A crazy world


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736.Summer of 84.

Pendant l’été 1984, Davey Armstrong (Graham Verchere), 15 ans passe ses journées avec sa bande d’amis : Eats, Woody et Curtis. Ayant quelques tendances à la paranoïa, le jeune homme devient persuadé que son voisin, le policier Wayne Mackey, qui vit seul, est un dangereux psychopathe qui a déjà tué plusieurs personnes. Il pense que les disparitions d’enfants dans la presse sont son oeuvre. Dave fonde ses soupçons dans le fait qu’il pense avoir aperçu l’un de ceux-ci chez Wayne, un jour qu’il jouait à une gigantesque partie de cache-cache près de la maison de ce dernier. Bien entendu, personne ne le croit, pas plus que la fois où il pensait que les extra-terrestres se cachaient au coin de la rue…

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Sorti en 2018, Summer of 84 est un petit film d’horreur rondement bien mené : l’action se déroule en 1984, et ce qui apparaît à l’écran semble avoir été filmé à cette époque. Les maisons, les voitures, la technologie,…tout a été recréé pour entrer dans le contexte. Les personnages principaux sont une bande de garçons qui n’ont pas grand chose à faire de leurs journées, et qui se retrouve embarqué à suivre les lubies de l’un d’eux pour démasquer si son voisin est un tueur en série. Le film nous entraîne sur toute les pistes, nous faisant tantôt croire que Davey a raison ou que son esprit est simplement doté d’une trop grande imagination. On le suit lorsqu’il passe son voisin en filature lorsqu’il fait son jogging, quand il note toutes les choses inexplicables qu’il fait (comme acheter 50 kg de terreau chaque semaine) , où encore quand il rendre dans la maison de ce dernier (où se trouve un sous-sol qui donne froid dans le dos).

François Simard signe donc une petite réussite (dans la lignée de CaStand by MeParanoïak, avec des allures de Stranger Things -la dimension fantastique en moins-), alliant suspense, action et humour. Car bien entendu, les jeunes adolescents du film ont aussi leur petits problèmes personnels : on les découvre en train de lire des revues érotiques, ou à essayer de draguer les filles,…l’un d’eux, Tommy (Judah Lewis), surnommé « Eats », a des problèmes avec son père qui passe à tabac sa mère, et fuit la réalité en traînant avec ses amis. On apprécie la dynamique insufflée à la petite bande, où chacun compte les un sur les autres, et où chacun est prêt à aller très loin dans les lubies de Davey. La fin est surprenante et innatendue, prenant des allures de slasher movie (notre note : 7,7/10).


735.50/50.

Pour Adam (Joseph Gordon-Levitt), la nouvelle de son cancer fut un choc immense : une tumeur maligne très rare, dont les chances de survie était évaluée à 50 %, surgissant d’on ne sait où, sans explication apparente. Et pour son entourage, ce ne sera pas mieux : son meilleur ami, Kyle (Seth Rotgen) d’abord effondré va se servir de sa maladie pour draguer des filles, sa petite amie Rachel (Bryce Dallas Howard) se montre distante avec lui et sa mère (Anjelica Huston) devient hystérique…

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En 2011, avec 50/50, Jonathan Levine (Warm Bodies) signe un film questionnant sur l’impact que l’annonce d’un cancer peut avoir sur l’entourage du principal intéressé. Dans le film, Adam ne parvient pas à partager la mauvaise nouvelle à sa mère, qui doit déjà gérer son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, et ne lui avoue tout que le lendemain. Sa réaction ne se fait pas attendre : choquée, et déçue de ne pas avoir su cela plus tôt, elle entend s’installer chez son fils et s’occuper de lui. Elle se lève et va lui faire un thé, affirmant que cela réduit les chances d’attraper un cancer. Mais Adam ne souhaite pas que sa vie change aussi foncièrement…il ne veut pas qu’on apitoie sur son sort. En fait, il est même en retrait par rapport à son cancer, dans un premier temps. C’est un peu comme si la maladie ne l’atteignait pas, comme si il ne l’avait pas en lui.

