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697.Là-haut.

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Le tourbillon de la vie…

La scène d’ouverture est une pépite à elle seule, et résume tout le savoir-faire dont l’écurie Pixar est capable : Carl Fredricksen est un petit garçon qui rêve de devenir explorateur. Il est fan de Charles Muntz, un célèbre explorateur qui a découvert les chutes du Paradis, au Vénézuela, et a ramené le squelette d’un oiseau gigantesque…qui s’est avéré être un faux ! Il fut alors accusé de tricheur et de menteur. Honteux et blessé dans son égo, l’homme était reparti, jurant de ne revenir que lorsqu’il aurait attrapé le dit oiseau. Carl rencontre un jour Ellie, une petite fille qui rêve aussi de devenir explorateur et d’aller voir les chutes du Paradis. Les 2 enfants vont jouer ensemble, grandir ensemble, et finir par former un couple. Ils se marieront, mais ne sauront pas avoir d’enfant. Lui sera vendeur de ballon dans un zoo, elle prendra des photos des enfants dans le zoo. Les années passeront, et leur rêve d’aller vivre aux chutes du Paradis sera sans cesse remis à plus tard, les soucis et tracas de la vie les retardant sans cesse…Et à 79 ans, Carl décide enfin de franchir le pas, rêvant de faire une surprise à Ellie…mais hélas, le temps la rattrapant, elle s’endormira paisiblement sur un lit d’hôpital. En une seule scène, de 11 minutes, Bob Peterson et Pete Docter nous envoie du très lourd : le tourbillon de la vie, à la fois drôle et triste. La musique de Michael Giacchino (qui reçut un oscar pour le film) est très riche en émotions, coulant doucement, avant de prendre du galop, pour finir lentement. Le thème réapparaîtra plusieurs fois dans le récit, évoquant les souvenirs, et la nostalgie qu’ils véhiculent.

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Dans la scène suivante, nous retrouvons Carl, peut de temps après, aigri par la vie et seul. Il ne sort presque pas, et son quartier est en train de disparaître, chacune des maisons étant rachetée par un magnat de l’immobilier, qui les rasent et construit des immeubles. Celui-ci rêve d’acheter la maison de Carl, dernière subsistant. Mais le vieillard refuse…sauf que suite à un incident, il est contraint d’aller en maison de retraite et de quitter sa maison. Les responsables de la maison de repos arrivant le chercher, il prétexte devoir faire le tour des pièces une toute dernière fois…en réalité, il va en profiter pour mettre en oeuvre son plan d’évasion : il a gonflé des milliers de ballons durant la nuit, afin de faire décoller sa maison du sol et d’aller avec sa bâtisse en Amérique du sud, afin de réaliser le rêve d’Ellie ! Et le voilà, qu’il vole dans les airs, disant adieu à son vieux quartier et laissant le terrain libre, sous les yeux, écarquillés des gens qui le regardent. Sauf que, en cours de route, Carl se rend compte qu’il a embarqué un petit scout nommé Russel, venu le voir la veille, afin de l’aider pour obtenir le badge d’assistance des personnes en danger. Et lorsqu’il souhaite redescendre, la maison est pris dans une tempête. À leurs réveil, ils sont en Amérique du sud, près des chutes du paradis. Mais ils sont loin d’être seul…

Un grand voyage

Dixième film d’animation Pixar (et oscar du meilleur film d’animation), Là-haut repose sur un postulat pour le moins original : un vieillard solitaire décide de faire voler sa maison, afin d’entreprendre un ultime voyage, vers un pays où il avait toujours rêvé d’aller vivre avec sa femme. La recherche de l’évasion, pour fuir un quotidien terne et gris. Carl est un vieux bougon grincheux (qui rappelle un peu les acteurs Spencer Tracy et Walter Matthau), qui se remet péniblement de la perte de sa femme. Il n’a qu’une certitude : il ne souhaite pas finir dans un hospice, et à l’impression de devoir encore quelque chose à sa défunte Ellie…lors de leur première rencontre, Carl lui avait promis de l’emmener voir les chutes du Paradis. Un lieu idyllique, presque fantasmagoriques, où le temps ne semble pas avoir d’emprise. L’occasion est donc trop belle de réaliser ce doux rêves…Pour la petite info, dans le film, Carl utilise plus de 20 000 ballons pour prendre les airs. En réalité, pour soulever une maison, il en faudrait plus d’un million ! Pour soulever une personne, une quarantaine de ballons gonflés à l’hélium suffiraient…

Mais en même temps, Carl n’est pas seul. Russel, une sorte de scout « explorateur » (ce qu’il était lui-même étant enfant), sera de la partie, bien malgré-lui. Et il lui sera impossible de le remettre aux autorités afin de le ramener chez lui, parce qu’ils seront beaucoup trop isolés. Mais l’enfant, ne s’avérera pas être un poids. Personnage sympathique, Russel va obligé Carl à se montrer bienveillant et à s’adoucir.

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Sur leur route, ils vont croiser l’oiseau légendaire, le dabou. Baptisé Kevin par Russel, le volatile adore le chocolat. Il s’avérera être un allié de taille face à celui qui règne en maître ici…Charles Muntz, lui-même, l’idole de Carl, vieillard athlétique, bien décidé à mettre la main sur Kevin. Aidé par une armée de chien capable de parler grâce à un collier, l’ancien explorateur souhaite être réhabilité et enfin reconnu par ses pairs. Mais malgré des décennies passées à traquer le dabou, il n’y est jamais arrivé…car l’oiseau est comme le bip-bip des Looney Tunes : trop rapide. Charles est toujours, au fond, un homme prêt à tout pour être reconnu…prêt à tuer tout ceux qui convoiteraient aussi l’objet de sa quête…les réalisateurs, en créant ce personnage, s’inspirent en fait de Charkes B.Mintz, un producteur qui s’appropria la paternité du personnage d’Oswald, le lapin chanceux, l’exploitant, alors qu’il avait été créé par Walt Disney ! Méchant parfait, Muntz a perdu la raison, est omnibulé par un rêve incroyable et inaccessible. Il est un peu l’antithèse de Carl, à la fin du récit.

Le long-métrage est rempli d’humour, de gags et de références cinématographiques. Les situations absurdes ou surréalistes étant légions. L’animation est très soignée, sur le plan visuel, riches en couleurs (d’ailleurs, quand la maison s’envole pour la première fois, on voit une vaste palette de tons inondant l’écran). Il y a aussi de la poésie dans le film, la musique de Giachonno se rapprochant de ce que l’on pourrait qualifier de « beau ». Le film évolue vers un film d’aventure dans sa seconde partie, resserrant les liens entre Carl et Russel, qui voit en lui comme un grand-père, comblant l’absence de son père. Carl repense de nombreuses fois à Ellie, et on a presque l’impression qu’elle est aussi du voyage…elle lui fera comprendre, qu’au fond, leur rêve était très superficiel, et rien comparé au chemin qu’ils ont parcouru ensemble. L’aventure est en chemin et non au bout. Carl ira vers l’avant. (notre note : 10/10).


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