A crazy world


703.La Tramontane-Patrick Sébastien.

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702.Big Eyes.

Margareth Ulbrich (Amy Adams) est une artiste. Elle peint se qu’elle voit. Et dans son univers, les gens sont dessinés avec de gros yeux, exprimant pleins de sentiments. Mère d’une petite Jane, elle décide de quitter son mari, et de partir à San Francisco. Là-bas, elle trouve un travail dans une entreprise de meubles, et tente, sur le côté, de vendre ses toiles sur un petit marché. C’est là que sa route croise celle de Walter Keane (Christoph Waltz), un autre artiste. Beau parleur, celui-ci va s’intéresser à Margareth, sortir avec elle et devenir son époux. Il va tout faire pour gagner de l’argent, afin qu’ils deviennent riches et connu. Mais il va le faire en s’attribuant la paternité des œuvres de sa femme. Celle-ci sera dans son atelier à peindre les toiles, pendant que lui ira les vendre. Peu-à-peu, les tableaux attirent les regards, et se vendent comme des petits pains. Walter est invité à la radio, à la télévision, donne des interviews auprès de grands journalistes. Il est acclamé et adulé. Margareth, quand à elle, se tait, et le laisse récolter les lauriers. Mais le poid du mensonge commence à lui peser. Elle trouve la situation injuste, même si ils sont désormais riches…

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A Star is born

Tim Burton, en 2014, décidait de mettre en scène un nouveau film biographique (il l’avait fait précédemment avec Ed Wood), s’intéressant à la vie de Margaret Keane (qui fait un petit caméo dans le long-métrage), artiste incroyable, mais qui à failli se retrouver oubliée de tous, vivant dans l’ombre d’une personne qui la dominait. Il a d’ailleurs plusieurs de ses tableaux chez lui. Elle est une virtuose du pinceau, réalisant exclusivement des portraits d’enfants, avec des gros yeux ronds, exprimant pleins de tristesse. Adepte de la numérologie, elle pense que le chiffre 7 lui portera chance, puisque ses initiales sont M.D.H., lettres situées respectivement à la 13e position, 4e position et 8e position de l’alphabet, et qui additionnés donnent le nombre 25, composé lui même de 2 et de 5. La somme de ces deux chiffres est 7 !

Elle aime Walter, et pense qu’il est bon avec elle et voit en lui un père pour sa fille. Elle sait qu’il est plaisant avec les gens, et peut les convaincre de presque n’importe quoi, grâce à sa force de persuasion. Margareth sait aussi que c’est grâce à lui qu’ils deviennent riches…mais en même temps, c’est aussi à cause de lui qu’elle se retrouve isolée, sans amie, sans personne à qui confier son lourd secret (si ce n’est son chien). Il est à la fois -et c’est assez paradoxal-, la cause de son bonheur, mais également de son malheur.

Walter est un baratineur, un charmeur : il ne sait pas pas peindre et ne le saura jamais. Mais de loin, quand les gens parlent avec lui, il a l’air d’un peintre. De près, il n’est pas grand chose. Il rêvait seulement de devenir célèbre et reconnu, et s’est mis à s’attribuer les œuvres d’autres artistes (Cénic et ses scènes de rues par exemple)…sans grand succès jusqu’à tomber sur Margareth, qui propose résolument quelque chose de nouveau et d’original.  Devenant le peintre Keane, il s’invente une histoire, questionne sa femme sur les sources de son inspiration, sur ses techniques pour dessiner. Puis il va plus loin, en lui demandant ses premiers croquis, afin de « retracer son évolution » pour devenir l’artiste d’aujourd’hui. Ce faisant, il efface une vie, et réécrit par dessus. On a affaire à un acteur vedette, une star qui sait faire sa diva, et se réapproprier l’histoire. Un homme aux deux personnes, tantôt visage sympathique, tantôt être cruel qui n’hésite pas à tenter de tuer Margareth (on cite en exemple la scène où il tente de l’immoler). D’ailleurs, celle-ci le compare -à juste titre- au Docteur Jekyll et son alter ego, Mister Hyde. 

Mensonge et poids

Margareth accepte le jeu malsain de Walter, car elle se dit qu’elle n’a aucune chance de devenir célèbre, puisque c’est une femme. Lorsqu’il lui ramène des liasses de billets de banques, résultat de sa première vente, elle est folle de joie. Quand elle se rend compte qu’il utilise son nom à lui (en fait, il l’a fait signer ses toiles avec le nom Keane !) et explique aux gens d’où lui vient toutes ses idées, elle se sent mal. Margareth a l’impression de lui céder son enfant. C’est une expérience qu’elle vit comme un deuil, mais à l’intérieur d’elle-même, car le pot-au-rose ne peut être dit à personne puisque cela risquerait de faire tout s’écrouler. La femme est piégée, dans un mensonge qu’elle a contribué à créer.

