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812.Le règlement collectif de dettes.

Qu’est-ce qu’un règlement collectif de dettes ?

 

Le règlement collectif de dettes est une procédure qui permet aux personnes endettées de rétablir leur situation financière.

 

 

Comment la procédure est-elle lancée ?

 

Pour ce faire, elle est organisée, aux articles 1675/2 et suivants du code judiciaire (ci-après C.J.) : on regarde d’abord si le passif permet d’apurer les dettes aux créanciers. Si ce n’est pas le cas, une ordonnance d’admissibilité est rendue par le Tribunal du Travail, à la suite du dépôt d’une requête, et un médiateur de dette (un avocat) est nommé (1675/6, §2 C.J.). La personne endettée est le médié. Toutes ses ressources vont désormais transiter dans un compte en banque rubriqué, et contrôlé par le médiateur de dettes. On avertit ensuite les créanciers en leur demandant de déposer une déclaration de créance, dans le mois de la décision d’admissibilité (1675/9, §2 C.J.). Si ceux-ci oublient, un rappel leur est adressé par courrier recommandé, ouvrant un nouveau délai de 15 jours. En cas de non déclaration, le créancier est présumé renoncer à sa créance (1675/9, §3 C.J.).

 

Comment la mettre en oeuvre ?

 

Plusieurs manières de conduire le règlement collectif de dettes sont envisagées : on tente d’abord de conclure un règlement à l’amiable, devant être approuvé par toutes les parties intéressées, d’une durée maximale de 7 ans (1675/10 C.J.). Un solde est affecté chaque mois pour régler les dettes des créanciers. Si cela échoue, un plan judiciaire est organisé par le juge, d’une durée de 5 ans maximum, établissant un solde pour régler les créanciers, assorti de mesures d’accompagnements et prévoyant en général une remise de dettes définitive pour le médié à son terme (1675/12 et 1675/13 C.J.). Si ces deux procédures ne peuvent pas être mise en œuvre, car le solde du médié est insuffisant, une proposition motivée justifiant l’octroi d’une remise totale des dettes est rendue, avec des mesures d’accompagnements éventuelles (ne pas aggraver le passif, essayer de retrouver du travail, …) à respecter (1675/13bis C.J.).

 

Qu’est-ce qu’une requête en révocation ?

 

Définie à l’article 1675/15 C.J., il s’agit de l’acte par lequel le médiateur demande au juge de mettre fin au règlement collectif de dettes en raison de manquements répétés de la part des médiés. Par exemple, le fait d’avoir contracté une dette post-admissibilité, c’est-à-dire une nouvelle dette en cours de règlement collectif de dettes. Il est toutefois intéressant de noter, qu’in fine, c’est au juge d’apprécier la requête en révocation, et qu’il n’est pas obligé de l’accepter.

 

Y a-t-il des conditions à respecter de la part du médié ?

 

Oui ! Il doit respecter plusieurs mesures d’accompagnement, et notamment celle de rendre compte d’initiative à son médiateur de toutes démarches de recherche active d’emploi, d’inscriptions en agence d’intérim et de formations éventuelles.  L’absence de collaboration, de loyauté et de transparence dans le cadre de la procédure de règlement collectif de dettes est un motif de révocation (1675/15, §1, 2° C.J.).

 

Avis critique

 

Il s’agit d’une des matières dans lesquelles on ouvre le plus de dossiers. Certains avocats l’ont bien compris et sont devenus médiateurs de dettes. Il est rémunéré quel que soit l’issue de la procédure, soit par le médié lui-même si ses ressources le peuvent, ou, à défaut, par le SPF Économie. Les dossiers requièrent un suivi continu et la situation des médiés évolue parfois (divorce), nécessitant quelques adaptations à la procédure. Malheureusement, les médiés sont parfois insistants : devant solliciter l’autorisation de l’avocat à chaque dépense, certains font des demandes intempestives, parfois pour des montants considérables. D’autres téléphonent lorsqu’un versement doit leur être versé. L’avocat est donc constamment dérangé.

Le règlement collectif de dettes est une matière impliquant de nombreux contacts sociaux. Il faut se montrer humain et être à l’écoute du médié. Cependant, il faut respecter la procédure et ne pas se laisser envahir par ses émotions à la moindre des plaintes du médié. En cas de doute par rapport à une demande de ce dernier, il vaut mieux en aviser au juge. Le plus difficile, c’est bien entendu lorsque les médiés ne collaborent pas correctement à la réussite de la médiation de dettes et ne respectent pas l’accord prévu (par exemple, ne pas prévenir que l’on a reçu de l’argent d’une succession). 


