A crazy world



706.Le monde de Charlie.

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Charlie (Logan Lerman), 15 ans, est un garçon timide, sensible et renfermé. Il est très différent des autres jeunes de son âge. On pourrait presque dire qu’il est en décalage. Son meilleur ami, Michael, vient de se suicider, et le jeune homme a du mal à s’en remettre. Sa rentrée au lycée (l’équivalent de la troisième secondaire en Belgique) ne se passe pas bien du tout : les autres élèves le rejettent (y compris sa propre soeur), se moquent de lui, et ceux qui le connaissaient autrefois l’évitent. Sa route va alors croiser celle de Patrick (Ezra Miller), un garçon extraverti, et de sa demi-soeur Sam (Emma Watson), dont il va immédiatement tombé amoureux. Charlie va intégrer leur petite bande, et va se rendre compte qu’il n’est pas le seul à avoir des problèmes. Chacun va alors, s’entraider mutuellement.

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Come on Eileen

Stephen Chbosky réalisa, en 2012, l’adaptation de son propre roman : Le monde de Charlie. Publié en 2008, le livre a connu un succès rapide, s’écoulant à plus d’un million d’exemplaire. Quoi de mieux que l’auteur d’une oeuvre pour la porter sur le grand écran ? Le film de Chbosky se révèle à la fois fidèle et percutant, tant dans l’émotion que dans le propos. C’est que l’histoire aborde un certains nombre de thèmes assez durs : suicide, drogue, homosexualité, viol,… Chacun des héros de l’histoire est une sorte « d’écorché vif », un survivant, qui tente de faire face au monde et d’y survivre…

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Charlie, au début de l’histoire, écrit ce qu’il ressent sous forme de lettres, à un correspondant imaginaire. Le garçon va mal : il a des hallucinations liés à un traumatisme qu’il a vécu étant enfant. Sa tante Helen (Melanie Lynskey, vue dans Mon oncle Charlie), la seule personne qui parvenait à le comprendre, est morte lorsqu’il était petit. Cette femme était folle, parce qu’on avait abusée d’elle, et elle a reproduit ce qu’elle avait vécut sur son neveu. Bien sur, personne n’est au courant de se terrible secret. Charlie n’en a jamais parlé à personne. Sa famille sent qu’il a un problème, mais ne parvient pas à l’aider. Le secours va venir d’ailleurs : Charlie va se faire des amis. On pense pouvoir tout gérer sans eux, mais pourtant ils sont essentiels, et permettent de faire face aux difficultés. On ne peut pas porter tout le poids du monde tout seul.

Il va sortir de sa zone de confort et parler à Patrick, qui est en cours avec lui en éducation technologique, à l’occasion d’un match de football américain. Ce dernier, d’une profonde gentillesse, l’accepte immédiatement, et lui présente sa demi-sœur Sam. Ils l’invitent à manger après la rencontre. Peu-à-peu, il va s’intégrer à leur groupe, pourtant composé de gens de la terminale (donc des rhétoriciens) et faire tout sorte d’expériences lui faisant découvrir la vie d’un jeune de son âge : il va aller à des fêtes, boire de l’alcool, consommer de la drogue, se déguiser et jouer devant tout le monde le Rocky Horror Picture Show , avoir des petites amies,…

Teen Age Riot

Charlie va, au cours du film, avoir une petite amie : Mary-Elizabeth (Mae Whitman), issue de la même bande que lui, va craquer pour lui et tenter de le séduire. Il ne dira pas non, mais dans le fond ne l’aimera jamais vraiment. Leur relation sera celle d’un amour non partagé. En vérité, il aime Sam, mais pense qu’il ne pourra jamais lui plaire et compromet ainsi toute ses chances avec elle. D’ailleurs, sa rupture avec Mary-Elizabeth est peut-être l’une des pires : quel choc pour elle d’apprendre la vérité au cours d’une soirée entre amis, lors du jeu « action ou vérité », où son copain doit embrasser la plus jolie fille de la soirée, et pose ses lèvres sur Sam ! Cela provoquera, durant un temps, l’éviction de Charlie du groupe.