La petite amie d’Adam, la belle Rachel, que la mère de ce dernier ne cautionne pas réellement, et que son meilleur ami déteste, va tenter, avec le cancer de montrer qu’elle peut l’accompagner dans cette terrible épreuve…mais elle échoue ! Si elle le conduit à l’hôpital pour ses traitements, elle ne parvient pas à sortir de sa voiture. Ensuite, elle arrive très en retard pour le chercher, le laissant poiroter durant plusieurs heures. Rachel achète même un chien pour apporter un peu de gaieté à leur vie, mais avant tout pour son équilibre personnel. Artiste peintre, la jeune femme est vite perturbée par les émotions négatives, et ne supporte pas de voir ce qui arrive à Adam…alors, elle en profite pour voir des amis, et sortir avec d’autres garçons…en réalité, elle n’aime pas vraiment Adam, ils n’ont d’ailleurs pas grand chose en commun. Cela fait plusieurs mois qu’elle s’invente toute sorte de raisons pour ne pas avoir de rapports sexuels avec lui. Mais elle n’ose pas le dire…En même temps, une certaine routine s’est installé, et elle reste avec lui par habitude, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut vraiment…

Kyle, de son côté, voit en Adam un frère, et est véritablement inquiet pour lui à l’annonce de son cancer, cherchant à comprendre l’origine de ce mal. Il veut faire des choses amusantes avec ce dernier, profitant du fait qu’il est malade pour séduire des filles. Mais il ne fait pas ça dans un mauvais but…lorsque Adam doit se faire opérer afin d’enlever la tumeur, il est effondré, car il ne sait pas si il reverra où non son ami.

Adam doit composer entre toutes ses réactions contrastées, y compris celle de ces collègues de travail, qui lui souhaite du courage et le voie déjà à l’article de la mort. Lui-même passe par tout une série de phases, en allant consulter, sur les conseils de son médecin, une psychologue, le docteur Katie (Anna Kendrick) : jeune stagiaire, celle-ci n’a encore eu que 3 patients, et ne sait pas trop comment s’y prendre lorsque Adam se présente devant lui. Elle essaye de le rassurer, mais parle énormément, contrastant avec les autres psychologues qui, généralement, ne font que poser des questions. Trop tactile pour Adam, elle est amenée à plusieurs reprises à changer de méthode, et tente de lui faire avouer qu’il souffre de son cancer. Mais en parallèle, il se noue une relation trop proche entre eux, dépassant le stade du lien patient-médecin, au point que Katie en vienne à s’interroger sur ce qu’elle fait…

On peut également considérer la scène où le médecin d’Adam lui annonce sa maladie comme très révélatrice du fossé séparant la médecine et le relationnel : le docteur donne le nom scientifique du mal dont souffre le jeune garçon, ne l’aidant pas à comprendre ce qu’il a. Ensuite, il lui lâche à la figure que c’est un cancer. Cela témoigne d’un manque de tact assez important : certes, c’est difficile d’annoncer pareille nouvelle, mais n’y a-t-il pas moyen de le faire de façon plus douce ?

50/50 est un film abordant un sujet grave et sérieux, mais le traitant avec légèreté et avec une bonne dose de dérision (par exemple, lorsque Adam drague une jeune demoiselle et l’intéresse en dévoilant son crâne chauve, alors qu’avant cela il la laissait indifférent). La scène où Adam décide de se raser les cheveux lui-même, afin d’éviter que la chimio ne les fasse tomber à sa place est un moment très fort du long-métrage. Sous les yeux médusé de Kyle, qui regarde cela avec effroi, Adam accompli un geste plein de sens. On peut vivre avec son cancer, mais aussi le taire…mais cette dernière option n’est peut-être pas la meilleure. C’est entouré qu’on parvient le mieux à l’affronter. Même si au fond, on est très seul, savoir que d’autres peuvent vous permettre d’adoucir cette terrible épreuve aide énormément (la scène où, rencontrant d’autres cancéreux, Adam mange des gâteaux au cannabis)… À cause de son cancer, Adam va se réconcilier avec sa mère (dont il ignore volontairement les appels), laisser tomber une relation qui ne marche pas, et surtout savoir ce qui est réellement important. C’est un film qui fait du bien ! (notre note : 8/10).


734.Avengers : Endgame (bande-annonce).

La bande annonce était attendue, et la voilà enfin : la suite de Avengers-Infinity War se dévoile peu-à-peu avec un titre très équivoque, Avengers : Endgame, qui signifie « phase finale », et de premières images très prometteuses. On reprend l’intrigue exactement où on l’avait laissée, c’est-à-dire après que Thanos ait réussi à faire disparaître la moitié des espèces vivantes dans l’univers afin de rétablir l’équilibre. Les survivants tentent de s’organiser comme ils peuvent : Tony Stark est à l’article de la mort. Dérivant dans l’espace, il n’a plus rien à manger et ses réserves en oxygènes s’épuisent. Captain America pleure les disparus (et repense à sa bien aimée…), Nebula regrette Gamora, Thor la perte d’Asgard,…l’espoir est cependant présent ( ils ont 1 chance sur 14 millions d’inverser le processus). Scott Lang, alias Ant-Man fait son grand retour, à la toute fin de la bande-annonce…

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733.La prophétie de l’horloge.

Il est étonnant de voir Eli Roth, connu pour des films d’horreurs tel que Cabin Fever ou Hostel, à la tête d’une conte pour enfants tel que La prophétie de l’horloge. Et pour cause : c’est son premier long-métrage tout public ! Pourtant, l’homme change radicalement de style en adaptant le premier roman de la saga La pendule d’Halloween, offrant un film magique, parfois drôle, mais surtout pleins de belles trouvailles visuelles.

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On y suit Lewis, petit garçon marginal adorant jouer avec les mots, venant tout juste de perdre ses parents dans un terrible accident de voiture, et qui se voit contraint d’aller vivre chez son oncle Jonathan (Jack Black), qu’il n’a jamais vu. L’homme l’accueille comme il se doit, lui présentant sa voisine et amie, madame Florence Zimmerman (Cate Blanchett). Mais très vite, des choses étranges se produisent…la maison semble vivante ! Jonathan dévoile alors la vérité à Lewis : il est un sorcier ! Et lui aussi peut le devenir : fasciné, le jeune garçon commence alors son éducation de la magie. Mais de biens sombres dessein l’attendent : la maison cache un terrible secret lié à une pendule capable de provoquer l’extinction de l’espèce humaine. Et un effroyable sorcier, Isaac Izard (Kyle MacLachlan) cherche à tout pris à mettre la main dessus…

Récit mené d’une main de maître, La prophétie de l’horloge met du temps à dévoiler les tenants et aboutissant de son intrigue, laissant le téléspectateur un peu perdu. Mais lorsque toutes les pièces de la mécaniques se mettent en place, le moteur est bien huilé : c’est un film magique, où Jack Black, comme à son habitude, en fait des tonnes en sorcier haut en couleur, jouant à s’insulter gentiment avec une Cate Blanchett tourmentée par la perte de sa fille, ayant eu pour conséquence d’altérer ses pouvoirs. Izaard se révèle être un méchant abominable, un sorcier dont l’allure funèbre et piteuse évoque celle de l’écrivain H.P.Lovecraft.

La maison, lieu de l’histoire, est un lieu où les meubles sont vivants, et ont des émotions (le fauteuil aime beaucoup Lewis, par exemple). Mais ses murs sont hantés par un effroyable tic-tac provenant d’une horloge introuvable annonçant l’apocalypse…dans ce film, les apparences sont trompeuses, et Lewis devra faire attention à qui il accorde sa confiance.

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Le petit garçon est la révélation du film : avec ses lunettes d’explorateurs, et son costume nœud papillon, il a du mal à s’intégrer dans la société. Trop intelligent pour les enfants de son âge, il passe pour un marginal, on le voit comme le mouton à cinq pattes. Il manie la langue avec une grande souplesse, jouant à définir tous les mots, ou a en inventer de nouveaux. Cherchant à se faire des amis, Lewis choisit mal et se retrouve déçu. Son oncle cabotine dans son nouveau rôle de « père », et ne parvient pas à l’encadrer (il ne lui impose aucune limite), refusant la tâche qui lui est assigné au grand mécontentement de Florence, qui repense à sa fille perdue.

Sous la houlette des studios Amblin, écurie de Spielberg, Eli Roth concocte un joyeux cocktail de magie et de récit familial. Il réalise quelque prouesses visuelles (les citrouilles vivantes crachant une sorte de « soupe », le griffon en forme de buisson), raconte les événements du passé à travers de vieux rétroprojecteurs passant des films muets en noirs et blancs, et nous fiche une belle trouille lors de la scène où les poupées diaboliques prennent vie (digne des vieux films d’épouvantes). L’humour est présent à plusieurs reprise, comme lorsque Jonathan devient un bébé avec une tête d’adulte, ou lorsque madame Zimmerman se sert de sa baguette-parapluie comme d’une mitraillette…C’est une sorte de film fourre-tout, rendant hommage à un vieux cinéma très artisanal, et jouant avec de nombreux artifices (notre note : 7,5/10).

