A crazy world



676.Batman : l’homme chauve-souris vu par Tim Burton.

On peut sans se tromper, affirmer qu’il y a un « avant » et un « après » Batman. En 1989, lorsque Tim Burton est choisi par Warner Bros pour mettre en scène les aventures du célèbre homme chauve-souris, les super-héros n’ont pas encore envahi le grand écran. Il y a bien eu les 4 volets de Superman, avec Christopher Reeves dans le rôle-titre, entre 1978 et 1987, mais le personnage est trop lisse, et manque de profondeur. À la télévision, ils sont bien présent, avec des séries comme L’incroyable Hulk ou Wonder Woman. Burton vise une vision plus sombre de Batman, plus réaliste.

nn

Tim Burton avait choisi, dès l’origine du projet, Michael Keaton pour se glisser dans la peau de Batman. Il a du batailler ferme avec les producteurs, qui lui aurait préféré un acteur plus expérimenté, lui collant l’étiquette d’acteur comiques. Des lettres de protestations de fans sont envoyées ! Mais Keaton sera Batman ! Jack Nicholson, en vilain Joker, a accepté à condition d’avoir un salaire important (60 millions de dollars, in fine), et une partie des recettes du films et des produits dérivés à celui-ci. Harvey Dent (futur Double-face), est incarné par Billy Dee Williams.

Pour la musique, le virtuose Danny Elfman retrouve Burton après Beetlejuice. Il compose le thème principal, qui deviendra mondialement connu. Il évoque tant la rapidité de l’action des comics,  que les vieilles séries des années 60. Prince est contacté, afin de savoir si certaines de ses chansons peuvent être utilisées, et emballé par le projet, il créera un album complet inspiré du film (où l’on retrouve le célèbre Partyman ou Trust).

L’ombre de la chauve-souris…

Le long-métrage présente Bruce Wayne (Michael Keaton), milliardaire et magnat de Gotham City, qui arpente les rues de la ville, déguisé en Batman. Chevalier masqué, il est difficile à repérer, surprenant tout les bandits et venant au secours des citoyens en danger. Gotham est une cité dangereuse, le crime en est le maître, et la police compte beaucoup de corrompus. L’identité véritable de Batman est un secret bien gardé, connu de son seul majordome, Alfred (Michael Gough, autrefois star de la Hammer, que Burton adorait beaucoup).

Bruce Wayne est un héros Burtonien lui-aussi : solitaire, il vit reclus dans son manoir. L’homme parait frêle, portant un costume qui semble trop grand pour ses épaules si fragiles. Il a de la tristesse, est mélancolique, le tout du à une enfance difficile (comme Willie Wonka, Ichabod Crane ou Will Bloom), traumatisante. La confrontation avec le monde des adultes ne s’est pas faite sans heurt. En Batman, il n’est qu’une sorte de mythe (comme Edward, dans Edward aux mains d’argent), dont les gens parlent, sans qu’aucun d’eux ne sachent qui il est. Sa famille est inexistante (si ce n’est Alfred) et ses rapports avec les autres personnes sont compliqué. 

Cependant des journalistes mène l’enquête sur ce mystérieux justicier masqué. L’une d’elle, Vicki Vale (Kim Basinger), va taper dans l’oeil de Wayne, qui devra faire attention à ne pas dévoiler la vérité. Toutefois, d’une rencontre par hasard lors de l’une de ses réceptions, ils se retrouvent autour d’un dîner.

La pègre est dirigée d’une main de fer par Grissom. Son plus fidèle homme de main, Jack Napier (Jack Nicholson), a une liaison avec sa propre femme. Il décide alors de le piéger en l’envoyant dans une usine de produit chimique pour une mission, et prévient la police. Napier est prit de court, et parvient à semer les forces de l’ordre. Mais l’arrivée de Batman aura pour conséquence de le précipiter au fond d’une cuve d’acide.

