A crazy world



798.La Mule.

A quasi 90 ans, Earl Stone (Clint Eastwood) voit son entreprise d’horticulture tombée en faillite. Vieux et fauché, l’homme a consacré sa vie entière à son travail, sans faire attention à sa famille, qu’il a négligé. Son ex-femme, Mary (Dianne West) ne cesse de le calomnier et sa propre fille, Iris (Alison Eastwood) ne lui adresse plus la parole depuis plus de 10 ans, car il n’a jamais été présent pour elle, allant jusqu’à rater son propre mariage. Seule sa petite fille le défend, et décide de l’inviter de l’inviter à une réception pour lui présenter son fiancé. Malheureusement, les choses dérapent, lorsque Mary et Iris constatent la présence de Earl et décident de partir. Se sentant inutile, et décidant de faire un geste à sa petite fille, il décide d’accepter une offre inattendue : celle de devenir passeur de drogue, c’est-à-dire une mule chargée de transporté les stupéfiants. Après tout, qui irait soupçonné un gentil vieillard en fin de vie ?

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Le poids des années : entre échecs, actes manqués et réussites

En 2008, avec Gran Torino, Clint Eastwood annonçait mettre un terme à sa carrière d’acteur, se sentant trop vieux et souhaitant ne pas avoir l’air d’un vieillard qui s’accroche à la scène et qui n’est plus crédible. Pourtant, il renoncera (heureusement) à cette idée en 2012 avec Une nouvelle Chance, en 2015 avec American Sniper et en 2018 avec La Mule. À 89 ans, même si il est loin de la splendeur de ces belles années, l’homme tient toujours debout et a encore toutes ses facultés intellectuelles intactes. Avec La Mule, il dresse le bilan de la vie de Earl (où il joue les vieillards fatigués, ce qu’il n’est pas encore !), qui a toujours subvenu aux besoins de sa famille, mais a toujours été absent pour celle-ci. Les excuses sont nombreuses mais au fond de lui, il sait qu’aucune ne tient réellement la route. Son travail a toujours compté tellement plus : les fleurs ont représentés plus d’importance qu’une personne ne pourra jamais en avoir pour lui. Earl s’est montré très généreux avec ses amis et collègues, à qui il payait des tournées et s’est vu attribués toutes sortes de prix pour son travail. Son « autre vie » fut riches et l’homme pu en profiter gaiement. Homme sympathique, Earl est un vétéran de la seconde Guerre Mondiale, un souvenir qu’il a préféré mettre au placard…cependant, la version agréable et souriante de l’homme était destiné à tous, à l’exception de sa famille, qu’il a toujours évité.

Mais tout fini par changer, le temps avançant inexorablement. En faillite, Earl devient une mule pour le cartel de Laton (Andy Garcia). Sauf qu’il ne sait pas réellement ce qu’il transporte. La curiosité finit par l’emporter et l’homme ouvre le petit paquet dans son coffre : celui-ci contient de la drogue. D’abord choqué, Earl se retrouve face à un dilemne moral : il sait pertinemment que c’est mal, mais après tout, cela est réalisé dans le but d’aider sa petite fille et de l’aider à retrouver sa maison, saisie par la banque.  Le premier voyage se déroulant sans encombre, et la somme étant généreuse, Earl est satisfait, mais jure de ne jamais recommencé. Sauf que l’argent permet bien des folies, et que le vieil homme aime le dépenser en le partageant. Aussi, il décide d’entreprendre de nouveaux voyages, où la quantités de drogues transportées sera toujours plus importante, mais où les contreparties monétaires seront très élevées, afin de susciter l’appât du gain de la mule. Avec tout cet argent, Earl va tenter de se rendre utile, tentant de sauver des commerçants en faillite, de faire plaisir à sa petite fille, et pourquoi pas tenter de reconquérir celle qui fut l’amour de sa vie…

Il était une fois la mule

Ces dernières années, Clint Eastwood, en tant que réalisateur, n’a eu de cesse de s’intéresser à des portraits d’américains célèbres, tantôt héroïques (Le 15h17 pour ParisSully ou encore American Sniper), tantôt tristes et esseulés (The Jersey BoysJ.Edgar). Cet élan de patriotisme lui a permis de construire une critique de la société américaine, qui promet monts et merveilles en faisant miroiter le commun des mortels, mais qui a également une zone d’ombre qui la fait souffrir (le FBI, la Guerre en Irak, le terrorisme,…). Avec La mule, Eastwood raconte l’histoire de Leo Sharp, un vétéran de la deuxième Guerre Mondiale et ex-horticulteur, devenu passeur de drogue. Transportant des quantités démentielles de cocaïne à bord de son pick-up, le vieillard réalisera de nombreux voyages, lui permettant de vivre mieux et profiter du temps qui lui reste. La mort ne lui faisait pas peur, car il disait avoir tout vécu. Aussi, il n’en faisait qu’à sa tête pour les trajets, et le cartel de Sinaloa ne le lui reprochait jamais rien. La police mettra du temps à le coincer, car son profil n’était pas celui des passeurs de drogues habituels, véritables malfrats. Son air sympathique et sa bonhomie contribuant à entretenir le mythe du gentil grand-père. En prison, l’homme ne restera finalement qu’une seule des trois années pour lesquelles il fut condamnées, pour des raisons de santé. Un an plus tard, il mourut à 92 ans.

Eastwood a magnifiquement retranscrit l’histoire d’un homme qui après avoir couru dans son travail toute sa vie, tente une ultime rédemption. Ses proches ne lui pardonneront jamais son absence. Seul, il va essayer de se racheter une conduite et de faire plaisir aux autres. Sa famille sera comprise dedans, mais la tâche sera plus complexe, en raison de ses multiples écarts de conduite : en fait, à chaque fois, cela sera grâce à sa petite-fille, clé de la réconciliation impossible. Parce que Earl ne sait et ne peut pas se justifier, et que les autres l’acculent de  reproches. Si ils tentent de les fuir comme il l’a toujours fait, l’appel à l’aide de sa petite-fille lorsque sa grand-mère tombera gravement malade, le fera revenir. Si la seule personne qui lui parle encore dans sa famille se brouille avec lui, le choc sera terrible et irréparable. Les relations n’ont pas à être parfaite, elles doivent juste se construire sur la durée. On pense tout savoir lorsqu’on devient grand et pourtant certaines choses ne sont jamais acquises, et doivent être faites. Un bon Clint, drôle et touchant ! (notre note : 9/10).


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