A crazy world


693.Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête.

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Ichabod Crane (Johnny Deep) est inspecteur de police à New-York. Ses méthodes d’investigations, avant-gardiste et quelques peu non orthodoxes pour l’époque sont décriées, ce qui lui vaut d’être envoyé dans le petit village de Sleepy Hollow. Là-bas, 3 meurtres ont été perpétrés : ceux de Peter Van Garett, de son fils, et de la veuve Winship. Chacun a été retrouvé décapité, la tête ayant à chaque fois disparu. Pour le village, il n’y a aucun doute. Depuis vingt ans, le cavalier sans tête, fantôme d’un scélérat sanguinaire, revenu d’entre les morts pour décapiter à tout vent. Ichabod mène son enquête en faisant preuve de logique et en utilisant sa raison. Il découvre peu-à-peu que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être, et qu’il y a peut-être bien quelque chose de surnaturel à cette histoire…

Tim Burton 1999

Avant d’entamer le nouveau millénaire, Tim Burton revenait avec un film d’épouvante, afin de se remettre de l’échec de Superman Lives. L’histoire était adaptée (très librement) d’une nouvelle de Washington Irving, La légende de Sleepy Hollow. Dans l’histoire originale, Ichabod est un professeur d’école. Le film en fera un inspecteur de police. De plus, le cavalier n’est pas réel, il n’est qu’une légende…et c’est le prétendant de Katrina, fille don Ichabod tombe amoureux, qui le pousse à fuir le village. Dans le film, le cavalier revient bien d’entre les morts…

Johnny Deep était le premier choix de Burton pour le rôle d’Ichabod. Ils se retrouvent ainsi pour la troisième fois, après Edward aux mains d’argent et Ed Wood. Le personnage d’Ichabod est un véritable rôle de composition : personnage fort maniéré, il hurle de peur et peut retrouver son sérieux dans une même scène.

Un conte gothique et sombre

Sleepy Hollow est un hommage aux films de la Hammer, studio ayant fait des merveilles dans les films d’épouvantes, des années 50 aux années 70. Burton convie quelques grands noms ayant fait les beaux jours de celui-ci : Christopher Lee, en bourgmestre envoyant Crane en mission, Martin Landau, en Peter Van Garret tué dès la première scène, et Michael Gough en notaire. Les réactions de chaque protagonistes, à la vue du phénomène surnaturel qu’est le cavalier, évoque celle de films de la Hammer : elles sont exagérées, les traits étirés au maximum, la bouche ouverte en un coi…

L’ambiance gothique du film émane de ses décors (forêt, église du village, cimetière, chaumière détruite, maisons de bourgeois,…), paysages nocturnes où sortent les créatures de la nuit (cavalier sans tête, sorcière,…). Le passé hante le récit, tant pour Ichabod, dont les souvenirs sont un poids, que pour les autres personnages, omnibulé par la légende du cavalier. Il y a d’ailleurs de nombreuses scènes de Flash-back. Les personnages sont aussi des protagonistes de haut vol de ce genre : il y a le révérend, le notaire, le juge, le docteur, l’inspecteur et le bourgeois. Les thèmes sont tout droit issus du gothique : malédiction, torture, meurtre et passé retrouvé. Burton fait la synthèse de ce genre, très prisé dans la littérature, et le modernise également.

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Raison & surnaturel

L’un des thèmes du film semble être la confrontation entre deux mondes antagoniste : celui du superstitieux, où le surnaturel est tangible, où l’on croit que les mythes sont des réalités, et celui de la raison, symbolisé par Ichabod Crane, qui cherche à comprendre les phénomènes de manière logique, recourant à l’expérimentation afin de cerner le vrai. Ce modernisme est là pour couper le pied aux traditions anciennes, aux histoires que l’on se transmettaient de générations en génération, en les prenant pour argent comptant. On ne cherche pas à trouver une explication logique aux choses, au contraire, on mystifie cela et on prend peur de ce que l’on vient d’inventer…

Ichabod est dans la négation totale de l’existence de surnaturel durant toute la première partie du film. Il ne croit que ce qu’il voit. Pourtant, voyant apparaître le cavalier sous ses yeux éberlués, l’homme doit se rendre à l’évidence…le surnaturel est réel !  Il lui faut composer avec son passé difficile, marqué par une enfance traumatisante, afin de comprendre qu’on ne peut pas renier ses origines. En arrivant à Sleepy Hollow, les souvenirs rattrapent Crane, qui se souvient de l’amour qu’il portait à sa mère, qui pratiquait la sorcellerie, et qui fut accusée et tuée (la scène est particulièrement traumatisante) par son propre père, un prêtre autoritaire. Réfutant toute magie, il nie son passé, n’y repensant jamais…mais le cavalier va l’obliger à faire face à son histoire. En acceptant que la magie existe, Ichabod va se réconcilier avec lui-même. Sa rencontre avec Katrina (Christina Ricci), la fille de Van Tassel (Michael Gambon) va le faire basculer. Des sentiments amoureux vont jaillir…en même temps, cette gentille sorcière va lui évoquer sa mère. En effet, dans l’ombre, la jeune femme le protège.

De courage, Ichabod va devoir en faire preuve. Ayant constamment peur, l’homme se dégonfle rapidement, s’évanouissant à plusieurs reprises. Il se cache derrière un petit garçon, hurle comme une fille en détresse ou prend la fuite à toute vitesse lors de sa rencontre avec une sorcière dans la forêt. Il faut dire que ses convictions les plus profondes sont ébranlées…

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Succès à sa sortie, Sleepy Hollow est un film d’époque (sans être historique) et d’épouvante fantastique. Ses personnages sont décalés et étranges, comme à l’habitude d’en créer Tim Burton. Ichabod Crane est un héros froussard et comique dans son mal-être, donnant l’apparence d’être l’homme de la situation. Il cherche à comprendre par quel artifice, ce « pseudo cavalier sans tête » sévit…avec ses instruments fait maison, il se déplace, vers la clé du mystère. Car le phénomène surnaturel a une explication humaine et rationnelle. Le cavalier, incarné par Christopher Walken, est un être sanguinaire, tuant à tout vent, un redoutable guerrier que rien n’arrête (la scène du moulin est une merveille), doté d’un esprit vif pour pouvoir arrêter ses proies (la scène de l’église, où il arrive à ses fins, alors qu’il ne peut pas entrer, le bien arrêtant le mal). Mais il n’est que l’instrument d’une personne à qui la vie n’a pas fait de cadeau, et qui veut s’élever dans la société, en évinçant tout ceux qui lui ont fait de l’ombre…un personne pour qui l’enfance fut aussi une période traumatisante. Elle le tient, à lui, qui ne souhaite que récupérer sa tête. Pour le jeune Masbath, l’enfance est difficile aussi : la perte de son père, seul parent survivant, assassiné par le cavalier. Mais le garçon se relève et se décide à accompagner Ichabod dans sa quête. Katrina est un personnage tendre et doux, qui brille dans les ténèbres,…angélique, la jeune femme veille sur Ichabod et l’accompagne aussi dans sa quête. Elle a aussi perdu sa mère, des suites d’une longue maladie. La relation entre Ichabod et Katrina sera assez sage, bien que des sentiments naissent. Burton fait de son héros un gentilhomme, et retarde le baiser tant attendu.

Burton montre que l’invisible peut être visible, mais pas au sens propre du terme…en fait il tente de dire que l’on doit cesser de s’enfermer dans des vérités que l’on prend comme dogme, et être ouvert à toutes les possibilités (notre note : 8/10).

