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755.The Wife : le succès est dans le couple.

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Joseph Castelman (Jonathan Pryce) est un écrivain de renommée mondiale. Désormais un vieil homme, il vit avec sa femme Joan (Glenn Close), avec qui il a eu deux enfants. Continuant à écrire et à publier d’autres livres, Joseph est tiré de son apparente tranquillité par un coup de téléphone de la Suède : il a été choisi pour recevoir le Prix Nobel de littérature, récompense suprême. Le couple, dans une joie effervescente, décide de faire le voyage jusqu’à Stockholm, afin qu’il ait retirer son prix. Mais cela va raviver de nombreux secrets sur leur passé, qui pourraient bien avoir l’effet d’une bombe…

The Wife est avant tout l’histoire d’un couple. Celui des Castelman, qui sont marié ensemble depuis près de 40 ans. Les deux époux n’ont aucun secret l’un pour l’autre et savent exactement quand l’autre ment. Joan fait preuve d’une tendresse folle envers son mari, le soutenant toujours et l’accompagnant partout où il va. Écrivain, celui-ci est l’un des plus importants auteurs américains et jouit de sa petite célébrité, allant souvent à la rencontre de jolies jeunes femmes avec qui il fricote. Malgré tout cela, ils s’aiment… en apparence, le couple semble heureux.

Mais c’est bien de cela qu’il s’agit :  d’une apparence. Leur fils, David, rêve de devenir écrivain et compte beaucoup sur l’avis de son père qu’il vénère. Cependant, celui-ci ne le croit pas trop capable d’y arriver, et ne l’aide pas vraiment. Tout les membres de l’institut Nobel font la courbette devant Joseph, accompagné par sa femme, dans l’ombre de ce dernier. Peu-à-peu, la face lisse du bonheur du couple se fissure, et dévoile quelque chose d’inattendu chez Joan : elle est insatisfaite. Il ne lui est plus possible de refouler ses secrets plus longtemps, le poids de tant d’années lui pèse tant… décidant d’abord de prendre un peu de recul, elle va explorer Stockholm, loin de son mari, avant de revenir, et de laisser sa rancœur la submergée…

Comme si cela ne suffisait pas, le couple est suivi par un journaliste, Nathaniel Bone (Christian Slater, star de Mister Robot), qui rêve d’écrire la biographie de Joseph. Cependant, il a découvert des vérités très dérangeantes sur celui-ci et tente d’obtenir des réponses auprès de Joan, qui nie tout en bloc. Le poids du passé et l’effet qu’aurait la vérité serait trop important…

Réalisé par le suédois Björn Runge, The Wife questionne aussi sur l’importance et la place de la femme dans notre société. Le monde semble encore trop machiste, et les inégalités entre le sexes toujours aussi criardes (salaires, …). Glenn Close (qui devrait décrocher un Oscar pour le rôle, si Lady Gaga ne la prive pas) joue avec beaucoup d’élégance cette femme discrète et introvertie (loin de Liaison fatale). Le film est très féministe, et questionne sur la question du succès d’un artiste. D’où lui vient son inspiration ? De ce qu’il a vécu certainement. Chaque livre est le témoignage des émotions ressenti par son père, mis à nu sur le papier. Le rôle que Joan a joué dans le succès de son mari est fondamental. Bien que celui-ci lui soit reconnaissant, à chaque fois qu’il l’a remercie, cela lui rappelle sa position. Une femme de l’ombre (notre note : 8/10).


754.Il était une fois…le petit bonhomme en mousse.