Le plus dur pour elle c’est de mentir à sa fille. Elles se partageaient tout, la prenait pour modèle dans chacune de ses premières œuvres, et là, elles sont comme deux étrangères. Margareth lui interdit de rentrer dans son atelier, lui ment quand la fillette pense reconnaître un des tableaux de sa mère en lui disant qu’il s’agit d’une oeuvre de Walter, et passe peu de temps avec elle, toujours occupée à peindre. Sa copine Dee-Ann (dont l’actrice à des airs à Eva Green) essaye de la sortir de cet enfer, mais en vain…

Puis, en apprenant qu’elle n’est pas la première que Walter a piégée, Margareth demande le divorce. Elle fuit à Honolulu, à Hawaï avec sa fille, et décide d’intenter un procès contre son ex-mari. Elle raconte la vérité à la radio, se soulageant d’un poids et se réconciliant avec Jane. Les dix ans passées dans le mutisme à faire de Walter l’artiste le plus vendu au monde sont révolus. Le procès pour diffamation tourne au désavantage de celui-ci, lâché par ses avocats quand il se transforme en procès pour calomnie. Et là, Walter décide de se défendre seul (sans rien connaître au droit), se donnant en spectacle en transformant la salle d’audience en vaudeville. Ses chorégraphies frisent la singerie, et la cour fait face à une dispute de couple. La parole de Margareth contre celle de Walter. Le juge décide de les départager en leur demandant de dessiner un portrait avec des gros yeux en une heure. La vérité finira par éclater et le mensonge à voler en éclat. Mais Walter ne reconnaîtra jamais.

Les yeux sont les miroirs de l’âme

Les portraits de Margareth ont de gros yeux, car c’est sa façon à elle de voir le monde. Elle pense que les yeux sont des fenêtres, qui permettent de voir l’âme des gens, leur essence profonde. C’est très métaphysique, mais ce n’est pas tout à fait faux. Les yeux expriment beaucoup de choses, sous entendent beaucoup de choses. Ils sont l’instrument de notre réalité.

Burton questionne aussi sur ce que c’est que l’art. Terence Stamp joue un critique nommé John Canaday, et qui semble dicté à tous ce qui est beau et ce qui ne l’est pas. Il le fait selon ses propres critères, avec une subjectivité maximale, sans jamais se remettre en cause. Les propriétaires de galeries d’art le suivent, comme une sorte de gourou…l’art devient alors un phénomène de mode, et ce qui est out n’a pas sa place. Le travail de Margareth est ainsi jugé avec beaucoup de mépris, alors que la plupart des personnes l’apprécient, et tombent fascinés par les portraits.

C’est intéressant de voir que Walter demande à Margareth de réaliser une oeuvre pour l’exposition universelle de New-York, dans l’espoir que ce soit la création de sa vie, au rang du plafond de la Chapelle Sixtine, de Michel-Ange, leur vision de l’art s’affronte. Lui est persuadé qu’un artiste sait qu’il fait l’oeuvre de sa vie au moment où il l’a fait, et qu’il serait dès lors comme dicté par une sorte de « génie », tandis qu’elle pense que cela ne se commande pas, que les créations deviennent célèbres parce que les gens le veulent et ressentent ce que l’artiste a voulu transmettre. D’autant plus intéressant est le fait que sa peinture pour l’exposition est mal accueillie, Canaday trouvant cette chaîne d’enfant de toutes culture trop artificielle, lorgnant dans le sentimentalisme et le kitsch, comme si on avait fait un best-of de tous les portraits…Walter devient fou, se met à injurier le critique, et manque de lui crever l’oeil, instrument par lequel il contemple le monde ! Burton multiplie les plans sur les yeux, les rendant tantôt tristes, tantôt angoissants (Walter lorgnant le trou de la serrure)…permettant de nous faire un jugement. Nous même, face à cette histoire, nos yeux sortent écarquillés, et fascinés ! (notre note : 8,5/10).


701.La planète des singes par Tim Burton.

En 2001, Tim Burton, tout juste auréolé du succès de Sleepy Hollow entreprenait de mettre en scène un remake du film La planète des singes (1968), avec Charlton Heston dans le rôle-titre. Il s’agissait d’une adaptation du roman éponyme de Pierre Boule. Une sorte d’hommage également aux 5 films (1968-1973) réalisés auparavant et qui avaient eu du succès….sauf que Burton voyait les choses un peu autrement, trop heureux de pouvoir mettre en scène un univers qui l’avait touché à sa manière. Mais la Fox ne lui laissera pas tout à fait les mains libres, exigeant un rendement assez éreintant, voulant entrer dans les délais prévu.

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Voyage temporel

En 2029, Leo Davidson (Mark Walhberg, pas très bon dans le rôle), capitaine de la station spatiale Obéron, part à la recherche de Périclès,  un chimpanzé qui a effectué une mission et qui n’est pas revenu. Car les singes doivent remplacer l’homme quand le risque est trop élevé pour sa vie. Mais pris dans une tempête électro-magnétique, il se retrouve propulsé en 5021 sur la planète Ashlar. Dans ce monde-là, une race de singe supérieur à prit le contrôle sur l’homme et l’a asservi en esclavage. Leur évolution est spectaculaire…

Leo est rapidement capturé et fait prisonnier, d’un marchand d’esclave, Limbo (Paul Giamatti), un orang-outan attiré par l’argent. Mais une singe prénommée Ari (Helena Boham Carter), fille d’un sénateur, et prétendant à une égalité des droits entre les hommes et les humains, va l’émanciper, et tenter de l’aider à retrouver son vaisseau, car l’Obéron s’est écrasé sur Ashlar, mais est situé dans la zone interdite. Mais c’est sans compter sur le général Thade (Tim Roth), qui déteste les êtres humains et espère obtenir les pleins pouvoirs sur l’armée afin de pouvoir tous les exterminer…