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692.Wonder Wheel.

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Ginny (Kate Winslet), serveuse, entretient une liaison avec Mickey (Justin Timberlake), un maître nageur qui souhaiterait devenir écrivain. Elle est folle de lui, et rêve de laisser sa vie actuelle pour partir avec lui. Ancienne comédienne de théâtre, la dame était autrefois mariée avec un homme qui l’aimait…mais elle a tout gâché en le trompant, avec un de ses partenaires de scènes. Le cœur brisé, son époux s’en est allé, l’abandonnant elle et son fils, Richie. Sa route à alors croisée celle de Humpty (James Belushi), un forain malheureux depuis le départ de sa fille -qui ne lui parle plus-, Carolina (Juno Temple), promit à un bel avenir, et qui a préféré se marier avec un mafieux. Ils se sont mis ensemble, formant un couple qui se console et s’aide mutuellement à remonter la pente…mais aucun des deux n’est réellement heureux. Humpty noie son chagrin dans l’alcool et bat sa compagne, tandis que cette dernière le trompe et repense à celle qu’elle était autrefois et comment la situation a dérapé. Ginny ne contrôle pas son fils, Richie, qui est pyromane et déclenche des feux avant de fuir…

Un jour, Carolina revient chez elle. La jeune femme a quitté son mari, et souhaite se faire pardonner auprès de son père. La mafia la recherche activement, prête à tout pour lui faire la peau, car elle a parlé au FBI et sait beaucoup trop de choses sur leurs affaires. Humpty, d’abord en colère, décide d’oublier leurs différents et de l’aider. Il lui permet de trouver du travail là où bosse Ginny, économisant aussi de l’argent pour elle afin qu’elle puisse reprendre ses études et embrasse l’avenir qu’il lui avait toujours imaginé. L’homme arrête également de boire et devient meilleur. Ginny apprécie Carolina, dans un premier temps, et l’aide quelque peu…mais lorsque la jeune femme croise la route de Mickey, les choses changent. Le jeune homme, pourtant épris de Ginny, tombe fou amoureux de Carolina. Il essaye d’y résister, sachant pertinemment que cela n’est pas une bonne chose, mais rien n’y fait. Ginny, jalouse, pique de grosses crises, craignant de le voir partir…il tente de la rassurer, tout en sachant que son cœur pense tout autrement. Quand à Carolina, amoureuse également, elle part demander conseil à Ginny. La situation va alors peu-à-peu déraper…

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Woody Allen, pour son film de l’année 2017, concocte un drame savamment orchestré. Il confronte les rêves et aspirations de chacun face à leurs désillusions…Il nous rappelle que l’on ne doit pas prendre ses rêves pour des réalités. Ginny rêve d’avoir une seconde chance, persuadé d’être responsable du départ de son premier mari, et de la succession d’échec qui l’on conduit à devenir une serveuse rongée par le remord. Elle est prête à tout pour plaire à Mickey, à qui elle voue un amour inconditionnel et véritable. Elle le connaît d’ailleurs par cœur, et ne pense qu’à quitter Humpty. Ginny aimerait remonter sur les planches, jouer des personnages pleins de poésie et de vie. La femme raconté souvent ses « exploits passés » à son fils, qui en à marre d’entendre la même ritournelle. Mickey, lui, jeune premier, aspire à être dramaturge. Il a fait des études, s’est instruit, mais n’est qu’un simple maître nageur n’arrivant pas à décoller. Il prend toutefois le temps de se laisser à ses passions et de voir où cela le mène. Humpty n’est qu’une épave, un homme blessé et triste d’avoir perdu sa fille…lorsqu’elle revient, l’homme est heureux et change du tout-au-tout. Il aime également sa femme, Ginny, et ne perçoit pas qu’elle souffre et aspire « à mieux ». Quand à Richie, il lui a toujours manqué un père. Il sait que sa mère est responsable du départ de celui-ci, car elle le lui dit indéfiniment. Le petit garçon est souvent seul et livré à lui même. Profondément perturbé,  il allume des feux, et regarde les choses brûler avec un malin plaisir. Est-ce une manière pour lui d’attirer l’attention ? 

Carolina incarne la bonté dans le film : elle ne se rend pas compte que c’est d’elle dont dépend l’équilibre pour certains et la rupture de celui-ci pour d’autres. La jeune femme est innocente et a fait de mauvais choix dans la vie…mais se reprend en main. Mais en tombant amoureux de Mickey, elle rend Ginny malheureuse. Et son père serait triste si Ginny partait de sa vie, où  que sa fille s’éclipsait à nouveau pour éviter de faire de l’ombre à sa femme qui le trompe. Carolina ne comprend pas l’impact qu’elle a sur l’histoire. Les situations sont critiques, les émotions complexes. On est dans un récit digne d’une tragédie grecque (Kate Winslet y étant pour beaucoup, la scène du couteau en étant un bon exemple), où la trahison n’est jamais loin.

Le film s’appelle Wonder Wheel (la roue merveilleuse) en raison du fait que les personnages sont prisonniers d’une sorte d’enfer dont il leur est impossible de s’échapper. L’histoire est cyclique, et le début semble annoncer la fin…Humpty et Ginny dépendent l’un de l’autre, et ne savent pas se donner les moyens de se séparer afin de vivre ce qu’ils doivent accomplir. Ginny à l’impression de jouer un rôle, depuis 5 ans, celui d’une serveuse paumée dont la vie est une succession d’échec et qui éprouve le besoin de porter ses anciens costumes de scènes. La foire, lieu où le film se passe, est une sorte de métaphore de la vie : la grande roue symbolise le temps, passant de manière cyclique, offrant une certaine stabilité…à une situation qui est en fait un cercle vicieux, et non vertueux ! Les buts ne sont jamais atteint car on retombe inexorablement au point de départ. Quand aux montagnes russes, elles produisent le même effets…on s’accroche à quelque chose, pendant un temps, avant que tout s’arrête net. Et on se surprend, à Coney Island, à admirer la douce-amère fatalité de l’existence…(notre note : 8,4/10).

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691.Il était une fois dans l’Ouest.

50 ans après sa sortie, en 1968, Il était une fois dans l’Ouest reste un western magnifique, porté par une musique puissante et chargée d’émotion. Sergio Leone, après Le bon, la brute et le truand mettait en scène une histoire de vengeance, à l’époque de la conquête de l’Ouest. Ce sera le premier volet de sa trilogie « Il était une fois ». En France, les spectateurs se bousculent au cinéma, avec plus de 14 millions d’entrées.

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Désolation, tristesse et corruption

L’ouverture du film est à elle seule exceptionnelle : la scène est rythmée par son silence, plantant le décor et ses personnages, en gros plans (on voit leurs yeux, une mouche embêté l’un d’eux, des gouttes de pluies tomber sur le chapeau d’un autre,…). Dans ce qui s’annonce comme le plus long générique de l’histoire du cinéma (plus de 11 minutes), un duel va avoir lieu. L’ennemi semble être un homme qui joue de l’harmonica (Charles Bronson). Il les dézingue tout les trois, avant d’être blessé (mortellement ?). La scène a quelque chose de fantastique.