Tout le monde a déjà entendu la célèbre chanson « Le petit bonhomme en mousse » de Patrick Sébastien. Peu savent en revanche que l’humoriste a eu l’idée de ce titre en entendant la musique d’un petit sketch de l’artiste Jordi Bertran. Mettant en scène un petit bonhomme en mousse qui rêve de faire un plongeon parfait dans un petit verre d’eau mais n’y arrive qu’après de nombreuses difficultés, le numéro nécessité 3 personnes : 2 faisaient bouger le personnage, et le 3e était le guitariste qui ne jouait pas la musique que le petit être désirait. Les 6 minutes où cette éponge prend vie sont magiques…

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753.L’ombre du King plane sur Castle Rock…

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Il y a définitivement quelque chose de pourri à Castle Rock : ville fictive dans le Maine, elle est le lieu où Stephen King a pu déverser son incroyable imagination dans bons nombres d’histoires (le Corps, …) et de romans (Cujo, Dead Zone, ou encore Bazaar). Décider de donner vie à cette ville dans une série télévisée semblait un postulat intéressant. Avec J.J.Abrams à la production, sur le réseau Hulu (qui s’était déjà occupé de 22/11/63) cette superproduction s’annonçait grandiose, promettant de lier l’univers de Stephen King, offrant une sorte de patchwork de son oeuvre, chaque saison devant cependant raconter une histoire distincte.

La première salve (10 épisode d’environ 50 minutes) s’ouvre ainsi par le suicide du directeur de la prison de Shawshank (lieu de l’intrigue des Évadés), Dale Lacy (Terry O’Quinn). Une nouvelle directrice est alors nommée, afin de gérer le lieu, et découvre qu’une aile de la prison est inoccupée, et a été condamné. Elle demande alors à un gardien d’explorer les lieux. Celui-ci découvre alors qu’une personne est enfermée, dans une cage dans le sous-sol. Il s’agit d’un jeune homme, que l’on appellera le kid (Bill Skarsgard). Cherchant à comprendre comment il est arrivé là et qui il est, l’homme le conduit à la directrice. Celle-ci l’interroge, mais le jeune homme n’est pas très bavard : il semble perdu et dans son monde. Cependant, le kid prononce le nom d’Henry Deaver à plusieurs reprises. Il s’agit d’un avocat chargé de la défense des condamnés à mort. Cela fait plusieurs années qu’il a quitté Castle Rock, où vit toujours sa mère, Ruth (Sissy Spacek), atteinte de la maladie d’Alzheimer. Enfant, il avait mystérieusement disparu durant 11 jours, avant de revenir, sans un mot d’explication.

Série très attendue, Castle Rock distille les indices pour mieux entretenir son suspens : le kid est un personnage énigmatique, à l’épreuve du temps (il serait là depuis 27 ans, malgré son jeune âge) qui répand le mal autour de lui. Les gens sont poussés au meurtre, il y a des incendies,…il semble même contrôler les faits et gestes d’autrui grâce à de petites statuettes de cires. On en vient même à se demander si le diable n’était pas enfermé, à Castle Rock ?

Quand à Henry Deaver, il est en proie à ses propres démons, resurgissant d’un passé lointain : il entend un son en permanence à Castle Rock, un bruit qui semble venir de la forêt. Impossible pour lui de se souvenir pourquoi, enfant il disparu, avant de réapparaître subitement ? Certains parlent qu’il s’agit du schizma, de la voix de Dieu (une référence à la Tour Sombre ?). De plus, une étrange connexion semble l’unir avec Molly (Melanie Lynskey, vue dans Mon Oncle Charlie), une vieille amie.

Castle Rock nous fait voyager entre le passé et le présent, entretenant son mystère et multipliant les intrigues (il est notamment question d’univers parallèles). Sissy Spacek, dans le rôle de Ruth Deaver joue une femme attendrissante, et pleine d’émotion.

Si il est indéniable que Castle Rock multiplie les clins d’œil et les références à l’univers de Stephen King (on évoque l’incident du roman Cujo, ou encore une certaine Jackie Torrance), la série déçoit sur la longueur et peine à garder une histoire crédible dans son épisode final, qui se vautre quelque peu dans des justifications grand-guignolesques. Dommage, car le matériel de base était prometteur et l’épisode pilote très effrayant dans sa dernière scène. Bill Skarsgard est bluffant dans le rôle de cet étrange garçon à l’allure chétive, qui une fois debout semble être une créature terrifiante.

La conclusion, d’après les créateurs, est une fin ouverte laissant libre court au spectateur de ce faire une idée sur ce qu’il a vu. Avec comme question centrale de savoir qui est vraiment Henry Deaver ? Le Kid est renfermé et oublié de tous…comme si certaines vérité étaient difficiles à accepter. Mais à la différence d’un roman du King, la série ne sait pas où elle va. Comme si il n’y avait aucune direction, elle multiplie les pistes, mais n’en résout pas une seule.

(notre note : 5/10).


752.Panic sur Florida Beach.

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Joe Dante est l’un de ses cinéastes maudits dont la filmographie contient de beaux trésors qui n’attendent qu’à être redécouvert. Révélé avec Piranha, l’homme formé par Roger Corman himself, se voit proposer la réalisation de Gremlins, qui sera son plus grand succès. Malheureusement, les chiffres ne le suivront plus puisque ExplorersL’aventure intérieure et Les Banlieusards seront des échecs. La suite de sa carrière contiendra de nombreux flops (Gremlins 2Small Soldiers,…), et le réalisateur autrefois convoité deviendra rapidement oublié, devant convaincre des producteurs avec beaucoup de difficultés si il souhaite réaliser un film. Pourtant, son oeuvre singulière si il en est, tente de plonger son spectateur dans un cinéma aux multiples références et clins d’œils à de vieux films. Ses longs-métrages sont des films de séries B (à petits budget), à la fois films commerciaux et films d’auteur.

Attention, moteur ! 

Panic sur Florida Beach c’est l’histoire de Lawrence Woosley (John Goodman, ayant des allures d’Hitchcock), un réalisateur-producteur réputé pour ses films d’horreurs (sous la maison de production Atomo Vision) à bas coûts. Son seul but est de faire peur aux spectateurs, de le faire avoir une trouille d’enfer. L’homme a misé sur la petite ville de Key West, en Floride, pour présenter sa dernière création : The Mant, l’homme-fourmi. Il ne le sait pas encore, mais son film va mettre la population dans un état de panique général…

Avec une action située en 1962, Dante ancre son film en pleine période de guerre froide, avec la peur permanente d’une guerre nucléaire entre les USA et Cuba. Les dangers du nucléaire sont également esquissés, à travers les vieux films d’horreurs où des gens frappés par des radiations se mettent à subir des mutations génétique : The Mant ne raconte d’ailleurs pas autre chose (un homme, cordonnier, devient une fourmi géante après avoir été exposé aux rayons nucléaires). Les gens sont au abois, suivant les informations télévisées avec beaucoup d’attention. On fait des provisions pour son abri antiatomique. L’école tente de donner des conseils aux enfants pour survivre (se coucher sur le sol en plaçant les mains derrière la nuque). La paranoïa est ainsi omniprésente. Pourtant, les enfants ne ressentent pas la peur : elle leur est extérieure. Focalisé sur ce qui est sur, ils vivent leur vie dans la joie, et attendent l’arrivée de Lawrence Woosley.

Il est paradoxal que ce soit ce film qui mit un frein d’arrêt à la carrière de Joe Dante, en 1993, où sortait le mastodonte Jurassic Park, lequel du se cantonner à quelques productions mineures à la télévision. L’homme a pourtant mis tout ses souvenirs d’enfance dans ce curieux petit objet, cherchant à rendre hommage au cinéma de façon générale (même si ici, les références aux séries B des années 50 sont plus appuyées), tentant de coller le plus possible à l’époque (les revues Monsters, les vieilles voitures,…), et s’est retrouvé oublié de tous. Il serait même parvenu à convaincre le directeur d’Universal, enflammé par la passion en ce projet.

