A crazy world



718.It follows.

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Jay Height (Maika Monroe, vue dans Last Days of Summer), 19 ans, sort avec Hugh. Ceux-ci vont au cinéma, et sorte en pleins milieu de la séance, ce dernier ayant l’air étrangement inquiet. Ils ont ensuite des rapports sexuels dans sa voiture…avant qu’il ne l’endorme avec du chloroforme ! Un peu plus tard, Jay se réveille attachée sur une chaise, dans un vieil entrepôt, inquiète et ne comprenant pas ce qui lui arrive. Jay lui assure qu’il ne va pas lui faire de mal, mais qu’il lui a transmit une sorte de malédiction : une entité maléfique, qu’elle seule pourra voir, pouvant prendre n’importe quelle apparence, la poursuivra désormais, sans relâche, afin de l’attraper et de la tuer…Si Jay se fait tuer, la chose reviendra le traquer. À l’inverse, Jay pourra aussi « transmettre » la pathologie en ayant des relations avec d’autres garçons. Hugh lui conseille de ne jamais se retrouver dans une pièce où il n’y a qu’une seule porte de sortie…

En effet, une femme toute nue, sortie des bois, s’avance alors vers elle…Jay est alors ramenée par Hugh chez elle. Après l’avoir déposé sur la route devant sa maison, celui-ci disparaît alors totalement de sa vie. Sa soeur, Kelly, et ses amis Yara et Paul (Keir Gilchrist, héros de Atypical) tente de comprendre ce qui lui est arrivé. Il tente de la rassurer après avoir entendu son récit, trouvant cela un peu délirant…

Mais le lendemain, alors qu’elle est en cours, Jay observe par la fenêtre la cour, et voit, au loin, une silhouette s’avancer vers elle, en marchant lentement. La forme se rapprochant, ses contours se précisent : il s’agit d’une vieille dame, en robe de nuit. Elle ne parle pas, mais avance toujours et n’est plus qu’à quelques mètres d’elle…effrayée, Jay sort du cours et quitte l’école, d’autant que la femme arpente désormais les couloirs aux alentours des classes.  Rentrée chez elle, ses amis et sa soeur, qui la voient perturbés, décident alors de lui venir en aide et passent la nuit avec elle. Des choses étranges se produisent alors…

Maestro sous influence

Réalisé par David Robert MitchellIt follows est un film d’horreur. Sorti en 2014, le long-métrage n’a pas cartonné au box-office (il n’a rapporté que 23 millions de dollars, pour un budget de 2 millions de dollars), mais a généralement plus à ceux qui l’on vu. Il faut dire que le film est maîtrisé de bout en bout. Il présente une héroïne vulnérable (avec des allures de Catherine Deneuve dans Répulsions), qui se retrouve piégée à son insu et poursuivie par une créature effroyable, dans la petite banlieue de Détroit.

It follows aligne quelques scènes chocs, à commencer par la scène d’ouverture, avec une jeune fille, Missy, qui fuit ce qui la poursuit, sur une plage, et est retrouvée morte, la jambe déchiquetée, le lendemain matin. C’est un film qui distille l’angoisse,  s’en servant pour nous faire sursauter en nous surprenant à des moments inattendus. La musique de Rich Vreeland (alias Disasterpeace) est très grinçante, de part ses notes de synthétiseurs, à mi-chemin entre le Halloween  de John Carpenter et le Blade Runner de Ridley Scott.

Mitchell ne cache pas être un cinéaste sous influence, et profite de son film pour concocter un gigantesque hommage au cinéma d’horreur, qu’il affectionne tant : ainsi, le réalisateur n’hésite pas à baptiser son héroïne -Jay-, du prénom de l’actrice principal de Halloween Jamie Lee Curtis. La soeur de celle-ci s’appelle Kelly, comme celle de son personnage dans Halloween. Le titre du film évoque lui-même l’oeuvre de Stephen King « Ca » (It, en anglais), avec sa créature protéiforme (clown, lépreux, oiseau,…). D’ailleurs, la chose de It follows est un être, sous forme humaine, capable de prendre l’apparence de personnes connues (dans le film, elle devient le père et la soeur de Jay), comme de personnes inconnues (le géant sans yeux, la vieille dame, le petit garçon,…). Sa démarche est rectiligne, mais à l’allure du pas, ce qui n’est pas sans rappeler L’étrange créature du lac noir. Tout ceux qui croisent sa route, croise sont « averti » par un mystérieux ballons rouge : sur la photo de Jeff et Missy, ce ballon est présent ; quand Jay se regarde dans le miroir, le ballon vient frapper la fenêtre ; quand la mère de Greg le tue, le t-shirt de Jay comporte un ballon ;…

Plusieurs scènes du film sont quasi-similaires à d’autres long-métrages : ainsi, quand Jay se regarde dans le miroir, c’est de façon très similaire à Carrie, dans Carrie au bal du diable (1976). Le jeu de lumière est aussi le même. La séquence sur la plage à des allures de Let’s Scare Jessica to Death. La scène de la piscine, où ils essayent de piéger la chose en l’électrocutant rappelle  La Féline, de Jacques Tourneur. Il se dégage du film, de façon générale, une atmosphère à la fois fascinante, et à la fois angoissante : on sent que quelque chose est toujours dans notre dos. La créature apparaît comme le Michael Myers  de Halloween, et l’esthétique du film est très proche de ce dernier.

Le long-métrage présente une bande d’adolescent, qui sont en pleins éveil à l’amour : l’attirance, les regards indiscrets, les sentiments naissants, et la jalousie (Paul ne supporte pas le fait que Greg couche avec Jay, par exemple) sont abordés. Le groupe est unis, devant faire face seul à un danger très grand : on pense à Ca, mais aussi aux Goonies et à  Stand by Me. Même si, au début, ils ne croient pas Jay, ils tentent de l’aider.

Un rêve ?

Mais en même temps, It Follows est surréaliste : situé dans un monde dont on croirait qu’il s’agit des années 1980, de part ses vieilles voitures, les vêtements des personnages et les vieux postes de télévisions, on pourrait aussi se dire qu’il y a des éléments qui sont issus du futur, de notre époque actuelle, puisque l’on peut aussi voir de nouveaux modèles de voiture, des GSM, et même une liseuse électronique en forme de coquillage. Cela est volontaire, bien entendu, et part du souhait du réalisateur de nous faire douter de la réalité de son histoire. Et si tout cela n’était en fait qu’un mauvais rêve ?

Il faut dire que le scénario du film est directement inspiré du vécu de Mitchell : quand il était enfant, celui-ci faisait sans cesse d’effroyables cauchemars où il se voyait poursuivit par quelque chose que lui seul pouvait voir, et qui prenait diverses apparences. C’est pour cela qu’il faut éviter de prendre It follows au premier degré : en soit, l’histoire n’a rien de logique, mais s’apparente davantage à un survival. On est clairement en décalage avec la réalité. Le film présente d’ailleurs peu d’adultes, et les jeunes sont livrés à eux-même pour affronter cette entité maléfique dont on ne saura jamais pratiquement rien de ses motivations, ni de son origine…

La morale de tout ça : message caché du film ?

It follows est peut-être au fond plus qu’un film d’horreur de bonne facture…il est peut-être une métaphore de l’angoisse procuré par la découverte de sa sexualité. Le réalisateur, tenterait-il, au fond, de nous convaincre que le sexe n’est pas aussi bon qu’il n’y paraît ? Que l’on éprouverait une sorte de honte de céder aussi rapidement aux avances de l’autre, au point de vouloir faire pareil au nous vengeant et en nous offrant à autrui pour que lui aussi succombe ?

D’autres y voient une « métaphore des MST », et la chose les traquant la forme de ces pathologies, liés à l’angoisse qu’elle nous attrape, et nous fasse mourir…Il se peut aussi que It follows aborde de nombreuses problématiques pouvant affecter les jeunes : après tout, Jeff dépose 5 brins d’herbes sur sa jambe, au cours d’une scène, et puis, quand il est à la plage se retrouve blessé par la créature, et affecté de 5 balafres sur le torse…comme si il avait tenté de se détruire.

Quoiqu’il en soit, le film a le mérite d’interpeller, de par son originalité, son propos, et son ambiance (le film est très lent, avec beaucoup de silence, mais peut s’accélérer brusquement et surprendre). Un très grand must du genre (notre note : 8,8/10).


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