811.Quand la Finlande testait le revenu universel…

En 2017, la Finlande a tenté une expérience inédite en octroyant un revenu d’un peu moins de 600 dollars par mois à des chômeurs entre 25 et 28 ans, sans exiger la moindre contrepartie. Près de 2000 personnes ont pu bénéficier de ce programme d’aide[1]. Les avantages qui ont été pointés d’un tel traitement étaient de diminuer le nombre de chômeurs et la pauvreté. Le but recherché était de faire bénéficier les demandeurs d’emplois d’une ressource complémentaire, afin de les inciter à retrouver rapidement du travail[2].

Moins de deux ans après la mise en place de cette initiative, la Finlande a mis fin à l’octroi de ce revenu universel, envisageant de le remplacer par un revenu conditionné[3]. Le demandeur devra attester avoir cherché du travail afin de pouvoir en bénéficier.

un article de Kramvoussanos Georges


[1] R., Abott, B., Bogenscheider, « Should Robots Pay Taxes ? Tax Policy in the Age of Automation », Harvard Law & Policy Review, Vol. 12, Cambridge, Harvard Law School, 2018, p.162, disponible sur http://papers.ssrn.com/, consulté le 7 avril 2018.

[2] G., Allègre, P., Van Parijs, Pour ou contre le revenu universel ?, Paris, Presses Universitaires de France, La vie des Idées, 2018, pp.48-52.

[3] J., Henley, « Finland to end basic income trial after two years», disponible sur www.theguardian.com, consulté le 7 mai 2019.


810.Toys Story 4.

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Neuf ans après un troisième film qui semblait conclure avec brio la franchise, Woody (toujours doublé par Tom Hanks) et ses amis sont de retour pour de nouvelles aventures ! Désormais appartenant à la petite Bonnie, les jouets doivent faire face à l’entrée en maternelle de cette dernière. Inquiet et souhaitant que tout se passe pour le mieux pour elle, Woody l’accompagne pour son premier jour d’école, même si il sait pertinemment que la petite fille ne joue plus vraiment avec lui. Accidentellement, il contribue à lui donner les matériaux avec lesquels elle crée un nouveau jouet : Baptisé Fourchette, car son corps est composé de cet ustensile de cuisine en plastique, ce dernier se met à vivre, mais ne comprend pas l’engouement que Bonnie partage pour lui. En effet, pour elle, c’est son jouet préféré ! Mais Fourchette ne se considère pas comme tel, mais se voit comme un détritus destiné à finir dans la poubelle. Alors que la famille part en voyage en camping-car, tout les jouets surveille que le nouvel arrivant ne s’échappe pas, et soit toujours là pour Bonnie. Malheureusement, à la première occasion, Fourchette s’enfuie. Woody se lance alors seul à la recherche de cet étrange jouet…

Réalisateur de plusieurs courts-métrages des Studios Pixar (tel que Premier rendez-vous ?), Josh Cooley a été choisi pour mettre en image ce quatrième volet de la saga de Toys Story, commencée en 1995. Seul à la barre (suite au départ de John Lasseter), il signe un dessin-animé pleins d’émotion, en ligne directe avec les autres films, mais s’en distinguant à travers le fait que les jouets d’origines (Rex, Buzz,…) sont devenu des seconds-rôles. Le dessin-animé présente de nouveaux jouets, Fourchette en tête, mais aussi le cascadeur Duke Caboom (Keanu Reeves) ou les peluches Ducky et Bunny, mais surtout permet de répondre à la question que de nombreux fans se posaient : qu’est devenu La Bergère ? Personnage présent dans les deux premiers films, elle avait disparu lors du troisième opus. Son retour ici se fait sous les chapeaux de roue, car ce petit bout de femme a évolué, s’affranchissant de sa condition de jouet…

Toys Story 4 est, comme ses prédécesseurs, plus qu’un film destiné aux enfants. Il aborde des thématiques plus adultes, permettant de parler à tout un chacun. L’une d’entre elle est la question de la liberté : Woody est un jouet et s’est toujours senti comme tel. Il a appartenu à Andy, et est aujourd’hui à Bonnie. Mais il est vieux, et n’intéresse plus la petite fille. En retrouvant Bo, la Bergère, et en constatant à quel point la liberté est une chose si agréable, Woody se remet en question : et si, au fond, lui aussi se laissait aller à vivre sa vie de manière autonome ? Le chemin qu’il a parcouru tout au long de sa vie, et la chance qu’il a eu d’être aimé par deux enfants différents, peut-être est-il temps pour lui d’être autre chose qu’un jouet dont le but fondamental est d’être là pour un enfant.

