A crazy world



807.Shrek.

En 2001, après le succès de Fourmiz ou La route d’Eldoradoles Studios DreamWorks (fondés par Steven Spielberg) sortaient un film d’animation qui allait faire date dans le cinéma : Shrek. Succès surprise aux box-office (récoltant plus de 480 millions de dollars), le film donna lieu à 3 suites, un spin-off et à une collection de courts-métrages. Les Studios pouvaient enfin jouer dans la même cour que Pixar, récoltant un succès critique, soldé par le premier oscar du meilleur film d’animation en 2002.

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Une aventure épique

Shrek (voix originale de Mike Myers, en remplacement de feu l’humoriste Chris Farley) est un ogre vivant seul dans son marais. Inspirant la crainte, sa tête est mise à prix pour tout courageux qui osera le défier. Souffrant de sa solitude, Shrek joue néanmoins à faire peur à tout ceux qui viendrait le déranger. Non loin de là, Lord Farquaad, tyran local, a décrété que toutes les créatures magiques devaient être arrêtées. Mais un âne parlant (Eddie Murphy en VO, Med Hondo en VF) parvient à s’enfuir dans la forêt et croise la route de Shrek, qui lui sauve la vie. Social et collant, l’Âne souhaite rester avec Shrek, mais ce dernier ne veut rien entendre et lui somme de partir. C’est alors qu’il découvre avec effroi que toutes les créatures magiques de la cité ont reçu ordre d’être assigné chez lui, dans son marais.

Furieux contre Farquaad, Shrek décide d’aller lui rendre visite afin de récupérer la pleine propriété de ses terres. Parvenant à mettre à terre chacun de ses gardes, le seigneur local décide d’accéder à sa requête si l’ogre lui rend un service : il devra délivrer une princesse prisonnière d’une tour gardée par un dragon, et la lui ramener pour qu’il puisse l’épouser et devenir Roi. Shrek se met route et exécute à bien la mission qui lui a été confiée. Sa rencontre avec la princesse Fiona va changer sa vie : Bien qu’il sache que cela n’est pas réciproque, l’ogre va tomber amoureux de la belle demoiselle. Celle-ci n’a rien d’une princesse ordinaire qui aurait attendu bêtement son prince charmant : c’est une femme au caractère bien trempé, presque arrogante, pratiquant le kung-fu et dotée d’une force peu ordinaire. Son hygiène de vie n’est pas aussi raffinée que ce que l’on pourrait attendre d’une femme de son rang. Shrek se met alors à rêver : et si c’était lui son prince charmant ?

Le conte de fée et ses codes revisité

Le film d’Andrew Adamson et de Vecky Jenson reprend la trame classique d’un conte de fée : Une situation initiale, où  tout est beau et se déroule sans encombre, mais qui se voit perturbée par un méchant qui est soit un monstre ou un rival du héros, et qui va faire éclater l’équilibre de départ. S’ensuit des péripéties, où le personnage principal doit accomplir un certains nombres d’épreuves, afin de résoudre le problème qui lui est arrivé, et offrir une fin heureuse, où « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». À noter que le personnage de Shrek est inspiré du livre pour enfant Shrek ! de William Steig, qui suit les péripéties d’un ogre quittant sa maison pour entreprendre un voyage qui le fera rencontrer l’ogresse qui fera chavirer son cœur.

Mais à la différence du schéma-type de ce genre littéraire, Shrek inverse les codes, ou plutôt les détourne : Ici, le héros n’a rien d’un prince charmant, fort et romantique, mais est un ogre, personnage habituellement relégué au rang de méchant. Mais ce monstre repoussant ne l’est qu’en apparence, puisqu’au fond de lui, c’est une bonne personne, capable d’empathie et d’amour. Il n’a pas de cheval blanc, c’est-à-dire de noble destrier rapide et puissant, mais uniquement un âne peureux et trop bavard. Néanmoins, sans celui-ci, il faut bien reconnaître que Shrek aurait eu très difficile à se tirer de nombreux mauvais pas. La princesse Fiona est très éloignée de la vision classique de la « princesse », cela en partie du au fait qu’elle se transforme en ogresse pendant la nuit. Même si elle tente de renier sa véritable nature, on ne peut se détourner de ce que l’on est. Quand au prince charmant, Lord Farquaad, c’est un homme de très petite taille, odieux et cruel. Il n’aime pas réellement Fiona, mais voit uniquement en elle une chance pour lui de devenir Roi. C’est le méchant du récit.

Et même si l’histoire se termine bien pour son héros, c’est-à-dire l’ogre, elle tourne en dérision toute l’innocence dont son revêtu les contes de fées : Fiona qui se marie avec l’ogre, l’Âne qui parvient à séduire la dragonne. Fiona qui tue des oiseaux, capture des serpents et rote à haute voix, Shrek qui se lave dans son marais grâce à de la boue.

Shrek permet également de revisiter de manière humoristiques tous les grands moments des contes de fées existant. Et cela avec les personnages concernés : qu’il s’agisse de Pinocchio et de son nez qui s’allonge, au miroir magique qui présente les plus belles princesses à Farquaad, en passant par le loup déguisé en grand-mère dans le lit, toutes ces scènes sont tournées en dérision, renversant le caractère quasi-sacré qu’on leur a donné.

Clins d’œils et musique

Sur les 90 minutes de sa durée, Shrek est rempli de références à d’autres films, en plus des connexions avec les contes de fées : Par exemple, la scène où Shrek et l’Âne arrive chez Farquaad et salue la foule est inspirée de Gladiator ; Celle où Shrek et ses amis doivent se cramponner sur un pont qui se casse est toute droit sortie de Indiana Jones et le temple maudit ; lorsque Fiona affronte en suspension Robin des bois et d’autres bandits est tirée de Matrix ; Le livre de contes s’ouvrant au début du long-métrage est similaire à La belle au bois dormant ; ou la mort de Farquaad gobé par la dragonne rappelle étrangement Jurassic Park. Le personnage principal du film, Shrek est physiquement inspiré du rugbyman français Maurice Tillet, qui souffrait d’acromégalie (une pathologie se traduisant par une déformation des membres et du visage).

La musique du film contient de nombreux titres des années 80, tels que I’m a believer (Smash Mouth), Hallejujah (John Cale, d’après Léonard Cohen) ou encore Bad Reputation (Joan Jett). Le tout permet tantôt d’accélérer le rythme du récit, tantôt d’exprimer des émotions très forte (la solitude de Shrek par exemple).

Près de 20 ans après sa sortie, Shrek demeure toujours un sommet de l’animation 3D, et l’un des premiers à avoir recouru à une technique d’animation faciale, s’inspirant de l’anatomie humaine des personnes. Le résultat obtenu est toujours techniquement parfait (les émotions sur les visages, les arbres, les poils de lÂne), même si les effets spéciaux n’ont fait que croître avec les années (notre note : 9/10).


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