On comprend très vite que l’histoire se passe pendant la conquête de l’Ouest Américan, dans la petite ville de Flagstone. Une ligne de chemin de fer est en train d’être construite, mais n’est pas encore terminée. Un homme, Peter McBain, vit avec ses 3 enfants dans une ferme, sur un terrain qu’il a baptisé « La source fraîche. Le terrain semble isolé et désert, mais en réalité, il a un avantage énorme : il y coule la seule source d’eau de la région. McBain sait que lorsque le train sera opérationnel, les locomotives à vapeur devront être alimentées avec de l’eau, et qu’il faudra nécessairement que le chemin de fer comporte une ligne passant par chez lui. L’homme avait donc le projet d’installer une gare près de sa ferme, espérant aussi attirer des gens. Tout cela suscita la convoitise du patron des chemins de fer, qui demanda à un bandit, Frank (Henry Fonda) de lui faire peur…mais ce dernier, criminel sans scrupule, le tua, presque pour le plaisir, ainsi que toute sa famille. Cheyenne (Jason Robards), un autre malfaiteur, fut alors accusé, à l’aide de fausses preuves.

Jill (Claudia Cardinale), entre alors dans le décors. Il s’agit d’une ancienne prostituée, que McBain a épousé avant de mourir, au cours d’un voyage à la Nouvelle Orléan. La dame l’attend à la gare, mais bien entendu, le rendez-vous n’aura pas lieu. Elle se décide alors à aller à la source fraiche par elle-même, et découvre la terrible vérité : la voilà veuve ! Néanmoins, Jill décide d’habiter la ferme.

Le mystérieux homme à l’harmonica resurgit, veillant sur Jill de près. Il retrouve Cheyenne, qui dit être innocent. Les deux hommes sympathisent et décident de s’entre-aider. Cheyenne accepte de construire la gare de la source fraîche avant que le train ne circule, afin d’éviter que Jill ne perde ses droits sur le terrain. Mais Frank n’est pas loin…il kidnappe Jill, couche avec elle, et la force à vendre sa propriété dans une vente aux enchères truquées. Mais l’homme à l’harmonica n’est pas loin…

Dans ce western (le dernier de Leone ?), le réalisateur ne dévoile que progressivement les motivations de ses personnages…tout est distillé, avançant lentement, mais inexorablement vers la confrontation final : un duel à mort, entre Frank et l’homme à l’harmonica (dont le nom véritable ne sera jamais révélé). Ce dernier veut en réalité venger la mort de son frère, dont Frank est responsable, et qui est survenue des années auparavant. La scène, dévoilée lors d’un flash-back, fait froid dans le dos : L’homme à l’harmonica est debout, le dit instrument placé entre ses dents par Frank, et son frère, dont le cou est attaché à une corde fixée sur une voûte de roche, trouve appui sur ses épaules. Si le premier tombe, le deuxième mourra…L’homme à l’harmonica tente de tenir le plus longtemps possible, mais sous un soleil de plomb, il fini par s’effondrer. Son frère est alors pendu…

L’homme à l’harmonica est un être qui apparaît mystérieux tout au long du film. Roi de la gâchette, il se révèle être protecteur de Jill (l’empêchant de perdre sa ferme) et un homme d’honneur. Mais on comprend, au fil du récit, qu’il cache quelque chose…il souhaite se venger. Venger la mort de son frère. Mais il ne le dit jamais…pas même à Frank, lors du duel final, qui ne comprend pas à qui il à affaire. Il lui fait comprendre cela, après l’avoir blessé mortellement, en lui enfournant son harmonica dans sa bouche…

L’un des thèmes du film est le désenchantement. Le mythe de l’Ouest américain est ébranlé, les temps étant en train de changer. La construction du chemin de fer annonce le début d’une nouvelle époque, et les personnages n’ont que deux options : s’adapter ou disparaître. On passe de l’Amérique fondée sur la soif de conquête, où règne l’anarchie et où chacun s’entre-tuent à l’Amérique dont le socle sera l’égalité des droits et où la loi régira la société. L’Ancien monde contre le monde moderne.

D’ailleurs, la transition s’amorce à la fin de l’histoire, qui voit disparaître ses principaux personnages. Frank, le hors-la-loi, le sadique, meurt, s’opposant à la loi en vain. Cheyenne, le gentil bandit aventurier, meurt, abattu par Morton. Il ne supporte pas de voir l’État s’approprier les richesses naturelles, bien qu’il s’était repentit. L’homme à l’harmonica, lui, s’en va. Seul, faisant justice par lui-même, sa place n’est pas dans un monde où les problèmes se règlent ensemble. Seul Jill survit à cela, en achevant de construire la gare. Personnage central du film, elle s’adapte, et réussi à entrer dans la nouvelle époque qui s’annonce. Le voyage, pour elle, n’aura pas été semé d’embûche et de mauvaises rencontres. Jill souhaitait une nouvelle vie, dire adieu à l’ancienne, où elle était une prostituée. Et la jeune femme, se retrouve veuve dès son arrivée dans sa nouvelle maison ! Stoïque, elle ne se plains jamais, à aucun moment, faisant face à ce qui lui arrive, acceptant ce qu’on lui impose…prête à tout pour survivre.

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Western Spaghetti : quelques caractéristiques

Sergio Leone a donné ses lettres de noblesses au western spaghettis (ou macaroni). Le terme a été employé par les américains, pour dénigrer ce genre qui s’oppose au western classique. Mais le genre est rapidement devenu populaire et à marqué l’empreinte de nombreux réalisateurs (notamment Quentin Tarantino).

Il faut bien comprendre que le western classique (américain) est fondé sur des codes, un schéma narratif « tout fait » à l’avance et généralement similaire d’un film à l’autre. On peut ainsi relever les caractéristiques suivantes :

  1. C’est un film d’aventure
  2. Le lieu à de l’importance : c’est le Far West, l’Ouest américain
  3. Les personnages : les gentils cowboys (sans aucun défaut) contre les méchants indiens (généralement sans culture)
  4. On s’appuie sur des « faits historiques », tout en glorifiant le « mythe de la conquête de l’Ouest »
  5. La violence est cachée à l’écran, on ne la montre pas
  6. Les décors sont des lieux naturels, avec des endroits clés, chargés d’histoire

Le western spaghetti à « casser » les codes du western classique, pour devenir un genre à part entière. Des sous-catégories sont apparues avec le temps : le western Zapata (sur fond de révolution mexicaine) et le western fayot (qui est d’avantage un pastiche, une parodie). Ces caractéristiques peuvent être énumérées comme suit :

  1.  C’est un film d’aventure
  2. Le lieu à de l’importance : c’est l’Ouest américain
  3. Les personnages ne sont ni gentils ni méchants : ils peuvent être les deux à la fois. Cela permet de les rendre plus complexes, et plus réalistes. Ils sont sales, leur allures n’est pas soignée. Chacun à quelque chose à se reprocher.
  4. L’historicité des faits est sans importance. On privilégie un récit moins authentique, en mettant l’accent sur des histoires avec des thèmes plus sombres ( la violence, l’argent, le sexe….)
  5. La violence est omniprésente et rien n’est caché, ni atténué
  6. Les décors sont des lieux naturels (ici Leone a tourné en Andalousie -au désert de Tabernas-, à Monument Valley -pour ses grands plateaux et ses buttes rocheuses-, et en Arizona)
  7. La musique est importante, et permet de comprendre mieux le récit
  8. Il y a beaucoup d’humour, et on est loin du « politiquement correct »
  9. La caméra utilise de nombreux gros plans sur des éléments précis (les yeux des personnages,…) et des plans larges (permettant de montrer l’immensité des paysages). Les scènes de duels sont longues et la caméra capte l’émotion des personnages en filmant leur visage, et plus particulièrement leurs yeux…miroirs de l’âme. Leurs sentiments sont dévoilés. Le duel se déroule de manière binaire : il y a d’abord un étirement du temps provoqué par l’attente de celui-ci (la tension monte lorsque les personnages se font face, avant de dégainer leur arme), et ensuite les coups de feu qui s’enchaînent, les doigts enflammés pressant la gâchette.

