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857.Ad Astra ou comment rejoindre les étoiles.

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Clifford McBride (Tommy Lee Jones) a consacré sa vie à la recherche de la vie extra-terrestre. Après plusieurs missions spatiales, l’astronaute a atteint Neptune, où il demeurerait dans une base, mais n’est jamais revenu sur la Terre. 16 ans plus tard, une mystérieuse surcharge venue de Neptune est la cause de cataclysme sur la Terre. Envoyé en mission aux confins de la galaxie pour retrouver son père, Roy McBride (Brad Pitt), ingénieur, s’envole dans l’espace avec l’intention de ramener ce dernier et de détruire ce qui provoque la surcharge.

Dans Ad Astra, son 7e film, le cinéaste James Gray (The Lost City of ZLa nuit nous appartient) convoque Brad Pitt le temps d’une passionnante odyssée qui le mènera jusqu’à l’autre bout de l’univers. Et pourtant, malgré la beauté des images -certains plans démontrant toute l’immensité de l’univers-, l’approche du réalisateur demeure réaliste et terre-à-terre : si notre technologie le permettait, ce genre de voyage pourrait se concrétiser. De nouveaux potentiels problèmes sont pointés, de par la colonisation spatiale : Sur la Lune (et sa légendaire face cachée), on se bat pour le territoire et ses ressources. Des actes de banditismes et de pirateries sont d’ailleurs entrepris. 

Le thème central d’Ad Astra, transcendant tout le long-métrage, semble être celui de la solitude. Perdu dans l’espace, Roy-comme son père d’ailleurs- semble épouvantablement seul. Et il subit le poids de cette individualité dont il est pourtant le seul responsable. Roy n’a jamais vraiment connu de figure paternelle, ce dernier l’ayant quitté alors qu’il était encore enfant, vouant sa vie à une quête difficile mais ô combien importante : sommes-nous vraiment seul dans l’univers ? De la même manière que son père, Roy reproduit les erreurs passées, comme en prise avec un héritage familial indésirable : il fuit le contact de sa femme (Liv Tyler) qui en a marre de l’attendre, par pour des missions spatiales de plus en plus longue, et finit toujours par se retrouver seul. Sa quête de retrouver son père n’est finalement pas différente de celle de ce dernier de découvrir de la vie ailleurs : c’est une chimère.

La route pour rejoindre son géniteur est longue, tant au niveau temporel que géographique (des milliards de kilomètres). Le personnage de Brad Pitt voyage d’abord de la terre à la lune, avant de rejoindre un vaisseau qui le mènera sur Mars, où il va émettre un message vocal destiné à son père. Ensuite, contre l’avis de la NASA qui lui reproche une trop grosse proximité avec Clifford, il s’envole seul pour Neptune. Après tout, il n’a rien à perdre, mais potentiellement tout à gagner.

Inspiré par la nouvelle Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, James Gray envoie son héros au bout de l’univers, devant faire face à de multiples épreuves (la scène de l’attaque du singe est assez éprouvante) : l’espace, malgré son infinie beauté, est semblable à une jungle hostile, et se perdre est très facile. Au fond, on ne le connaît pas réellement. Il est opaque. Le héros, devant survivre commet des actes effroyables, pour atteindre son objectif, avant de comprendre qu’il a fait fausse route toute sa vie : être humain c’est avant tout de l’être en relation, et non en s’exilant là où l’on finira par devenir suffisamment invisible pour être oublié. Clifford, le père, n’a pas réussi à découvrir de la vie extra-terrestre, et ne pouvant pas dépasser Neptune à cause de la technologie défaillante, sa mission a été un échec. Lorsqu’il retrouve son fils, il ne parvient pas à surmonter cet échec et à reprendre une existence normale où il n’est pas « celui qui aurait découvert », soit une légende. Après tout, notre culture nous impose d’être fort, et le moindre signe de faiblesse doit être proscrit. Roy, au contraire, va devoir assumer l’échec de ne pas pouvoir ramener son père, et pourra reprendre une existence normale, faisant la preuve de son humanité. Il résout ainsi son complexe d’œdipe. On peut penser que c’est idiot d’avoir parcouru autant de kilomètres et de ne trouver qu’une si petite chose. Mais dans le fond, c’est universel.