L’adolescence est le moment où l’enfant devient peu-à-peu un adulte. Le chemin est souvent long et laborieux, et commence d’abord par un rejet de soi, avant une acceptation, qui permet de faire la transition. Mais il est évident que les problèmes ne se règlent pas toujours seul : on a souvent besoin d’être compris, de pouvoir parler avec des gens, afin de faire éclater ce qui ne va pas et d’aller mieux. Sam a la réputation d’être une fille facile, et à eu de nombreux copains, qui lui ont fait du mal, ne la traitaient pas bien. Ils voulaient simplement « tirer leur coup », et n’hésitaient pas à la tromper, sans vergogne. Elle aussi a été abusé quand elle était plus jeune, par le patron de son père. Ce traumatisme, elle l’avoue à Charlie, qui la comprend, car il a vécu la même chose. Lui parler la libère. Elle souhaiterai aussi intégrer une université, mais sa moyenne au test d’entrée lui fait défaut. Charlie l’aidera à réviser pour le représenter, et à croire en elle.

Patrick, lui, est homosexuel, et sort avec Brad, le quaterback de l’équipe de foot. Mais ce dernier dissimule sa sexualité, et demeure, aux yeux de tous, un hétérosexuel viril, qui se moque de ceux qui sont différents. Leur relation est d’ailleurs secrète, et à l’école, ils font comme si ils ne se connaissaient pas. Mais un jour, le père de Brad les surprend en train de coucher ensemble. Devenu fou, il bat son fils, presque à mort, refusant d’admettre ce qu’il vient de voir, tandis que Patrick s’enfuit. Le lendemain, à l’école, Patrick veut que la vérité éclate que Brad avoue à tous pourquoi il a été frappé. Mais ce dernier l’ignore, ayant peur que le monde entier découvre la vérité, ses amis le défendant et insultant Patrick, le traitant de pédale. Une bagarre éclate alors, et il est passé à baston par le groupe de Brad, jusqu’à ce que Charlie, seul dans son coin, se lève et les mette tous ko, et le sauve. Il sera réintégré au groupe, et même Brad le remerciera-dans le plus grand des secrets- d’être intervenu. Charlie consolera ensuite Patrick, qui rompra avec Brad, comprenant que leur relation est une impasse.

Charlie aura donc permit à Sam et à Patrick d’avancer et d’être parvenu à l’âge adulte. On ne peut pas choisir d’où on vient mais on peut choisir où l’on va. Mais le chemin n’est pas encore finit pour lui…

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Dear God

Charlie rêve de devenir écrivain :  il beaucoup de temps à écrire et couche sur les papiers ses émotions les plus intenses. Cela donne au chose le pouvoir le plus puissant : devenir éternelle. Sa passion va se retrouver exacerbée grâce à son professeur de littérature, Bill Anderson (Paul Rudd), qui lui donne des livres à lire et l’invite à écrire des dissertations sur ceux-ci, et à les lui remettre, afin qu’il les lisent à son tour. L’homme sera, pour Charlie, une sorte de guide, un « mentor », lui donnant de nombreux conseils pour parvenir à atteindre son rêve.

Dans ce qu’il écrit, Charlie parle de son monde, de son univers. Comme le titre original du livre « The Perks of being a wallflower » (les avantages d’un laissé pour compte), il est mis à l’écart, il n’est pas raccord. Le garçon fait souvent office de tapisserie. On a l’impression que le monde entier ne sait pas qu’il existe. D’ailleurs, quand Sam et Patrick décide de porter un toast en son nom, il n’en revient pas, et le dit explicitement.

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Il analyse les autres personnes qui l’environne, et parvient à les comprendre. Leur souffrance l’affecte, en son être le plus profond, et il a l’impression que cela ne s’arrête jamais. Bien sûr, il parle peu, mais si l’on soudait son esprit, on se rendrait compte qu’il est pleins de choses incroyables à découvrir. Charlie ne comprend cependant pas ce qui lui arrive, et écrire lui est, en quelque sorte, thérapeutique. Il devra faire une dépression nerveuse, et suivre une thérapie, pour comprendre que c’est lié à sa tante, être qu’il chérissait et qui lui a pourtant fait du mal : lorsque Sam tente de lui caresser la cuisse, il a un mouvement de recul, et une impression de déjà-vu…les flashbacks s’enchaînent. La vérité est sur le point d’éclater…

Sam aidera aussi Charlie : elle sent qu’il l’aime bien, mais ne l’envisage pas comme un partenaire potentiel. Elle a cependant de l’affection pour lui, et lui témoigne, à plusieurs reprises, de la tendresse. Elle l’embrasse d’ailleurs, lui donnant son premier baiser, car c’est important que ce soit qui tienne à lui qui lui offre ce cadeau. Être le premier amour de quelqu’un est difficile, surtout quand on pense que celui peut nous convenir, mais qu’il est incomplet et ne répondra pas entièrement à toutes nos attentes… Charlie veut tenter de faire comprendre à Sam qu’elle mérite mieux que les garçons avec qui elle s’obstine à sortir. Mais elle pense que nous avons l’affection que nous pensons mériter. Cette phrase est pleine de sens : Si Charlie le veut, il pourra aussi avoir l’amour qu’il mérite. Si il pense qu’il a une chance avec elle, il pourrait réellement en avoir une. Il faut parfois se rendre compte que nous sommes un obstacle à notre propre bonheur.

On peut sentir l’importance de mettre en scène les mots :  Stephen Chbosky ouvre son film par un générique un peu particulier, puisqu’il s’agit d’une machine à écrire. L’instrument de prédilection d’un auteur digne de ce nom. On la voit ainsi, écrivant les premiers noms, avant de revenir à un générique normal. Symboliquement, son oeuvre prend ainsi vie, au cinéma.

Heroes

La musique a également une importance au récit : Charlie écoute des titres qui le font vibrer, et il a d’ailleurs d’assez bon goût musicaux. Le garçon peut parler de titres qu’il le touche et lui donne de la force dans la vie. On peut trouver beaucoup de réconfort dans la musique, et faire de jolies découvertes. Les titres choisis dans le livre et le film sont différents, mais cela n’enlève rien à la beauté de l’histoire.

L’expérience la plus forte que vivra Charlie est celle du tunnel : lorsque Sam et Patrick entendent une chanson qui leur plaît à la radio, ils prennent leur voiture, roulent à toute vitesse, passant le titre. L’un deux se tient debout, passant le corps hors du toit ouvrant, et tend les bras face au vent, tel un oiseau. Cela leur donne la sensation d’être invincible. D’être libre. La musique de référence sera le titre Heroes, de David Bowie (dans le livre, c’est Landslide de Fleedwood Mac) :  cette chanson, il ne la connaisse pas, et la cherche, pour la réécouter. Bien sur, certains spectateurs vont trouver étonnant qu’ils ne reconnaissent pas David Bowie, mais à ceux là, on ne pourra que leur rappeler que la culture musicale implique parfois d’aimer entendre des titres, sans pouvoir identifier de qui ils sont. L’expérience du tunnel, tenté par Charlie, dans la dernière scène, sera salvatrice : on sent enfin que le jeune homme est enfin heureux et attaché à la vie. Il a prit confiance en lui, et est devenu un adulte. Le jeune homme vit au présent.

Le monde de Charlie est loin d’être un teen movie. Bien sur, on rit par moment, mais c’est surtout un drame très fort sur le plan émotionnel.  Logan Lerman est incroyable dans le rôle de Charlie. Son interprétation sonne très juste, tout en sobriété, il transpire bien le malaise qui habite son être. L’acteur est touchant, il n’y a pas d’autres mots. Son personnage est intelligent, et un brin philosophe : ses répliques vont réellement réfléchir. Ezra Miller et Emma Watson sont également fantastiques, dans cet incroyable maelström de portrait de l’adolescence qu’est le film. L’amitié et l’amour, encore et toujours (notre note : 10/10). 

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(à lire aussi : citations du film, sur  https://www.kaakook.fr/film-1980)


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