Il était une fois dans l’Ouest a cela de caractéristique qu’il permet de joindre le western classique et le western spaghetti. C’est la rencontre avec deux visions différentes d’un même genre.

Sur un air de Morricone

Il était une fois dans l’Ouest marque la 4e collaboration entre Ennio Moriconne et Sergio Leone, après Pour une poiIgnée de dollarsEt pour quelques dollars de plus et Le bon, la brute et le truand. Ancien trompettiste, Moriconne à composé des musiques de films dès 1961. Pour Il était une fois dans l’Ouest, il a du recommencer sa partition une vingtaine de fois…Sergio Leone était une homme exigeant, et devait être satisfait du travail. Il tournait les scènes, en faisant jouer la musique, afin d’imprégner ses acteurs et les guider dans la composition de leurs personnages

Les thèmes du films sont célèbres. Ils expriment beaucoup d’émotions, racontant l’histoire et les personnages. Ils donnent également une impression de grandeur au récit. Il y a une grande intensité dans les différents morceaux, que l’on réentend, à divers moments du long-métrage. Le western a déjà un univers sonore qui lui est propre : balles de pistolet, confrontations, vent…ces « bruitages » permettent de se mettre dans l’ambiance. Les silences sont également nombreux et permette de rallonger le temps, de l’étirer, afin de faire monter la tension. Le thème de l’harmonica permet d’ajouter du mystère au récit, mais aussi de le rendre un peu plus effrayant. On entend des guitares électriques, des cordes frottées, permettant d’évoquer l’Ouest Américain. Delà, un sentiment d’immensité naît. Il y a de nombreux ostinato (rythme répété), qui provoque des émotions diverses : tantôt la peur, tantôt le temps qui semble s’éterniser…la musique allonge, l’histoire. Un duel de deux minutes semble durer des heures, tant l’attente avant le premier coup de feu est longue. Tout ce « métissage musical », en alternant les instruments et en les mixant ensemble, donne corps à l’oeuvre.

Le film fut un échec aux États-Unis à sa sortie, en cause les coupes de plusieurs scènes, gommant le caractère infâme du personnage de Frank. Henry Fonda était habitué à jouer des gentils, des personnages d’une grande bonté, faisant régner la justice…dans Il était une fois dans l’Ouest, il était à des années lumières de ce à quoi le public voulait le voir jouer… À 63 ans, il paraît beaucoup plus jeune que ce qu’il était en vrai. Le film est pourtant une oeuvre magistrale (de 2h45 tout de même), porté par une musique que l’on pourrait qualifier d’épique, magnifiant l’Ouest américain et donnant toute sa profondeur à l’histoire. Un chef-d’oeuvre (notre note : 10/10).

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690.Ils ont tournés avec Tim Burton : rétrospective.

Un peu comme Spielberg avec Tom Hanks (4 collaborations), Harrison Ford (4 collaborations) ou Richard Dreyfuss (3 collaborations), Tim Burton préfère tourner ses films avec les même acteurs. Des interprètes qui reviennent dans son oeuvre, de façon récurrentes, se glissant dans la peau de différents personnages. Petite rétrospectives de ceux qui ont tournés plusieurs fois avec lui…

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Johnny Deep (8 collaborations)

En 1990, Burton voulait filmer Edward aux mains d’argent, et avait besoin d’un interprète. Johnny Depp n’était que le garçon de 21, Jump Street et avait marqué dans Platoon. Il est temps pour lui de sortir des films d’ado et de devenir un adulte. Lisant le scénario, Depp est bouleversé : il veut jouer Edward ! Burton, contre les producteurs voulant lui imposer Tom Cruise, décide de rencontrer le jeune homme, car il ne le connait pas, ne l’a jamais vu dans quoi que ce soit…et dans ce café de Los Angeles, Burton a une révélation ! Johnny Depp, avec son air fragile et son regard curieux sera son Edward !  C’est évident : on le prend pour quelque chose qu’il n’est pas ! En 1995, ils se retrouvent pour Ed Wood, l’histoire d’un autre Edward, qualifié par ses pairs comme le pire réalisateur de tout les temps, avant de boucler le millénaire, en 1999, avec Sleepy Hollow. Si le premier est un flop, le second est une franche réussite. Cependant, il faudra patienter jusqu’en 2005 pour que le duo se reforme, avec Charlie et la chocolatrie, ou Depp devient le fantasque Willie Wonka et Les noces funèbres ou il joue Victor, épousant accidentellement une morte. En 2007, Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street emmenait le duo vers une autre direction : le film d’horreur. Puis, en 2010, Depp campait le jouissif Chapelier fou dans la joyeux bestiaire de Alice au pays des merveilles. Leur dernière collaboration remonte à 2012, avec Dark Shadows, adaptation de la série éponyme, et vibrant hommage aux films de la Hammer. Leur relation est basée sur la confiance, et la même passion entre un réalisateur et son acteur.

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Helena Boham Carter (7 collaborations)

Rencontrée sur le tournage de La planète des Singes, où Burton lui confie le rôle de Ari, femme primate fascinée par les êtres humains, Helena Boham Carter devient la nouvelle femme du réalisateur, évinçant Lisa Marie, sa première compagne. Ils tourneront ensemble dans Big Fish (où elle joue la sorcière), Charlie et la chocolatrie (dans le rôle, plus discret, de la mère de Charlie), Les noces funèbres (elle incarne la morte Emily) puis Sweeney Todd (elle y campe Mrs Lovett). Les personnages qu’il lui donnent sont tout-à-tour excentrique, nostalgique, folle, amoureuse…mais elles ne sont jamais totalement mauvaise. Même en impitoyable reine de coeur de Alice au pays des merveilles, on comprend que son personnage n’est pas aussi mauvais que ça. Leur dernière collaboration est Dark Shadows, où elle campe le Docteur Hoffman, fascinée par les vampires. Sur le plan privé, le couple aura 2 enfants ensemble, et vivront ensemble jusqu’en 2014, dans deux maisons jumelles, chacune inspirée par leur personnalité, reliée par une chambre partagée…

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Christopher Lee (5 collaborations)

Star de la Hammer et du fantastique, indissociablement attaché au rôle de Dracula (qu’il a incarné 11 fois !), tour-à-tour ennemi de James Bond, seigneur noir des Sith ou Sherlock Holmes, Christopher Lee (1922-2015), a vu sa carrière s’essouffler dans les années 80-90, avant de revenir dans les années 2000, dans Le Seigneur des AnneauxStar Wars et Le Hobbit. En 1999, Burton lui donne un petit rôle dans Sleepy Hollow, avant de lui confier celui du père de Willy Wonka dans Charlie et la chocolatrie. L’homme était imposant (1m96 !), et dégageait une certain charisme, pouvant se glisser dans n’importe quel rôle…Burton lui confiera celui du Jabberwocky, dragon monstreux à qui il prête sa voix, dans Alice au pays des merveilles et du paster Galswell dans Les noces funèbres. En 2012, dans Dark Shadows, Lee incarne le vieux marin Silas Clarney. L’homme aura travaillé jusqu’à sa mort, en 2015, restant toujours actif, remettant la retraite à plus tard.