Le film devrait donc logiquement en déconcerter plus d’un, qui crieront au vide absolu. Il est vrai qu’on est loin de Star Wars ou de Independance Day.  On est plus proche d’un 2001, l’odyssée de l’espace. Les extra-terrestres ne sont d’ailleurs pas au centre du récit. Leur existence est, pour ainsi dire, ni confirmée, ni infirmée. Au terme de ce voyage finalement initiatique, Roy, homme creux et solitaire, ressent des émotions très fortes, et comprend l’essence même de notre condition humaine : être en relation. De plus, il parvient enfin à aimer sa femme, et son père. Bref, il revient sur Terre (notre note : 8/10).


856.Raoul Taburin a un secret.

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L’histoire de Raoul Taburin (Benoît Poelvoorde) est depuis toujours fondée sur un mensonge. En effet, on a attribué à ce réparateur de vélo un certain nombre d’exploit réalisé sur un deux roues : il serait un champion hors catégorie, capable des choses les plus époustouflantes et un culte autour de sa personne est née. Cependant, Raoul Taburin cache un terrible secret : il ne sait pas faire de vélo. Il a toujours eu un très mauvais équilibre et n’a donc jamais su tenir droit sans tomber. Mais personne ne s’en est jamais rendu compte. Et les rares que Raoul a tenté de mettre au courant sont décédés peu de temps après, comme victime d’une étrange malédiction. Alors qu’il est aujourd’hui marié à la belle Madeleine (Suzanne Clément), et père de deux enfants, Raoul comptait bien emporter son secret dans la tombe. Mais c’était sans compter sur l’arrivée au village du photographe Hervé Figoune (Édouard Baer), qui veut prendre une photo de lui descendant une côte à toute vitesse avec son vélo…

En adaptant la touchante bande-dessinée éponyme de Jean-Jacques Sempé, Pierre Godeau signe une comédie pleine de tendresse et où émane un parfum de sud de la France (on est dans le village de Venterol aussi). Benoît Poelvoorde s’offre un nouveau rôle à sa hauteur, en campant cet homme au secret ridicule qui se sent rongé par le remord de toute part mais qui n’ose pas l’avouer, croyant que cela détruirait toute sa vie et sa famille. Narrant toute sa vie, tel un conte de fée, de son enfance à l’âge adulte, l’homme nous offre les incroyables péripéties qui composèrent son existence. Et l’on se laisse emporté par cette histoire d’un héros qui n’en est pas vraiment un, dont le mythe est sur le point de s’écrouler et qui pourtant tient à rester celui qu’on a toujours imaginer qu’il était. On est parfois prêt à beaucoup de choses pour être quelque chose que l’on est pas, allant jusqu’à mentir aux autres et à soi-même.

Il y a de nombreuses trouvailles de la part du cinéaste, dans le film, comme le fait que le vélo de Raoul, son « taburin », ait une âme. Raoul s’imagine que celui-ci le suit et revient toujours à lui, même lorsqu’il tente de s’en débarrasser. C’est aussi le seul qui soit au courant de son secret. Personnifié, le vélo devient acteur. À noter que chaque vélo du long-métrage émet un bruit différent, signe de sa singularité. Mais Godeau démontre aussi un goût pour la fantaisie et la poésie, avec des séquences presque magiques, comme lorsque Raoul effectue un double looping avec son vélo dans les airs.

Acteur bavard et roi de l’absurde, Édouard Baer campe un Figoune on ne peut plus vrai que nature. Il semble à l’aise dans n’importe quel rôle, apportant toujours son propre style et son jeu improvisé totalement loufoque, sans pour autant devoir en faire des tonnes. Mais il invite à ne pas se prendre au sérieux, tout en évoquant des choses importantes et sérieuses. Dans le film, Figoune se lie d’amitié avec Raoul et les deux hommes se mettent à partager leurs états d’âmes, rigolant abondamment. Raoul, qui ne sait pourtant pas faire de vélo, réussi l’exploit à apprendre à Figoune à en faire. Et lorsque Figoune annonce à Raoul qu’il est incapable de prendre un cliché au bon moment, ce dernier comprend que tout deux ont un secret, et que celui-ci pèse sur l’image que les autres ont de vous.

En somme, Raoul Taburin questionne sur cette interrogation fondamentale consistant à savoir comment faire pour rester soi-même. Et cela y comprit lorsque l’on cache quelque chose aux yeux de tous. Mais c’est aussi l’histoire d’un homme qui pour la première fois de son existence, va enfourcher son vélo sur le chemin de la vie et comprendre qu’il vaut mieux dire la vérité, car tôt ou tard on l’apprend à ses dépends (notre note : 9/10).


855.Dead Zone : le roman du King vu par Cronenberg himself.