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732.Petit hommage à Stan Lee et Katherine McGregor.

Ils nous ont quittés tout deux en novembre dernier : lui, le 12, et elle le lendemain. Stan Lee (né Stanley Lieber) provenait d’un milieu très modeste, et a du se travailler très jeune, afin de venir en aide à sa famille. En 1940, à 17 ans, il décroche un boulot d’assistant chez Timely Comics (dirigé par son cousin), un éditeur de bande-dessinées. Là-bas, il croise la route de deux dessinateurs : Jack Kirby et Joe Simon. Très vite, il abandonne les tâches ingrates (comme servir les sandwichs,…) pour devenir scénariste. En 1942,  alors que Kirby et Simon claque la porte à cause d’un désaccord au sujet de leur salaire, Stan Lee est promeut rédacteur en chef !

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Par la suite, Timely Comics, tout comme les autres comics, voit ses ventes chuter : on l’accuse d’encourager la délinquance chez les jeunes. La crise les guette, mais Stan Lee reste à son poste. Timely Comics fait appel à son distributeur Atlas, et appose son logo sur leurs magazines, afin de booster les ventes. Un nouvel éditeur succède alors à Timely Comics :  Marvel Comics.  Faisant appel à Jack Kirby, Stan Lee crée avec lui les Quatre fantastiques, quatuor de super-héros aux histoires plus adultes, et qui connaîtront un succès immédiat. Ensemble, ils concevront aussi les personnages de Hulk (qui était gris à l’origine !), ThorLa panthère noire, des X-men et des Avengers (à l’exception de Captain America, créé en 1940 par Jack Kirby et Joe Simons). 

Après, Stan Lee s’allie avec d’autres dessinateurs, tel que Steve Ditko, pour créer les personnages de Spider-manDardevilDocteur Strange et Iron man. Les héros de Lee (plus de 200 !) sont des personnages plus réalistes, avec leurs lots de faiblesses et de doutes. Ils avaient plus de profondeurs.  Cela tranchait avec l’autre firme de magazine de super-héros de l’époque, et principal concurrent de Marvel, DC Comics (qui mettait en scène des héros tel que Superman, sans faille et dont les contours étaient très lisses).Même les antagonistes, c’est-à-dire les ennemis des héros étaient plus complexes, animé par autre chose que l’appât du gain ou la folie (à la différence du Joker, opposant du Batman, Magnéto à connu la Shoah). Les thèmes abordés sont également plus en raccord avec la réalité de la vie : X-men traite de la question du racisme et de la normalité, Spider-man celle de la vie d’un étudiant et de ses déboires amoureux, Iron-man de l’alcoolisme de son héros et du stress post-traumatique dont il souffre, les Quatre fantastiques de la peur du nucléaire, Hulk de la part sombre qu’il y a en chacun de nous et de la dualité entre le bien et le mal, nous forçant à trouver un équilibre …

En 1972, Lee cesse d’être rédacteur en chef de Marvel, mais continue d’entretenir des liens très étroits avec celle-ci, écrivant parfois l’un ou l’autre scénarios. Il se met à faire connaître Marvel autour de lui, promouvant l’univers qu’il a contribué à créé. Ses principales séries sont confiées à des équipes de dessinateurs/scénaristes dont il a assuré la formation. Lee supervise les premières adaptations de ses franchises à la télévisions, avec notamment L’Incroyable Hulk, qui connaîtra 5 saisons et 82 épisodes.

Ses activités se raréfient ensuite, son contrat avec Marvel est renégocié, mais pas de façon favorable pour lui. Il continue néanmoins à créer des comics. Dans les années 2000, Stan Lee se met à apparaître dans chacun des films Marvel adaptant son oeuvre. Sa première apparition, dans X-men, en 2000 (celle du film Blade, en 1998, a été coupée au montage), en vendeur de hot-dogs sur la plage est la première d’une longue série. On le voit dans Spider-manIron Man, et même dans Venom ! Son interprétation dans The Amazing Spider-man, en 2012, en tant que bibliothécaire est désopilante, où assourdi par la musique émanant de son casque, il ne se rend pas compte du combat qui se joue derrière lui entre Spider-man et le Lézard. C’est avec le deuxième volet de Spider-man : Homecoming, attendu pour l’an prochain, qu’il bouclera la boucle.