Une autre thématique est celle de sa condition : si Woody en vient à s’interroger sur lui-même, c’est également le cas de Fourchette, qui ne se considère pas comme un jouet, trouvant même la chose absurde. Woody, au début, tente de lui faire comprendre ce qu’il est, mais se rend compte qu’il fait fausse route. Pourtant, Fourchette en vient à découvrir la joie d’être aimé par une petite fille qui lui témoigne tant d’affection, l’élevant presque au rang d’idole. Autre cas, celui de Gaby Gaby, poupée parlante, et principale antagoniste du film, qui à cause d’un défaut dans sa boîte vocale, n’a jamais appartenu à aucun enfant. Cherchant à tout prix à connaître ce qu’elle considère comme le bonheur ultime, elle tentera de dérober la boîte vocale de Woody, par tout les moyens. Douce et charmante, elle peut donc se montrer effrayante et glaçante, avec son armée de poupée de ventriloques.

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Une romance serait-elle également possible pour des jouets ? Ce quatrième film ose clairement poser la question (après Ken et Barbie dans le Toys Story 3), et évoque la naissance des sentiments. Les scénaristes poussent même la barre un  cran au-dessus en abordant la conscience des jouets (de manière humoristique), et l’importance de toujours suivre celle-ci : Être fidèle à soi-même semble définitivement être la morale du long-métrage.

En conclusion, ce Toys Story 4 est un pur chef d’oeuvre, tant visuellement que sur le plan du scénario : Normalement, il clôt définitivement l’histoire de ces fantastiques jouets. Il contient aussi son lot de références, tant des autres films Pixar (Le Monde de NemoCoco ou encore Monstres et Compagnies) que de nombreux chef-d’oeuvre du 7e art (Star Wars ,E.T.Shining, …). Petit détail anecdotique, l’interprète de Monsieur Patate, Don Rickles, étant décédé en 2017, des rush vocaux non utilisés ont été employés pour lui permettre d’apparaître tout de même dans ce film (notre note : 9/10).


809.FILM CULTE : La nuit du chasseur.

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Après avoir volé une voiture, Harry Powell (Robert Mitchum), faux prêtre, est arrêté par la police. Celle-ci le condamne à 30 jours de prison, sans savoir qu’il est très dangereux de le laisser sortir. En effet, l’homme est un meurtrier, qui épouse des veuves et les tue ensuite, s’emparant de leur argent. Dans sa cellule, le révérend se retrouve avec Ben Harper, un père de famille désespéré qui a braqué une banque et tué deux hommes, afin de parvenir à nourrir sa famille. Celui-ci lui avoue par inadvertance avoir caché son butin afin que la police ne le retrouve pas. Une fois sorti, Powell tente de séduire la veuve de Ben, Willa (Shelley Winter), mais découvre rapidement que celle-ci ne sait pas ce que son mari a fait de l’argent. En revanche, ses enfants, John et Pearl, savent où est caché le magot, mais garde le secret que leur père leur a fait promettre de ne pas révéler. Mais qu’importe, Powell va tout mettre en oeuvre pour les faire parler…

Inspiré d’un fait divers

Sorti en 1955, La nuit du chasseur fut malmené par la critique, qui le trouvait malsain et irrévérencieux. Critiquant la société et la crise des années 30 (les enfants sont présentés comme pauvres et l’Oncle Sam semble ne pas s’en soucier), le long-métrage a été mal reçu. Réalisé par l’acteur Charles Laughton, dont ce sera l’unique film, La nuit du chasseur adapte le livre éponyme de Davis Grubb, qui s’inspire de l’histoire de Herman Drenth (1892-1932), tueur dont les meurtres en séries ont décriés la chronique, et qui fut condamné à mort par pendaison.

Good against Evil

Dans le long-métrage, Robert Mitchum incarne un personnage diabolique, allégorie du mal. Prêcheur convaincu, Powell converti les enseignements de l’Église en instrument du malin. Armé de son couteau à cran d’arrêt, il séduit de pauvres femmes qui tombent sous son charmes et ses bonnes manières, qu’il tue ensuite, pour honorer le divin. Voyageant de villes en villes à la recherche de nouvelles proies, il est arrêté accidentellement et placé dans la même cellule que Ben. Mis au courant de l’existence de l’argent volé, Powell deviendra avide et tentera par tout les moyens de le retrouver. Tuant la veuve de Ben, il poursuivra ses enfants pendants des jours entiers, ceux-ci ne devant leur salut qu’à leur solide détermination à échapper à ce croque-mitaine en soutane.