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Suite à un accident de voiture, Johnny Smith (Christopher Walken), professeur de littérature, vient de passer cinq années de sa vie dans le coma. À son réveil, outre le choc du temps perdu, il apprend que sa fiancée, Sarah (Brooke Adams), est désormais mariée à quelqu’un d’autre. Triste, il ne sait cependant pas que le pire reste à venir. Johnny a en effet, en guise de séquelle à son accident, développé un don très spécial : celui de voir l’avenir ou le passé de quiconque, rien qu’en le touchant.

Mais Johnny ne sait pas vraiment quoi faire de ce pouvoir, ni à le considérer comme une bénédiction, ni à l’envisager comme une malédiction. D’autant qu’il finit par devenir une célébrité locale, et reçoit de nombreux courriers de personne lui demandant de l’aide. Ne supportant pas cette surexposition médiatique, Johnny se terre tel un ermite, avant de recevoir les sollicitations du shérif Bannerman, qui patine sur une enquête de meurtre en série. Bien qu’il refuse dans un premier temps, il change d’avis et remplis la mission avec succès. Mais Johnny sera blessé au cours de l’arrestation du criminel et se verra diminuer.

Pour autant, Smith décide de donner une nouvelle direction à son existence en devenant précepteur d’enfant. S’occupant du jeune Chris, c’est là qu’il fait la connaissance du candidat Greg Stillson (Martin Sheen), qui s’est présenté aux élections américaines, que personne ne prend réellement au sérieux du côté des politiciens mais qui plaît au peuple américain. En lui serrant la main, Johnny a une vision cauchemardesque : si cet homme élu, la troisième guerre mondiale aura lieu. Face à cet adorateur et fanatique d’Hitler, il ne sait pas ce qu’il doit faire…

Encore du King

En 1983, alors qu’adapter l’oeuvre de Stephen King était une grande tendance (Carrie au bal du DiableShining, …) , le cinéaste David Cronenberg, qui avait jusque là officié dans le registre de l’horreur (Rage) et n’avait pas encore réalisé La Mouche, décidait de mettre en scène le roman Dead Zone. Le projet mis du temps à se concrétiser, en raison des difficultés à écrire le scénario. Malgré quelques remaniements, le long-métrage suit la trame de l’oeuvre originale.

Visions

Dead Zone, c’est le parcours d’un homme brisé qui va redonner un sens à son existence à travers le fait qu’il est doté du don de prévoir le cours du temps de chaque personne qu’il touche. À partir de là, il peut modifier le cours de l’histoire et empêcher des événements futurs dont l’issue est effroyable de ce produire. Cela est sa zone noire, sa « Dead Zone ». L’homme peut influer l’avenir et voir qu’après tout sera différent. On pense notamment à la scène où Johnny a une vision que la maison de l’infirmière qui s’occupe de lui est en train de brûler avec son enfant à l’intérieur, et qu’il l’a prévient, empêchant ainsi un drame humain.

Malgré ce grand pouvoir, Smith a la santé fragile et semble conserver de nombreuses séquelles de son accident sur le plan physique. Au niveau émotionnel, il n’a plus goût en rien, la perte de Sarah, désormais mère de famille, étant difficile à digérer. Les visions qu’il a le fond également souffrir, comme si elles le tuaient peu-à-peu. Il y aurait un parallèle à faire avec Stephen King lui-même, qui couche sur le papier les histoires cauchemardesques qu’il a en tête, pour combler ses fans qui en redemande toujours plus. Soit l’idée selon laquelle il y aurait une sorte de diktat de vouer sa vie à son art, quel qu’il soit.

Cependant, Johnny va tenter de s’occuper comme il le peut, en tentant dans un premier temps de venir en aide à ceux qui en on besoin. Mais cette charge est difficile à assumer, et la presse ne va pas le ménager, l’accusant d’être un charlatan. Suite à une altercation avec un journaliste, Johnny décide de disparaître de la vie publique.

Pourtant, lorsqu’il fait face à Stillson, le mal absolu grimé en populiste -qui a des allures de Donald Trump-, Smith décide de sortir de son cocon, de cette maison où plus rien ne peut lui arriver. Il ne sait pas pourtant pas exactement ce qu’il doit faire, ce qu’il convient d’entreprendre. Il n’a pas la carrure de l’emploi pour trucider qui que ce soit. Cronenberg utilise de nombreuses allusions à la Shoah, ce drame qui a coûté la vie de millions de juifs au cours de la Seconde Guerre Mondiale, pour faire prendre conscience des enjeux auxquels Smith est confronté. Johnny interroge d’ailleurs son docteur, survivant de la Shoah, en lui demandant si il aurait mis fin à la vie d’Hitler, si il avait su à l’avance ce qui allait se produire. Il est vital que la seule personne susceptible de changer le cours des événements intervienne : le combat du bien contre le mal, lutte manichéenne par excellence peut alors démarrer.

