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773.Us.

Pour son deuxième film en tant que réalisateur, Jordan Peele concocte une nouvelle incursion dans le cinéma d’horreur, après l’étourdissant succès de Get Out. Dans Us, il raconte l’histoire d’une famille en proie avec leurs doubles maléfiques. Gabe (Winston Duke) et Adelaïde Wilson (Lupita Nyong’o) décident de partir à la mer, à Santa Cruz, avec leur deux enfants, Zora et Jason, dans une maison de vacances. Le soir de leur arrivée, ils constatent avec effroi que 4 personnes sont dans l’allée devant chez eux et semblent armés. Gabe leur demande d’abord de partir, les menaçant ensuite, mais ceux-ci ne quittent pas les lieux. Prenant peur, Gabe décide de prévenir la police, mais il  est déjà trop tard, car les intrus se sont introduit chez lui. Paniquée, la famille se réfugient au salon et constate que ces personnes sont des Doppelgänger, des sosies d’eux-mêmes. La famille comprend rapidement qu’ils ne sont pas là pour rigoler. Bienvenue dans un nouvel épisode de La Quatrième dimension.

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Double.

Le thème du double maléfique est un leitmotiv qui a déjà été traité au cinéma, en témoigne notamment Black Swann ou Docteur Jekyll et Mister Hyde. À chaque fois, il révèle ce qu’il y a de plus sombre chez une personne, une sorte de face cachée insoupçonnée où elle est capable du pire. On pense aussi à cet épisode des Simpsons, où Bart rencontre son frère caché, Hugo. Dans Us, qui signifie « nous » en français, cependant, il prend une tournure différente, puisque les doubles tentent d’éliminer ceux qui leur ressemblent comme deux-goutte d’eau, fatigué d’être toujours dans l’ombre. Copie conforme physique des Wilson, les 4 êtres, baptisés les Reliés, se révèlent assez différents sur le plan du caractère, déformation de l’original. Celui d’Adélaïde, le seul capable de parler, semble ressentir une sorte de rancœur qu’il ne se cache pas de déclamer, de sa voix écorchée. Gabe est devenu une sorte de machine à tuer, Zora une psychopathe rapide utilisant des ciseaux comme armes, et Jason un enfant défiguré qui se prend pour un chien (et baptisé Plutot).

L’histoire du film est en partie liée à un traumatisme d’Adélaïde, qui enfant, a croisé son double dans le palais des glaces. Telle une Alice aux pays des merveilles, la petite fille s’est perdue dans le terrier du lapin. De très mauvaise augure, ce présage aura un impact considérable sur la suite de sa vie, ayant, à juste titre, peur d’être rattrapée par cette double. D’être rattrapée par un passé qu’elle préférerait oubliée. Le double d’ Adelaïde emprunte au mythe du KA égyptien, qui n’existe pas vraiment mais partage et ressent ce que son homologue bien vivant vit. Sauf qu’ici, cet alter-égo se matérialise réellement. Il va, tout au long du récit, tenter de faire subir les pires atrocités à la « vraie » Adélaïde. Cela peut s’analyser comme une métaphore du dénis dans lequel on vit lorsque l’on tente d’oublier ses propres actes. D’ailleurs, ce palais des glaces et ses nombreux miroirs n’est jamais qu’une confrontation avec son propre double. Tout au long du film, les héros vont constamment fuir leur double, comme si ils n’étaient pas de taille à lutter contre lui, avant de se décider à l’affronter.

La scène finale, où Red, le double Adelaïde, qui n’a jamais pu danser, refait la chorégraphie de Casse-noisette, pressée d’en finir avec son homologue réel en la transperçant à l’aide d’une père de ciseau pointue. D’ailleurs, que sont les 2 boucles de cet objet, sinon l’expression d’une dualité qui se rencontre en un point unique ? Ce double qui nous suit depuis toujours semble n’être qu’un prolongement de nous-même, une ombre que l’on déforme avec la lumière.

Peele entend cependant donné une origine à ces monstres, à travers le fait qu’ils sont une création du gouvernement américain. Une expérience de clonage qui a mal tourné, et dont le but était de mieux contrôler les citoyens. C’est assez logique, si on pense qu’un double n’est jamais qu’une face de notre personnalité. Ils vivent en enfer, dans un lieu on l’on ne peut faire que descendre. Nos mouvements, ils les reproduisent, mais ne les comprennent pas…ils sont en fait contrôlé, par nous-même !

Autres Thèmes abordés.

Us est plus qu’un simple film d’horreur. À la manière de Get Out, il entend dénoncer un message fort. Il évoque en fait la peur de l’étranger, de cet autre qui n’est pas le bienvenu à cause de sa différence. Critique de la société américaine (après tout, Us ne serait-il pas non plus l’acronyme de U.S.A. ?), il fait l’apologie de la lutte des classes.

Le long-métrage s’interroge sur le fait qu’on laisse la plupart de nos problèmes derrière nous, en faisant semblant de ne pas s’y intéressé, mais qui finissent, tôt ou tard, par nous revenir en pleine face. Mais aussi sur la façon dont on passe notre temps à considérer que nos maux sont causés par les autres, qu’ils proviennent de l’extérieur. Alors que nous en avons une grande part de responsabilité. Dans le palais des glaces, il est amusant qu’Adélaïde, alors enfant, ne se rend pas compte tout de suite, en se regardant dans les miroirs, que l’un des reflets n’est pas ce qu’il semble être, mais existe bel et bien.

