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701.La planète des singes par Tim Burton.

En 2001, Tim Burton, tout juste auréolé du succès de Sleepy Hollow entreprenait de mettre en scène un remake du film La planète des singes (1968), avec Charlton Heston dans le rôle-titre. Il s’agissait d’une adaptation du roman éponyme de Pierre Boule. Une sorte d’hommage également aux 5 films (1968-1973) réalisés auparavant et qui avaient eu du succès….sauf que Burton voyait les choses un peu autrement, trop heureux de pouvoir mettre en scène un univers qui l’avait touché à sa manière. Mais la Fox ne lui laissera pas tout à fait les mains libres, exigeant un rendement assez éreintant, voulant entrer dans les délais prévu.

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Voyage temporel

En 2029, Leo Davidson (Mark Walhberg, pas très bon dans le rôle), capitaine de la station spatiale Obéron, part à la recherche de Périclès,  un chimpanzé qui a effectué une mission et qui n’est pas revenu. Car les singes doivent remplacer l’homme quand le risque est trop élevé pour sa vie. Mais pris dans une tempête électro-magnétique, il se retrouve propulsé en 5021 sur la planète Ashlar. Dans ce monde-là, une race de singe supérieur à prit le contrôle sur l’homme et l’a asservi en esclavage. Leur évolution est spectaculaire…

Leo est rapidement capturé et fait prisonnier, d’un marchand d’esclave, Limbo (Paul Giamatti), un orang-outan attiré par l’argent. Mais une singe prénommée Ari (Helena Boham Carter), fille d’un sénateur, et prétendant à une égalité des droits entre les hommes et les humains, va l’émanciper, et tenter de l’aider à retrouver son vaisseau, car l’Obéron s’est écrasé sur Ashlar, mais est situé dans la zone interdite. Mais c’est sans compter sur le général Thade (Tim Roth), qui déteste les êtres humains et espère obtenir les pleins pouvoirs sur l’armée afin de pouvoir tous les exterminer…

Le monde à l’envers

Dans cet univers là, les choses sont inversées : le rapport de force homme dominant/ animal dominé n’est plus. Le singe s’est mis debout, a la faculté de parole et un esprit qui lui a permis de prendre le dessus sur ses maîtres. Tout singe croit en Semos, le dieu suprême (en fait il s’agit de l’anagramme de Moses, alias Moïse !), premier des singes à avoir pris le dessus sur les humains…sauf qu’aucun d’entre eux ne sait la vérité. Qu’ils étaient autrefois des asservis, des animaux auxquels on se permettait de n’avoir que peu de respect. La chute des humains est à leur propres tords, puisque après le crash de l’Obéron, c’est Jonathan, fils de Périclès, dont l’intelligence a été augmentée, mena la révolte contre eux…

Toutefois, leur société est organisée : il y a différentes classes (plus que trois), des singes étant mieux lotis que d’autres. C’est une démocratie, dotée d’un sénat. Il y a des décisions qui sont prises, avec l’appui des sénateurs. Les êtres humains ne sont en principe pas tué, mais asservi en esclavage. C’est dans ce climat, qu’oscillent les positions extrêmes d’Ari, qui souhaitent traiter les humains comme ses semblables, et donc faire preuve de plus d’humanité que l’homme n’en avait à l’égard des animaux, et celle de Thade, qui veut les tuer un par un, les voyant comme une race inférieure, une abomination de la nature. Tim Burton, en fin stratège, remet en question toute notre humanité, nourrissant son propos par une métaphore inversant le rapport de force. On se demande sur base de quelle légitimité l’homme s’est déclaré comme être supérieur, et à fait vivre l’enfer aux autres êtres vivants…

