A crazy world



825.Pour le pire et pour le meilleur.

Plutôt rare au cinéma, le réalisateur américain James L.Brooks, surtout connu pour sa participation aux séries Taxi et les Simpsons , est l’auteur de 6 longs métrages truculents aux dialogues savoureux où il décortique l’être humains et ses relations. Sorti en 1997, Pour le pire et pour le meilleur est l’un d’eux.

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Melvin Udall (Jack Nicholson) est un écrivain de renom, auteur de nombreux best seller mais également un homme effroyable : il a mauvais caractère, se montre grossier envers les gens, voir les humilie (surtout son voison Simon), et souffre de nombreux T.O.C. La seule personne au monde qui arrive à le supporter est Carol Connelly (Helen Hunt), serveuse dans le restaurant où il déjeune chaque jour. Celle-ci s’arrange pour lui donner la table qu’il désire et le servir comme il se doit, lui faisant la conversation, sans nécessairement le ménager lorsqu’il se montre désagréable… Malheureusement, Spencer, le petit garçon de Carol est malade (asthmatique), et son état s’aggravant, la jeune femme est obligée de cesser de travailler. Pour Melvin, c’est une catastrophe insurmontable, d’autant que Simon, son voisin -homosexuel-, qui a été tabassé et se retrouve à l’hôpital, lui a confié la garde de son petit chien Verdelle. L’homme irascible va devoir pour la première fois de sa vie s’occuper de quelqu’un d’autre et cesser de se considérer comme le nombril du monde.

Succès critique et commercial, Pour le pire et pour le meilleur est une comédie pure. Jack Nicholson campe un personnage insupportable avec les autres, à la fois raciste, homophobe et sexiste. Cela lui permet de faire fuir tout le monde et de se protéger du monde hostile qui l’entoure. Alors qu’il écrit des romans à l’eau de rose qui parlent aux femmes, il n’éprouve que du mépris pour celles-ci, les considérant comme des idiotes. Il faut le voir remballer la pauvre réceptionniste admiratrice, qui est heureuse de le rencontrer, et qui lui demande comment il s’y prend pour parler aussi bien aux femmes. Solitaire, Melvin vit reclus dans son appartement, et semble avoir renoncé à l’amour. Sa vie est organisée, par des rituels quotidiens (son restaurant,…) et sa quiétude ne doit jamais être interrompue (la scène où son voisin Simon lui demande un service et où Melvin lui ordonne de ne plus toucher à sa porte). Nicholson avec son visage mobile, en fait des tonnes, mais convainc dans le rôle de ce héros effroyable, mais qui va se révéler bienfaiteur et bon. En 1998, le comédien reçut d’ailleurs l’oscar du meilleur acteur.

Carol (également un oscar de la meilleure actrice pour Helen Hunt) est un personnage emplis d’émotion, capable de se mettre en colère rapidement, et de pleurer dans la scène suivante. Elle est profondément gentille, et est la seule serveuse du restaurant capable de servir Melvin (même le patron n’en veut plus). Même lorsqu’il lui tient des propos vraiment offensants (surtout concernant son fils), elle tient bon, lui tenant tête, lui faisant comprendre qu’il a dépassé les limites du raisonnable. Lui-même finit par s’excuser. Lorsqu’elle arrête de travailler pour s’occuper de son fils, Melvin va tenter de la faire revenir : en payant les traitements de son fils, et en le confiant aux soins des meilleurs médecins, il obtiendra gain de cause. Pour Carol, ce geste est inespéré, et permettra de soigner son fils en payant les frais qu’elle n’auraient jamais pu payer, courant d’un hôpital à un autre aux urgences. Mais si elle est heureuse, elle ne comprend pas les raisons de cet acte de générosité, surtout venant d’une personne tel que Melvin, et s’imagine qu’il veut coucher avec elle…alors qu’il souhaite simplement son retour au travail. En réalité, Melvin aime Carol, même si il ne s’en rend pas tout à fait compte. Il se montre maladroit et hésitant, ne sachant pas trop comment arriver à l’aborder.

Mais pour Carol, le cadeau de Melvin va remettre toute son existence en cause, lui enlevant une épine du pied. Sa vie va prendre un autre tournant, lui offrant enfin l’occasion de penser un peu à elle et à son propre bonheur. Voir de cesser de s’apitoyer sur la maladie de son fils et donner enfin l’occasion aux autres d’entrer dans sa vie. Pleurant à cause de cela, elle décide de coucher sur le papier ce qu’elle ressent, dans une lettre destinée à Melvin.

Simon se sent incompris et triste. Passé à tabac, ce jeune peintre pense que son art n’attire personne car personne ne parvient à en saisir le sens. Il se montre plus attentionné et doux dans ses relations que Melvin, mais subit l’expérience du rejet également. Trop sensible, il est souvent triste et se prend les remarques (homophobes) de Melvin en pleins dans la figure.

Lorsque Simon va déménager, il accepte de le conduire dans sa nouvelle habitation, mais demande à Carol de les accompagner. Celle-ci accepte et le voyage est l’occasion pour chacun de se rapprocher. Carol apprécie Melvin, mais ne sait pas où cette relation pourrait la conduire, redoutant la différence d’âge et le caractère effroyable de se dernier, mais surprise par sa bonté inattendue. Le dîner au restaurant est une catastrophe, là où cela aurait du être une réussite…Melvin a du mal à changer sa façon d’être, et se montre parfois brutal, là où il voudrait être tendre. Il finira par faire le plus beau compliment à Caroln, après plusieurs insultes : « Vous m’avez donné envie de devenir meilleur« .

On peut être capable du pire, mais se révéler aussi capable du meilleur. Il ne faut pas (se) juger trop vite. Dans le cas de Melvin, cela se révèle par le fait qu’il souhaite retrouver l’équilibre qui était le sien et qu’il va s’obliger à faire le bien -parfois maladroitement-. En allant vers les autres, Melvin connaîtra l’amitié mais aussi l’amour…comprenant que même lorsque l’on croit avoir tout compris, on n’a rien compris. Simon ira de l’avant, s’acceptant enfin. Quand à Carol, elle aussi décidera enfin de ne plus utiliser son fils comme une barrière l’empêchant de vivre sa propre vie (notre note : 9,8/10).


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