Dans le film, à de nombreuses reprise le verset 11 :11 de la Bible est cité, ou écrit. Il s’agit d’un passage du Livre de Jeremie, dans l’Ancien Testament, qui dit que « C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Voici que je fais venir sur eux un malheur auquel ils ne pourront échapper. Ils crieront vers moi, et je ne les écouterai pas. ». Il semble que cet annonce soit celle d’une punition, destinée à ceux qui ont fait une faute. Les Reliés, de manière quasi-prophétique, se mettent à assassiner tout les « vivants », n’ayant aucun scrupules et ne pouvant pas être arrêté. Le film lorgne alors vers le slasher movie. Serais-ce la main vengeresse du tout-puissant ? Plutôt un juste retour des choses, entre les Reliés, peuple d’en bas illustrant les pauvres vivant dans les égouts (ou dans les rames de métro abandonnées), contre les riches du monde d’en haut, qui ne se sont jamais penché pour constater la misère de la condition humaine. Les Reliés sont tous vêtus de la même tenue, une tunique rouge et des sandales, et ne possèdent aucun biens matériels. À noter que, de manière assez anecdotique, le chiffre 11 évoque à nouveau la figure du double avec ces deux chiffres un qui se suivent.

Les lapins sont également très présent tout au long du film, que ce soit à travers une peluche dans la chambre à coucher, ou écrit en vietnamien sur le t-shirt de Zora. La scène d’ouverture, dévoilant de nombreuses cages avec des lapins dedans est une métaphore du fait que nous sommes prisonniers de nous-même. 4 lapins sont bien entendu de couleur noires, pour la famille Wilson. En cours du film, les cages sont ouvertes et les lapins gambadent, signe que les reliés se sont libérés…

Les doubles forment peu-à-peu une chaîne humaine gigantesque, où chacun tient la main de l’autre, en affirmant qu’ils ont tous leur place aux USA, dans un système où le président Trump a construit un mur pour empêcher les mexicains de rentrer sur le territoire… il s’agit en fait d’une allégorie à la Hand Across America, événement caritatif qui souhaitait relier tous les habitants entre eux. Les contributions étaient cependant très souvent symboliques et tous les Américains ne l’ont pas fait. L’Amérique n’a pas changé, elle a empirée et personne n’est unis…la famille Tyler, amis blancs des Wilson, est sensé représenter, de façon caricaturale, l’américain moyen. Ils sont quelque peu racistes, se sentant supérieurs aux afro-américains, superficiels et avec peu de jugeotes. Et pourtant, en bonne société de consommation, les Wilson essayent de leur ressembler. Nous sommes soumis aux diktat de notre sociétés, obligés de suivre ces codes, sous peine d’être exclus.

Visuel décadent et humour

Jordan Peele a tenu a apporté un grand soin à l’image du film, que ce soit sur les gros plans sur les visages complètement tétanisés -bouches ouvertes en prime- de ces acteurs ou à travers les zoom arrières entrepris afin de montrer des scènes d’ensemble. L’histoire a lieu en été, et faire un film d’horreur en grande partie dans le jour sous un soleil de plomb n’est pas aussi évidant qu’il n’y parait, les décors de nuit permettant de créer le mystère et d’amener du suspens, car on ne sait jamais ce qui peut surgir de l’ombre. Pourtant, Peele parvient à créer une atmosphère dérangeante et malsaine. Fin cinéphile, il a truffé son oeuvre de quelques clins-d’œil à quelques longs-métrages tel que ShiningLes Griffes de la nuitLes dents de la mer, Maman j’ai râté l’avionLes Oiseaux ou encore Alien-le 8e passager. Il y a aussi quelques easter eggs, notamment un t-shirt à l’effigie du Thriller de Michael Jackson, et un lien évident avec Image dans un miroir, épisode culte de la Quatrième dimension.

L’humour est omniprésent (un peu trop peut-être), Peele détonant quelque peu avec le propos sérieux de son récit. Que se soit l’assistant virtuel qui n’aide pas l’être humain trop matérialiste, ou le père de famille froussard qui laisse sa femme combattre les méchants, les moments ne manquent pas.

Us n’est pas aussi effrayant que Get Out. Il surprend (surtout par son twist final) et offre quelques sursauts, mais il ne fait pas réellement peur. Le thème phare du film, c’est bien entendu la chanson I got 5 on it, de Luniz, qui aura droit à sa version horrifique. Grand succès, il a déjà rapporté près de 10 fois sa mise de départ ! (notre note : 7,8/10).


772. Une première bande-annonce pour Le Roi Lion !

Image de prévisualisation YouTube

Le Roi Lion, après un premier trailer qui dévoilait finalement très peu de choses, s’offre aujourd’hui une première bande-annonce qui reprend quelques moments clés du dessin-animé original. Le visuel avec les animaux semble époustouflant -que ce soit les lions ou les hyènes-, la technologie des effets numériques semblant accomplir des merveilles. Simba, son père Mufasa, l’oncle Scar, Zazu et Nala se dévoilent dans toute leur splendeur. Timon et Pumba apparaissent à la toute fin de la vidéo. Pour sur, le résultat devrait être à la hauteur des espérances, même si l’intrigue ne demeure plus un secret pour personne.


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