L’innocence perdue

Les personnages principaux du film sont des enfants, de jeunes insouciants non préoccupés encore par les problèmes d’adultes : Gene Loomis (Simon Fenton) vient d’emménager sur Florida Beach avec sa mère et son petit frère, Dennis. Il a peu d’amis. Leur père, marine sur un cargo au large de Cuba, n’a plus donné signe de vie, et l’espoir de le voir revenir s’amenuise le temps passant, même si Gene ne faiblit pas. Avec Denis, il va chaque semaine au cinéma, adorant les films d’horreurs de monstres à petits budget. Amoureux du septième art, c’est un fin connaisseur. Son ami Stan (Omri Katz) est amoureux de la belle Sherry (Kelly Martin) et tente de la séduire, mais doit faire face à l’ex petit ami de cette dernière, une petite frappe notoire tout juste sorti d’un camp de redressement.

Lawrence Woosley est le cinéaste de Mant : c’est un homme dont le cinéma est toute son existence. Dante s’est inspiré de William Castle, un réalisateur qu’il appréciait beaucoup pour le créer. Ce dernier cherchait à faire du cinéma une expérience interactive, délivrant des assurances-vies avant la projection, au cas où les spectateurs viendraient à mourir de peur pendant le film.  Pour Woosley,  le 7e art est telle une caverne d’un homme préhistorique -qui d’ailleurs étaient les premiers créateur de film de monstre, en dessinant des mammouths comme des créatures célestes-. Il est trop tard pour s’en aller une fois le ticket acheté. Tout est possible derrière la porte de la salle, sur le grand écran. Effrayer les gens est sa mission : pour cela, il n’hésite pas à recourir à pleins d’astuces (des sièges vibrants -la 4D de l’époque-, la fumée, les sons amplifiés,…). La magie est un grand artifice, mais qu’importe les moyens, cela fonctionne ! Super vendeur, il assure lui-même la promotion de ses films, appose des affiches, n’hésite pas à offrir des places gratuitement, salue les gens dans la salle,…Lors de la première, il aligne tous ceux qui ont contribué ou contribue à ce spectacle, insistant sur l’importance de leur contribution, qu’ils soient acteurs ou…vendeur de pop-corns ! Woosley regorge de folie, et les seules limites à sa frénésie semblent être financière. Avec lui, on ne sait jamais jusqu’où on peut aller…

Le regretté Dick Miller, acteur fétiche de Dante, apparaît également dans ce long-métrage, incarnant un vieux comédien qui s’insurge contre les films de Woosley, qui l’inquiètent car faisant croire que le nucléaire donne des mutations et qui sont dénuées de toutes valeurs. Il se positionne en « partisan des distractions saines« .

Mise en abyme

L’intrigue principale du film est l’histoire d’une projection qui va mal tournée. On a ainsi un film dans un film. Cette mise en abyme permet d’opposer la fiction de la réalité, tout en les faisant se rejoindre à certains moments. Lorsque Gene est avec son frère dans la salle, et qu’il constate que ce dernier à peur, il lui explique que ce qu’un film, et que tout ce qui y est raconté est purement imaginaire. Par contre, lorsque la mère de Gene revoit de vieilles vidéos de famille et se met à pleurer, il s’agit de la réalité, filmée à l’état brut. Le but de Dante est de faire plonger son spectateur dans l’enfance, afin qu’il soit subjugué par ce qui apparaît à ses yeux, sans chercher à dénaturer les choses en se demandant si ce qu’il voit lui parait sensé.

Lorsque le cinéma prend feu (grâce à Woosley qui simule une explosion nucléaire), tout les spectateurs deviennent paranoïaques, se marchant les uns sur les autres. Le directeur file le premier vers l’abris anti-atomique qu’il s’est aménagé sans vouloir sauver personne. Les adultes deviennent des monstres envahi par la terreur. Geene ne sera pas de ceux-ci, et deviendra un adolescent héroïque, suffisamment intelligent pour comprendre ce qui se passe. Alors que tout est faux, les gens sortent de la salle, constatant avec stupeur qu’ils ont été dupés ! Comme Woosley le dit à la fin du film, il convient de garder les yeux ouverts ! Le cinéma permettrait ainsi de ne plus avoir peur, à partir du moment où l’on apprend à voir. Comme si le cinéma avait des effets cathartiques. Le film est loufoque, drôle, exaltant et fascinant (notre note : 8/10).


751.Mauvaises herbes.

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Wael (Kheiron), la trentaine, vit de petits délits. Monique (Catherine Deneuve), une vieille dame à la retraite et amie, croit en lui, et aimerait qu’il sorte de cette spirale très dangereuse. Aussi, elle l’aide dans ses combines, afin d’éviter qu’il ne se fasse attraper…Mais un jour, Victor (André Dussollier), faisant ses commissions, qui connaissait Monique tombe sur elle, et croit qu’on lui vole son sac à main. L’arnaque tombe à l’eau : afin d’éviter que Victor ne dénonce Wael à la police, elle lui propose de le faire travailler pour lui. En effet, l’homme vient de lancer un projet éducatif, afin d’aider des jeunes en difficultés scolaires, mais peine à trouver un éducateur. Victor accepte, mais le fera travailler bénévolement, et fera, au passage, de Monique sa secrétaire.

L’humoriste Kheiron (aperçu dans Bref) se donne le rôle principal de son propre film. Mauvaises herbes s’attarde à présenter des jeunes en difficultés, qui semblent rejeter par le système et qui ont mal tournés. Lorsque Wael se présente à eux, ils se murent dans un silence absolu, refusant de parler, puisqu’ils sont là contre leur gré. Pourtant, redoublant d’ingéniosité, l’éducateur va parvenir à les faire parler. Doué pour la communication, Wael manie l’humour comme un outil qui permet d’ouvrir les barrières. Personnage haut en couleur, il respire de joie malgré une vie compliquée. Sans attachement, il drague toutes les jolies filles, sans jamais en rappeler une seule. Mais l’arrivée d’une jeune avocate pourrait bien changé la donne, si il s’en donne les moyens.

C’est un film sur les secondes chances qu’il nous propose ici. On peut commettre des erreurs et avoir le droit de tirer un trait sur celles-ci. Né en Iran, Wael a eu une enfance abominable, ses parents ayant été assassiné sous ses yeux parce qu’ils étaient chrétiens. Devant survivre, le garçon volait les portefeuilles des touristes. Recueilli dans un couvent, il du s’enfuir pour éviter d’être tué lors d’une rafle par la police. Lorsque Victor, car Monique insiste, lui donne le travail d’éducateur, Wael prend beaucoup de plaisir à être une sorte de guide, d’enseignant, qui transmet des choses à des jeunes délaissés. Il y a le garçon gitan qui a peur qu’on se moque de lui lorsqu’il pale français, celui qui agace tout le monde, celui qui doit jouer les dealer pour nourrir sa famille, celle qui est incomprise car trop intelligente, ou encore celle qui cache de lourds secrets issus de son passé. Ancien enfant des rues, Wael ne se sent pas très différent de ceux-ci. Lorsque l’on pose problème, c’est parce que l’on a soi-même des problèmes. Pour paraphraser Victor Hugo, il n’y ni mauvais herbes, ni mauvais hommes…il n’y a que des mauvais cultivateurs ! S’inspirant de sa propre histoire, Wael va leur donner la force d’avoir un peu d’ambition et de s’extirper de leur vie. Il va leur faire découvrir le théâtre (en jouant Titanic !), leur raconter une enquête policière, les obliger à se débrouiller seul, … mais au début, le premier dilemme est cependant de les faire revenir, puisque le stage n’est pas obligatoire. Contre toute attente, il finit par conclure un marché avec eux : pour chaque jour presté, chacun recevra 10 euros !