Michael Gough (5 collaborations)

Autre star de la Hammer, mais dans des seconds rôles cette fois, Michael Gough (1916-2011) a disparu des écrans jusqu’en 1989, où Tim Burton lui offre le rôle de Alfred, le majordome de Batman. Il reprendra ce rôle dans la suite de Burton (Batman-le défi), ainsi que dans celles de Schumacher. Il sera aussi de Sleepy Hollow, et prêtera sa voix dans Les noces funèbres et Alice au pays des merveilles.

 

Michael Keaton (4 collaborations)

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Burton avait choisi, dès le début de Batman, Michael Keaton pour jouer l’homme chauve-souris.  Il a du batailler ferme avec les producteurs, qui lui aurait préféré un acteur plus expérimenté, lui collant l’étiquette d’acteur comique…il faut dire que pour Burton, Keaton fut le génial bio-exorciste Beetlejuice. Ce film l’a lancé mais a surtout eu pour impact de le cantonner à un registre. Mais qu’importe, il sera Batman ! Si il reprend son rôle dans la suite, Keaton refuse de le jouer une troisième fois, comme Burton se retire du projet. Keaton a eu du mal à sortir du rôle de Batman, et les opportunités se sont réduites pour lui par la suite…on peut retenir Jackie BrownJack Frost et My Life. Puis, en 2014, c’est la renaissance : dans Birdman, il campe un personnage qui rappelle étrangement sa carrière. Une étiquette de super-héros collé à la peau, quelques rôles intéressant, mais une carrière déclinante. Et depuis, il choisi ses films, jouant dans SpotlightLe fondateurRobocop ou encore Spider-man : Homecoming (dans la peau d’un méchant, cette fois-ci). En 2019, il retrouvera Tim Burton, 28 ans après leur dernière collaboration, pour Dumbo. Il sera le méchant du film…

Lisa Marie (4 collaborations)

Lisa Marie, mannequin, est à l’image de Burton : envoûtante et fascinante, il émane d’elle une sorte de bizarrerie qui en fait un être à part. Elle sera la première muse du cinéaste (ils se sont rencontrés dans un Starbucks, pendant le nouvel an !), marié avec lui, de 1993 à 2001. Elle se verra confier des rôles singuliers et étranges : Vampira dans Ed Wood, la femme martienne dans Mars Attacks !, la mère d’Ichabod dans Sleepy Hollow, et Nova, dans La planète des singes…où elle est éclipsée par Helena Boham Carter. Séparée de Burton, elle lui intentera un procès pour lui réclamer une pension alimentaire…

 

Danny DeVito (4 collaborations)

 

La petite taille de Danny DeVito (1 mètre 47) n’a jamais été un handicap pour sa carrière. Jouant le rôle de Louis De Palma dans la série Taxi, au côté de Tony Danza, de 1978 à 1983, il se retrouve dans de nombreuses comédies des années 80, telles que À la poursuite du diamant vertJumeauxMafia SaladBalance maman hors du train et Y a-t-il quelqu’un pour tuer ma femme ? . Il fait aussi une apparition dans Vol au dessus d’un nid de coucou.

En 1991, Tim Burton lui offre le personnage du Pingouin, méchant de Batman-le défi, alors qu’il envisageait à l’origine de le donner à Marlon Brando. Jack Nicholson le convaincs d’accepter le rôle, alors que DeVito hésitait. En jouant cet être d’aspect repoussant, partagé en la quête de ses origines de ses origines, afin d’être une personne et le mal qui émane de lui à cause de tout ce qu’il a vécu, DeVito montrait qu’il pouvait être plus qu’un personnage comique. Il réalisera HoffaMathilda et Un duplex pour trois. Aimant l’humour, on le retrouvera à l’affiche de JuniorVoisins contre voisins et Mon vrai père et moi. Avec Burton, ils se retrouvent pour Mars Attacks !  en 1996 (DeVito campe un joueur à Las Vegas) et pour Big Fish, en 2003, où il joue le directeur du cirque…un rôle plus ou moins similaire à celui qu’il lui donnera 16 ans plus tard, dans Dumbo.

Martin Landau (3 collaborations)

Star de la télé avec Mission Impossible (Rollin Hand, roi du déguisement) et Cosmos 1999, Martin Landau (1928-2017) a pourtant débuté avec un épisode de La Quatrième dimension, en 1959. Au cinéma, il tourne énormément de films, souvent abonnés aux seconds rôles, comme dans CléopâtreLa Mort aux trousses ou Tucker. Son visage est familier, mais il reste un grand inconnu…la reconnaissance ne vient pas. On ne sait pas quoi lui donner, car il n’est pas associé à quelque chose de précis. Il donne également des cours à l’Actor’s Studio. Parmi ses élèves se trouve Jack Nicholson !

En 1993, Tim Burton lui donne le rôle de Bela Lugosi, dans Ed Wood. Pour lui, il était le seul acteur capable de l’incarner (son unique choix !), car il pouvait être gentil, fou et triste à la fois…on ne savait pas quoi s’attendre avec lui. Il avait l’expérience du métier, et avait côtoyer les plus grands, comme les plus mauvais. En incarnant ce vieil acteur perdu dans le rôle de Dracula, qui accepte de tourner pour le pire réalisateur de tout les temps, en restant digne, fier et bon dans les pires films, Landau donnait un deuxième souffle à sa carrière. Le maquillage lui donne réellement l’apparence de l’acteur. Pour l’accent hongrois, Landau a du travailler énormément pour être crédible (Lugosi ne saura jamais prononcer les R et W).Il recevra alors la consécration suprême : un oscar pour le rôle. Ces dernières années, on avait pu le voir dans la série FBI : portés disparus, dans le rôle du père du héros ou en ancien chasseur de nazi dans Remember. Avec Burton, il prêtera ses traits pour un petit rôle dans Sleepy Hollow et sa voix dans Frankenweenie.

Jeffrey Jones (3 collaborations)

Né en 1947, Jeffrey Jones a collaboré 3 fois avec Tim Burton : Dans Beetlejuice, tout d’abord, où il joue le  joyeux mari de la délirante Delia, Charles, qui doit supporter les frasques de sa femme. Puis dans Ed Wood, sous les traits de l’acteur Criswell, qui aurait prédit la mort du président Kennedy. Enfin, dans Sleepy Hollow, en campant le révérend Steenwick. Pour le reste de sa carrière, Jones a aussi joué dans AmadeusHoward et Valmont. En 2003, il a plaidé coupable dans une affaire de pédophilie, où il détenait des photos pornographiques d’un jeune de 14 ans…il n’a pratiquement plus rien joué depuis.

