A crazy world



793.Sale temps à l’hôtel El Royale.

Six ans après La Cabane dans les bois, sorte d’hommage appuyés aux films d’horreurs, et un passage comme scénariste (avec World War Z  et Seul sur MarsDrew Goddard revient avec Sale temps à l’hôtel El Royale, son second film.

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Réunion de dégénérés

Avec une intrigue située en 1969, sous la présidence du Président Nixon, Goddard suit la réunion inattendue entre un groupe de personnes qui ne se connaissent pas, mais qui ont décidés de séjourner dans le somptueux hôtel El Royale. Celui-ci a la particularité d’être traversé par la frontière entre la Californie et le Nevada, et d’être à cheval entre ces deux États. Il offre ainsi la possibilité aux clients de séjourner dans le territoire qu’ils souhaitent, la différence de prix s’élevant à un dollars. Cependant, peu de personnes y résident, et le bâtiment où des célébrités et des personnalités politiques séjournaient tombe à l’abandon.

Tout ces individus semblent lisses au premier abord, et pourtant sont loin de l’être : ayant du traverser un certain nombres d’épreuves, ils ont du faire des choses parfois effroyables. Leur part d’ombre est presque palpable. La nuit qu’ils vont passer à l’hôtel El Royale, va les confronter avec leur passé et leur donner l’occasion de se racheter une bonne conduite, ou les mener droit vers la mort.

Parmi les clients, il y a le père Daniel Flynn (Jeff Bridges), pasteur très moderne ; la chanteuse ratée Darlène Sweet (Cynthia Erivo); un riche entrepreneur agent double prénommé Sullivan (Jon Hamm); et Emily Summerspring (Dakota Johnson), une femme au caractère bien trempé qui fuit un danger bien plus grand. Le concierge, Miles (Lewis Pulman), semble lui-même avoir un certains nombres de choses à se reprocher et à la vue du prêtre, désire ardemment se confesser. Ce petit monde, où chacun aurait du suivre sa route de manière séparée, va se retrouver impliquer dans une série d’événements graves, fruit du hasard ou d’une curiosité malsaine. La menace ultime viendra de Billy Lee (Chris Hemsworth, qui retrouve Goddard), gourou d’une secte d’illuminé, venu se venger et récupérer ce qui lui appartient.

L’ombre des Golden Sixties

Sale temps à l’hôtel El Royal est un petit ovni fonctionnant sur le principe  du film à énigme : la rencontre de personnages improbables, dans un lieu regorgeant de mystères (on pense à Identity ou Les dix petits Nègres), où leurs pires secrets vont être dévoilés et cela parfois au péril de leur vie. Le long-métrage voit sa tension montée, crescendo, jusqu’à un final explosif. La narration est décousue, en chapitres présentant chacun des personnages, et voyageant entre le passé et le présent. Les années 60 étaient teintées de joie et de prospérité, mais en même temps, située dans un cadre où chacun était sur écoute (bien que cela est encore le cas aujourd’hui). Le film est choral dans sa mise en scène, la musique apparaissant au travers des transitions, des juke-box ou encore des performances de Erivo (chanteuse incroyable).

La BO du film comporte de nombreux titres soul des années 60 et 70, tel que Hush de Deep Purple, He’s a rebel de Alana Da Fonseca, 26 miles des The Four Preps ou encore This Old heart of Mine de The Isley Brothers. Cela apporte du peps à l’histoire, accélérant l’intrigue (la scène de la roulette russe) ou la ralentissant ( en jouant sur la carte de la nostalgie via les souvenirs  de Darlène ou du père Flynn). Parfois, les titres donnent une impression d’étrangeté quelque peu malsaine, qui permettent d’affirmer que le long-métrage est un objet original et particulier, lorgnant vers certains codes du polar, mais avec un univers qui lui est propre. Ce huis-clôt dans cet hôtel imaginaire, avec ces décors construits pour les besoins du tournage, vous fera voyager, car ne vous y trompez pas : l’hôtel El Royale ressemble à un purgatoire (notre note : 9/10).


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