Avec André Dussolier en contre-emploi, le film compte aussi Catherine Deneuve (actrice dont le jeu devient de mieux en mieux avec les années) dans les personnages principaux. La femme tient beaucoup à Wael, qu’elle considère un peu comme un fils. On voit à quel point elle souhaite qu’il fasse les bons choix, et comment elle l’aide, sans se faire remarquer. Intelligente, la dame est aussi très drôle (passant de secrétaire à DRH en 2 jours à peine !). On sent avec quelle bienveillance Monique veille sur Wael. Pourtant, au début, elle désobéit à la loi pour l’aider, bien que sachant que cela n’est pas une bonne chose. Kheiron joue avec son spectateur : on s’interroge sur le passé de Monique, sur comment sa route a croisé celle de Wael, le passé étant en lien avec le présent…

Le film présente deux temporalités, avec deux tons résolument différent, ce qui est assez désarçonnant au début  : le présent de Wael, qui est plutôt comique (on pense à la scène de danse où Monique l’oblige à se déguiser en vieillard afin de gagner un concours où lorsqu’ils pleurent en regardant l’intégralité de La petite maison dans la prairie) et son passé, tragique et lourd. Avec un leitmotiv cependant : la seconde chance et l’espoir d’une vie meilleure. Le passé rejoint le récit en cours de route et permet d’éclairer le présent. Les choses sont difficiles, le combat est long, mais se termine bien. On doit refuser l’échec, et voir en l’enfant ce que l’adulte qu’il sera amener à devenir. L’éducation est le moteur permettant de faire pousser une graine et d’en faire une belle plante. Les conseils que Wael donnera à ses 6 jeunes s’apparenteront à des leçons de vie. Il y a quelque chose de profondément universel à cette histoire, avec sa morale très humaniste (notre note : 8/10).


750.My Beautiful Boy.

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David Sheff (Steve Carell, aux antipodes de ses rôles comiques habituels) est écrivain. Remarié avec Karen (Maura Tierney), qui lui a donné 2 enfants, il a cependant un fils de son premier mariage, dont la garde exclusive lui a été accordée : Nick (Timothée Chalamet, grand acteur en devenir). L’homme a toujours eu de très bons rapports avec ce dernier, le jeune homme de tout juste 18 ans lui confiant bons nombres de choses. Entre eux régnait une complicité peu commune. Mais ces derniers temps, les choses ont changées : alors qu’il était promis à de belles études à l’université pour devenir écrivain, Nick est devenu accro à la méthamphétamine, une drogue extrêmement addictive, obligeant celui qui en consomme à sans cesse augmenter la dose pour ressentir les effets recherchés. Désemparé, David est prêt à tout pour sauver son fils d’un destin qui le mènerait inexorablement à la mort…

Incompréhensions

Felix Van Groeningen, réalisateur belge, remarqué pour La merditude des choses et Alabama Monroe adapte ici , pour son premier film américain, les romans de David Sheff et de son fils Nick, racontant comment ils ont affrontés le parcours aux enfers de ce dernier. La drogue est un fléau, c’est un fait. Elle détourne celui qui la consomme du monde réel, et altère son comportement et son jugement. Nick, garçon propret et bien sous tout rapport, se met à mentir à son père, à prendre l’argent de ses frères et sœurs pour se payer sa dose, et frôle l’overdose à plusieurs reprises. Constamment, son père revoit le petit garçon qu’il était et combien ils étaient heureux, et ne parvient pas à comprendre pourquoi il s’est mis dans cette situation. Car aussi cruel que cela puisse paraître, Nick est la cause de son problème et sa solution. C’est très platonicien comme raisonnement, mais d’une implacable logique également.

Toujours est-il que le quotidien de Nick se retrouve bousculé : allant dans un centre de désintoxication, il tente de ne plus consommer. Mais à plusieurs reprises, il rechute. Pour les médecins, cela fait partie de la guérison. Et Nick se montre de bonne volonté, du moins au début. Rechutant et fuguant du centre, son père le ramène à plusieurs reprises et tente de l’aider. David consulte des spécialistes, des journalistes, s’informe. Le père met ainsi sa « nouvelle famille », pour se concentrer exclusivement sur Nick. Le jeune homme s’en sort et décide d’aller à l’université. Il se met à témoigner auprès de jeunes de son expérience…mais il replonge. La drogue l’aide à se sentir vivant, là où le monde lui apparaît comme impossible à surmonter.

