A crazy world



796.Le Géant de fer.

pj

Hogarth Hughes vit seul avec sa maman à Rockwell, dans le Maine. Souvent, le petit garçon reste seul et est livré à lui-même, car sa mère doit faire des heures supplémentaires dans le restaurant où elle travaille. Un soir où celle-ci est absente,  alors que Hogarth regarde la télévision pour passer le temps, celle-ci se coupe brusquement. En tentant de trouver l’origine de la panne, le jeune garçon constate avec effroi que l’antenne a été sectionnée. Grimpant sur son vélo, il se rend jusqu’à la centrale électrique, et tombe nez-à-nez avec une créature de métal de 30 m de haut  qui tente de manger l’immense industrie : c’est le Géant de fer.

En 1999, Brad Bird, alors réalisateur débutant (avant Les Indestructibles et Ratatouille), mettait en scène Le Géant de fer, adaptation (libre) d’une  nouvelle de Ted Hugues et bijou d’animation qui fut malheureusement un échec au box-office. Les causes seraient due au fait qu’il n’ait fait l’objet d’aucune promotion, la Warner décidant d’enterrer la branche animation de ses studios, suite au bide de Excalibur, l’épée magique. L’histoire de cette amitié étonnante entre une créature venue d’ailleurs rappelle des long-métrages tels que E.T. l’extra-terrestre ou Le Dragon des mers, avec des scènes où la créature maladroite se heurte à un monde qu’elle ne connait pas et doit absolument resté caché. Mais il dispose néanmoins de son propre univers. L’intrigue se déroule en 1957, c’est-à-dire en pleine Guerre Froide entre les USA et la Russie. Le film tente d’ailleurs à plusieurs reprises de retranscrire le climat de terreur et de paranoïa dans lequel se retrouvait l’armée : à travers les militaires qui se précipitent au moindre signalement de menace, n’hésitant pas une seule seconde à ouvrir le feu, par exemple. L’amitié entre Hogarth et cette homme d’acier va se révéler puissante, de façon à ce que chacun des deux soit prêt à mettre sa vie en danger pour tout risquer afin de sauver l’autre.

Le géant du ciel

Doté de parole (et doublé par Vin Diesel en VO, très à l’aise dans ce type de performance vocale), le Géant est un être imposant, véritable machine de guerre doté d’une technologie de pointe. Il représente la puissance et la destruction, mais également la peur de l’étranger (les militaires le prendront pour une création Russe). Cependant, il a un bon fond : Hogarth croit que cela est du au fait qu’il a une âme, lui permettant de ressentir les choses et d’agir en fonction de ses sentiments. Alors que pour l’humanité il représente une menace, Hogarth tente de lui faire comprendre qu’il ne doit pas devenir ce que les personnes voudraient le pousser à être en l’attaquant, c’est-à-dire un ennemi qui cherche à détruire toute forme de vie. Au contraire, il doit être celui qu’il veut être, le soi de sa nature profonde : une bonne personne, qui agis de manière juste. Avec ses super-capacités (il peut se réparer lui-même, lancer des rayons ionisant de ses yeux, ou encore voler), Hogarth lui parle de Superman, le seul véritable héros des américains. En découvrant ces comics, à travers les histoires fantastiques que le gamin lui raconte, le Géant décide d’être un gentil, et non « un fusil provoquant la mort« . Les parallèles avec le super-héros  à la cape et aux collants sont nombreux : Tout d’abord de par les pouvoirs du Géant, comme celui de voler par exemple. Ensuite, de par le fait que le Géant ne sait pas cacher sa véritable apparence, à moins de se cacher. Klark Kent est le déguisement de Superman, puisque Superman est sa véritable nature. Enfin, de par le sens du sacrifice et du courage dont il peut faire preuve. Dans la scène finale, le Géant devient littéralement Superman, épousant toute l’essence du héros, dans un moment de bravoure exceptionnel.

Même Hogarth se retrouve transformé de sa rencontre avec cet être de métal : alors insouciant et ne devant penser qu’à lui, le petit garçon se met à s’inquiéter pour la protection de son ami le Géant et met tout en place pour lui donner à manger, ou à risquer sa vie pour lui.

Autres thématiques abordées

Le Géant de fer s’adresse à tous, avec ses thématiques complexes, y compris aux adultes. Si la qualité de l’animation a vieilli, la technologie ayant depuis connu quelques améliorations, le propos du film est toujours bien d’actualité. Même si le Géant menace l’humanité par son appétit vorace a manger tout ce qui est en métal, produit de la création humaine, le véritable danger de l’humanité c’est son aveuglement : vouloir à tout prix considérer quelque chose pour ce qu’elle n’est pas. Le géant, conçu comme une arme, à lui-même oublié son utilité première, et  a décidé de  renoncer  à la guerre. Les conflits sont absurdes et le pacifisme doit être privilégié, semble dénoncer le réalisateur. La société américaine subit une sévère critique, trop conservateurs, avec l’arrivée de ce géant, qui fascine la population (qui ne le verra pas comme un danger) et inquiète les politiques. Afin d’aller plus loin dans ce tableau, Bird ajoute le personnage d’un artiste sculpteur, propriétaire d’une décharge et dont les créations sont avant-gardistes. Le film regorge de clins-d’oeil, tel que le nom du personnage principal, évoquant celui d’un célèbre cinéaste américain. La bande-son de Michael Kamen permet d’apporter de l’émotion à l’ensemble, et contribue à créé une atmosphère pleine de mélancolie (notre note : 10/10).


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema