A crazy world



797.It Comes at night.

k

Thriller apocalyptique, It comes at night est un huis-clôt oppressant, lorgnant vers le film d’horreur sans totalement en être un. Il suit la vie d’une famille qui vit reclue, barricadée dans sa maison, depuis qu’un terrible virus a décimé la population humaine. Complètement paranoïaque, le père de famille, Paul (Joel Edgerton) tente de veiller au bien-être de sa femme et son fils, ne sortant que lorsque cela s’avère absolument nécessaire, équipé de gants et de masques à gaz. Cependant, lorsque un soir, un homme s’introduit dans son domicile, le fragile équilibre qu’il avait mis en place est sur le point de voler en éclat.

Réalisé par Trey Edward Shults, qui fut assistant réalisateur pour le célèbre Terrence Malick, It Comes at night est un film qui questionne sur la folie de ses personnages : l’angoisse se lit sur leur visage, et ils peuvent être capable du pire (le long-métrage démarre d’ailleurs par l’assassinat du grand-père, atteint par le virus). Aussi, lorsqu’il est question d’accueillir un homme qu’ils ne connaissent pas, l’hésitation se fait sentir. Et même si ils décident de faire preuve d’humanité, décidant que l’homme et sa famille peuvent rester, les hôtes se dorment plus sur leur deux oreilles, à l’affût du moindre trouble. La survie a sans doute un prix.

Tout au long du film, Shults ballade sa caméra dans les couloirs sombres de cette maison sans vie, qui a des allures de bunker. Les plans sont lents, par le biais de ses travellings de caméra, contribuant à créer une ambiance pesante et malfaisante. Les personnages sont en dehors du temps, dans une réalité qui n’évolue plus, faite de monotonie et de calme. Cependant, le fils de famille, Travis, semble hanter par d’effroyables chômage où toutes ses pulsions (il est attiré par la femme du couple qui emménage chez lui) et sa peur d’être contaminés viennent à jour. De plus, les ténèbres ne sont jamais très loin, et les rares moments de lumières sont ceux passés autour d’un repas de famille, où lors d’activités ludiques (couper du bois, par exemple) fournissant un peu de bonheur à ces personnages. La forêt se révèle être un lieu mystérieux, dont l’immensité annonce la présence d’un danger plus grand. Lorsque l’on est plus visible, il y a lieu de s’inquiéter. La tension monte crescendo, comme dans Shining, jusqu’à un final où les tensions finissent par éclater, et les loups montrer leur véritable nature.

Les origines du virus ne seront jamais explicitées, et il n’y aura jamais d’explication, mais cela importe peu. Les enjeux réels de ce récit semble concerner les liens familiaux. Peut-on accueillir des gens que l’on ne connait pas et leur faire confiance ? La famille voit ses membres entretenir des liens très forts, et chacun est prêt à favoriser les siens. La peur de l’autre engendre la paranoïa, et de celle-ci émerge la violence. Cela fait écho à la société actuelle, et aux génocides qui ont eu lieu à travers l’histoire : comment des gens qui se connaissaient, et qui se sont appréciés, ont-ils pu se faire la guerre ? La nuit, nous affrontons nos peurs les plus sombres (notre note : 7,8/10).


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Jean-Michel, jour après jour. |
Emmawatsonning |
Videopassion07 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | la vie est belle !
| Freddyvsjason
| Ilmiocinema