Dans ce film, Cronenberg ne recourt qu’à très peu d’artifice, offrant une mise en scène très épurée. Même les moments les plus horrifiques sont montrés rapidement (le cadavre dans la baignoire, ciseau en bouche), quand ils ne sont pas uniquement suggérés. Pour autant, Dead Zone demeure l’un des meilleurs films de ce cinéaste plus qu’atypique (notre note : 9/10).


854.Wedding Nightmare.

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Quelle n’est pas la joie de Grease (Samara Weaving), orpheline, lors de son mariage avec le jeune Alex, de pouvoir enfin faire partie d’une famille. Cependant, lors de sa nuit de noce, les Le Domas impose à celui où celle qui intègre la fratie de jouer à un jeu de société qu’il ou elle aura pioché. Ainsi, certains membres ont pu disputer une partie d’échecs, par exemple. Cependant, ce soir, Grease va tirer la carte « cache-cache ». Elle aura désormais 100 secondes pour se cacher quelque part dans l’immense demeure de sa nouvelle famille. Ce qu’elle ignore toutefois, ce sont les modalités du jeu : Grace ne doit pas être découverte avant l’aube, sinon sa belle-famille, armée de haches et de fusils, lui fera la peau…

Film d’horreur inventif, Wedding Nightmare renouvelle quelque peu le genre du survival movie en proposant la thématique d’un jeu macabre dont les bourreaux sont précisément les hôtes. La partie de cache-cache dont il est question est motivé en raison d’un ancien pacte avec le Diable, qui réclame parfois sa part du gâteau en échange de la richesse octroyée à la famille Le Domas. Voir le contraste entre cette famille d’apparence si gentille au début du film, lors du mariage de leur fils, changer du tout au tout la nuit tombée, et traquer leur belle-fille, est tout juste sidérant. Pourtant, ne s’improvise pas chasseur qui veut. Ainsi, ceux-ci se révèlent extrêmement mauvais dans cet art -la palme revenant à la soeur d’Alex, Emilie, qui se trompe même de proie et tue n’importe qui- et peine à faire face à Grease, qui bien qu’apeurée, ne se laisse pas faire.

Et même si l’horreur côtoie par moment le gore, le film vire à la comédie, jouant avec beaucoup d’humour sur les faiblesses de ces riches bourgeois qui ne sont pas capables de trucider leur gentille jeune fille qui déambule en robe de mariée. Dans ce rôle, l’actrice Samara Weaving, qui a des allures de Margot Robbie, se révèle excellente. En second rôle on retrouve également Andie MacDowell (Un jour sans fin) en mère de famille compréhensive mais dangereuse et Nicky Guadagni en tante diabolique au look austère (notre note : 7,8/10).


853.Un monde parfait.

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Dans Un monde parfait, sorti en 1993, Clint Easwood confie un rôle à Kevin Costner aux antipodes du gentil héros qu’il avait jusque là l’habitude d’incarner : celui d’un truand. Évadé de prison avec son complice, qu’il n’hésite pas à liquider, Butch (Costner) kidnappe un jeune garçon prénommé Philipp et le tient en otage. Entre le kidnappeur et sa victime, une relation père-fils va naître. Mais c’est sans compter sur le Texas Ranger  Red Garett (Clint Easwood), qui se livre à une chasse à l’homme…

Alors que tout semblait indiquer un énième film de course-poursuite où un criminel tient en otage un petit enfant, Un monde parfait utilise cet enlèvement comme un prétexte pour mieux dépeindre l’étrange relation qui va se nouer entre Butch et Philipp. Certains pourrait y voir les symptômes du syndrome de Stockholm, où la victime tombe amoureuse de son ravisseur, mais il n’en est rien. Durant tout le film, Butch va constamment faire preuve de bienveillance à l’égard de Philipp -qu’il rebaptise « Buzz »- en dépit du fait qu’il l’a enlevé. De plus, le petit garçon a toujours vécu seul avec sa mère. Il est l’innocence même, exacerbée par le costume de Casper, le gentil fantôme, qu’il portera. Par conséquent, il va voir à travers Butch, qui lui témoigne de l’affection, la figure paternelle qui lui a tant manqué. À partir de là, Philipp est prêt à le suivre partout. Il va même s’affranchir du cadre liturgique dans lequel il baignait jusque là et fêter la fête d’Halloween, pourtant interdite chez les témoins de Jéhovah. Tout cela car son « père » lui a enseigné que l’on peut être libre et faire ce qu’il nous plait. Buzz va alors voler, tirer et uriner contre un arbre.

