A crazy world



704.Titanic.

En portant à l’écran la tragédie du Titanic, le cinéaste canadien James Cameron (TerminatorAbyssTrue Lies) ne s’imaginait pas réaliser une oeuvre majeure de l’histoire du cinéma (bien qu’il sentait que sa filmographie avait besoin de compter un film d’une telle envergure). Un film puissant et fort, récompensé largement par 11 oscars (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur), égalant le score jusque là détenu par Ben-Hur. Il fut aussi le plus gros succès au box-office, jusque 2009, où Avatar (de James Cameron !) le dépassera…En ressortant, en 2012, pour fêter ses 15 ans, le long-métrage parvient à dépasser le cap des 2 milliards de recettes (2, 187 milliards) et devient le 2e film le plus vu de tout les temps.

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Un aller simple

La séquence d’ouverture démarre avec une équipe de plongeur, en 1996, menée par Brock Lovett (Bill Paxton), qui part à la recherche de l’épave du Titanic, afin de retrouver le légendaire diamant bleu, appelé le Coeur de l’océan. Au fond de l’eau, ils découvrent un coffre fort, où se trouve le dessin d’une femme nue, portant l’objet de leur désir autour du cou. Selon la légende,  découvert en Inde, cette pierre de 115 carats a appartenu à Louis XIV, qui le léguera à ses descendants. Mais en 1792, le diamant, taillé en forme de coeur est volé…il faudra attendre 1839, et une lettre de feu Henry Hope, un collectionneur, pour le retrouver.La légende veut que chacun de ses propriétaires connurent une successions de malheurs, les menant à la mort. En 2008, il fut établi que diamant Hope et le diamant bleu étaient en réalité une seule et même pierre, le deuxième étant en fait le premier retaillé. Toujours est-il, pour revenir au film, qu’apprenant la nouvelle, une dame âgée, Rose Calvert (Gloria Stuart), le contacte car elle a des informations sur ladite pierre, puisque c’était elle, la jeune fille sur le dessin.

Elle va alors leur raconter une histoire qu’elle n’avait jamais avoué à personne : ses souvenirs à bord du Titanic. Jeune (incarnée par Kate Winslet), elle était une fille sans un sous, avec uniquement un nom de famille prestigieux, son père ne lui ayant laissé que des dettes. Sa mère Ruth (Frances Fisher), vieille bourgeoise, souhaite conserver son rang et s’est arrangé pour que sa fille épouse Caledon Hockley (Billy Zane), un magnat de la finance, qui leur permettra de vivre une vie d’opulence. Non loin de là, à Southampton, en Angleterre, une partie de poker a lieu. L’enjeu est un ticket pour embarquer à bord du Titanic, paquebot de luxe dont ce sera le voyage inaugural. Le destin voudra que le jeune Jack Dawson (Leonardo DiCaprio), sans un sou en poche, remporte le jeu, et monte dans le navire, prêt à vivre son rêve américain, à New-York. Ce dernier, passager de troisième classe, n’était pas sensé croiser la route de Rose, passagère de la première classe. Mais les choses en décidèrent autrement, lorsque Jack croisa le regard de la jeune femme, qui admirait l’horizon, sur le pont.

Le poids des choses

Pour Rose, même si elle est pourrie gâtée, vivant dans le luxe le plus grand, entourée de ses domestiques personnels, respectant tout les codes de bienséances de la haute société, cette situation lui est pénible. C’est invivable de ne pouvoir choisir son destin, de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut. La jeune femme n’éprouve rien pour son fiancé, homme impulsif et prétentieux, sinon de la colère et du mépris. N’en pouvant plus de sa vie, de cette passivité lancinante, des contraintes sociales, Rose tente de se suicider en se jetant du haut de la proue du bateau. Mais Jack, qui passait par là, parvient à l’en dissuader, et la sauve, in extremis, alors qu’elle avait failli tomber. D’abord pris pour un agresseur, car Rose est au sol, la robe déchirée, Jack est ensuite remercié par Hockley, qui l’invite au dîner, dans la première classe, le lendemain, afin de « raconter ses exploits ».

