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777.Glass, la suite d’Incassable.

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Avec Glass, M. Night Shyamalan entendait conclure sa trilogie des super-héros, inaugurée avec Incassable, en 2000, et sa suite déguisée, Split, en 2017. L’attente pour ce dénouement était donc très grande, promettant d’offrir un film très puissant et savamment réfléchi. La scène inaugurale permet ainsi de retrouver David Dunn (Bruce Willis) traquant la Bête, 24e personnalité de Kevin (James McAvoy), qui s’en prend à d’innocences jeunes filles. Le monstre est surpris de combattre un adversaire de force égale à lui, et de ne pouvoir prendre le dessus. Malheureusement, une équipe de police arrivent sur les lieux et parvient à refaire émerger la personnalité de Kevin, et celui-ci se rend. David est également fait prisonnier, ses agissements en tant que justicier masqué ne plaisant pas aux forces de l’ordre. Placés en institution psychiatrique, les deux hommes sont incapables de sortir de leurs cellules, adaptées pour leurs points faibles respectifs : l’eau pour Dunn, et la lumière pour Kevin. Dans ce centre, séjourne également Elijah Price (Samuel L. Jackson), alias Glass, le « bonhomme de verre ». Complètement drogué par les médicaments, l’homme, désormais en fauteuil roulant, est un légume. Les 3 personnages ont en commun d’avoir des facultés hors-normes qui leur confèrent des pouvoirs de super-héros…cependant, pour le docteur Ellie Staple (Sarah Paulson), spécialisées dans les patients qui se prennent pour des héros de comics, ils sont malades, et celle-ci va tenter de les soigner, en refoulant leur nature interdite. Mais  le bonhomme qui casse va se réveiller et convaincre la bête de se dévoiler au monde entier, lors d’un combat avec Dunn…

Si Glass offre une mise en scène toujours plus impressionnante, avec ses multiples jeux de caméras, influence assumée d’Hitchcock (filmer un personnage à travers son reflet sur un rétroviseur de voiture, par exemple), il s’essouffle, dans une intrigue abracadabrantesque, qui dénote avec les deux précédents opus. L’idée n’est pas mauvaise en elle-même, mais se perd dans des ressorts scénaristiques loufoques. Des super-héros devant refouler leur nature, qui ne peuvent pas être accepté par la société, qui ne veut pas apprendre la vérité sur leur existence, voilà qui est une bien. Mais pourquoi se détour chez une psychiatre, qui leur fait suivre une thérapie sans queue-ni-tête, leur posant des questions insensées, remettant en cause des capacités extraordinaires bien réelles chez eux…en tentant de justifier ce choix, à la toute fin, lorsque la vérité éclate, par une explication des plus étonnante, Glass ne convainc que moyennement. 

Malgré ce gros problème de scénario, il reste toujours le plaisir de revoir Kevin, tout en jaune, et ses 23 personnalités, toutes passées en revue, ainsi que Glass, tout en violet, le génie du crime, celui qui se considère comme le grand vilain, et le prouve de façon exemplaire. D’autant que Samuel L. Jackson est passé maître dans l’art d’incarner des bandits, en témoigne ses récentes prestations dans Kingsman ou Miss Pérégrine et les enfants particuliers. L’intelligence de son personnage n’est plus à prouver, mais il pourrait encore vous surprendre ici, lors d’un twist final dont seul Shyamalan a le secret. Dunn, sous les traits d’un Bruce Willis vieillissant, est toujours le justicier de l’ombre solitaire, revêtant son imperméable vert,  même si la mort d’Audrey, sa femme, l’a profondément affectée. Raison pour laquelle Robin Wright n’est pas dans le film.  Le fils de David, Joseph (Spencer Treat Clark), est quant à lui de la partie, toujours très proche de son père, puisqu’il l’assiste dans son travail.  En contre-emploi, il y a également Anya Taylor-Joy, qui reprend le rôle de Casey, mais aussi Charleyne Woodard, dans celui de la mère d’Elijah.

Des liens avec Incassable sont également fait, à travers des scènes coupées jamais employées, explorant le passé des personnages. La plus choquante étant, bien entendu, celle où Elijah se brise les os dans un manège… Le film réussit à sublimer la trilogie toute entière, et clôt définitivement l’intrigue d’Incassable. Il tente de répondre à la question de savoir si nous sommes réellement ce que nous croyons être ou si ce que l’on est n’est que ce que nous voulons être ? Le thème de l’identité, au centre de la trilogie, trouve son aboutissement, à travers son antagoniste, le doute.  Il fait également un lien plus fort avec Split, que le simple caméo que Bruce Willis avait entrepris. Les super-héros sont des figures mythiques, qui inquiètent et fascinent à la fois. Mais ils sont également des êtres humains ordinaires.

(Notre note : 6,7/10).


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