A crazy world



681.The Watchmen : les Gardiens.

En 1985, le Comédien, super-héros est assassiné, jeté violemment par la fenêtre, après un combat dans son appartement. Rorschach (Jackie Earle Haley), un ancien ami et collègue, décide de mener l’enquête afin de savoir ce qui lui est arrivé et si les autres super-héros ne courent pas un terrible danger. Il part prévenir les autres Watchmen, tous retraités, et leur demande de l’aider à retrouver le coupable…

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Il était une fois…Les Watchmen

Adapté du roman-graphique d’Alan Moore (V for Vendetta, From Hell, Constantine) et Dave GibbonsThe Watchmen raconte l’histoire d’une troupe de super-héros, qui ont voulu maintenir la paix dans le monde. Les premiers furent l’équipe des Minutemen, à la fin des années 30, qui partirent à la retraite, à l’exception de trois d’entre eux, le docteur Manhattan, le Comédien et Rorschach, qui intégrèrent l’équipe suivante : les Watchmen (les gardiens). Le docteur Manhattan (Billy Crudup) fut leur guide, permettant aux USA de gagner la guerre du Vietnam, et de calmer la Russie et sa menace nucléaire.

Héros d’une bande dessinée plus ambitieuse, les Watchmen se distingue par des personnages dont la psychologie est très élaborée (ils n’ont pas de vrais pouvoirs, si ce n’est le docteur Manhattan) : on est dans leur tête, il y a une réelle mise en abyme. Les super-héros sont le centre de l’intrigue. Ils doutent, ont des regrets sur ce qu’ils font ou ont fait (on pense au Comédien), savent qu’ils ne font que porter qu’un déguisement, avec un masque. On a beau être un super-héros, on en demeure pas moins un être « humain ». C’est ambigu, la moralité est à rude épreuve à de nombreux moments charnières de l’histoire. Le monde est noir et le mal est omniprésent.

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L’Amérique de Nixon

L’histoire de Wachtmen se situe en 1985, dans une Amérique modifiée, par l’arrivée du docteur Manhattan, en 1959 : Nixon en est à son 5e mandat présidentiel  ! Les super-héros semblent être retourné à la vie normale, laissant la corruption s’installer, et les atrocités se multipliant (bien que Rorschach tente d’intervenir afin de les limiter). Un conflit nucléaire est sur le point d’éclater entre les USA et l’URSS, risquant de provoquer la fin du monde ! Alan Moore a toujours eu une sainte horreur des bureaucraties et des dirigeants…il scande la liberté dans V for Vendetta, et le fait à nouveau ici, tant qu’à provoquer le désordre. Le monde est forcément différent, la technologie ayant permit d’accomplir des prouesses remarquables.

C’est une uchronie, une réécriture de l’histoire, avec des faits différents (que se serait-il passé si…?). Ici, ce qui a changé l’histoire, c’est l’arrivée des Gardiens. Le temps semble avoir une importance primordiale dans le récit, qui débute d’ailleurs sur une horloge de l’Apocalypse, qui n’est qu’à 5 minutes de son crépuscule. Watchmen signifie gardien, mais si on isole watch, on à la fois un verbe (surveiller) et un mot (une montre), qui évoque le temps. Un événement particulier peut changer tout le cours du récit, et provoquer un basculement…le docteur Manhattan se voyait horloger, et le voici en une sorte de « grand architecte de l’univers », le premier Spectre Soyeux a vu toute sa vie gâchée par un terrible secret,…

Le temps semble aussi être une négation : on se refuse à disparaître. On est là pour durer. Si le docteur Manhattan en est l’exemple le plus frappant, c’est aussi le cas du Président Nixon, qui en est à son 5e mandat (presque 20 ans de présidence), ou des Watchmen incapable de s’arrêter, comme le Comédien, ou Rorschach. Les personnages ont difficiles d’accepter qu’ils disparaissent peu-à-peu, comme le chante Bob Dylan, en début du film. Les masques de chacun renforce cette idée selon laquelle le temps n’a pas d’emprise sur eux (Rorschach semble être d’âge indéterminé avec son masque, tandis que lorsqu’il le retire, c’est un vieil homme).

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Le docteur Manhattan, Ozymandias, Rorcschach et les autres…

La galerie de super-héros développé dans le film de Zack Snyder est assez éclectique : Il y a tout d’abord le docteur Manhattan (Billy Crudup), ancien scientifique devenu immortel suite à une accident, pouvant tout construire et déconstruire à l’infini. Il est une sorte de dieu volant, capable d’insuffler et de reprendre la vie. Tantôt géant, tantôt de taille normale, il est une arme redoutable, la seule raison pour laquelle la Russie n’a pas encore déclarée la guerre aux U.S.A. Amoureux de Laurie Jupiter, alias le Spectre Soyeux II (Malin Akerman), il a décidé de la quitter et de se retirer, sur Mars, afin de ne plus avoir aucune influence sur le monde des hommes, dont il se sent étranger. Le surhomme pense être également une menace, ayant provoqué des cancers accidentellement chez tout ceux qui avaient travaillés avec lui lorsqu’il était encore un être humain.

Le Hibou II (Patrick Wilson) a des allures de Batman dans son costume, et utilise la technologie comme armes de pointe. À bord de l’Archie, il sillonait le ciel, au cas où une menace survenait. Il prit sa retraite lorsque les super-héros furent déclarés illégaux par le Congrès. Mais lorsque le Comédien meurt, l’homme redécouvre ce que cela fait d’être un super-héros, et à quel point il adore cela.

Ozymandias (Matthew Goode), alias Veidt, est le seul des Watchmen à avoir révélé sa véritable identité au monde entier. Profitant de sa notoriété, il est devenu très riche et vit dans le luxe. Il est probablement le plus fort d’entre tous (il a atteint le summum des capacités humaines) et le plus intelligent, capable d’arrêter une balle que l’on vient de tirer. C’est un homme fier et se prenant pour un roi.

Le Comédien (Jeffrey Dean Morgan), alias Edward Blake, était un être cruel et violent (du moins c’était l’apparence qu’il voulait donner aux yeux de tous), capable du pire. Spécialiste du combat commando, il ne prenait pas les Watchmen au sérieux. Le monde est pour lui une sorte de plaisanterie (son emblème est d’ailleurs un smiley jaune). Il a tué le président Kennedy. Après la dissolution des Watchmen, l’homme continua de travailler pour le gouvernement, après la fin du groupe.

Laurie, le Spectre Soyeux II est la muse du docteur Manhattan. Elle le voit cependant se détourner d’elle, et trouve réconfort chez le Hibou, qui deviendra son amant. Sa mère n’est autre que Sally Jupiter, qui fut la première Spectre Soyeux.

Rorschach est le seul Watchmen encore en activité : portant un masque faites de tâches noires (afin de rester dans l’anonymat), tâches de Rorschach utilisée pour l’évaluation psychologique de patients atteints de troubles mentaux, il est constamment poursuivi par la police. Déséquilibré et pessimiste, il voit le monde comme une horreur, portant un fardeau sur ses épaules. Violent, il est sans pitié envers les bandits. En vérité, une vieille affaire l’a marqué : la mort d’une petite fille, assassinée et donnée à manger aux chiens de son bourreau. Depuis lors, il fait sa propre justice : expéditive. L’homme a beau être vieux, il est encore très fort. N’ayant foi qu’en la justice, il cherche à rétablir l’égalité et la paix. Les prisons sont d’ailleurs pleines grâce à lui…être un justicier est une seconde nature, c’est sa destinée (sans son masque, il n’est d’ailleurs personne).

pz

Menace invisible…

Les Watchmen sont victime d’un ennemi terriblement dangereux et doté d’un grande intelligence. Ses desseins sont étranges mais visent, dans le fond, à instaurer une utopie, sur base d’un mensonge savamment orchestré. La fin justifie-t-elle pourtant les moyens ? 

Zack Snyder fait entrer, avec Watchmen, les super-héros dans l’âge adulte : son film n’est pas drôle et ne brille pas par son action. Il transcende grâce à ses dialogues et ses personnages. Les ralentis sont sublimes, offrant de très belles scènes (notamment quand le Comédien traverse la fenêtre). Si Alan Moore déteste les adaptations de ses œuvres au cinéma, ce n’est pas le cas de Gibbons. Et pour cause : le long-métrage est très fidèle à la trame originale du comics, si ce n’est la fin du récit (le motif du méchant, afin d’être plus en phase avec notre époque), changée par Snyder. Mais le tout forme une oeuvre singulière (de 2h40), pleine de violence et de poésie. La musique est très riche et pleines de titres célèbres (comme Me & Bobby McGee de Janis Joplin, The Times they are a-changin’ de Bob Dylan ou encore Unforgettable de Nat’King’Cole. Et c’est très beau (notre note : 9/10).

re


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