 

Eva Green (3 collaborations)

Fille de Marlène Jobert, ancienne James Bond Girl de Casino Royale, Eva Green est devenue, en 2012, la nouvelle muse de Tim Burton, en incarnant Angélique Bouchard, dans Dark Shadows. Dans le rôle de cette sorcière hystérique, amoureuse folle de Barnabas Collins, et jalouse de ne pas être sa dulcinée, l’actrice se révèle sensationnelle. Burton la trouve sensationnelle, d’une beauté folle, capable de jouer une palette d’émotion en une seule scène. Elle retrouve le cinéaste en 2016, à l’occasion de Miss Pérégrine et les enfants particuliers, en gouvernante d’enfants aux dons exceptionnelles…la Scary Poppins du film. En 2019, dans Dumbo, elle sera Colette Marchand, une trapéziste…

Winona Ryder (3 collaborations)

Âgée d’à peine 17 ans lors du tournage de Beetlejuice, Winona Rider est Lydia, fille de Delia, une adolescente gothique qui voit les fantômes. Voyant le monde comme une chambre noire, la jeune fille ne se sent bien qu’en présence des morts. En 1990, Burton lui confie le rôle de Kim, l’amour d’Edwards aux mains d’argent. À cette époque, à la vie, elle est aussi la compagne de Johnny Deep, jusque 1993. Elle a ensuite enchaîné les rôles avec Les quatres filles du docteur MarchLe temps de l’innocenceLa chasse aux sorcièresAlien-la résurrectionBlack Swann et la série Stranger Things.En 2012, elle retrouve Tim Burton à l’occasion de Frankenweenie.

Jack Nicholson (2 collaborations)

On ne présente plus Jack Nicholson. Star infernale, homme à femmes (il aurait eu près de 2000 conquêtes…), acteur aux 3 oscars (Vol au-dessus d’un nid de coucouTendres passions et Pour le pire et pour le meilleur), l’homme a tout joué (Les sorcières d’EastwichChinatownThe PledgeDes hommes d’honneurs,…). Surtout les fous (ShiningEasy Driver, Les infiltrés…), via son visage mobile, qui en fait un méchant de prestige. Burton l’avait bien compris en lui offrant le personnage du Joker, dans Batman. 7 ans plus tard, dans Mars Attacks !, il retrouve l’homme en président des États-Unis, tentant de trouver un compromis avec les martiens. Depuis 2010, et Comment savoir, Nicholson semble plongé dans une semi-retraite paisible. Avant un dernier retour ?

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689.Alita : Battle Angel (bande-annonce).

Robert Rodriguez est de retour pour un nouveau film ! Abonné aux séries Z (Une nuit en enferSpy Kids ou encore Desperado), il revient à la science-fiction (qu’il avait touché avec The Faculty) en adaptant le manga Gunnm. L’histoire se déroule dans un monde ravagé, suite à la collision d’une météorite. L’humanité doit survivre : les riches vont dans les cités suspendues dans le ciel, et les pauvres se retrouvent dans des bidonvilles. C’est dans cet univers qu’un docteur, Dyson Ido, retrouve une tête de cyborg dans une décharge. Il la répare et la baptise Alita (dans le manga c’est Gally), voyant en elle sa fille. Mais la jeune dame a la sensation d’être plus que ça, d’être autre chose : elle quitte Ido, à la recherche de ses origines. Combattante hors pairs, elle devra affronter de nombreux ennemis qui veulent la défaire…

Longtemps rêvé, jamais abouti, l’adaptation voit enfin le jour. La sortie est prévue en décembre 2018. La bande-annonce est prometteuse, tant sur le plan visuel que scénaristique. Roza Salazan, qui prête ses traits à l’héroïne du film est méconnaissable !

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688.Aretha Franklin forever.

Avec sa voix soul et ses influences jazzy, Aretha Franklin a chanté des titres qui résonnent encore dans le cœur de nombreuses personnes. Malade (un cancer du pancréas, semble-t-il), la dame s’est éteinte ce 16 août, à 76 ans. Elle a beaucoup milité pour la lutte des droits civiques, ainsi que pour les droit de la femme, en qui elle a toujours souhaité autant de droits que pour les hommes (ce qu’elle dit dans Think ou dans Respect). Avec 75 millions de disques vendus (avec des opus sorti jusqu’en 2017), elle aura marqué son temps et sa communauté. La « Queen of Soul » est autant connue que Marthin Luther King. Obama lui-même l’adorait. Elle aura aussi chanté avec Keith Richards pour Jumping Jack Flash et fait dansé avec I say a little prayer ou A natural woman.

Aretha disparaît aujourd’hui, mais ses textes ne seront pas oubliés…

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à réécouter : Aretha Franklin, dans Blues Brothers, film de John Landis.


687.The Descent.

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6 femmes, 6 amies de longues dates, décident de se retrouver dans un chalet dans les Appalaches, afin de faire de la spéléologie. Elle descendent alors, sur les conseils de l’une d’elles, Juno, dans des grottes considérées comme « facile ». Mais un éboulement dans un passage bloque la seule voie accessible pour remonter à la surface. Juno leur avoue alors qu’elles les a emmenées dans un tout nouveau réseau de grottes, encore jusque là inexplorées…aucun chemin n’est donc connu et n’a été recensé. Les femmes vont alors devoir avancer avec prudence, afin de se frayer un chemin dans un dédale de galerie, plongée dans le noir le plus complet. Mais elles ne sont cependant pas seules…en effet, des créatures vivent dans ses grottes depuis la nuit des temps. Complètement aveugles, ils se repèrent aux sons. Les jeunes femmes devront se montrer forte pour faire face à ces hideux anthropophages…

Signé Neil Marshall (dont le Hellboy est attendu pour l’an prochain), The Descent est un film d’horreur sorti en 2005. Il a très vite trouvé son public et est devenu l’un des préférés des années 2000. Il faut dire que le long-métrage est tourné dans un décors assez réalistes (les Appalaches, évoquant le film Shining, au début, puis les grottes), mettant ses personnages confrontés à un phénomène naturel (un éboulement accidentelle d’une galerie étroite), qui les emprisonnent dans un environnement qui leur est inconnu, même si elles ont l’habitude de pratiquer l’activité de spéléologue en herbe. Marshall prend le temps de raconter son histoire, se concentrant d’abord sur ses personnages, et plus particulièrement Sarah, qui traverse un deuil et voit en cette expédition le moyen de se remettre de cette tragédie…

La menace invisible qui les entoure ne se manifeste que tardivement. Au début, il y a d’abord l’angoisse permanente d’être enfermé dans ce labyrinthe géant (quoi de plus oppressant que des grottes qui n’ont jamais vue la lumière du jour), plongé dans les ténèbres (l’éclairage émane d’ailleurs des lampes torches, fusées et autres caméras infra-rouge, permettant de se sentir moins oppressé) de la nuit noire. Chaque chemin peut être synonyme de mort si l’on ne fait pas attention (la scène où l’une des filles se brise la jambe suite à une chute est particulièrement réaliste). Ensuite, quand elles retrouvent confiance en elles, s’enfonçant dans les profondeurs de la terre, la menace se précise…les créatures (au design particulièrement réaliste, sorte d’homme des cavernes de couleur blancs laiteux car non exposé au soleil), tapies dans l’ombre sortent et les attaquent à toutes vitesse, s’y mettant à plusieurs sur une même proie. Elles sont nombreuses et comportent plusieurs nids, avec des mâles et des femelles. Le réalisateur les a baptisé les crawlers. Il s’agit de véritables personnes qui ont été maquillés et grimés à l’aide de prothèses. Pour plus de réalisme, les actrices n’avaient pas vue les créatures avant de tourner les scènes…il fallait que leurs réactions, leurs cris, leur peur, soient authentique ! Dans l’histoire, les filles doivent faire preuve de courage, et certaines se révéleront être de redoutables guerrières. La peur les paralysant au début laissera place à une rage effroyable, certaines n’hésitant pas à se sacrifier pour sauver les autres. Et de tout ce maelström culmine la fin, hallucinante et saisissante. C’est un sommet d’effroi, avec beaucoup d’adrénaline. On reste scotché, de bout en bout, dans ce « Délivrance version féminine » (notre note : 9,4/10).