Le monde à l’envers

Dans cet univers là, les choses sont inversées : le rapport de force homme dominant/ animal dominé n’est plus. Le singe s’est mis debout, a la faculté de parole et un esprit qui lui a permis de prendre le dessus sur ses maîtres. Tout singe croit en Semos, le dieu suprême (en fait il s’agit de l’anagramme de Moses, alias Moïse !), premier des singes à avoir pris le dessus sur les humains…sauf qu’aucun d’entre eux ne sait la vérité. Qu’ils étaient autrefois des asservis, des animaux auxquels on se permettait de n’avoir que peu de respect. La chute des humains est à leur propres tords, puisque après le crash de l’Obéron, c’est Jonathan, fils de Périclès, dont l’intelligence a été augmentée, mena la révolte contre eux…

Toutefois, leur société est organisée : il y a différentes classes (plus que trois), des singes étant mieux lotis que d’autres. C’est une démocratie, dotée d’un sénat. Il y a des décisions qui sont prises, avec l’appui des sénateurs. Les êtres humains ne sont en principe pas tué, mais asservi en esclavage. C’est dans ce climat, qu’oscillent les positions extrêmes d’Ari, qui souhaitent traiter les humains comme ses semblables, et donc faire preuve de plus d’humanité que l’homme n’en avait à l’égard des animaux, et celle de Thade, qui veut les tuer un par un, les voyant comme une race inférieure, une abomination de la nature. Tim Burton, en fin stratège, remet en question toute notre humanité, nourrissant son propos par une métaphore inversant le rapport de force. On se demande sur base de quelle légitimité l’homme s’est déclaré comme être supérieur, et à fait vivre l’enfer aux autres êtres vivants…

Tim et la science-fiction

Avec La Planète des singes, Tim Burton renouait avec la science-fiction, genre auquel il avait goûté avec Mars Attacks ! Mais si le succès fut au rendez-vous au box-office, les critiques ne furent pas tendre avec lui. Il faut dire que, sans être mauvais, c’est probablement son film le moins réussi. On est à des années lumières de son style habituel, son univers sombre et décalé est aux abonnées absents. Pour le coup, on sort des sentiers battus. On lui a reproché la violence dont faisaient preuve les singes (donc de privilégier l’action au fond de son récit), leur maquillage (pourtant très réaliste ! Les acteurs passaient entre 3 et 5 heures pour avoir leur visage simiesque chaque jour…), que Leo semble non concerné par ce qui lui arrive (trouvant ça presque normal), la fin avec son coup de théâtre, l’alchimie inopérante entre Ari et Leo, des incohérences scénaristiques (mais bon tout ne peut pas être hyper réaliste non plus). Mais surtout de ne pas égaler le film original, qui avait tant marqué les esprits…

Pourtant, à tout ses détraqueurs, il faut toutefois corriger leur erreur. D’une part, les décors sont assez burtonien, avec leurs formes bizarres et étranges. D’autre part, Léo n’est finalement pas le personnage burtonien du film. C’est Ari, la femme singe qui l’est. Considérée par ses pairs comme étrange par ses idées de paix et de droit de l’homme, elle est comme une étrangère à leur yeux. Une personne qui n’hésite pas à trahir les siens pour se considérer comme une humaine (elle sera d’ailleurs marquée). Elle est fascinée par leur culture et leurs objet, ainsi que par leur réactions. Sa société est similaire à celle que nous, spectateur connaissons…les singes ne sont pas meilleurs que les êtres humains. Ils copient ce qu’ils leur ont fait autrefois. Leur société repose sur des croyances, des mythes, comme celle des êtres humains, attendant l’arrivée future d’une sorte de messie…

Pour Léo, c’est plus compliqué. Il devrait être le héros du film, et bien qu’il passe le plus de temps à l’écran, on n’éprouve aucune sympathie pour lui. Il semble égoïste, ne se souciant que de lui, rappelant que chez lui les singes sont en cage. Il ne cherche pas à accepter ce rôle de sauveur que les autres humains attentent de lui, ni à ce mouler dans celui d’homme dangereux et différents que les singes lui casent. Pourtant, il étonne à plus d’une reprise : il se lance à la recherche de Périclès, son chimpanzé préféré, il sauve Ari, et finit même par vouloir…l’embrasser ! Avec Ari, ils ont tout deux cet esprit rebelle, mais pour des raisons antagoniste : elle veut le bien de tous, lui veut sauver sa peau.

Lorsque Léo prend conscience que tout ce qui est arrivé est de sa faute, il se met à douter, à éprouver des regrets, et à comprendre sa place dans cette histoire. Il accepte peu-à-peu son rôle de sauveur, de rédempteur, entreprenant de mettre fin à la tyrannie simiesque et aux agissements de Thade (qui est complètement fou et fait preuve d’une agressivité inouïe). À montrer le chemin, face à la bestialité dont chacun est capable. Du moins c’est ce qu’il croira…mais cela est une autre histoire.

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À noter que Charlton Heston, qui jouait le rôle principal, l’humain Taylor, dans la version de 1968, campe ici celui du père du général Thade, Zaïus (autre clin d’œil au film original). Un personnage qui a caché aux singes leur origines, et qui déteste les hommes autant que son fils. Il cite d’ailleurs la même phrase qu’il prononçait pour conclure le premier film, à savoir qu’il maudit les hommes. Linda Harrison, qui incarnait Nova, une esclave éprise de Taylor, revient dans le rôle d’une esclave. Lisa Marie, compagne de Burton à l’époque, campe une femme singe d’un sénateur…baptisée Nova ! Il y a différentes espèces de singes : gorille, orang-outan, babouin, mandrill et même chimpanzé.  La Planète des singes est un film inégal, mais intéressant . Malgré un twist final, assez improbable, qui aurait pu donné à une suite intéressante (faisant écho avec la fin du roman, imaginée par Pierre Boule), le projet ne vit jamais le jour… (notre note : 7/10).

