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767.Room, où le monde à travers une lucarne.

Jack (Jacob Tremblay), 5 ans vit avec sa mère Joy (Brie Larson, avant Captain Marvel) dans une seule pièce. Il n’est jamais sorti de chez lui, et n’a jamais vu le monde extérieur. Le logement, comprenant quelques meubles, une télévision et un simple lit est bien rudimentaire. Joy et son fils sont en réalité prisonnier d’un effroyable psychopathe, « Vilain Nick », qui avait kidnappé la jeune femme alors qu’elle revenait de l’école. Celle-ci s’est faite duper, et s’est retrouvé au fond d’une camionnette sans rien pouvoir comprendre. Tombé enceinte de son ravisseur au cours d’une relation forcée, elle ne revit plus jamais le monde extérieur, se contentant d’une simple lucarne lui apportant un peu de la lumière du jour. Mais aujourd’hui, 7 ans après sa disparition, Joy décide enfin de dévoiler la vérité à son fils, qu’elle a tenter de préserver jusque là, et va mettre au point un plan afin de pouvoir s’enfuir avec lui…

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Le monde à travers une lucarne

Dans Room, sorti en 2015, Lenny Abrahamson (The Little Stranger) raconte l’histoire de deux destins brisés : celui de Joy, 24 ans, qui a été enlevé à la sortie de l’école, et de son fils, qui n’a jamais eu de contact avec quelqu’un d’autre que sa mère. Et pourtant, malgré la gravité du sujet, le film parvient à rester extrêmement positif. Brie Larson, oscarisée pour le rôle, livre une composition brillante. Jack, malgré la misère de sa condition, est heureux dans cette « room » (qui est en fait une prison !), entouré par sa mère qui lui donne toute l’affection dont il a besoin. Ses amis sont des objets inanimés, qu’il a nommé, afin qu’ils soient personnifiés : madame lucarne, madame télé,…les  choses prennent ainsi un sens.

De façon très surprenante, Joy est parvenue à préserver son fils du « Vilain Nick », son ravisseur. À chaque fois que ce dernier vient la voir, son fils est caché dans l’armoire. Il ne doit pas poser les yeux sur ce dernier. Force est de constater que cela semble fonctionner, puisque Nick croit que Jack est en fait…une fille !

Chaque Dimanche, Joy est en droit de demander quelque chose à Nick, un objet utile pour elle. En général, elle sollicite toujours un présent pour son fils, qui croit qu’il s’agit là du « cadeau du dimanche ». Pour les 5 ans de ce dernier, Joy entreprend de dire à son fils toute la vérité, et que ce qu’il voit à travers la télévision, tout les paysages et personnes, existent bel et bien. Au début, le petit garçon a du mal à accepter cette réalité, même si il est suffisamment malin pour comprendre que la situation dans laquelle ils vivent tous les deux a quelque chose de malsain.

Retour à la réalité

Room est un long-métrage qui s’inspire d’un fait divers effroyable : celui de Josef Fritzl, autrichien qui emprisonna sa propre fille, Elisabeth, durant plus de 20 ans. L’homme la viola, lui faisant subir de nombreuses blessures, et de cette relation incestueuse naquirent 7 enfants, tous prisonniers et n’étant jamais sorti de la demeure de leur père. Fritzl aurait également réussi à faire croire à la mère d’Elisabeth que leur fille avait rejoint une secte, pour expliquer sa disparition, alors qu’elle se trouvait sous leur propre toit. Mais d’autres histoires, tout aussi horribles, ont pu l’inspirer (Natacha Kampusch par exemple) : chaque jours de nombreuses personnes disparaissent, sans laisser de trace. Room est un hymne à l’espoir, pour ses dernières, et s’intéresse aussi à ce qu’elles vivent lorsque « l’horreur s’arrête » et qu’il est temps de revenir à la réalité. 

Le film peut être divisé en 2 parties : la première se déroule dans « la pièce » et suit le quotidien de Joy et de Jack, jusqu’au moment où elle parvient à faire évader se dernier, dans une scène de grand stress. Le plan est brillant et très risqué. Aussi, afin d’encourager son fils, Joy lui raconte l’histoire du Comte de Monte-Christo, de Dumas. La seconde prend racine lorsque Jack parvient à indiquer à la police où est l’abri de jardin dans lequel il a vécu toute sa vie avec sa mère et que la police arrête « Vilain Nick ». 

Le premier regard de Jack dans le monde extérieur est très éprouvant pour lui : dans un état quasi-hypnotique, le gamin ne sait plus bouger, et regarde ce qui se trouve en face de lui, mes ses yeux semblent trop petits pour englober l’immensité du monde qui l’entoure.

 

Joy, libérée, décide alors de retourner vivre chez ses parents, malgré le fait que son médecin pense qu’elle et son fils devraient être suivi par des psychologues à cause de ce qu’ils ont vécu. Son père et sa mère arrive alors, et les retrouvailles sont très forte en émotions, les deux parents ayant cru que leur fille était morte. Joy apprend qu’ils se sont séparés, leur couple brisé sans doute par cette terrible histoire, que sa mère a refait sa vie avec un autre homme, tandis que son père est parti vivre très loin. Ce dernier, heureux du retour de Joy, ne parvient cependant pas poser, ne serait-ce qu’un regard vers son petit-fils. Pensant qu’il est fruit d’un viol, et le fils du ravisseur de sa fille, l’homme n’arrive pas à faire la part des choses devant cet enfant innocent qui ne comprend pas une telle réaction.

Adaptation

Jack a d’abord du mal à communiquer avec son entourage, la seule personne avec qui il a vécu étant sa maman. Mais après un temps d’adaptation, il se fait à notre monde et se surprend à aimer celui-ci. Il joue aux Legos, part se promener avec sa grand-mère et son compagnon (qui est vraiment un brave type), fait connaissance avec le petit chien de cette dernière, et parvient même à se faire des amis. L’amour de sa mère l’a préserver du cauchemar qu’ils ont vécu et il n’en gardera aucunes séquelles.

Mais pour Joy, c’est très différent. Sans doute aurait-elle du être heureuse de sortir de tous ce qui lui est arrivé, et ce fut le cas au début. Mais ensuite, l’après-coup fut difficile à encaisser. Tout d’abord, revoir sa chambre dans l’état dans lequel elle l’avait laissée, 7 ans plus tôt, fut un choc : c’est comme si elle renouait avec son passé, redécouvrant ses aspirations perdues et ses souvenirs oubliés. Ensuite, les journalistes qui la harcèlent, campant nuit et jour devant sa maison, espérant obtenir une interview où elle racontera son calvaire : aspirant à la tranquillité, Joy se voit dérangé. Enfin, cédant à ceux-ci, et acceptant de se livrer, Joy reçoit une claque dans la figure lorsque la journaliste lui demande pourquoi elle n’a pas demandé à son ravisseur de donner Jack à un orphelinat, et l’a garder, égoïstement pour elle seule durant toute ses années. Ce genre de propos est blessant pour une mère, n’aide pas à sa reconstruction, et Joy tente alors de se suicider, se sentant responsable.

Fort heureusement, elle n’y parvient pas. Néanmoins, elle décide de suivre une thérapie afin d’aller mieux. Son fils, pour l’encourager, décide de couper ses longs cheveux (pour la première fois de sa vie) et d’en faire cadeau à sa mère. Selon lui, c’est la source de sa force, faisant un parallèle au mythe biblique de Samson et Dalila. En recevant ce présent, en regardant le geste de son fils, Joy décide de se battre et finit par s’en sortir. Avec son fils, elle décide ensuite de tout essayer, de goûter à tout ce que la vie peut lui offrir, et il y a beaucoup à voir dans se monde…. (notre note : 9,3/10).


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