A crazy world



750.My Beautiful Boy.

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David Sheff (Steve Carell, aux antipodes de ses rôles comiques habituels) est écrivain. Remarié avec Karen (Maura Tierney), qui lui a donné 2 enfants, il a cependant un fils de son premier mariage, dont la garde exclusive lui a été accordée : Nick (Timothée Chalamet, grand acteur en devenir). L’homme a toujours eu de très bons rapports avec ce dernier, le jeune homme de tout juste 18 ans lui confiant bons nombres de choses. Entre eux régnait une complicité peu commune. Mais ces derniers temps, les choses ont changées : alors qu’il était promis à de belles études à l’université pour devenir écrivain, Nick est devenu accro à la méthamphétamine, une drogue extrêmement addictive, obligeant celui qui en consomme à sans cesse augmenter la dose pour ressentir les effets recherchés. Désemparé, David est prêt à tout pour sauver son fils d’un destin qui le mènerait inexorablement à la mort…

Incompréhensions

Felix Van Groeningen, réalisateur belge, remarqué pour La merditude des choses et Alabama Monroe adapte ici , pour son premier film américain, les romans de David Sheff et de son fils Nick, racontant comment ils ont affrontés le parcours aux enfers de ce dernier. La drogue est un fléau, c’est un fait. Elle détourne celui qui la consomme du monde réel, et altère son comportement et son jugement. Nick, garçon propret et bien sous tout rapport, se met à mentir à son père, à prendre l’argent de ses frères et sœurs pour se payer sa dose, et frôle l’overdose à plusieurs reprises. Constamment, son père revoit le petit garçon qu’il était et combien ils étaient heureux, et ne parvient pas à comprendre pourquoi il s’est mis dans cette situation. Car aussi cruel que cela puisse paraître, Nick est la cause de son problème et sa solution. C’est très platonicien comme raisonnement, mais d’une implacable logique également.

Toujours est-il que le quotidien de Nick se retrouve bousculé : allant dans un centre de désintoxication, il tente de ne plus consommer. Mais à plusieurs reprises, il rechute. Pour les médecins, cela fait partie de la guérison. Et Nick se montre de bonne volonté, du moins au début. Rechutant et fuguant du centre, son père le ramène à plusieurs reprises et tente de l’aider. David consulte des spécialistes, des journalistes, s’informe. Le père met ainsi sa « nouvelle famille », pour se concentrer exclusivement sur Nick. Le jeune homme s’en sort et décide d’aller à l’université. Il se met à témoigner auprès de jeunes de son expérience…mais il replonge. La drogue l’aide à se sentir vivant, là où le monde lui apparaît comme impossible à surmonter.

Fossé

Au-fur-et-à-mesure du récit, David sent que son fils s’éloigne de lui. C’est un peu comme si ils devenaient des étrangers. Le choc a pour lui été terrible, car à il ne l’a pas vu venir. Nick refuse même son aide, insistant sur le fait qu’on ne peut pas le comprendre et disparaît, à plusieurs reprises, sans laisser de mot. À la première overdose, son père prend l’avion pour le retrouver, mais le manque de peu, car il s’enfuit. Et puis, le jeune homme revient chez lui, comme si de rien n’était, et promet de ne plus recommencer…mais ces paroles sont simplement des mots dans le vide. Ces chances de s’en sortir sont inférieures à 10 %, et les séquelles au cerveau sont importante.

Inversement, David a deux autres enfants, et se montre distant avec eux : alors même que Nick ne réapparaît pas pendant plusieurs mois, ses pensées sont tournées vers lui, et aux innombrables souvenirs qu’il a vécu avec ce dernier (que l’on voit sous forme de flash-backs). En fait, il ne vit pas vraiment, et est souvent spectateur de sa vie avec sa nouvelle femme. La dévotion que David témoigne pour son fils est exemplaire…

Résignation

Une des scènes les plus frappantes du long-métrage est celle où Nick revient en catimini chez lui, à la recherche d’argent pour pouvoir consommer de la drogue. David revient, avec ses deux enfants et sa femme, et ne s’attend pas du tout à le voir. Remarqué par son frère, qui constate sa présence, Nick s’enfuit alors avec la voiture de son père, pour ne pas avoir à affronter ce dernier. L’homme tente de le rattraper, mais s’y résout au dernier moment. La musique devient lourde et la scène s’étire en longueur. C’est la résignation. Karen, voyant la voiture passée devant elle, décide de la rattraper. Un sursaut de rage l’envahi : c’est du garçon qu’elle a élevée comme son fils dont il s’agit. Elle ne peut pas l’abandonner à son destin. Nick tente de la semer, et finit par y arriver. Hurlant de rage, Karen finit par lâcher prise et se met à sangloter. C’est la résignation. Avec David, ils vont désormais aller dans un groupe de soutient pour parents dont les enfants sont toxicomanes. Tous n’ont pas de nouvelles de leur progéniture : en deuil de façon permanente, ils attendent simplement le coup de téléphone qui leur annoncera la terrible nouvelle, qui les libérera.

Et puis, il y a l’appel de détresse de Nick à son père : mais cette fois-ci, ce dernier refuse de l’aider. Pour le jeune, c’est une claque. La mère biologique de ce dernier tente de venir à son secours mais échoue. Elle téléphone à David, en pleurs, lui demandant de l’aider. Mère épouvantable, elle le complimente pour la première fois. Mais il ne répondra pas à son appel. Pourtant, à la deuxième overdose, alors que l’avenir de Nick semble incertain et qu’un miracle l’a épargné, David revient. Leur relation s’améliore, et le combat reprend de nouveau.

Pourquoi son fils est-il devenu ce qu’il est ? De consommateur occasionnel, il s’est transformé en junkie. Les séquelles physiques (sa maigreur et son bras où il se pique à de multiples reprises) et psychologiques (la dépendance) se font ressentir. La drogue ne touche pas que ceux qui sont pauvres. Dans le long-métrage, Nick provient d’une famille aisée, et a toujours reçu de l’amour et de l’affection, y compris de sa belle-mère. Le film aborde le combat du jeune homme et de ses proches. Famille recomposée, celle du garçon souffre autant que lui, tentant de le raisonner, et de donner un sens à son existence. La fin de l’histoire ouvre une porte d’espoir, permettant de montrer que même si le calvaire dure longtemps, il est possible de s’en sortir, à condition de le vouloir et d’accepter l’aide qui nous est proposée. Everything (notre note : 9/10).


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