A crazy world



679.La Ch’tite famille.

wqa

     Dans sa nouvelle comédie, Danny Boon campe le rôle de Valentin, désigner très connu. Avec sa femme Constance (Laurence Arné), ils ont leur propre affaire, collaborant avec Alexander, le père de celle-ci (François Berléand). Valentin n’a plus de contact avec sa famille, ayant volontairement coupé les ponts avec celle-ci, vingt-cinq ans auparavant. Pour la presse et la haute société qu’il fréquente, l’homme s’est inventé une vie d’orphelin, abandonné par sa propre mère à la naissance. Mais non loin de là, au Nord de la France, sa véritable famille, Ch’ti, va venir à son vernissage pour la rétrospective de sa carrière. Son frère et sa femme veulent lui réclamer de l’argent, et font croire à sa mère, Suzanne (Line Renaud), que Valentin lui a organisé une fête d’anniversaire, car elle veut absolument les accompagner. Lorsqu’il les voit arriver, son cœur fait trois tours : sa carrière risque de voler en éclat, et sa réputation est en jeu. Rien ne se passe comme prévu, et sa mère est déçue. Mais peu de temps après, Valentin est renversé par son beau-père, et se réveille, amnésique : Ses souvenirs ne vont pas plus loin que ses 17 ans…il n’a aucun souvenir de sa vie actuelle, et souhaite rentrer chez sa famille. Mais pour Constance, c’est une catastrophe. Aussi, elle demande à sa famille de revenir  pour l’aider à retrouver la mémoire…

 

     Après avoir réalisé Raid Dingue, Danny Boon repasse derrière la caméra pour La Ch’tite famille. Il écrit une histoire très drôle, avec beaucoup d’émotion. Le thème de la famille est très présent : qui sommes-nous si nous n’avons plus de famille ? Être riche et pleins de tunes permet-il de se sentir vraiment « riche » ? La réponse est négative ! Valentin, s’est oublié lui-même, reniant ses origines, sa modeste famille et la personne qu’il était, pour devenir un bobo snob qui n’a aucune considération pour personne, si ce n’est lui-même. Il a épousé un monde fait de luxe, où il défini ce qui est « in » et ce qui est « out ». Le designer fait des créations froides et inconfortables (la chaise à trois pieds par exemple, que l’humoriste Antonia essaye, offre une scène à mourir de rire, ou encore la table monolithe, où on s’assoit de travers). Personne ne l’aime vraiment dans ce milieu, tout n’est qu’apparence…sauf Constance. Sa femme brûle d’un véritable amour pour lui, et va faire des efforts immenses lorsqu’il perd la mémoire, allant jusqu’à apprendre le ch’ti et à le défendre face aux critiques de la bourgeoisie de Paris. Elle devra faire face au fait qu’il ne ressent rien pour elle, mais est fou de la femme de son frère, Louloute (Valérie Bonneton), fiancée avec lui, à l’époque. Peut-on retomber amoureux quand on est plus la même personne ? L’amour défie-t-il les apparences, est-il une essence immuable, une émotion qui transcende les différences ? Il permet en tout cas de construire quelque chose, d’aller de l’avant, et de faire table rase de qui nous avions été.

     Les parents de Valentin, séparés depuis son départ, lui en veulent, chacun à sa manière : sa mère, Suzanne est triste, mais prête à faire la paix avec lui à la moindre occasion qui se présentera. Lorsqu’elle pense qu’ils vont fêter son anniversaire, et que c’est Valentin qui organise la fête, elle bondit de joie, et va jusqu’à Paris, l’embrassant avec plein de nostalgie, prête à rattraper le temps perdu. Son père, Joseph, incarné par Pierre Richard (qui offre quelques scènes de comique burlesque incroyable), est en colère, prêt à lui tirer dessus si il rentre chez eux. Il faut dire qu’ils aimaient leur fils plus que tout, lui payant son école d’art, avant que celui-ci coupe les ponts avec eux, ne les considérant plus assez bien pour lui, omnibulé par la réussite, et désireux de couper définitivement les ponts avec ses origine Ch’ti, poids difficile à assumer dans le milieu qui sera désormais le sien. Parfois, il faut un coup du destin pour comprendre qu’on fait fausse route…Beaucoup de familles sont séparées, pour des motifs qui ne sont pas vraiment grave. Il faut rester soi et proche des siens, semble nous dire Dany Boon, dans ce qui est, jusqu’à aujourd’hui, son meilleur film, parlant aussi de la différence des classes sociales. La famille de Valentin, pauvre, retrouve son fils et sa compagne, riches qui deviennent riches de cœur, ouvrant le dialogue et l’échange, à ce qui semblait autrefois être une rencontre impossible.  Line Renaud est incroyable, percutante dans ses propos, toujours juste, offrant une grande sensibilité à l’histoire, ainsi qu’une bonne dose d’énergie, à 90 ans bien sonné. En prime, Danny Boon offre un petit hommage à Johnny Halliday, son ami disparu, grâce à Pierre Richard qui reprend « Que je t’aime », en cht’ti (Que j’te ker) (notre note : 9/10).


Laisser un commentaire

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema