A crazy world



735.50/50.

Pour Adam (Joseph Gordon-Levitt), la nouvelle de son cancer fut un choc immense : une tumeur maligne très rare, dont les chances de survie était évaluée à 50 %, surgissant d’on ne sait où, sans explication apparente. Et pour son entourage, ce ne sera pas mieux : son meilleur ami, Kyle (Seth Rotgen) d’abord effondré va se servir de sa maladie pour draguer des filles, sa petite amie Rachel (Bryce Dallas Howard) se montre distante avec lui et sa mère (Anjelica Huston) devient hystérique…

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En 2011, avec 50/50, Jonathan Levine (Warm Bodies) signe un film questionnant sur l’impact que l’annonce d’un cancer peut avoir sur l’entourage du principal intéressé. Dans le film, Adam ne parvient pas à partager la mauvaise nouvelle à sa mère, qui doit déjà gérer son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, et ne lui avoue tout que le lendemain. Sa réaction ne se fait pas attendre : choquée, et déçue de ne pas avoir su cela plus tôt, elle entend s’installer chez son fils et s’occuper de lui. Elle se lève et va lui faire un thé, affirmant que cela réduit les chances d’attraper un cancer. Mais Adam ne souhaite pas que sa vie change aussi foncièrement…il ne veut pas qu’on apitoie sur son sort. En fait, il est même en retrait par rapport à son cancer, dans un premier temps. C’est un peu comme si la maladie ne l’atteignait pas, comme si il ne l’avait pas en lui.

La petite amie d’Adam, la belle Rachel, que la mère de ce dernier ne cautionne pas réellement, et que son meilleur ami déteste, va tenter, avec le cancer de montrer qu’elle peut l’accompagner dans cette terrible épreuve…mais elle échoue ! Si elle le conduit à l’hôpital pour ses traitements, elle ne parvient pas à sortir de sa voiture. Ensuite, elle arrive très en retard pour le chercher, le laissant poiroter durant plusieurs heures. Rachel achète même un chien pour apporter un peu de gaieté à leur vie, mais avant tout pour son équilibre personnel. Artiste peintre, la jeune femme est vite perturbée par les émotions négatives, et ne supporte pas de voir ce qui arrive à Adam…alors, elle en profite pour voir des amis, et sortir avec d’autres garçons…en réalité, elle n’aime pas vraiment Adam, ils n’ont d’ailleurs pas grand chose en commun. Cela fait plusieurs mois qu’elle s’invente toute sorte de raisons pour ne pas avoir de rapports sexuels avec lui. Mais elle n’ose pas le dire…En même temps, une certaine routine s’est installé, et elle reste avec lui par habitude, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut vraiment…

Kyle, de son côté, voit en Adam un frère, et est véritablement inquiet pour lui à l’annonce de son cancer, cherchant à comprendre l’origine de ce mal. Il veut faire des choses amusantes avec ce dernier, profitant du fait qu’il est malade pour séduire des filles. Mais il ne fait pas ça dans un mauvais but…lorsque Adam doit se faire opérer afin d’enlever la tumeur, il est effondré, car il ne sait pas si il reverra où non son ami.

Adam doit composer entre toutes ses réactions contrastées, y compris celle de ces collègues de travail, qui lui souhaite du courage et le voie déjà à l’article de la mort. Lui-même passe par tout une série de phases, en allant consulter, sur les conseils de son médecin, une psychologue, le docteur Katie (Anna Kendrick) : jeune stagiaire, celle-ci n’a encore eu que 3 patients, et ne sait pas trop comment s’y prendre lorsque Adam se présente devant lui. Elle essaye de le rassurer, mais parle énormément, contrastant avec les autres psychologues qui, généralement, ne font que poser des questions. Trop tactile pour Adam, elle est amenée à plusieurs reprises à changer de méthode, et tente de lui faire avouer qu’il souffre de son cancer. Mais en parallèle, il se noue une relation trop proche entre eux, dépassant le stade du lien patient-médecin, au point que Katie en vienne à s’interroger sur ce qu’elle fait…

On peut également considérer la scène où le médecin d’Adam lui annonce sa maladie comme très révélatrice du fossé séparant la médecine et le relationnel : le docteur donne le nom scientifique du mal dont souffre le jeune garçon, ne l’aidant pas à comprendre ce qu’il a. Ensuite, il lui lâche à la figure que c’est un cancer. Cela témoigne d’un manque de tact assez important : certes, c’est difficile d’annoncer pareille nouvelle, mais n’y a-t-il pas moyen de le faire de façon plus douce ?

50/50 est un film abordant un sujet grave et sérieux, mais le traitant avec légèreté et avec une bonne dose de dérision (par exemple, lorsque Adam drague une jeune demoiselle et l’intéresse en dévoilant son crâne chauve, alors qu’avant cela il la laissait indifférent). La scène où Adam décide de se raser les cheveux lui-même, afin d’éviter que la chimio ne les fasse tomber à sa place est un moment très fort du long-métrage. Sous les yeux médusé de Kyle, qui regarde cela avec effroi, Adam accompli un geste plein de sens. On peut vivre avec son cancer, mais aussi le taire…mais cette dernière option n’est peut-être pas la meilleure. C’est entouré qu’on parvient le mieux à l’affronter. Même si au fond, on est très seul, savoir que d’autres peuvent vous permettre d’adoucir cette terrible épreuve aide énormément (la scène où, rencontrant d’autres cancéreux, Adam mange des gâteaux au cannabis)… À cause de son cancer, Adam va se réconcilier avec sa mère (dont il ignore volontairement les appels), laisser tomber une relation qui ne marche pas, et surtout savoir ce qui est réellement important. C’est un film qui fait du bien ! (notre note : 8/10).


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