La mort de sa femme, avec qui il était marié depuis 70 ans, en 2017, l’a profondément affecté. Ils ont eu deux filles ensemble. L’une d’elle est morte peut après sa naissance… 

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Katherine MacGregor, même si son nom ne vous dit rien, a marqué plusieurs générations de téléspectateurs : elle fut la terrible Harriet Oleson, dans La petite maison dans la prairie.  Actrice de renom au théâtre, cette américaine, née en 1925, elle vit sa carrière décollée en jouant le rôle de cette femme abominable, prétentieuse, arrogante, cupide, mais qui faisait beaucoup rire pendant les 9 saisons que durèrent la célèbre série télévisée. Ensuite, sa carrière s’est stoppée net : fatiguée (et alcoolique), elle a préférée se retirer des écrans, et vivre une vie paisible, tout en s’occupant d’une troupe de théâtre. Cette hindouïste avait 93 ans.


731.Véronique Sanson & Vianney- Chanson sur ma drôle de vie.

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730.Des hommes d’honneurs.

 

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A la base militaire de Guantánamo Bay, 2 marines, Dawson et Donney, sont responsables de la mort d’un de leur collègue, Santiago. À cause d’une code rouge, celui-ci a été bâillonné pendant la nuit par ceux-ci et aurait succombé, empoisonné par le chiffon qu’ils lui ont enfoncés dans la bouche. Santiago ne parvenait pas à s’intégrer aux nouvelles recrues des marines, et était incapable de suivre l’entraînement et souhaitait être réaffecté ailleurs, ce que ses supérieurs hiérarchique, le colonel Jesep en tête (Jack Nicholson) lui refusaient. Il aurait alors tenté de monnayer son départ, en révélant des informations compromettantes sur les agissements de Dawson à Cuba (un tir avec accident de clôture).  Le procès des 2 inculpés va débuter, au tribunal militaire : leur avocat sera le lieutenant Daniel Kaffee (Tom Cruise), qui voit là une affaire banale. Mais le lieutenant Joanne Galloway (Demi Moore) -alias Jo-, son adjointe et supérieure, l’oblige a considérer l’affaire avec plus de sérieux : pour elle, les 2 marines ne sont pas vraiment responsables de la mort de Santiago. Il voulait lui donner une leçon, mais ne cherchait pas à la tuer…

Une drôle d’affaire

Drame juridique, Des hommes d’honneur est un film de Rob Reiner (le réalisateur de MiseryStand By Me, ou encore Princess Bride), sorti en 1992. Il aborde une pratique assez courante dans l’armée, lors de la formation des recrues, bien que totalement illégale : le code rouge. Il s’agit d’infliger un mauvais traitement au soldat qui n’a pas réussi correctement une mission/ un exercice demandé, et ce, afin qu’il ne fasse plus jamais la même erreur. Le jeune, terrifié à l’idée de subir pareille punition à nouveau, apprend ainsi que rien ne lui est pardonné, et s’améliore.

Dans le cas du film, il est question de savoir qui est responsable de la mort de Santiago. Tout semble accusé Dawson, et son complice Donney, puisque le premier avait réellement des raisons d’en vouloir à Santiago. Ce dernier voulait révéler des informations compromettantes le concernant, qui auraient pu mettre à mal toute la suite de la poursuite de sa carrière chez les Marines. Pourtant, les choses ne paraissent pas aussi simple : Le colonel Jesep ne voulait pas que l’on transfère ailleurs Santiago, mais aurait, 5 heures avant le décès de celui-ci, signé l’ordre de l’emmener dans une autre base et ordonné que personne ne touche à lui, car il courait un grave danger. Pourtant, Santiago, qui aurait du être heureux de cette nouvelle (qu’il espérait tant depuis si longtemps), n’a prévenu personne ni passer aucun coup de téléphone, et ne s’est même pas donné la peine de faire ses valises, alors qu’il ne devait plus jamais revenir à Guantánamo. Tout cela est étrange… De plus, le premier avion qui aurait pu le conduire à destination devait avoir lieu a 6 heures du matin. Pourtant, un autre vol était possible plus tôt, mais aurait été tout bonnement effacé des registres, tant dans l’aéroport de départ que l’aéroport d’arrivée.