Fossé

Au-fur-et-à-mesure du récit, David sent que son fils s’éloigne de lui. C’est un peu comme si ils devenaient des étrangers. Le choc a pour lui été terrible, car à il ne l’a pas vu venir. Nick refuse même son aide, insistant sur le fait qu’on ne peut pas le comprendre et disparaît, à plusieurs reprises, sans laisser de mot. À la première overdose, son père prend l’avion pour le retrouver, mais le manque de peu, car il s’enfuit. Et puis, le jeune homme revient chez lui, comme si de rien n’était, et promet de ne plus recommencer…mais ces paroles sont simplement des mots dans le vide. Ces chances de s’en sortir sont inférieures à 10 %, et les séquelles au cerveau sont importante.

Inversement, David a deux autres enfants, et se montre distant avec eux : alors même que Nick ne réapparaît pas pendant plusieurs mois, ses pensées sont tournées vers lui, et aux innombrables souvenirs qu’il a vécu avec ce dernier (que l’on voit sous forme de flash-backs). En fait, il ne vit pas vraiment, et est souvent spectateur de sa vie avec sa nouvelle femme. La dévotion que David témoigne pour son fils est exemplaire…

Résignation

Une des scènes les plus frappantes du long-métrage est celle où Nick revient en catimini chez lui, à la recherche d’argent pour pouvoir consommer de la drogue. David revient, avec ses deux enfants et sa femme, et ne s’attend pas du tout à le voir. Remarqué par son frère, qui constate sa présence, Nick s’enfuit alors avec la voiture de son père, pour ne pas avoir à affronter ce dernier. L’homme tente de le rattraper, mais s’y résout au dernier moment. La musique devient lourde et la scène s’étire en longueur. C’est la résignation. Karen, voyant la voiture passée devant elle, décide de la rattraper. Un sursaut de rage l’envahi : c’est du garçon qu’elle a élevée comme son fils dont il s’agit. Elle ne peut pas l’abandonner à son destin. Nick tente de la semer, et finit par y arriver. Hurlant de rage, Karen finit par lâcher prise et se met à sangloter. C’est la résignation. Avec David, ils vont désormais aller dans un groupe de soutient pour parents dont les enfants sont toxicomanes. Tous n’ont pas de nouvelles de leur progéniture : en deuil de façon permanente, ils attendent simplement le coup de téléphone qui leur annoncera la terrible nouvelle, qui les libérera.

Et puis, il y a l’appel de détresse de Nick à son père : mais cette fois-ci, ce dernier refuse de l’aider. Pour le jeune, c’est une claque. La mère biologique de ce dernier tente de venir à son secours mais échoue. Elle téléphone à David, en pleurs, lui demandant de l’aider. Mère épouvantable, elle le complimente pour la première fois. Mais il ne répondra pas à son appel. Pourtant, à la deuxième overdose, alors que l’avenir de Nick semble incertain et qu’un miracle l’a épargné, David revient. Leur relation s’améliore, et le combat reprend de nouveau.

Pourquoi son fils est-il devenu ce qu’il est ? De consommateur occasionnel, il s’est transformé en junkie. Les séquelles physiques (sa maigreur et son bras où il se pique à de multiples reprises) et psychologiques (la dépendance) se font ressentir. La drogue ne touche pas que ceux qui sont pauvres. Dans le long-métrage, Nick provient d’une famille aisée, et a toujours reçu de l’amour et de l’affection, y compris de sa belle-mère. Le film aborde le combat du jeune homme et de ses proches. Famille recomposée, celle du garçon souffre autant que lui, tentant de le raisonner, et de donner un sens à son existence. La fin de l’histoire ouvre une porte d’espoir, permettant de montrer que même si le calvaire dure longtemps, il est possible de s’en sortir, à condition de le vouloir et d’accepter l’aide qui nous est proposée. Everything (notre note : 9/10).


749.Merci à vous !

En ce début de mois, nous tenions à vous remercier d’avoir été si fidèle à notre blog pour cette année 2019. En janvier dernier, nous avons franchi un nouveau record : 8 000 visites ! Cela n’était jamais arrivé, et témoigne de l’intérêt que vous portez à ce site. 

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