686.The Visit.

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Tyler et Rebecca n’ont jamais vu leurs grand-parents. Suite à une terrible dispute, Loretta, leur mère, ne leur a plus parlé depuis 15 ans. Mais ils se décident à franchir le pas et d’aller les rencontrer. Ceux-ci sont d’accords pour que les enfants passent une semaine chez eux. Ils se voient alors pour la première fois et tout semble bien aller. Car peu-à-peu, les deux enfants doivent se rendre à l’évidence…les grands-parents sont étranges, et font des choses difficiles à expliquer. Rapidement, les joyeuses retrouvailles s’obscurcissent…

Sans trop dévoiler le contenu de l’intrigue, The Visit est un habile petit film d’horreur indépendant, réalisé par M.Night Shyamalan (Sixième sensIncassable, Split), qui joue a brouiller les pistes, emmenant le spectateur dans des directions assez inattendues. Il y a de nombreux moments où l’on sursaute, mais aussi de nombreux où l’on rigole (le petit Tyler, incarné par Ed Oxenbould y étant pour beaucoup). Le twist final est logique, offrant une conclusion parfaite et crédible.

Le film est tourné en found footage, ce qui signifie que ce qu’on voit à l’écran est filmé par les personnages eux-mêmes, qui tiennent la caméra à l’épaule (on parle de caméra subjective comme dans des oeuvres telles que Rec ou Cloverfield). On ne voit donc que par l’entremise de ce que chacun des enfants retient avec son appareil. Cela offre plus de réalisme à l’histoire ( dans le film, Tyler et Rebecca veulent réaliser un petit film sur leur semaine chez leurs grands-parents). Il n’y a donc pas de musique ! (même si on ontend, à travers l’ordinateur, le glaçant Possession de Les Baxter).

Mais Shyamalan, va un peu plus loin avec son long-métrage. Il rajoute à son intrigue un thème assez intéressant : le pardon. Loretta a quitté ses parents car elle a voulu se marier très jeune, et a eu des enfants. Son mari l’a ensuite abandonné et elle s’est retrouvé toute seule, à gérer sa famille. Mais Loretta éprouve toujours des remords à cause de ce qu’elle à fait et reste persuadé que ses parents lui tiennent encore rancune. Rebecca, en les rencontrant, espère en savoir plus sur leur état d’esprit et voir si une réconciliation est possible… Shyamalan confronte ses personnages à ce qui les a détruit, à ce qui les effraye, en vue de les réparer, de les rendre plus forts ( Tyler et sa peur des microbes par exemple, Rebecca qui est incapable de se regarder dans un miroir, persuadée qu’elle n’a pas de valeur).

Pour conclure, The Visit est un thriller rondement mené, quelque peu dérangeant au début (le jeu de cache-cache, la scène du four, la grange,…), mais qui trouve dans sa conclusion une explication rationnelle, loin de film du même genre, dont la fin est généralement bâclée. Notre note : 7,8/10.


685.Big Fish.

Edward Bloom a toujours raconté les événements qui ont composé sa vie de manière fantaisiste : de son enfance où il vit dans l’oeil d’une sorcière comment il allait mourir à sa rencontre avec l’amour de sa vie, dans un cirque, en passant par son adolescence où son corps se mit à grandir d’un coup et l’immobilisa pendant 3 ans durant dans son lit. Croisant géant, loup-garou, et sirènes, ces aventures semblent être un enchantement. Il a toujours su plaire aux gens, qui le trouvait fort sociable. Mais son fils, Will (Billy Crudup), fasciné par ses merveilleuses histoires dans son enfance, a grandi en se rendant compte qu’il ne connait en fait rien de son père…qu’il lui impossible de séparer l’homme du mythe, qui ne font qu’un. Brouillé avec lui depuis 3 ans, sa mère, Sandra (Jessica Lange) lui demande de revenir, car Edward va bientôt mourir. Will va tenter de faire la paix avec son père, et partir en quête de la vérité…

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Il était une fois…

En 2003, pour son dixième film, Tim Burton se décidait d’adapter le roman Big Fish, de Daniel Wallace (Spielberg avait auparavant envisagé de le porter à l’écran), trouvant en l’histoire un écho avec la disparition de son propre père et de sa mère, en 2000 et en 2002, ainsi que la naissance de son premier fils. C’est donc une histoire à la fois personnelle et intimiste que le cinéaste décidait de mettre en scène. Pour le rôle principal, celui d’Edward Bloom, deux acteurs ont été choisi : Albert Finney, qui joue le personnage quand il est âgé, et Ewan McGregor, qui lui prête ses traits lorsqu’il est jeune.

Edward raconte des histoires extravagantes, hilarantes, qui sonnent comme des mythes, des légendes. Il exagère en fait la réalité, enjolive certains événements, en gommant d’autres. Elles captivent les gens, l’écoutant avec une envie très grande de connaître la suite. Will aussi aime ces contes, mais à l’impression de ne rien savoir sur son père, comme si un voile le séparait de la sacro-sainte vérité. Comme si ils étaient deux étrangers qui se connaissent très bien.

Burton aime mettre en scène le conflit des générations : dans Charlie et la chocolatrie, Willie Wonka est brouillé avec son père, dans Batman-le défi, le pingouin a été abandonné par ses parents en raison de sa laideur. Dans Big Fish, Will s’est disputé avec son père, le traitant de menteur et de ne lui avoir rien raconté de vrai. Il pense que son père menait une double vie, étant souvent absent dans son enfance, fuyant un quotidien insignifiant. En vérité, il se trompe, car rien n’a compté plus que sa femme et son fils pour lui. Mais l’homme a fait de nombreuses choses dans sa vie, aidant de nombreuses personnes qui avaient croisés son chemin.

Comme à son habitude, la figure parentale va être sacrifiée, chez Burton. Bruce Wayne voyait ses parents assassinés devant lui dans BatmanIchabod Crane perdait sa mère, hanté par son souvenir, dans Sleepy Hollow. Dans Big Fish, Will va devoir faire le deuil de son père, qu’il n’a jamais compris et dont il s’est toujours senti étranger. Un jour, l’enfant se réveille et devient un adulte…il perd son innocence, et la magie qui l’a accompagné jusque là s’en va avec lui. Il cesse de voir le monde de façon émerveillée, et vit sa vie comme chacun. Edward Bloom, a toujours été un éternel enfant, dévorant l’univers avec une fantaisie grandissante. Mais pour Will, c’est le désenchantement…il préfère d’ailleurs la véritable histoire de sa naissance, racontée par le médecin de famille, plutôt que la version abracadabrantesque de son père. Paradoxe suprême, Will est écrivain…et raconte des histoires ! Son père, lui, vit ses histoires.

Par ses histoires, Edward est appelé à durer. Certes, elles sont extravagantes et décalées, voire absurdes, mais qu’importe. Cela prolonge son existence, l’homme et le mythe ne formant qu’un, son fils, après sa mort, racontant ses histoires à son propre enfant. En cela, il devient immortel.

Monstres fantastiques

Sur sa route, Edward croise la route d’un géant prénommé Carl (Matthew McGrory, l’homme avec les pieds les plus grands du monde…chaussant du 62 !), et dont il dit qu’il mesure plus de 4 mètres ! En vérité, l’homme ne mesure que 2,30 mètres, mais il faut se dire qu’à l’époque, c’était rare de croiser un individu aussi grand. Le géant se sent en réalité très seul, les personnes « normales » ayant toutes peur de lui. Edward va donner un sens à son existence, lui permettant de travailler dans un cirque, où il amusera les spectateurs, éberlué par sa taille (il n’y a qu’à voir la tête d’Amos, directeur de cirque incarné par Danny DeVito, lorsqu’il l’aperçoit pour la première fois).

