A crazy world



806.Alita : Battle Angel.

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Tous les fans du manga Gunnm en rêvaient : l’adaptation sur grand écran des aventures extraordinaires de Gally. Il faut dire que l’oeuvre de Yukito Kishiro a fait le tour du monde et s’est imposée comme un chef d’oeuvre de ce type de littérature.  L’histoire est celle de Gally, une cyborg qui est découverte par le docteur Ido dans une décharge, à Kuzutetsu. Donnant un corps à cette tête inanimée, l’homme lui permet de renaître, lui offrant une nouvelle vie. Amnésique, celle-ci voit en le scientifique un père de substitution. Mais alors qu’Ido rêvait pour sa fille d’une vie tranquille, celle-ci se découvre l’âme d’une guerrière, bribes de sa vie d’avant. Gally va arpenter les rues, faire sa propre justice, dans le bidonville qu’est Kuzutetsu. Elle tentera de percer à jour les secrets de Zalem, la cité suspendue dans le ciel, où vivent les riches, et sur laquelle aucun des pauvres habitants de Kuzutetsu n’a pu poser le pied.

Le monde d’en-haut et le monde d’en-bas

Dystopie par excellence Gunnm prend son action dans un monde futuriste, où se tient un clivage entre les riches habitants de Zalem, qui déversent leur ordures dans Kuzutetsu, et les pauvres habitants du bidonville de Kuzutetsu, où la pègre et les bandits sont présents à chaque coin de rue. Le recours aux technologies pour devenir des êtres humains augmentés (des cyborgs) est monnaie courante. Les chasseurs de primes (Hunter Warriors), officiant pour Zalem, sont également des hommes augmentés.

Le manga aborde de nombreux thèmes différents : il parle de la violence, de la société de consommation, des dangers de la technologie mais également de tout les apports de celle-ci (jusqu’à la quête de l’immortalité), de l’amour, de l’identité mais aussi de l’humanité. Qu’est-ce qui fait de nous des êtres humains ? Il émet l’hypothèse -à juste titre-, que ce sont nos émotions qui nous définissent et nous différencient des autres êtres vivants. Gally, bien que robot, éprouve des sentiments très forts qui lui permettent de mesurer ses choix et d’agir de manière juste. Si elle commet des erreurs, la jeune femme de fer en a conscience et tente de les réparer. Le manga original comprend également de nombreuses références à des classiques de la science-fiction, tels que Frankenstein (Gally est ramenée à la vie en étant « assemblée ») ou encore Metropolis (Zalem et le clivage entre les riches et les pauvres).

L’ombre de Cameron

Il n’est guère étonnant que James Cameron (TitanicTerminator) se soit intéressé à l’adaptation de cette oeuvre dès sa sortie. En 2003, alors que le cinéaste acquiert les droits, le projet stagne quelque peu à cause d’Avatar, qui lui prendra toute son énergie (et dont les suites sont aujourd’hui toujours en production). Pensant donner la priorité à ses Na’vis, car le message écologique lui semble plus important, Cameron met de côté une histoire pourtant captivante  .Il décide alors de confier le projet au réalisateur Robert Rodriguez, pourtant loin de son univers (les films de séries Z tels que Une nuit en enfer ou Machete), officiant désormais comme producteur. les changements opérés par rapport à l’histoire originelle sont mineurs, et l’esprit de l’oeuvre a été respectée. Galy change de nom, au profit de Alita  (le nom de la traduction du manga aux USA). Les 2 heures du long-métrage se concentrent sur les 3 premiers tomes de la saga, le reste étant adapté si le premier opus a du succès dans les salles. On suit la cyborg, sous les traits de l’actrice Roza Salazar, découvrant sa véritable identité, et devant faire face au terrible Vector (Mahershala Ali), parrain de la pègre, qui tente de l’éliminer en lui envoyant ses plus effroyables chasseurs de primes. Faisant la connaissance avec le jeune Hugo (Yugo dans le manga original), Alita finit par éprouver des sentiments pour lui, et à vouloir l’aider dans son projet fou d’aller sur Zalem. Le Docteur Ido, incarné par  Christoph Waltz, qui s’inquiète pour sa petite protégée, mais doit se résoudre à la laisser prendre son envol. Car Alita est fougueuse, rêve d’horizons lointains et commence à se rappeler de sa vie passée…

L’art du spectacle

Visuellement réussi, Alita : Battle Angel  combine prise de vue réelle et animation 3D. Les technologies employées sur Avatar ont permis de concrétiser le pari ambitieux de mettre en scène les moments les plus époustouflants de Gunnm, qui contient de nombreux moments d’actions (le motorball, par exemple, sport d’une violence inouïe). Les décors ont été construits réellement pour les besoins du tournage, car Cameron était persuadé que pour qu’un film de science-fiction fonctionne, il doit se dérouler dans le réel (et non sur des fonds verts). Les effets visuels ont été ajoutés par la suite, sur les scènes déjà tournées. Salazar et tout les cyborgs ont livrés des prestations en performances captures : c’est-à-dire que vêtus de combinaisons noires, comprenant de nombreux capteurs, les comédiens se sont vu « recréer » entièrement leur apparence physique par ordinateur. Le montage du film a pris plus de deux ans à Rodriguez, qui a choisi les meilleurs moments de ses rush, afin d’offrir un spectacle total. Par exemple, les combats entre Alita et  le chasseur de prime Grewishka (un ver géant dans un corps de robot, incarné par Jackie Earle Haley), sont de véritables ballets aériens, avec de beaux ralentis permettant de voir toute la puissance de ces deux personnages.

Cependant, même si la technique est irréprochable (Le personnage de Salazar en tête, avec ses lames de Damas) et que l’oeuvre soit respectée, le scénario évolue vers une histoire qui se rapproche de blockbusters plus classiques, souhaitant à tout prix avoir une histoire taillée dans le même moule (Divergente,…). L’autre bémol est que la « décharge » n’en a pas vraiment l’allure. Cela ne ressemble pas vraiment à un bidonville, mais plutôt à un petit village modeste situé en Équateur, et donc pleins de couleurs. Mais le film est néanmoins réussi (notre avis : 7,5/10).


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