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(Linda Harris et Charlton Heston, dans La Planète des singes, en 1968)

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(Linda Harris dans le film de Burton)

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(Charlton Heston dans le film de Burton)

 


700.Petit best of des articles 601 à 699/ Début de la saison 7.

En septembre 2017, nous bouclions le 600e article…presque un an plus tard, 100 articles de plus ont vu le jour (et on a parlé de 60 films en détail) ! Nous vous proposons donc de redécouvrir un petit best of des 10 meilleurs publiés au cours de cette année. Ce 700e article marque aussi le commencement de la 7e saison du blog, qui sera la dernière. L’aventure, débutée, le 2 septembre 2012, prend peu-à-peu sa fin.

  1. Looper : analyse du film de Rian Johnson
  2. Stranger Things : saison 2
  3. Incassable : analyse du film de M.Night Shyamalan
  4. La Forme de l’eau : analyse du film de Guillermo Del Toro
  5. Three Bilboards : les panneaux de la vengeance (analyse du film)
  6. The Thing : film culte
  7. L’homme qui tua Don Quichotte
  8. Tim Burton : biographie expresse
  9. The Watchmen : les gardiens
  10. Big Fish : analyse du film de Tim Burton
  11. Il était une fois dans l’Ouest
  12. Mr Mercedes

699.Mr Mercedes : Le King est toujours au top.

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Stephen King n’est pas qu’un auteur abonné au fantastique et aux romans d’horreur. Il peut aussi raconter des histoires plus psychologique (la petite fille qui aimait Tom Gordon), des thrillers oppressants (Misery) et même tenter l’exercice d’écrire un polar. Pour le dernier exemple, il a sorti, en 2014, un roman intitulé Mr Mercedes.

Le pitch est plutôt classique, mais tient la longueur : Bill Hodges, ancien policier à la retraite depuis peu s’ennuie. Il passe ses journées à manger et à regarder la télévision. Il repense aux affaires qu’il a résolue, ainsi qu’à celles dont il n’a pas réussi à venir à bout. L’une d’entre elle concernait le tueur à la Mercedes, où un déséquilibré avait foncé, à bord d’une Mercedes, dans une foule, lors d’une foire à l’emploi, faisant 8 morts et un certains nombre de blessé. Il s’était ensuite enfuit, sans que personne ne puisse jamais l’identifier. Le coup parfait, le coup unique. Sauf que la Mercedes appartenait à une femme, Olivia Trelawney, qui ne comprenait pas comment sa voiture avait pu être subtilisée, et niait toute implication dans cette histoire…peu de temps après, la dame se suicidait. Hodges reçoit une lettre du tueur à la Mercedes, le mettant au défi de le retrouver, lui proposant de « converser » avec lui sur Internet. Le policier décide alors de sortir de sa retraite, en secret, et de mener l’enquête. D’autant que la sœur d’Olivia, Janey, prend contact avec lui…

Stephen King, 70 ans bien sonné, demeure l’un des plus incroyables écrivains de sa génération. Avec Mr Mercedes, il coupe court à toute spéculation dès le début : le lecteur connaît l’assassin, c’est Brady Hartsfield, un jeune homme soigné qui vit encore chez sa mère, entretenant avec elle une relation quasi-incestueuse. Un type banal, que personne ne remarque, qui jongle avec deux boulots : glacier (ce qui lui permet de passer dans le quartier et d’observer les faits et gestes de Hodges) et réparateur dans une boutique informatique. C’est donc une histoire à la Columbo que nous propose l’auteur, en nous proposant de savoir comment son héros va tenter de débusquer le criminel. Et on se prend au jeu, tant la tension monte crescendo, à mesure que l’étau se resserre…Un très bon King (notre note : 8,3/10).

à voir aussi :

Mr Mercedes, série télévisée tirée du livre.

Carnets noirs et Fin de ronde, suites de Mr Mercedes.


698.Avengers : Infinity War.

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Thanos (Josh Brolin), le terrible Titan, est bien décidé à s’emparer des 6 pierres de l’infinité, afin de faire disparaître la moitié des êtres vivants de chaque planète. Il est persuadé que nous épuisons nos ressources sans compter, et qu’il n’y en aura bientôt plus assez pour chacun. Convaincu que c’est le meilleur choix possible afin de rétablir un équilibre, de manière impartiale (l’autre moitié sera sauvée), le colosse s’est donner la mission d’y arriver, pour le bien commun. Les Avengers, aidés des Gardiens de la galaxie vont tout mettre en oeuvre pour l’empêcher d’accomplir ses terribles desseins…Le film s’ouvre là où Thor : Ragnarök s’arrêtait.

