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784.Le labyrinthe de Pan : dans les méandres de Del Toro.

pm

Espagne, 1944. Peu après la guerre civile qui opposa de 1936 à 1939 les communistes aux nationalistes de Franco, et qui a vu victorieux le célèbre dictateur, la jeune Ofelia  (Ivana Baquero) s’en va vivre avec sa mère Carmen et son nouveau mari, l’effroyable capitaine Vidal (Sergi López). Celui-ci est un être tyrannique, au service de l’armée franquiste, et va tenter d’éliminer les maquisards, opposants du régime politique en place, terrés dans les montagnes. Carmen est enceinte de Vidal, mais la grossesse ne se passe pas très bien, et la femme subit des complications. Le soir même de leur installation, Ofelia voit une fée qui la somme de la suivre, dans un mystérieux labyrinthe, près de la maison. À l’intérieur de celui-ci l’attend un faune (Doug Jones), être légendaire mi-homme, mi-bouc. Il lui révèle qu’elle est destinée à devenir une belle princesse, appelée à régné dans un monde souterrain. Mais pour ce faire, elle devra réussi 3 épreuves, toutes plus dangereuses les unes que les autres.

Sorti en 2006, Le labyrinthe de Pan est un film fantastique réalisé par le cinéaste Guillermo Del Toro (La forme de l’eau). De manière habile, le long-métrage traite du fascisme et de ses horreurs par le biais de la figure du conte de fée. L’iréel se mélange avec le réel, à travers l’imagination débordante d’Ofélia, qui va être confronté à des événements qui la dépasse. Pour les affronter, elle va réaliser son parcours initiatique, composé de 3 épreuves (comme dans tout bon conte de fée), dans lesquelles elle mettra en péril sa propre vie, et devra faire des choix complexes, la faisant basculer vers l’âge adulte. La première épreuve est celle du crapaud qui empoisonne un arbre (qui a une forme d’utérus, signe maternel ?), la seconde celle d’échapper à l’homme blême (sorte de croque-mitaine), et la dernière celle de tuer un innocent. Elles sont en parallèle parfait avec les acte de Vidal, qui tue des innocents, poursuit Ofelia dans le labyrinthe, et la prive de sa mère.

Tout au long du film, le spectateur s’interroge sur la réalité de ce que vit Ofélia, tant ces événements impossibles semblent faire écho à ce qu’elle vit. L’univers de Del Toro est peuplé de créatures étranges, de décors en cartons pâtes et d’une certaine poésie. La petite fille connecte les deux univers, et son innocence lui est peu-à-peu enlevée, devant déployer son imagination pour affronter les horreurs sur sa route. Au bout du chemin se retrouve la promesse d’une vie meilleure, où l’innocence sera retrouvée, même si il faudra sans doute y laisser sa vie. Si Alice se réveillait, quittant le pays des merveilles pour le monde réel, Ofélia s’endort, quittant le monde réel pour son pays des merveilles.

Sur le plan des personnages, tout d’abord, le faune est un être légendaire, archétype du Grand Dieu Pan. C’est un personnage fourbe, qui trompe les personnes, et auquel il vaut mieux ne pas se fier.  Ensuite, le capitaine Vidal, incarné par un très bon Sergi López, est un tueur sanguinaire, un psychopathe dont la folie lui vient sans doute de son propre père. La cruauté dont il fait preuve montre comment le fascisme a pu avoir tant de dérives et causer tant de mal. Vidal est l’allégorie de cet effroyable régime politique. Enfin, Ofélia est un être innocent : la petite fille est encore une enfant, qui doit se frayer un chemin jusqu’à pouvoir vivre enfin dans le bonheur et être une princesse. Film mélancholique et poétique, Le labyrinthe de Pan mérite que l’on s’y perde (notre note : 9/10).


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