Rose revoit alors Jack dans le plus grand des secrets. Il se raconte à elle, lui dévoile tout de son être, plongeant ses yeux dans les siens. Sa vie  à lui est l’égal opposé de la sienne : il n’a aucun attachement, à soif d’aventure, vivant sa vie librement, comme il l’entend. Jack se laisse aller à ses émotions, et se fait plaisir. Il ne possède rien mais est heureux. Le jeune homme n’a pas peur de se pencher à la proue du navire, en criant face au vent qu’il est le roi du monde. Rose est cloué à sa vie, qu’elle traîne comme un poids. Elle doit être une « lady » parfaite, sans pouvoir faire ce qui lui chante. Tout est contrôlé. Mais ici, en parlant avec Jack, elle se rend compte que la vie peut être autre chose, et qu’elle serait prête à tout laisser pour aller avec lui. Avec ce dernier, elle se sent bien, et la vie vaut la peine d’être vécue : il lui apprend à cracher, à faire ce qui lui plaît, et à faire preuve de courage.

Deux mondes opposés

Le jour du dîner, Jack n’a pas de costume. Une femme, Molly Brown (Kathy Bates), qui fait partie des « nouveaux riches » et qui méprisée par les autres bourgeois (car elle était pauvre, à l’origine), décide de lui en prêter un. Jack a l’air d’un dandy, un gentleman, et les autres le prennent pour un des leurs…excepté la mère de Rose, et Hockley, qui n’ont pas une once de sympathie pour lui, le voyant comme une menace. Le dîner est opulent, les produits sont luxueux (il y a même du caviar…que Jack refuse de manger, prétextant ne pas aimer cela, comme un petit bourgeois fier et délicat, ce qui fait rire Rose), les couverts nombreux. On parle « politiquement correct », et la tenue et l’apparence sont essentielles. Ce choc des cultures, passagers premières classes et passagers de la troisième classe est saisissant. On a l’impression qu’il s’agit de deux mondes totalement différent. Cameron dresse une critique sociale cinglante de la haute société britannique conservatrice. Ces gens ne s’amusent pas réellement, crachent leur venin sur les autres, et se montre très malaisant envers ceux qui n’ont rien, les pauvres.  D’ailleurs le compartiment de la première classe est interdit aux autres passagers, qui ne peuvent en fouler le sol ! Les chambres de la troisième classe ressemblent à des auberges de jeunesse, avec leur lits superposés dans de toutes petites cabines, alors que dans la première classe, les passages ont des appartements qui comprennent parfois jusqu’à une dizaine de pièces, richement meublées ! Et cela pour un simple voyage !

Rose fait ensuite une incursion dans la troisième classe, pour une fête Irish, où Jack va lui montrer comment les « pauvres s’amusent ». Ils dansent simplement au son d’une musique endiablée, qui n’est pas jouée par un orchestre symphonique mais quelques musiciens. Ils boivent de la bière et rigolent beaucoup. Rose prend beaucoup de plaisir à participer à ces festivités, et tourne avec Jack sur l’air de la musique, sans se soucier de savoir ou non danser. L’important est de profiter du moment présent, et non de respecter des « soi-disant codes de bienséances ».

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Brasier

Le coeur de Rose va s’enflammer pour Jack, et réciproquement. On peut réellement qualifier leur relation de passion, et comparé leur amour naissant à un feu ardent. On pense à la réplique ou l’un dit à l’autre qu’il plonge si l’autre plonge. Leur histoire est belle et pourtant loin d’être compliquée, tant ils semblent appartenir à deux milieux tout à fait différent.

Ainsi, Rose est obligé de transgresser beaucoup de règles, afin de voir Jack. Au début, elle pense que cette relation est mauvaise, pensant à sa mère, et à sa situation. Mais ensuite, elle prend conscience du bonheur qui lui est offert et se décide de le saisir, quitte à blesser son effroyable fiancé. Elle lui fait ainsi face à plusieurs reprises, le défiant presque, avant de décider de rester avec Jack. Cameron, comme à son habitude, fait de la femme une girl power, un être qui s’émancipe et qui pense. Le réalisateur est très féministe, il l’a déjà prouvé par le passé dans Terminator 2, avec sa Sarah Connors sans peur et plus forte qu’un homme.

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Rose s’offre à Jack en lui demandant un portrait d’elle, toute nue, revêtue uniquement du Coeur de l’océan. Le garçon est mal à l’aise, de la voir dans son plus simple appareil, tant il est attiré par elle. Le dessin est réalisé au fusain (pour la petite histoire, c’est James Cameron qui dessine) par le jeune homme, qu’elle paie 10 centimes. Elle place le dessin dans le coffre-fort de son fiancé, lui adressant une « sorte de message d’adieux ».