De son côté, Butch n’est pas un vrai criminel. Il n’a tué qu’une seule personne, et uniquement car il s’agissait d’une mauvaise personne. Il ne va jamais maltraiter Philipp. Au fond de lui, son enfance a été effroyable, et il souhaiterait retrouver également son père, afin de lui remettre une lettre. Avec le petit garçon, il va se retomber en enfance et retrouver l’innocence qu’il possédait. Leur cavale aura quelque chose de fantastique, se déroulant sans encombre. De cette histoire quasi-irréelle, la réalité viendra frapper à la toute fin et mettre un terme à cet onirisme débridé. Mais même au crépuscule de soi, Butch voudra que les acquis que Philipp a eu durant cet aventure ne soit pas perdu.

En figure de l’ordre vieillissante, Eastwood incarne un Ranger faisant preuve de sagesse, et qui ne manque pas de surprendre, tant par son féminisme que par son sens de la justice. Face à lui, la jeune Laura Dern, en criminologue, apporte un peu de dynamisme et de fraîcheur à l’intrigue. Pourtant, toutes les autres personnes de leur équipe, membre de la société civile, ne comprendrons rien des liens étroits qui se sont tissés entre Butch et Buzz. Le vieux Ranger prendra conscience de cela, et même si c’est lui qui doit mettre fin à cette histoire, comprenant que Butch n’est que le produit de l’ordre de la société. Désabusé cependant, l’homme devra constater avec effroi son échec dans cette histoire.

La mise en scène de ce road-movie offre de beaux paysages et nous fait voyager d’une ville à l’autre aux USA. Les silences sont significatifs des pensées de chaque personnage et de ce qui se cache au plus profond de leur cœur. La fin du film, injuste en apparence, aboutit à la conclusion que même le monde n’est pas parfait, car ce serait utopique de penser le contraire. Nous sommes les produits de la société, mais également ces victimes. Notre liberté est vaine et utopique (notre note : 8/10).


852. Une saison 8 pour votre blog !

Alors que la septième saison de votre dévoué blog devait sonner le glas de ses extraordinaires aventures, nous avons finalement décidé de continuer une année supplémentaire, à compter du 19 septembre prochain. Cette 8e année verra de nombreux changements sur le site : il y aura moins d’articles publiés, et ceux qui le seront verront leur contenu davantage diversifié. Si le cinéma demeure la thématique principale, nous développerons davantage des sujets de sociétés, de droit et de musique. De plus, le contenu des premiers articles postés sera intégralement revu, pour coller davantage aux derniers articles. 

Fidèle lecteur, merci pour ta fidélité au cours de toutes ces années,

Le créateur


851.Mon beau-père et nous.

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Troisième et dernier volet des aventures de la famille Furniker. Marié à Pam, Greg (Ben Stiller) croule des jours heureux avec sa famille, qui compte désormais deux enfants, Samantha et Henry. Il s’est même vu octroyer une promotion : celle d’infirmier en chef. Cependant, l’arrivée de Jack Byrnes (Robert De Niro), le père de Pam, venu passé quelques jours chez lui, va provoquer une série d’événements qui vont briser la quiétude de Greg. En effet, Jack est amer depuis que son gendre, le docteur Bob Banks, a trompé sa fille aînée. Le couple s’est alors séparé. En dehors du cercle de confiance, celui qu’il voyait comme successeur de la lignée des Byrnes n’est plus. Victime d’une crise cardiaque, le patriarche prend peur : qui veillera sur sa famille quand il ne sera plus là ? Jack décide alors de se rabattre sur le dernier homme de la famille : Greg. Il va lui remettre le titre de « Don Furniker ». Mais dans l’ombre, Jack surveille toujours Greg.  D’autant que l’arrivée de Andi Garcia ( Jessica Alba), vendeuse pour une industrie pharmaceutique, va tout changer…