La progéniture de Ben trouvera refuge chez Rachel Cooper (Lillian Gish), une vieille dame brouillée avec son fils, mais qui recueille de nombreux enfants perdus. Plus maligne, celle-ci se méfiera de Powell et lui donnera du fil à retordre, afin de protéger les enfants. Elle ne se laissera pas séduire comme les autres femmes, et n’hésitera pas à lui tenir tête et l’affronter.

Le thème phare du film est la lutte du bien et du mal. Ce dualisme transparaît totalement dans le duel que se livre Powell et Rachel. La croyante catholique, qui fait le bien autour d’elle se retrouve à devoir faire face au mal absolu, un être sans morale ni principe.  Et pourtant ses deux êtres avaient en commun le même jugement sur les femmes de la société, les détestant tout les deux. La seule différence résidant dans le fait que Powell les tue, et que Rachel les traite avec compassion, tentant de leur faire comprendre la réalité de la vie et les amours déçus. Le récit manichéen atteint son paroxysme lorsque Rachel tire sur Powell et que celui-ci est finalement arrêté par la police. Le long-métrage fait alors écho avec la réalité historique, où ce Barbe Bleue, dans sa tour d’ivoire, voit la population déchaînée l’encercler et réclamant d’exercer sa propre justice à son égard.

Jouant avec les oppositions, La nuit du chasseur emprunte d’autres contraires pour mieux les confronter. Qu’il s’agisse du jour ou de la nuit, ou du monde des adultes et des enfants (qui ne sont jamais écouté, face à la sacro-sainte parole de leur ascendants), les opposés sont mis en duel de manière constante. L’image la plus évidente est celle des tatouages imprimés sur les mains de Powell : l’une contient le mot « Love » (ou amour) et l’autre « Hate » (ou haine). Les croisant l’une sur l’autre, le prêcheur raconte, telle une petite parabole, la victoire de l’amour de l’amour sur la haine, annonçant de manière quasi-prophétique sa propre chute…

Doubles imparfaits

Une autre dichotomie est également présente dans le film : celle du double. Certains personnages font échos à d’autres, telle une sorte de leitmotiv faisant écho au passé, mais cela sans jamais totalement répéter l’histoire originelle de manière identique : Powell épouse la même destinée tragique que Ben Harper. Mais ils ne sont pas parfaitement identiques : Powell fait croire qu’il est un homme bon, mais fait le mal. Ben, à l’inverse, fait des choses terribles, mais pour le bien de sa famille. De la même manière, Maria s’oppose à Willa : la mère originelle n’a pas su protéger ses enfants, ne jouant pas son rôle d’adulte, dévorée par ses pulsions, tandis que la mère de substitution est bien ancrée dans la réalité, et défend ce qu’elle a de plus cher, écoutant ce que lui dit le petit John, et le croyant. De plus, certaines scènes se font écho, tels un jeu de miroir : lorsque Powell est arrêté par la police, John revoit l’arrestation de son père, et agis différemment. Il révèle la cachette du butin volé de son père, ce qui aurait pu lui sauvé la vie, honteux d’avoir eu à porter un secret aussi lourd.

Empruntant tour-à-tour au film noir et au western, La nuit du chasseur lorgne également dans le conte de fée dès sa séquence d’ouverture, où Rachel raconte l’histoire, éjectant sa sentence moralisatrice : Il faut se méfier des oiseaux de mauvaises augures, les faux prophètes. Empruntant ensuite la trame de Barbe Bleue, le récit injecte de nombreuses péripéties pour les enfants, qui sont les héros et les victimes de bourreau tout de noir vêtu. Les paroles bibliques sont légions, allant de Moïse à Jésus, insistant sur l’importance des enfants dans la société, et leur protection, parfois au péril de sa propre vie.L’expressionnisme allemand est également bien présent, à travers l’éclairage du chef opérateur, Stanley Cortez, jouant avec les ombres et les fortes lumières, créant tantôt un climat de peur, tantôt des contrastes dichotomiques. Le rêve éveillé n’est jamais loin, tant certaines séquences semblent relever de l’onirisme (avec les animaux, la nature déchaînée,…). Aujourd’hui réhabilité, La nuit du chasseur est difficile à classer dans un genre cinématographique, mais critique habilement la société, la religion (qui rend parfois les hommes idiots), tout en offrant une lutte du bien contre le mal. Bien que le récit soit parfois mené de manière maladroite, l’ensemble fonctionne assez bien (notre note : 7,9/10).


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