Mais le couple naissant devra faire face à de nombreuses embûches, fuyant l’homme de main de Hockley qui les suit à la trace. Puis, caché dans une voiture dans la cale du navire, ils feront l’amour. La scène est torride et belle, l’amour, tel un volcan, s’éveille, et les plaisirs de la chairs se rencontrent enfin.

L’iceberg

Mais le bonheur est de courte durée : le Titanic heurte un iceberg qu’il n’a pas eu le temps de voir venir. Les dégâts sont importants : le navire est éventré sur toute sa longueur,  l’eau a déjà rempli cinq compartiments. le pronostic est sans appel : le bateau coulera dans une heure (dans les faits, il faudra environ 2h30). Le navire compte plus de 2000 passagers, et il n’y a pas assez de canots de sauvetage pour sauver tout le monde (on peut sauver maximum 1178 personnes). En fait, lors de la construction du vaisseau, pour une question d’esthétique, afin de ne pas encombrer les ponts, on a volontairement placé moins de chaloupes.

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L’évacuations des passagers commence, en même temps que la deuxième moitié du film : la catastrophe a lieu, et la tragédie n’est pas loin. On commence avec les passagers de la première classe, femmes et enfants d’abord. Puis les passagers des autres classes…le clivage est ainsi exacerbé par James Cameron, qui montre que la vie d’un pauvre avait, en ce temps là (bien qu’aujourd’hui, les choses n’ont pas tellement changée…), moins de valeur que celle d’un riche. Les chaloupes ne sont pas remplies au maximum, pour le confort des bourgeois. Dans certaines, il n’y a qu’une dizaine de passagers, alors qu’elles sont prévues pour 65-70 personnes (seul 722 personnes embarqueront) ! Les canots de sauvetages deviennent un dilemme, à mesure que le Titanic prend l’eau. Le commandant, Edward Smith (Bernard Hill), est dépassé par les événements, ne sachant que faire. Ce qui arrive lui semble inimaginable. Il demande  à ce qu’on joue de la musique -uniquement des airs entraînants-, afin de calmer les gens. Quelques musiciens joueront…jusqu’au bout, terminant avec « Plus près de toi mon dieu« . Le capitaine mourra, sur la passerelle…coulant avec son navire, ivre de mélancolie.

Jack, de son côté, est avec Rose. Elle l’a sauvé de la noyade (la scène est assez réaliste, et est celle que Winslet a eu le plus de mal a tourné), alors qu’il était enchaîné dans une cale remplie d’eau et presque dans le noir, accusé d’avoir dérobé le diamant bleu à Hockley, et tout deux ne monteront pas dans les canots, car il n’y en a plus assez. Le navire coule par l’avant, avant de se briser, sur le milieu, le premier morceau entraînant le second au fond de l’océan Atlantique. Les gens tentent de nager, mais l’eau est glaciale, et les condamne à une mort certaine. Les chaloupes sont à plusieurs mètres de là, ses occupants voyant l’horreur devant leur yeux, et restant là, passif…ils seront hantés à tout jamais par les cris des 1500 personnes, noyés ou mort d’hypothermie.

La fin de toutes les controverse

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Jack et Rose parviennent à nager vers une pièce de boiserie, sur laquelle ils tentent de monter. Mais il n’y a de la place que pour un seul d’entre eux. Jack y fait monter Rose, et reste dans l’eau à côté d’elle, lui tenant la main, lui donnant la force de tenir, alors qu’elle est presque gelé. Un canot de sauvetage, mené par un des officiers du navire, décide de chercher des survivants…ce sera le seul. Rose essaye de prévenir Jack de l’arrivée de celui-ci, mais constate que le cœur du jeune homme a cessé de battre. Brisée, elle le laisse couler au fond de l’océan, et appelle à l’aide. Elle sera une des six survivantes que la chaloupe arrivera à sauver…

La scène a connu beaucoup de polémique : pour beaucoup de spectateurs, il y a avait assez de place pour deux personnes, et la mort de Jack aurait pu être évitée. Mais Cameron a coupé le court à toutes les polémiques en  disant que son décès était nécessaire à l’histoire. Elle était un ressort dramatique plus puissant pour le spectateur.

Donner vie au Titanic

James Cameron a vu les choses en grand en réalisant son long-métrage : il a fait construire une maquette, taille réelle, du Titanic, en ce basant sur les plans originaux de celui-ci ! Un seul côté de la coque a cependant été construit. Une plus petite maquette, à l’échelle 1/20 a également vue le jour, pour certains plans. Les décors intérieurs ont également été créés. Tout a été prévu pour pouvoir être immergé le moment venu, et incliné. Le plateau était d’ailleurs sur un bassin sur vérins hydroliques (dans lequel on pouvait mettre des millions de litres d’eau) Le cinéaste a également été voir l’épave réelle du Titanic, mais ne l’a pas filmée. Dans le film, ce qu’on voit est en réalité une maquette du paquebot qui a coulé.

Produit par les deux firmes ennemies, Fox et Paramount, le budget du film initial était d’environ 110 millions de dollars…mais cela était impossible à tenir ! Les dépenses se rajoutées, il y a eu de nombreuses prises à refaire. Et la facture finale s’éleva à plus de 200 millions de dollars ! Cameron a filmé certains plans avec une vieille caméra, d’autres sous l’eau équipé d’une tenue de plongée, et a eu recours à des techniques numériques révolutionnaires, lui permettant d’intégrer des cascadeurs virtuels dans les images, et à pouvoir retoucher le tout, pour plus de réalisme.

Une musique aérienne

James Horner, compositeur fétiche de Cameron (Alien-le retour et Titanic), a réalisé une partition aérienne, même si cela n’était pas gagné d’avance, leur première collaboration s’étant mal passée. La bande-originale du film est la plus vendue de tout les temps. Et même si James Cameron ne souhaitait pas de chanson, Horner a réalisé une maquette, avec la chanteuse Céline Dion, de ce qui serait My Heart will go on. Même elle n’était pas très motivée à l’idée de chanter ce titre. À tord, bien entendu. En entendant le single, le réalisateur a accepté, époustouflé par sa beauté. La chanson reçu d’ailleurs un oscar !

La musique orchestrale exprime bien les émotions des personnages du récit, leur joie, leur peur, mais aussi leur tristesse. On retient souvent le titre Never an absolution. Cameron voulait que beaucoup de choses passent par la musique. Horner l’a fait. Pour la petite histoire, Cameron aurait été ému aux larmes en entendant le tout la première fois. Pour la partie vocale des titres, la chanteuse norvégienne Sissel Kyrkjebo a prêté sa voix. Lorsque l’on écoute les mélodies, on est surprit de se dire à quel point le tout évoque l’océan, avec les vagues qui oscillent, crescendo et decrescendo. Il y a des sonorités celtiques voire irlandaises, les instruments chantent leur spleen, et à certains moments, des passages évoquent l’album Adiemus, du musicien Karl Jenkins.

L’histoire au service du récit

Même si l’histoire de Rose et Jack est une fiction, il n’en demeure pas moins que Titanic repose sur des aspects historiques, et que de nombreux personnages apparaissant dans le film ont réellement existés, et se sont retrouvé à bord du paquebot lors de son naufrage. Le commandant Smith était réellement au commande du navire, et ce fut son dernier voyage. Thomas Andrew (Victor Garber), l’architecte du Titanic, malgré sa prétention de croire que son bateau était insubmersible, eut un comportement exemplaire avec les passagers, s’assurant que chacun avait un gilet de sauvetage (même si il n’y en avait pas non plus assez pour tout le monde), aidant certaines personnes à embarquer. Il périt aussi lors du naufrage, préférant rester et ne pas tenter sa chance. Joseph Bruce Ismay (Jonathan Hyde), homme d’affaire responsable de la construction du Titanic, parvient à s’enfuir et à survivre…mais on le tiendra pour responsable de ce qui est arrivé. La délirante Molly Brown (Kathy Bates) a également vraiment existé : elle essaya de convaincre les autres occupant d’un canot de sauvetage de ramer avec elle pour sauver des passagers restés sur le bateau, mais en vain, personne ne souhaitant l’aider. Elle tenta ensuite, de collecter des fonds pour les rescapés qui avaient tout perdu. L’écrivain Archibald Gracie (Bernard Fox)  écrivit un livre sur la catastrophe, mais ne se remit jamais de ce qu’il avait vécu, et s’éteignit en décembre 1912.

Titanic est le chef-d’oeuvre de James Cameron. C’est un film beau et triste, de bout en bout. La romance entre Jack et Rose nous fait chavirer à chaque vision, de même que la tristesse avec laquelle ils sont séparés, par le destin. Un des plus grands films de tous les temps (notre note : 10/10).

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