Joker

Mais Jack n’est pas mort : il survit à sa chute, et se fait soigner par un chirurgien plastique. Mais son visage ne sera plus jamais le même, arborant désormais une sorte de sourire permanent et figé (inspiré de l’homme qui rit, un classique dont Burton était fan), lui donnant l’air d’un clown. Il n’est désormais plus Napier, il devient le Joker. Et son seul dessein sera de détruire Batman, seul adversaire qu’il considère à sa taille, et dont il veut se venger.

sq

Personnage haut en couleur, le Joker porte un costume violet et se teint les cheveux en vert. Il porte un maquillage de clown, afin de masquer ses cicatrices. Il fait très attention à son allure, et soigne ses entrées : le méchant est le centre de l’attention, chacune de ses apparition est donc un événement. Que ce soit lorsqu’il passe à la télévision où défile dans Gotham en distribuant de l’argent volé aux citoyens pour les distraire avant de déverser des produits chimiques toxiques sur chacun d’eux, l’homme sait se mettre en scène. Il fait du spectacle, tel un artiste qui crée quelque chose de nouveau. Joker se prend d’ailleurs pour un virtuose (un « artiste-assassin »), réalisant des œuvres d’arts vivantes (à partir d’êtres humains). Son humour est macabre (la scène où il électrocute une personne en lui serrant la main) et il utilise de vieux gags d’un autre temps (quand il tire avec le pistolet et qu’un bandeau avec la mention « Bang » apparaît), se montre très musicale (la scène dans le musée où il refait les peintures, en orchestrant une petite chorégraphie).

Paradoxalement, Burton met son Batman au second plan, pour mettre en avant le Joker. Méchant parfait, trouvant que tout est une occasion de rire, de chanter et de faire de vilaines blagues, l’homme met un peu de couleur dans le calme plat qui règne dans la population, terne. Jaloux de Batman, il cherche à avoir les mêmes accessoires que lui, à séduire Vicky Vale (celle qui a photographié l’homme chauve-souris). Il rit pour préparer la violence dont il est le maestro, flinguant n’importe qui, ne respectant personne.

bz

Romance

Bruce Wayne aime Vicky, et celle-ci se montre intéressée par lui aussi, mais déçu du fait qu’il ne s’investi pas davantage dans leur relation, l’ayant fait passée pour un « coup d’un soir ». On comprend dès le début que Wayne a du mal dans les rapports humains : il est introverti, discret, et reste constamment dans l’ombre. Il préfère de loin être Batman, lors de ses petites escapades nocturnes. Il n’y a qu’à voir le dîner qu’il propose à Vicky pour s’en rendre compte : la table est gigantesque, d’une longueur grotesque, et chacun est au bout. Ils ne s’entendent même pas lorsqu’ils essayent de se parler. Bruce ne fait d’ailleurs rien pour l’empêcher de partir.

Dernière danse

Joker tente un dernier grand coup : enlever Vicky Vale et la mener au sommet de la cathédrale de Gotham. Au sommet, il entame une danse endiablée avec la belle, ultime tour de piste avant que les choses sérieuses de se produisent, avant de commettre son dernier méfait. Il danse avec le diable au clair de Lune.

Lors de l’affrontement final entre Batman et le Joker, il y a un basculement : Bruce Wayne comprend que Napier est celui qui a tué ses parents sous ses yeux lorsqu’il était petit, élément déclencheur qui a dicté toute sa vie et conduit à la création de Batman. Le Joker a donc créer l’homme chauve-souris, et Batman a créé le Joker. Et tout cela de façon involontaire.

Mais pourtant, Joker tente de s’enfuir. Il sent qu’il perd le combat, et tente de partir par les airs. Batman le piège et l’élimine. Le vilain fait le grand plongeon et sa mort se déroule à nouveau, tel un grand spectacle, devant un public ébahi et soulagé de son trépas. Mais sa mort délivre Wayne du poids d’un passé trop lourd à porter, de la personne qu’il était avant. Ainsi Batman devient réellement Batman. D’ailleurs, les forces de l’ordre ont a cet instant confiance en lui, faisant une sorte de signal pour l’appeler à chaque fois qu’un danger se présentera.

Presque 30 ans après sa sortie, Batman reste un film emblématique, une oeuvre singulière de Tim Burton, la seule à laquelle il a accepté de réaliser une suite (le très étonnant Batman-le défi). Avec les années, le long-métrage arbore un côté kitsch, évoquant les vieilles séries de super-héros des années 60  (notre note : 8/10).

qa


Laisser un commentaire

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema