A crazy world


757.Ralph 2.0 : un Disney qui garde la forme.

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Ralph La Cass et Vanellope sont de retour ! Meilleurs amis, les deux personnages issus de jeux d’arcades se retrouvent tous les jours après leur travail et passent beaucoup de temps ensemble. Mais Vanellope s’ennuie sur « Sugar Rush », trouvant que son jeu manque de challenge, et qu’il est trop facile. Ralph, sensible à ses sentiments, décide de lui confectionner un nouveau circuit nettement plus complexe. Vanellope l’essaye, et est immédiatement conquise. Remportant à nouveau la course, elle oublie qu’une véritable utilisatrice contrôle la manette, et est surprise de voir la voiture de son personnage partir vers un chemin alors qu’elle était sensée aller droit…la fille tente de reprendre le contrôle en forçant sur le volant et le casse accidentellement. Le propriétaire de la salle d’arcade décide de débrancher le jeu, car acheter un nouveau volant lui coûterait près de 2000 dollars sur Ebay, un investissement trop important par rapport aux retombées financières escomptées. Vanellope et ses sujets sont alors obligés de fuir et trouve refuge chez Felix, désormais marié à Calhoun. Mais la meilleure amie de Ralph est inconsolable, et ce dernier cherche à la consoler sans y parvenir. Il lui propose alors d’aller chercher son volant sur Ebay, en entrant dans l’Internet, puisque le propriétaire de la salle d’arcade à installé le wifi. Commence alors une autre extraordinaire aventure…

6 ans après Les mondes de Ralph, les studios Disney remettent le couvert dans une suite -toujours sous la houlette du tandem Rich Moore et Phil Johnston- dont les possibilités en termes créatives semblaient infinies, puisqu’ils ont décidés de sortir de l’environnement de la salle d’arcade pour filer vers celui de la Toile, univers en expansion constante. On découvre un environnement semblable à une ville, où les êtres humains utilisateurs sont devenus des petits personnages animés, sorte de « Sims » évoluant et se déplaçant d’un site à l’autre. Les références s’enchaînent à une vitesse folle, croisant monsieur JeSaisTout le moteur de recherche hyperactif, Sonic, ou encore le pop-up d’Instagram. L’origine des pop-up ou des bugs est également expliquée avec beaucoup d’humour. Internet est le lieu de la démesure et du démentiel. Ce qui inquiétera Ralph qui est satisfait de sa vie fascinera Vanellope, rêvant à d’autres horizons…

L’autre surprise, ce sont tous les easters eggs estampillés Disney, qui jouit désormais d’un catalogue allant de Star Wars à Marvel…inutile de s’étonner de croiser des stormtroopers , Buzz l’Eclair, Stan Lee ou le Groot des Gardiens de la Galaxie. Toutes les princesses Disney sont aussi de la partie (avec pour la plupart, leurs voix originales), pour le jeu en ligne « Quelle princesse Disney es-tu ? ». Avec beaucoup d’autodérision, et vêtue de manière très décontractées, elles parlent de leur conditions et de leur vie, devant une Vanellope, qui n’est pas très différente de celles-ci. Elles évoquent le fait qu’elles finissent toujours par chanter une chanson, lorsqu’il y a de l’eau à proximité. Chose qui ne s’est pas encore produite pour Vanellope. Pour l’instant.

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Mais le film va plus loin, nous poussant à la réflexion sur notre société de surconsommation ou finalement tout n’est qu’apparence. Ce qui est à la mode peut aussi vite désintéressé les gens, oubliant complètement ce qu’ils ont aimés, pour aller vers quelque chose de nouveau. On finit par céder à ce que l’effet de masse apprécie et à ne plus vraiment avoir de point de vue propre. On aime ce que les autres aime. Internet est un lieu incroyable, où l’information est disponible en temps réels et où il est possible de jouer en ligne, chatter, échanger et même regarder des films. Mais c’est aussi une zone dangereuse où les pires facettes de chacun peuvent se dévoiler…car il est très facile de blesser quelqu’un à distance, par la force des mots, tapis dans l’ombre derrière son écran d’ordinateur. On pense à la déception de Ralph, devenu une star d’une plateforme rappelant Youtube (BuzzzTube) -gérée par YESSS, sorte de reine du Web, avide de like qu’elle pourra monétiser-, et qui lit les commentaires des utilisateurs qui se moquent de lui, et tombe de haut.

On découvre également les virus, véritables fléaux (à l’allure de milles-pattes géants) qui se nourrissent des bugs. L’un d’eux donnera naissance à une pluie de Ralph, ami trop possessif, qui s’assembleront pour donner naissance à un Ralph géant, aux allures de King Kong, grimpant une sorte d’Empire State Builging (représentant un site web bien connu). Ralph prend alors conscience qu’on ne doit pas empêcher les autres de vivre leur rêves, même si ça nous éloigne parfois les uns des autres…(notre note : 8/10).


756.Liaison fatale : il était une fois Glenn Close.

Dan Gallagher (Michael Douglas), avocat, marié et père d’une petite fille, fait la connaissance, où cours d’un litige, de Alex Forest (Glenn Close), une éditrice célibataire. Celle-ci va le séduire, jusqu’à ce qu’il commette l’erreur de céder à ses avances et d’avoir des relations avec elle. Pensant d’abord à un écart passager entre adultes consentant, Dan va rapidement prendre conscience que Alex souhaite beaucoup plus que ça et qu’elle va faire de sa vie un véritable enfer…

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Sorti en 1987, Liaison fatale est l’oeuvre de Adrian Lyne (cinéaste surtout connu pour Flashdance). C’est un film à la fois terrifiant et pleins de rebondissement. Porté par une Glenn Close exceptionnelle, femme tour-à-tour passionnée, fragile, machiavélique et dangereuse, à qui l’Oscar échappa cette année-là (et qui lui a encore filé entre les doigts en 2019…pour la 7e fois !), l’histoire de cette femme seule et désespérée à la personnalité obsessive, émeut et consterne à la fois. On a le sentiment que cette femme ne cherche qu’à avoir un peu de bonheur, et se met à désirer quelque chose d’indésirable (un homme marié). Lorsqu’ils couchent ensemble pour la première fois, elle rayonne. Riant aux éclats, elle vit véritablement. Après le départ de Dan  en catimini, la première nuit, Alex le rappelle, lui expliquant ne pas trouver à son goût l’attitude qu’il a eu, l’incitant à passer à nouveau une journée avec elle. L’homme, dont l’épouse est partie rendre visite à sa famille, saisi l’aubaine et recède à la tentation. Mais le week-end fini, il souhaite oublier cette petite passade et revenir à sa vie normale. Sa vie actuelle lui convient parfaitement.

Retour à la réalité

Mais pour Alex, c’est le choc. Elle s’est imaginé des choses qui n’existaient pas, se créant des films dans sa tête. Elle tente alors de le faire revenir, en se tailladant les veines. On comprend qu’il va avoir très difficile à la chasser de sa vie, puisqu’elle ne veut pas vivre sans lui. La scène est forte, visuellement, Lyne recourant à de nombreux gros plans. Dan, sous le choc, la soigne, mais fini par partir. Mais Alex ne lâche rien : elle va le harceler au téléphone -lui sonnant jours et nuit-, venir de manière intempestives à son cabinet,…mais rien n’y fait. Dan ne veut plus la voir. La caméra de Lyne se penche sur cette femme triste, allumant et éteignant la lumière (comme si elle hésitait entre vivre ou mourir), et montrant dans le plan suivant la vie de Dan, ressemblant à un rêve où il est entouré et aimé.

Contre toute attente, Alex lui annonce alors être enceinte de lui, et souhaite  le voir jouer son rôle de père… Dan cède à la panique, lui demandant d’avorter. Mais elle refuse, car à 37 ans, c’est peut-être sa dernière chance d’avoir un enfant. Dan décide alors de couper les ponts avec elle, changeant de numéro de téléphone et déménageant. Mais Alex fini, par un tour de passe-passe incroyable (et une scène glaçante où Douglas la regarde, complètement désemparé), par le retrouver. Elle veut alors se venger de lui, et lui faire payer, n’hésitant pas à s’en prendre aux personnes qu’il aime…

Auto-destruction programmée

Liaison fatale commence comme une comédie très conventionnelle, avant de basculer dans le thriller et de flirter avec le film d’horreur. Dan va se retrouver prit dans un cauchemar sans issue, avec une femme possessive et hystérique. Lorsqu’elle prend conscience que Dan ne voudra jamais d’elle, Alex va jouer les bourreaux et faire des choses abominables (on pense au lapin dans la casserole, par exemple). La jeune femme n’a aucune limite, et souhaite juste arriver à ses fins, peut importe les moyens. Dan tentera de la tuer en l’étranglant, mais se ravisera finalement, n’étant pas un mauvais bougre. Celle-ci, dans une folie sans nom, s’emparera d’un couteau afin de lui faire la peau, mais il le lui arrachera des mains, la laissant seule avec elle-même. On se demandera d’ailleurs à plusieurs reprise si elle est vraiment enceinte de lui, Lyne jouant avec les ambiguités lorsque Alex affirme avoir un peu de Dan entre elle, signifiant qu’un être pousse en son être, où la métaphore de l’acte de pénétration lors des ébats sexuels ?

La scène où Dan avoue avoir eu une liaison à sa femme est très réussie. On voit son couple voler en éclat, et l’état d’incompréhension dans laquelle la jeune épouse aimante et fidèle (Anne Archer) se retrouve. Lui est rongé par le remord, et elle par la déception. La réconciliation est impossible, et l’enfant commun plonge dans un océan de chagrin. La vie de Dan vire au drame…

Chacun semble responsable de son état : Dan d’avoir fait miroiter Alex, et cette dernière d’avoir trop pris au sérieux leur relation. Lyne montre les comportements auto-destructeurs dont chacun se rend coupable : Alex, qui se taillade les veines afin d’attirer l’attention de Dan, qui détruit la voiture de ce dernier en jetant de l’acide, Dan qui détruit sa cellule familiale par la force d’une vérité trop dure à avouer…

La fin du film est cependant très conventionnelle, Alex passant à l’acte, en décidant de s’en prendre à la femme de Dan. Son apparition, dans la scène de bain, son reflet apparaissant dans le miroir, à des allures très hitchcokiennes, et toute la lutte qui suit rappelle à la fois Misery, avec le double soubresaut, classique à tout bons films d’épouvante où le méchant doit être tué deux fois…ce qui n’est pas toujours très crédible, étant donné que la première fois le coup de grâce semblait acquis. La séquence où Dan noie Alex dans la baignoire montre toute l’étendue du jeu de Close, qui se contorsionne dans tout les sens, le visage blême et fini par rendre l’âme. Il était donc inutile d’en rajouter avec une « résurrection expresse » d’Alex, pour la re-tuer définitivement. Scène d’ailleurs joyeusement parodiée au cours d’un épisode des Simpsons. À noter que Lyne avait envisagée une toute autre fin, dont le rendu aurait pu être intéressant : Alex se suicidant, à l’aide du couteau que Dan lui a arraché des mains, afin de le faire accuser. Le rendu peut d’ailleurs être visionné sur Youtube. Dans la fin originale, l’épreuve passée, le couple finit par se retrouver et redémarrer. Ce qui ne nous tue pas nous rend donc plus fort… (notre note : 8,5/10).

sd


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