Le film de tous les superlatifs

Avengers : Infinity War, troisième volet de la saga des Avengers, et 19e film du Marvel Cinématographique Universe (MCU, pour les initiés), est probablement le film dont on a le plus parlé en 2018. Avec le plus gros budget de tout les temps (près de 420 millions de dollars !), le long-métrage est celui qui a eu le plus de succès aux box-office cette année  (2 milliards 45 millions de dollars de recette !), ce qui lui a valu d’être le 4e film ayant eu le plus de recette de tout les temps et d’entrer dans le cercle très fermé des films ayant dépassé les 2 milliards récoltés (où figurent, dans l’ordre : AvatarTitanic, et Star Wars-épisode VII : le réveil de la Force). 

L’histoire de la guerre de l’infinité est un déluge d’effets spéciaux : les batailles sont spectaculaires, les héros se battant sans relâche, usant de leurs pouvoirs, pour nous en envoyer pleins les yeux. On prend tout ce qui a fait le succès de tout les films du MCU, et on mélange le tout, dans une grande marmite : les super-héros sont tous là (à l’exception de Ant-Man et d’Oeil de faucon…étrangement absent) pour faire face à ce qui s’avérera être leur ennemi le plus redoutable. Le puissant Thanos, qu’on avait aperçu dans les autres films, le temps d’un caméo, est ici le personnage principal d’Infinity War (Brolin est le premier à être crédité. C’est sa guerre à lui…et on peut dire que le personnage est un méchant puissant et incroyable. Sans aucune pitié, ne faisant pas de prisonniers… Colosse, il est d’une cruauté sans faille, ne se remettant jamais en question. Il est prêt à tout pour arriver à ses fins, et à empêcher quiconque voudrait l’arrêter. Et lorsqu’il aura les 6 pierres, un simple claquement de doigts suffira pour accomplir son rêve.

6 pierres pour un gant

La main de Thanos rêvet un gant doré à sa main gauche : il s’agit du gant de l’infini, forgé par Eitri (Peter Dinklage),  roi des nains sur la planète Nidavellir… et pour une fois, l’acteur, atteint d’achodroplasie est beaucoup plus grand ! C’est un géant ! Thanos lui a laissé la vie sauve, mais tué tous les siens et rendu incapable de forger quoi que ce soit…

Le gant permet de rassembler les 6 pierres de l’infini sur une seule main, de façon à décupler la puissance de on propriétaire, et d’en faire l’être le plus puissant de l’univers. Ces pierres sont éparpillés un peu partout, si bien que la quête de celles-ci (qu’on suit dans le film) est complexe :

  1. La pierre de l’espace (bleue) : elle octroie à son titulaire le pouvoir de téléportation (de soi-même ou d’autrui). Elle était le Tesseract, et son dernier propriétaire Loki, sur Asgard.
  2. La pierre de l’esprit (jaune) : elle octroie à son titulaire le pouvoir de contrôler l’esprit des gens, ainsi que de réaliser des projections astrales. Confié par Thanos à Loki, dans son sceptre, elle a permit ensuite de donner vie à Vision.
  3. La pierre du temps (verte) : elle octroie à son titulaire le pouvoir de contrôler le temps (passé-présent-futur). Docteur Strange la détient autour de son cou, dans l’oeil d’Agamotto, et en est le gardien.
  4. La pierre du pouvoir (violette) : elle octroie à son titulaire de le pouvoir de détruire tout ce qui est (y compris des planètes !). Son ancien titulaire était l’effroyable Ronan l’Accusateur, sbire de Thanos, qui l’avait récupéré dans l’Orbe de Morag. Les Gardiens de la galaxie étaient parvenue à la récupérer et à détruire son titulaire. Elle était sur Xandar, gardé par les cohortes de Nova.
  5. La pierre de l’âme (orange) : elle octroie à son titulaire le pouvoir de voler et manipuler l’âme des êtres vivants et morts. Personne ne sait où elle est située, sauf Gamora, qui l’avait trouvée et cachée.
  6. La pierre de la réalité (rouge) : elle octroie à son titulaire le pouvoir de contrôler la réalité et de la modifier, de façon à tromper ceux qui s’y trouvent. Elle était dans l’Éther, mais a été confiée au Collectionneur.

Thanos & Gamora

Le film offre enfin des explications sur la relation qu’entretenait Gamora, avec son père adoptif, Thanos. Les flash-back montre comment elle s’est retrouvée sous le joug du puissant Titan, qui l’a élevée comme sa fille, et en a fait une impitoyable guerrière. D’ailleurs, il vit très mal sa trahison et le fait qu’elle souhaite le tuer…Elle est en fait ce qui est de plus précieux pour lui, paradoxalement. Et là, les frères Anthony et Joe Russo, réalisateurs du film, dévoile quelque chose d’assez inattendu : Thanos a un coeur ! Il bat pour Gamora, sa petite prodigue. Il sait qu’elle a trouvé la pierre de l’âme, car il l’avait chargé de cette mission, autrefois. Il n’hésite d’ailleurs pas à torturer Nebula (son autre fille, mais qui n’a aucune importance pour lui) sous ses yeux afin qu’elle parle.

Et on suit alors les retrouvailles tant attendue entre un père et sa fille, que tout sépare désormais. Ils s’en veulent mutuellement, et leur sentiments mêlent tristesse, déception et colère. Mais ce rendez-vous à des allures de requiem, car pour avoir la pierre, Thanos doit sacrifier ce à quoi il tient le plus au monde…et il s’agit de Gamora ! Celle-ci n’en revient d’ailleurs pas, ayant du mal à croire à pareille vérité ! 

Le crépuscule des héros

Infinity War voit malheureusement le traditionnel happy end lui échapper…Si la fin vous laissera sur votre siège, perplexe, en quête d’une suite qui n’arrivera pas avant 2019, le film vous provoquera un ouragan d’émotions. Les super-héros n’ont jamais été aussi forts (et les vilains aussi, en témoigne le terrible Ebony Maw), les combats jamais aussi beaux, mais les pertes n’ont jamais été aussi nombreuses. Difficile de dresser la liste de tout les noms qui s’évapore, victime du puissant Thanos, qui ne recule devant rien. Ils ont enfin trouver un adversaire difficile à vaincre, et on avait jamais vu un film aussi abrupte, depuis X-men : l’affrontement final (où les figures de proues de la saga tiraient leur révérence). C’est apocalyptique.

Easter Eggs et références : les joyaux du MCU

Pour finir cet article sur une note joyeuse, place aux multiples easter eggs, clins d’oeils et références qui se sont glissés dans le film des frères Russo. Il y a de réelles surprises, au cours de ces 2h30 de grand spectacle.

Le Crâne Rouge, ennemi du capitaine America n’est pas mort ! Le Tesseract l’avait en fait téléporté ! Mais sa position est désormais peu enviable, condamné à un exil sans fin (on pense aux châtiment grec, du type supplice de Tantale), sur la planète Vormir. Captain Marvel, nouvelle héroïne, sera de la partie dans la suite d’Infinity Wars…comme le tease la scène post-générique. Thor revient avec une arme mythique : le Stormbreaker. Stan Lee (95 ans !!!) , fait un nouveau caméo dans le film, en tant que conducteur de bus. David Cross, d’Arrested Development fait une apparition, comme objet du Collectionneur. Rocket offre à Thor un nouvel oeil…celui qu’il avait volé dans Les Gardiens de la galaxie. Groot joue au jeux vidéo Defender.  Loki recite une célèbre phrase que Tony Stark lui avait citée dans AvengersBenicio Del Toro auto-parodie le rôle qu’il tenait dans le film Snatch. Il y a aussi un joli clin d’oeil à Alien-le 8e passager, par l’entremise de Spider-man, qui rejoue un passage du film…

Visuellement époustouflant, techniquement parfait, Avengers : Infinity Wars est définitivement l’un des meilleurs film de super-héros. Pourtant la recette de ce genre de film est toujours la-même, mais cette idée de rassembler les personnages d’un même univers est décidément terrible. Croiser les Gardiens de la galaxie (qui apparaissent, sous une chanson, le titre pétant The Rubberband Man des Spinners), les Asgardiens, les habitants du Wakanda, Spider-man, les Avengers et le docteur Strange dans le même film, offre un coctail explosif. Il y a de l’humour, des scènes absurdes (Star-Lord passe vraiment pour un idiot) mais aussi d’autre moment, d’un incroyable sérieux, presque solennel. On attend vivement la suite (notre note : 9/10), d’autant que de très nombreuses questions restent en suspens… 

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697.Là-haut.

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Le tourbillon de la vie…

La scène d’ouverture est une pépite à elle seule, et résume tout le savoir-faire dont l’écurie Pixar est capable : Carl Fredricksen est un petit garçon qui rêve de devenir explorateur. Il est fan de Charles Muntz, un célèbre explorateur qui a découvert les chutes du Paradis, au Vénézuela, et a ramené le squelette d’un oiseau gigantesque…qui s’est avéré être un faux ! Il fut alors accusé de tricheur et de menteur. Honteux et blessé dans son égo, l’homme était reparti, jurant de ne revenir que lorsqu’il aurait attrapé le dit oiseau. Carl rencontre un jour Ellie, une petite fille qui rêve aussi de devenir explorateur et d’aller voir les chutes du Paradis. Les 2 enfants vont jouer ensemble, grandir ensemble, et finir par former un couple. Ils se marieront, mais ne sauront pas avoir d’enfant. Lui sera vendeur de ballon dans un zoo, elle prendra des photos des enfants dans le zoo. Les années passeront, et leur rêve d’aller vivre aux chutes du Paradis sera sans cesse remis à plus tard, les soucis et tracas de la vie les retardant sans cesse…Et à 79 ans, Carl décide enfin de franchir le pas, rêvant de faire une surprise à Ellie…mais hélas, le temps la rattrapant, elle s’endormira paisiblement sur un lit d’hôpital. En une seule scène, de 11 minutes, Bob Peterson et Pete Docter nous envoie du très lourd : le tourbillon de la vie, à la fois drôle et triste. La musique de Michael Giacchino (qui reçut un oscar pour le film) est très riche en émotions, coulant doucement, avant de prendre du galop, pour finir lentement. Le thème réapparaîtra plusieurs fois dans le récit, évoquant les souvenirs, et la nostalgie qu’ils véhiculent.