Les sœurs siamoises, qui aident Edward à se cacher, lorsqu’il est engagé de force dans l’armée et envoyé en mission appartiennent à cette catégorie. Décrite par Bloom comme partageant un double corps pour seulement deux jambes, il s’agit en réalité de jumelles siamoises, ayant leur propre enveloppe charnelle. Dans son histoire, elles font un show, de type cabaret, devant les militaires, amusés et fascinés par tant de sensualité.

Amos, le directeur du cirque, est un loup-garou. Un animal qui en fait n’est que l’allégorie de l’homme sans scrupule, proposant des contrats déraisonnables à ses employés, et qui les traitent mal…avant de se faire amadouer par Will.

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Amour et poésie

Big Fish est un film difficile à classer : il s’apparenterait, de façon objective, au genre merveilleux. Le cadre est situé dans un univers surnaturel, tout droit sorti de l’imagination d’Edward. On est souvent dans le conte de fées, avec ses nombreuses péripéties, ses personnages fantasques coexistants avec les héros du monde. L’irréel prend vie et le reste durant tout le récit.

Il y a des moments qui ne semble appartenir qu’au rêve pur, tant ils semblent impossible : par exemple, lorsque le temps s’arrête quand Bloom pose les yeux sur Sandra pour la première fois, et qu’il fait tomber les pop-corn en lévitation. Edward est charmeur, et rend l’onirique plaisant. En vérité, le monde a toujours été trop petit pour lui. Il a toujours eu soif, étant sans arrêt déséché, voulant vivre milles aventures, faisant preuves de courages. Sa vie, il l’a vécue comme un conte de fée. La métaphore du gros poisson dans le lac à la toute fin boucle la boucle : il sort du bocal qu’est le monde, pour mener la vie qu’il entend. Les limites, nous les fixons nous même. À l’inverse de Ashton, le poète, Bloom sort du conformisme, de la tranquilité de la ville de Spectre. La mort, Edward l’accepte et fait avec. C’est la seule certitude en ce bas monde.

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Comme à son habitude, Burton déploie toute sa créativité pour mettre en scène un univers riche en couleurs, souvent de manière artisanale (les arbres qui bougent, le gros poisson,…) où interagissent les différents protagonistes de son histoire. Bloom est incapable de parler autrement à son fils que pas ses histoires…c’est comme si il croyait à ces fantaisies. Tout deux ne se comprennent pas, car il ne sont pas sur la même longueur d’onde, sur le même langage. Sa mère, à l’inverse, parvient à dialoguer avec son mari, trouvant la bonne distance par rapport aux récits.

Le cirque, dirigé par Amos Calloway (Danny DeVito) est un lieu incroyable où l’on ne s’ennuie jamais. La magie semble omniprésente, de part tout les numéros qu’il offre au public, par ses artistes, et l’adrénaline que les numéros dégage (quand Bloom met sa tête dans la gueule d’un lion, par exemple, rappelant Charlie Chaplin). Il y a des moments burlesques et un plaisir d’être sur le devant de la scène. Le cirque est un lieu commun, dans les contes de fées.

La conquête de Sandra par Edward a également un côté magique : amoureux d’elle au premier regard, l’apercevant au loin dans le cirque, il a l’impression que le temps s’arrête…avant de filer à grande vitesse, la fille disparaissant au passage. Homme sans scrupule, Amos s’engage à lui donner une information sur sa dulcinée, à la fin de chaque mois de travail, où il ne sera pas payé. Puis, Edward, en sachant assez sur elle, par la courtiser, alors qu’elle est fiancée, sur le point de se marier, et qu’elle ne le connaît pas…borné (il se qualifie d’idiot), Edward utilise tout les stratagèmes possibles, allant jusqu’à lui offrir un champ de jonquille, ses fleurs préférées, sur la cour de l’université. Il choisi, lors de sa confrontation avec le fiancé de Sandra, de ne rien faire, acceptant les coups devant les yeux de sa dulcinée, qui se prend d’affection pour lui. Ils s’aimeront toutes leurs vie, à la folie, traversant le meilleur (la naissance de Will), comme le pire (peu d’argent, l’entrée de Bloom à l’armée, les allers-et-venues de celui-ci à cause de son travail de représentant de commerce). La scène où ils prennent un bain à deux, une toute dernière fois, offre un moment d’intimité et d’affection, qui montre que la flamme est toujours ardente. Edward est le poisson, et l’alliance de Sandra est l’appât qui l’a pêché.

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Rarement Tim Burton n’a été aussi émouvant en racontant une histoire : il fait de son film une oeuvre permettant tant de lier deux mondes inconciliables, la rencontre tant attendue entre l’enfance et l’âge adulte. La réalité rencontre le mythe à la fin du film…le vrai et le faux se rencontrent, le en partie vrai et le en partie faux également. Bloom n’était pas aussi mythomane qu’il en avait l’air. Il a juste exagéré et transformé un peu certains événements… il sommeille un enfant en chacun de nous. Le vraiment n’est pas forcément le véritable. (notre note : 9/10).

À noter un petit caméo de l’acteur Billy Redden, qui reprend son rôle de Lonny, le joueur de banjo qu’il incarnait dans Délivrance (1972). Il rejoue quelques notes, sur son instrument du célèbre air qui l’a rendu célèbre, à Spectre.

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684.Il était une fois une chanson…Inch’allah, de Salvatore Adamo (1967).

Hymne de paix, la chanson Inch’allah (ce qui signifie « si Allah le veut », équivalent à « si Dieu le veut », pour évoquer l’idée qu’on ne sait jamais ce qui va arriver, que rien n’est prévu d’avance par nous et que si l’on sait ce qui est bien et qu’on ne le fait pas, alors c’est mal), écrite par Salvatore Adamo, a été écrite en 1967, avant que ne survienne la terrible Guerre des Six Jours entre Israël et les Etats Arabes (Égypte, Jordanie et Syrie) et qui fit plus de 21000 morts. Il y a toujours eu beaucoup de tension avec Israël, et l’arrivée des officiers du parti Baas en Syrie, fit monter la tension. L’Égypte interdit alors l’accès à Israël au golfe d’Akaba. La Guerre éclate alors…

Le titre fut censuré, dès sa sortie, en raison de son parti prit, pro-palestinien (à cause d’une strophe, où il dit qu’il voit qu’il a vu les enfants trembler en Israël). En réalité, l’artiste a été mal compris. En 1993, Adamo décide de refaire une version plus « politiquement correcte », où il gomme certains traits de la dure réalité qu’il a autrefois décrite (comme les 6 millions de juifs disparus). Il évoque pourtant une triste réalité, celle d’un pays divisé, où beaucoup de gens ont souffert, se souvenant de ce qu’ils ont traversés, encore marqué par l’Holocauste. Aujourd’hui, le titre semble plus actuel, devenu un credo de paix, symbolisé par la colombe et son rameau d’olivier.

Le chanteur a enregistré plusieurs versions du titres, notamment une avec Amália Rodrigues, une autre avec Calogero et encore une avec Maurane (notre préférée, que l’on vous propose de redécouvrir dans la vidéo ci-dessous).

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