Sorti en 2010, Mon beau-père et nous est signé Paul Weitz. Remplaçant Jay Roach à la réalisation, le cinéaste met en scène une comédie légère qui offre quelques moments très drôle (la scène où De Niro suit en profilage Stiller dans le métro ou encore le remix de la chanson de Stiller lors du générique de fin).  Cependant, le film souffre de la présence de Jessica Alba (néanmoins toujours aussi jolie) qui cabotine dans le rôle d’une gentille nymphomane. Dustin Hoffman et Barbra Streisand reprennent les rôles des parents de Greg et offrent quelques jolis moments décalés à l’ensemble. De Niro est toujours extraordinaire dans le rôle de ce beau-père en proie au doute quant à la succession de sa propre famille. Le thème de la succession est traité de manière intelligente, et la scène finale offre un moment émouvant, même si il est précédé d’une bagarre physique entre Stiller et De Niro (parodiant Les dents de la mer). Pour information, lors de cette scène, De Niro lui-même effectue toutes les cascades, et n’a donc pas été remplacé par une doublure.

Même si il ouvre la voie à un éventuel quatrième opus, Mon beau-père et nous conclu l’histoire de ses deux familles déjantées (Byrnes et Furniker) avec panache. Peut-être que certaines scènes (la piqûre du pénis en tête) auraient du être conçue davantage dans l’esprit des précédents opus, au lieu de s’imprégner de l’atmosphère des comédies lourdaudes américaines, mais l’ensemble tient la route. Les références au Parrain permettent à Ben Stiller de briller dans le rôle de ce gendre qui tente à tout prix de plaire à son beau-père cinglé (notre note : 6,7/10). 


850.Ma.

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Quand Sue Ann Elligton (Octavia Spencer) croise la route de Maggie, Andy, Haley, Chaz et Darrel, aucun d’eux n’a conscience que cette rencontre n’a en réalité rien de fortuite. En acceptant d’acheter de l’alcool pour les jeunes mineurs, Sue va devenir très présente dans leur existence, devenant leur amie. Surnommée Ma, la dame va y voir l’occasion de côtoyer d’avantages de jeunes et d’être populaire. Elle va alors organiser de grandes soirées avec d’autres étudiants dans son sous-sol. Mais peu-à-peu, ce qui s’apparentait à de l’hospitalité vire au cauchemar…

Réalisé par Tate Taylor (La couleur des sentiments), Ma est un thriller horrifique portée par une Octavia Spencer dans un registre qu’on ne lui connaissait pas. Le long-métrage démarre en douceur, avec cette assistante vétérinaire qui croise la route d’une bande de jeunes et accepte de leur acheter de l’alcool. Et dès ce moment, des indices que quelques chose ne va pas se profile : Sue consulte les profils Facebook de chacun d’entre eux, elle va leur parler à la sortie d’école, … Lors des soirées fort arrosée que Ma organise, elle fait de l’ombre au tableau. Sa présence a quelque chose de gênant dans une fête composée uniquement d’étudiants. Pourtant, elle semble en prendre du plaisir, et fait tout pour être le centre de l’attention. Ses vêtements évoluent également : Ma porte des tenues nettement plus décontractées lors des fêtes.

Le film prend son temps pour dévoiler ses enjeux et les véritables motivations de Ma, cette bonne femme sympathique qui a tout de la mamie gâteau. Et lorsque les raisons de ces agissements, liées au passé bien évidemment, sont dévoilées, le long-métrage bascule dans une seconde partie plus sombre. Tout s’accélère alors, jusqu’à un final digne de Halloween.

Plusieurs parallèles avec Misery sont ainsi envisageable : Spencer campe un personnage névrosé et dangereux, à l’instar de la légendaire Annie Wilkes. Elle administre de puissants sédatifs à plusieurs personnes pour les neutraliser, tout comme l’effroyable tortionnaire de Misery, qui était une ancienne infirmière. On ressent de la compassion pour Ma, trouvant les raisons de sa vengeance plus que compréhensible, même si on constate que comme Wilkes, elle est folle. Sue Ann offre deux visage : celui en public de la gentille femme attentionnée, et celui privé d’une dépressive qui a été marquée par le poids du passé. Par moment, elle dévoile -par mégarde- sa partie la plus sombre, en bousculant les gens en public, en se montrant grossière, ou en arborant un regard qui en dit long sur ses intentions. Les parallèles avec Annie Wilkes sont donc nombreux, surtout si l’on se remémore la scène avec le shérif dans Misery.

En conclusion, Ma, avec ses allures de film d’horreur vous fera passer un moment très déstabilisant et dérangeant dans l’ambiance des fêtes estudiantines. À voir (notre note : 7,7/10). 


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