Tim et la science-fiction

Avec La Planète des singes, Tim Burton renouait avec la science-fiction, genre auquel il avait goûté avec Mars Attacks ! Mais si le succès fut au rendez-vous au box-office, les critiques ne furent pas tendre avec lui. Il faut dire que, sans être mauvais, c’est probablement son film le moins réussi. On est à des années lumières de son style habituel, son univers sombre et décalé est aux abonnées absents. Pour le coup, on sort des sentiers battus. On lui a reproché la violence dont faisaient preuve les singes (donc de privilégier l’action au fond de son récit), leur maquillage (pourtant très réaliste ! Les acteurs passaient entre 3 et 5 heures pour avoir leur visage simiesque chaque jour…), que Leo semble non concerné par ce qui lui arrive (trouvant ça presque normal), la fin avec son coup de théâtre, l’alchimie inopérante entre Ari et Leo, des incohérences scénaristiques (mais bon tout ne peut pas être hyper réaliste non plus). Mais surtout de ne pas égaler le film original, qui avait tant marqué les esprits…

Pourtant, à tout ses détraqueurs, il faut toutefois corriger leur erreur. D’une part, les décors sont assez burtonien, avec leurs formes bizarres et étranges. D’autre part, Léo n’est finalement pas le personnage burtonien du film. C’est Ari, la femme singe qui l’est. Considérée par ses pairs comme étrange par ses idées de paix et de droit de l’homme, elle est comme une étrangère à leur yeux. Une personne qui n’hésite pas à trahir les siens pour se considérer comme une humaine (elle sera d’ailleurs marquée). Elle est fascinée par leur culture et leurs objet, ainsi que par leur réactions. Sa société est similaire à celle que nous, spectateur connaissons…les singes ne sont pas meilleurs que les êtres humains. Ils copient ce qu’ils leur ont fait autrefois. Leur société repose sur des croyances, des mythes, comme celle des êtres humains, attendant l’arrivée future d’une sorte de messie…

Pour Léo, c’est plus compliqué. Il devrait être le héros du film, et bien qu’il passe le plus de temps à l’écran, on n’éprouve aucune sympathie pour lui. Il semble égoïste, ne se souciant que de lui, rappelant que chez lui les singes sont en cage. Il ne cherche pas à accepter ce rôle de sauveur que les autres humains attentent de lui, ni à ce mouler dans celui d’homme dangereux et différents que les singes lui casent. Pourtant, il étonne à plus d’une reprise : il se lance à la recherche de Périclès, son chimpanzé préféré, il sauve Ari, et finit même par vouloir…l’embrasser ! Avec Ari, ils ont tout deux cet esprit rebelle, mais pour des raisons antagoniste : elle veut le bien de tous, lui veut sauver sa peau.

Lorsque Léo prend conscience que tout ce qui est arrivé est de sa faute, il se met à douter, à éprouver des regrets, et à comprendre sa place dans cette histoire. Il accepte peu-à-peu son rôle de sauveur, de rédempteur, entreprenant de mettre fin à la tyrannie simiesque et aux agissements de Thade (qui est complètement fou et fait preuve d’une agressivité inouïe). À montrer le chemin, face à la bestialité dont chacun est capable. Du moins c’est ce qu’il croira…mais cela est une autre histoire.

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À noter que Charlton Heston, qui jouait le rôle principal, l’humain Taylor, dans la version de 1968, campe ici celui du père du général Thade, Zaïus (autre clin d’œil au film original). Un personnage qui a caché aux singes leur origines, et qui déteste les hommes autant que son fils. Il cite d’ailleurs la même phrase qu’il prononçait pour conclure le premier film, à savoir qu’il maudit les hommes. Linda Harrison, qui incarnait Nova, une esclave éprise de Taylor, revient dans le rôle d’une esclave. Lisa Marie, compagne de Burton à l’époque, campe une femme singe d’un sénateur…baptisée Nova ! Il y a différentes espèces de singes : gorille, orang-outan, babouin, mandrill et même chimpanzé.  La Planète des singes est un film inégal, mais intéressant . Malgré un twist final, assez improbable, qui aurait pu donné à une suite intéressante (faisant écho avec la fin du roman, imaginée par Pierre Boule), le projet ne vit jamais le jour… (notre note : 7/10).

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(Linda Harris et Charlton Heston, dans La Planète des singes, en 1968)

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(Linda Harris dans le film de Burton)

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(Charlton Heston dans le film de Burton)

 


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