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Dans la scène suivante, nous retrouvons Carl, peut de temps après, aigri par la vie et seul. Il ne sort presque pas, et son quartier est en train de disparaître, chacune des maisons étant rachetée par un magnat de l’immobilier, qui les rasent et construit des immeubles. Celui-ci rêve d’acheter la maison de Carl, dernière subsistant. Mais le vieillard refuse…sauf que suite à un incident, il est contraint d’aller en maison de retraite et de quitter sa maison. Les responsables de la maison de repos arrivant le chercher, il prétexte devoir faire le tour des pièces une toute dernière fois…en réalité, il va en profiter pour mettre en oeuvre son plan d’évasion : il a gonflé des milliers de ballons durant la nuit, afin de faire décoller sa maison du sol et d’aller avec sa bâtisse en Amérique du sud, afin de réaliser le rêve d’Ellie ! Et le voilà, qu’il vole dans les airs, disant adieu à son vieux quartier et laissant le terrain libre, sous les yeux, écarquillés des gens qui le regardent. Sauf que, en cours de route, Carl se rend compte qu’il a embarqué un petit scout nommé Russel, venu le voir la veille, afin de l’aider pour obtenir le badge d’assistance des personnes en danger. Et lorsqu’il souhaite redescendre, la maison est pris dans une tempête. À leurs réveil, ils sont en Amérique du sud, près des chutes du paradis. Mais ils sont loin d’être seul…

Un grand voyage

Dixième film d’animation Pixar (et oscar du meilleur film d’animation), Là-haut repose sur un postulat pour le moins original : un vieillard solitaire décide de faire voler sa maison, afin d’entreprendre un ultime voyage, vers un pays où il avait toujours rêvé d’aller vivre avec sa femme. La recherche de l’évasion, pour fuir un quotidien terne et gris. Carl est un vieux bougon grincheux (qui rappelle un peu les acteurs Spencer Tracy et Walter Matthau), qui se remet péniblement de la perte de sa femme. Il n’a qu’une certitude : il ne souhaite pas finir dans un hospice, et à l’impression de devoir encore quelque chose à sa défunte Ellie…lors de leur première rencontre, Carl lui avait promis de l’emmener voir les chutes du Paradis. Un lieu idyllique, presque fantasmagoriques, où le temps ne semble pas avoir d’emprise. L’occasion est donc trop belle de réaliser ce doux rêves…Pour la petite info, dans le film, Carl utilise plus de 20 000 ballons pour prendre les airs. En réalité, pour soulever une maison, il en faudrait plus d’un million ! Pour soulever une personne, une quarantaine de ballons gonflés à l’hélium suffiraient…

Mais en même temps, Carl n’est pas seul. Russel, une sorte de scout « explorateur » (ce qu’il était lui-même étant enfant), sera de la partie, bien malgré-lui. Et il lui sera impossible de le remettre aux autorités afin de le ramener chez lui, parce qu’ils seront beaucoup trop isolés. Mais l’enfant, ne s’avérera pas être un poids. Personnage sympathique, Russel va obligé Carl à se montrer bienveillant et à s’adoucir.

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Sur leur route, ils vont croiser l’oiseau légendaire, le dabou. Baptisé Kevin par Russel, le volatile adore le chocolat. Il s’avérera être un allié de taille face à celui qui règne en maître ici…Charles Muntz, lui-même, l’idole de Carl, vieillard athlétique, bien décidé à mettre la main sur Kevin. Aidé par une armée de chien capable de parler grâce à un collier, l’ancien explorateur souhaite être réhabilité et enfin reconnu par ses pairs. Mais malgré des décennies passées à traquer le dabou, il n’y est jamais arrivé…car l’oiseau est comme le bip-bip des Looney Tunes : trop rapide. Charles est toujours, au fond, un homme prêt à tout pour être reconnu…prêt à tuer tout ceux qui convoiteraient aussi l’objet de sa quête…les réalisateurs, en créant ce personnage, s’inspirent en fait de Charkes B.Mintz, un producteur qui s’appropria la paternité du personnage d’Oswald, le lapin chanceux, l’exploitant, alors qu’il avait été créé par Walt Disney ! Méchant parfait, Muntz a perdu la raison, est omnibulé par un rêve incroyable et inaccessible. Il est un peu l’antithèse de Carl, à la fin du récit.

Le long-métrage est rempli d’humour, de gags et de références cinématographiques. Les situations absurdes ou surréalistes étant légions. L’animation est très soignée, sur le plan visuel, riches en couleurs (d’ailleurs, quand la maison s’envole pour la première fois, on voit une vaste palette de tons inondant l’écran). Il y a aussi de la poésie dans le film, la musique de Giachonno se rapprochant de ce que l’on pourrait qualifier de « beau ». Le film évolue vers un film d’aventure dans sa seconde partie, resserrant les liens entre Carl et Russel, qui voit en lui comme un grand-père, comblant l’absence de son père. Carl repense de nombreuses fois à Ellie, et on a presque l’impression qu’elle est aussi du voyage…elle lui fera comprendre, qu’au fond, leur rêve était très superficiel, et rien comparé au chemin qu’ils ont parcouru ensemble. L’aventure est en chemin et non au bout. Carl ira vers l’avant. (notre note : 10/10).


696.Tim Burton a 60 ans.

Leitmotiv du blog durant les mois juillet-août, Tim Burton fête aujourd’hui ses 60 ans. Un anniversaire de taille, et un chiffre qui commence à être important. Pour fêter cela, nous en profitons pour vous proposer de relire les articles que nous lui avons consacré sur certains de ses films…


695.Jean-Christophe & Winnie.

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Les années ont vite passée et Jean-Christophe (Ewan McGregor) est devenu un adulte. Marié à Evelyn, il a avec elle une fille prénommée Madeleine. Mais Jean-Christophe est omnibulé par son travail, et délaisse sa famille. On lui a toujours imposé rigueur et discipline, lui rappelant sans cesse que les choses n’arrivent pas sans rien faire. Qu’il faut travailler dur, en se privant constamment. Il est l’employé de Giles Winslow, un homme omnibulé par l’argent, et lui demande sans cesse de faire des économies dans le service qu’il dirige, celui des bagages Winslow.

Lorsqu’il était enfant, Jean-Christophe passait ses journées en compagnie de Winnie l’ourson, son meilleur ami, dans la forêt des rêves bleus. Ils étaient accompagnés de Porcinet, Coco lapin, Tigrou, Maître Hibou, Maman gourou et Petit gourou, et vivaient des aventures incroyables. Mais le destin a voulu que Jean-Christophe déménage, quittant à tout jamais ses amis. Il fut envoyé en pension, et perdit son père, peu de temps après. Sa vie ne fut alors plus si rose que ça…

Aujourd’hui, Jean-Christophe déçoit encore une fois sa femme et sa fille. Elles s’en vont donc encore sans lui, à la campagne, pour passer des vacances, pendant qu’il travaille à un métier qu’il n’aime pas vraiment mais fait par obligation. Mais alors qu’il rentre chez lui, tentant d’esquiver son encombrant voisin, il tombe dans le parc nez-à-nez avec Winnie l’ourson, qui le reconnaît immédiatement. Jean-Christophe croit à une hallucination mais cela n’est pas le cas ! Son vieil ami est bien là ! Celui-ci s’est perdu et ne sait pas comment rentrer chez lui…d’ailleurs, à la forêt des rêves bleus, tout ses amis se sont mystérieusement envolés ! Il a besoin de l’aide de Jean-Christophe…mais ce dernier ne sait pas qu’il se fera également aidé par lui…

Jean-Christophe & Winnie est un film incroyablement beau. On aurait pu croire à une énième histoire déjà vue et revue, dont la recette est chère aux Studios Disney, mais il n’en est rien ! Marc Forster (cinéaste touche-à-tout, de Neverland à World War Z, en passant par Quantum of Solace) réalise un film touchant. L’histoire est d’une grande tristesse, tant pour Jean-Christophe, qui reproduit l’extrême rigueur que ses parents lui ont apprit, et qui s’est perdu en cours de route, n’étant plus lui-même, que pour Winnie l’Ourson, qui a attendu 30 ans pour retrouver son meilleur ami, et qui se retrouve face à un homme qu’il ne reconnaît pas et qui a perdu le sens des priorités. La nostalgie est palpable, et le message profond.

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En même temps, on ne peut s’empêcher de (sou)rire aux pitreries de Winnie, qui est décidément un petit ours fort maladroit. L’humour est omniprésent, distillé intelligemment. Toutefois, il est aussi pleins de sagesse, étant un être aux conseils fort avisés…on ne l’avait jamais connu aussi philosophe ! On a aussi droit à la chanson « Mains en l’air », où Winnie fait de l’exercice devant son miroir. Jim Cummings, prête à nouveau sa voix au personnage dans la version originale (qu’il tient depuis 1985 !), tandis que pour la voix française, Roger Carel cède sa place à Jean-Claude Donda. Le bestiaire du dessin-animé original (Porcinet le cochon peureux, Bourriquet l’âne dépressif,…) est aussi de la partie (et plutôt réussi, l’aspect peluche usée offrant un rendu intéressant, évoquant l’enfance et les « doudous »), mais en second plan, le film s’intéressant davantage à la relation Winnie/Jean-Christophe. Ce dernier est incarné par Ewan McGregor, un acteur incroyable, capable de retomber en enfance très facilement, et de nous faire croire en l’impossible (on se rappelle de lui dans Big Fish). Au fond, c’est aussi ça la philosophie du film : rester qui on est, conserver son âme d’enfant (cela évoque d’ailleurs Hook, et son Peter Pan devenu adulte, par moment). Profiter de la vie et de ceux qui ont de l’importance pour nous ( Notre note : 8,4/10). Détail anecdotique : le film est censuré en Chine, en raison des détournements photos de Winnie,  comparé avec le président Xi Jiinping…

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694.Il était une fois une chanson…Cry Me a River.

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En 2002, Justin Timberlake sort son premier album, et se remet de sa rupture avec la chanteuse Britney Spears, qui l’a trompé. Tout deux avaient été en couple durant trois ans. Sous le choc, il décide d’écrire une chanson évoquant son histoire, celle d’un homme, triste et dont le cœur est brisé, et qui ne peut pardonner à celle qui l’aimait, qui ne veut pas, car le mal est fait. Il lui demande quelque chose d’impossible : de lui pleurer une rivière, ce qui est une métaphore de la douleur qu’il ressent.

Officiellement, le chanteur a toujours nié tout rapport avec sa vie privée et le titre en question. Quoi qu’il en soit, la mélodie est superbe, mixant tant de la guitare que des synthétiseurs ou du clavinet. Les paroles sont pleines de poésies, et doté d’un grand sens du tragique. Le clip évoque le titre, et la jeune femme blonde qui apparaît rappelle étrangement Britney Spears…

Avec Cry Me a River, titre pop énergique, le jeune homme va voir sa carrière décoller, obtenant plusieurs Grammy Awards en 2004. A noter que Spears, en 2004, a sorti la chanson Everytime, qui est une sorte de « réponse », semi-avouée, au titre de Timberlake. Dans ce titre, elle demande pardon d’avoir fait souffrir une de ses anciennes conquêtes…


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