famille, loin de Londres. Elle aspire donc à un retour au calme, une fois que le barbier aura accompli sa vengeance. Mais la dame lui ment également : Lucy, sa femme, ne s’est pas empoisonnée. Elle est toujours en vie, mais est désormais une sans-abris qui rôde dans Fleet Street, ayant perdu la raison.

Lorsque le film montre ce que Mrs Lovett imagine pour l’avenir, on se rend compte que cela n’est pas possible : Todd ne l’aime pas vraiment, et même dans son subconscient, on perçoit qu’il se force à l’épouser et que le baiser qu’il lui donne n’a rien de naturel. Il n’y a aucun amour, c’est une relation purement unilatérale, servie par le profit qu’il peut retirer de la dame, qui n’a pourtant pas hésiter à lui ouvrir sa maison, et à lui donner une pièce pour ouvrir son salon.

Chantons notre Spleen

Benjamin Barker est mélancholique et en colère : il chante sa douleur tout au long de l’histoire, tantôt à travers les souvenirs et la nostalgie, tantôt pour s’énerver et souhaiter la fin de tout. Il déteste tout, et n’a plus goût à rien.

Mrs Lovett est également triste : elle est pauvre, fait les pires tourtes de Londres, et personne ne se soucie de son existence. Mais à la venue de Todd, elle s’illumine, et chante ses rêves et ses désirs.

Le juge Turpin, méchant suprême est aussi vulnérable : amoureux de Lucy, il ne supporte pas qu’elle le rejette. Puis, amoureux de Johanna, il l’observe en secret tout les jours, la voyant à travers le trou de la lorgnette. Ce voyeurisme est du au fait que, même si elle lui appartient, elle lui est cependant inaccessible. On ne peut pas forcer les gens à vous aimer.

La musique n’est pas de Danny Elfman, compositeur « quasi-attitré » de Burton, mais de Stephen Sondheim. Il a su créer des mélodies capable de coller à un film d’horreur, et facilement reconnaissable, avec des titres chantés remplis de colère et de tristesse. Les acteurs, qui ont du donner de leur voix, chante ce Spleen avec beaucoup d’émotions, capable de colorer leur voix avec une précision importante.

Film très noir, Sweeney Todd n’en demeure pas moins une réussite. À ne pas voir si vous n’aimez pas les films où les personnages chantent de façon perpétuelles. C’est d’ailleurs ce qui a divisé la critique, à la sortie du long-métrage, en 2007 (Notre note : 8/10).


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