À leur arrivée à Guantánamo, Daniel et Jo sont reçu par le colonel Jesep. Celui-ci est un homme hautain et fier, qui n’a de compte à rendre à personne. Il leur rappelle qu’un ordre, quel qu’il soit, doit être exécuté. On ne badine pas avec cela : il en va du respect des règles et de la sécurité de chacun. Lorsque Joe commence à fouiner, en posant les bonnes questions, Jesep s’emporte et l’insulte ouvertement, dans un discours machiste. Et quand Daniel demande à avoir la copie du document par lequel Jesep a accepté le transfert de Santiago, celui-ci le force à le lui redemander plus poliment… Tout est une question de principes.

Communiquer avec ses clients : entre code d’honneur et sentiment humains

Lorsque Daniel rencontre pour la première fois ses clients en privé, il est frappé par le décalage qui les sépare de lui : ils font une sorte de « vœux de silence », sous-entendant qu’ils ne sont pas coupables, sans dévoiler quoi que ce soit. Le code imposé par leur fonction les pousse à adopter un comportement correct en toute circonstance, ne dévoilant jamais leurs sentiments personnels, et ne répondant que si l’on s’adresse directement à eux. Dans de telles conditions, Daniel doit presque « leur arracher les vers du nez », si il veut en savoir plus.

Daniel veut avant tout régler l’affaire au plus vite, envisageant un accord à l’amiable, et ce, afin que la peine soit la moins élevée possible. Mais les 2 militaires disent de ne pas être coupables…

Jo, persuadée de leur innocence, va pousser Daniel a persévérer dans sa démarche, afin de faire cracher à Dawson qu’il aurait reçu l’ordre d’un supérieur, le lieutenant Kendrick (Kiefer Sutherland) de pratiquer un code rouge sur Santiago. Que le code rouge ne devait pas aussi mal tourner…que lorsqu’il a vu que la victime commençait à cracher du sang, il lui enlevé tous ses liens et a prévenu -mais en vain- les secours. Mais c’est sa parole contre celle du procureur, le capitaine Jack Ross (Kevin Bacon), chargé de représenter la victime, et la société civile, ayant de très nombreux éléments à charge.

Plaidoiries

Le procès de Dawson et Donney a tout du grand spectacle, même si il n’a pas lieu à la cour suprême mais dans un tribunal militaire : Daniel se livre à un exercice oratoire impressionnant, se montrant très digne de son défunt père qui fut un procureur renommé, œuvrant à travers des joutes oratoires de haut vol pour contrer les arguments de la partie adverse, représentée par Jack Ross (pourtant son ami dans la vie). L’habit ne fait pas le moine : le jeune homme, passant plus de temps à jouer au Baseball qu’à travailler, surprend ainsi tout le monde au passage.

Daniel n’amène que très doucement, et de manière subtile, la question du code rouge. Jack lit le code militaire, et assure que ce genre de pratique, illégale, n’existe pas, car elle n’est pas mentionnée dans le livre. Mais Daniel rétorque que ce n’est pas parce que quelque chose n’est pas coulée dans un règlement qu’elle n’existe pas : les repas de la cantine ne sont pas mentionné non plus, pourtant les militaires y ont droit.

Daniel va même jusqu’à contester les conclusions de l’expert, un docteur mandaté par le juge. Celui-ci a dit que Santiago a été empoisonné. Et si il s’était trompé ? 

Un témoin qui pouvait leur être très utile, le lieutenant colonel Markinson (J.T.Walsh), au courant de l’affaire, car il assistait Jesep, se suicide. L’honneur de la fonction est poussée à son paroxysme : se taire, plutôt que trahir l’uniforme.

La scène finale

Daniel comprend qu’il risque alors de perdre le procès : tout porte à croire que Dawson et Donney sont responsables. Ils devront aller en prison… Sur l’insistance de Jo, Daniel va alors miser sur sa dernière carte, quitte à risquer d’être radier du barreau : appeler Jesep à la barre. Tout ce qu’il doit faire, c’est le mettre suffisamment en colère (risquant d’être sanctionné par le juge, qui pourrait trouver qu’il s’acharne trop sur un témoin), afin qu’il avoue qu’il a lui-même donné l’ordre.

