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751.Mauvaises herbes.

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Wael (Kheiron), la trentaine, vit de petits délits. Monique (Catherine Deneuve), une vieille dame à la retraite et amie, croit en lui, et aimerait qu’il sorte de cette spirale très dangereuse. Aussi, elle l’aide dans ses combines, afin d’éviter qu’il ne se fasse attraper…Mais un jour, Victor (André Dussollier), faisant ses commissions, qui connaissait Monique tombe sur elle, et croit qu’on lui vole son sac à main. L’arnaque tombe à l’eau : afin d’éviter que Victor ne dénonce Wael à la police, elle lui propose de le faire travailler pour lui. En effet, l’homme vient de lancer un projet éducatif, afin d’aider des jeunes en difficultés scolaires, mais peine à trouver un éducateur. Victor accepte, mais le fera travailler bénévolement, et fera, au passage, de Monique sa secrétaire.

L’humoriste Kheiron (aperçu dans Bref) se donne le rôle principal de son propre film. Mauvaises herbes s’attarde à présenter des jeunes en difficultés, qui semblent rejeter par le système et qui ont mal tournés. Lorsque Wael se présente à eux, ils se murent dans un silence absolu, refusant de parler, puisqu’ils sont là contre leur gré. Pourtant, redoublant d’ingéniosité, l’éducateur va parvenir à les faire parler. Doué pour la communication, Wael manie l’humour comme un outil qui permet d’ouvrir les barrières. Personnage haut en couleur, il respire de joie malgré une vie compliquée. Sans attachement, il drague toutes les jolies filles, sans jamais en rappeler une seule. Mais l’arrivée d’une jeune avocate pourrait bien changé la donne, si il s’en donne les moyens.

C’est un film sur les secondes chances qu’il nous propose ici. On peut commettre des erreurs et avoir le droit de tirer un trait sur celles-ci. Né en Iran, Wael a eu une enfance abominable, ses parents ayant été assassiné sous ses yeux parce qu’ils étaient chrétiens. Devant survivre, le garçon volait les portefeuilles des touristes. Recueilli dans un couvent, il du s’enfuir pour éviter d’être tué lors d’une rafle par la police. Lorsque Victor, car Monique insiste, lui donne le travail d’éducateur, Wael prend beaucoup de plaisir à être une sorte de guide, d’enseignant, qui transmet des choses à des jeunes délaissés. Il y a le garçon gitan qui a peur qu’on se moque de lui lorsqu’il pale français, celui qui agace tout le monde, celui qui doit jouer les dealer pour nourrir sa famille, celle qui est incomprise car trop intelligente, ou encore celle qui cache de lourds secrets issus de son passé. Ancien enfant des rues, Wael ne se sent pas très différent de ceux-ci. Lorsque l’on pose problème, c’est parce que l’on a soi-même des problèmes. Pour paraphraser Victor Hugo, il n’y ni mauvais herbes, ni mauvais hommes…il n’y a que des mauvais cultivateurs ! S’inspirant de sa propre histoire, Wael va leur donner la force d’avoir un peu d’ambition et de s’extirper de leur vie. Il va leur faire découvrir le théâtre (en jouant Titanic !), leur raconter une enquête policière, les obliger à se débrouiller seul, … mais au début, le premier dilemme est cependant de les faire revenir, puisque le stage n’est pas obligatoire. Contre toute attente, il finit par conclure un marché avec eux : pour chaque jour presté, chacun recevra 10 euros !

Avec André Dussolier en contre-emploi, le film compte aussi Catherine Deneuve (actrice dont le jeu devient de mieux en mieux avec les années) dans les personnages principaux. La femme tient beaucoup à Wael, qu’elle considère un peu comme un fils. On voit à quel point elle souhaite qu’il fasse les bons choix, et comment elle l’aide, sans se faire remarquer. Intelligente, la dame est aussi très drôle (passant de secrétaire à DRH en 2 jours à peine !). On sent avec quelle bienveillance Monique veille sur Wael. Pourtant, au début, elle désobéit à la loi pour l’aider, bien que sachant que cela n’est pas une bonne chose. Kheiron joue avec son spectateur : on s’interroge sur le passé de Monique, sur comment sa route a croisé celle de Wael, le passé étant en lien avec le présent…

Le film présente deux temporalités, avec deux tons résolument différent, ce qui est assez désarçonnant au début  : le présent de Wael, qui est plutôt comique (on pense à la scène de danse où Monique l’oblige à se déguiser en vieillard afin de gagner un concours où lorsqu’ils pleurent en regardant l’intégralité de La petite maison dans la prairie) et son passé, tragique et lourd. Avec un leitmotiv cependant : la seconde chance et l’espoir d’une vie meilleure. Le passé rejoint le récit en cours de route et permet d’éclairer le présent. Les choses sont difficiles, le combat est long, mais se termine bien. On doit refuser l’échec, et voir en l’enfant ce que l’adulte qu’il sera amener à devenir. L’éducation est le moteur permettant de faire pousser une graine et d’en faire une belle plante. Les conseils que Wael donnera à ses 6 jeunes s’apparenteront à des leçons de vie. Il y a quelque chose de profondément universel à cette histoire, avec sa morale très humaniste (notre note : 8/10).


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