FEW GOOD MEN, A

Et de façon incroyable, c’est ce qui se produit : Jesep (incarné avec brio par Nicholson) arrive la tête haute, l’air de quelqu’un qui n’a rien à se reprocher et vient perdre son temps. Il se présente d’abord serein, lançant quelques réflexions outrancières au passage, partant d’abord favori, car bénéficiant de la confiance du juge en raison de sa réputation. Il est « l’invité d’honneur » du tribunal, et doit être vu comme une star à qui le respect est du. Jesep rend sa déposition : il ment.

Le jeune avocat commence par un raisonnement qui a des allures de syllogismes : en effet, si Jesep a donné l’ordre de ne pas faire de mal à Santiago, et que ses ordres sont toujours respectés, pourquoi aurait-il du le réaffecter ailleurs puisqu’il n’y avait pas le moindre risque ? De cette simple question, Daniel induit de la contradiction dans le discours de Jesep sur cette affaire. Cela est au fond très logique. 

Ensuite, alors que tout semble joué d’avance, il s’emporte, lorsque Daniel monte le ton, et fini par avouer…que c’est lui-même qui a donné l’ordre ! Jesep tente même de justifier son geste, par ses principes moraux et du rôle qu’on attend de lui. La scène montre tout le génie du jeu de Nicholson : il blasphème, son visage se couvre d’expressions en tout genre, jusqu’à faire éclater sa colère, et à la hurler dans le tribunal. Cruise gagne alors le duel, alors qu’il n’avait pas grand chose dans les mains…

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Rob Reiner signe ici un palpitant récit juridique, critique violente sur la hiérarchie, et sur le respect des règles : ici, c’est l’obéissance à des règles injustes qui pousse les deux marines à faire subir à leur camarade le code rouge. D’ailleurs, à la fin du film, lorsqu’ils sont innocentés, ils sont cependant radiés de l’armée…la chose est vécue plus durement pour eux que si on les avait condamné à aller en prison. Comme si toute leur vie se reflétait à n’être que des instruments au service de l’État américain. Qu’ils ne pourront pas lui donner un autre sens… Ils partent ainsi, sans se retourner, vers un autre chemin.

La scène d’ouverture du long-métrage présente un défilé militaire, où chaque soldat manie son arme, dans une chorégraphie millimétrée de bout en bout et où chacun synchronise ses mouvements en fonction des autres. On a l’impression que tout est parfait : ses hommes en col blanc incarne l’honneur, le courage, et la discipline…comment imaginer que même chez eux il y ait des crimes, des bizutages, des traitements inhumains ou dégradants ?

Nicholson rappelle que le rôle de l’armée est de former des soldats, et qu’importe les méthodes, la sécurité de l’État est en jeu. Il n’a jamais voulu réaffecter Santiago : c’est une question de principes ! Les officiers doivent former Santiago. Il n’y a aucun compromis possible, et c’est vrai que l’on comprend son point de vue. Mais a-t-il raison lorsqu’il édicte lui-même sa propre loi ?

Des Hommes d’honneur abordent donc, la question de l‘abus de pouvoir : lorsqu’on est au sommet, on se croit tout permis, que tout est acquis et que tout nous est du. Il y a aussi, une certaine critique envers l’homme, et un plaidoyer pour la femme, a travers le personnage joué par Demi Moore : on ne lui confie pas le dossier, en tout début du film, car elle est une femme (on lui préfère un commis d’office !). Elle se bat pourtant pour assister Daniel, l’aidant à préparer sa défense. Elle se fait insulter par Jesep lors de leur première rencontre. Elle ignore totalement ses remarques. Elle doit faire face à des propos gênant de Daniel, qui ne l’aime pas du tout… Joanne s’est créée une carapace pour affronter la gente masculine. C’est une femme forte, et qui n’a peur de rien. Sa ténacité est ce qui lui permet d’avancer.

Poussé par Joanne, Daniel va se lancer dans une affaire comme il ne l’avait jamais fait auparavant : abandonnant l’image du feignant de service, il devient un avocat expérimenté, qui n’a plus rien à envier à son défunt père. C’est une question de principe que d’avoir du courage, quitte à risquer de perdre sa place.

(notre note : 9/10).


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